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	<title>Radio Londres &#187; Monde</title>
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	<description>Un coup de jeune sur l&#039;info</description>
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		<title>Au cœur du tie-break</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Aug 2017 01:12:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Clément Zagnoni]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[monde]]></category>
		<category><![CDATA[tie-break]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000">&laquo;&nbsp;6-6. Tie-break&nbsp;&raquo;. Au son de ces deux phrases familières, les amateurs de la petite balle jaune ne s&rsquo;y tromperont pas. Qu&rsquo;ils soient joueurs ou simples consommateurs, ils ont tous été confrontés, au moins une fois, à la dramaturgie d&rsquo;un jeu décisif. Le match dans le match. Le rendez-vous à ne pas manquer. Je vous propose une immersion dans les tréfonds de cette entité singulière, fantasmée et méconnue, qui fêtera prochainement ses 50 ans d&rsquo;existence. Bienvenue dans le monde impitoyable du tie-break.</span></strong></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000"><span style="color: #000000">Un peu d&rsquo;histoire</span></span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">Si, aujourd&rsquo;hui, le tie-break s&rsquo;est imposé comme une évidence dans le tennis, il n&rsquo;en reste pas moins que sa création fut fastidieuse. Après tout, on le sait, mettre en place de nouvelles règles dans un sport n&rsquo;est pas chose aisée, en témoignent les débats houleux qui ont accompagné les différentes innovations footballistiques de ces dernières années. Une question de mœurs, bien sûr, même si à la fin, ce sont toujours les instances qui décident. À ce petit jeu-là, d&rsquo;ailleurs, les joueurs de tennis pourront peut-être se targuer — au contraire de leurs homologues du ballon rond — d&rsquo;être davantage considérés par leur fédération internationale ; encore que, c&rsquo;est un autre débat.</span></p>
<p><span style="color: #000000">En réalité, la mise en place du tout premier tie-break au début des années 1970 répond à un besoin essentiel pour l&rsquo;évolution du tennis : raccourcir les sets, parfois (souvent?) interminables. Jusqu&rsquo;alors, pour remporter un set, il fallait nécessairement gagner 2 jeux de plus que son adversaire. Il n&rsquo;était donc pas rare de voir des sets s&rsquo;achever au-delà de 10 jeux partout, et pis encore. Ajoutez à cela qu&rsquo;à l&rsquo;époque, une majorité de matchs se disputaient en 3 sets gagnants, et vous obtiendrez un constat alarmant : les matchs sont trop longs, beaucoup trop longs. L&rsquo;idée du tie-break (ou &laquo;&nbsp;jeu décisif&nbsp;&raquo;, en français), c&rsquo;est donc de départager deux joueurs qui seraient toujours à égalité à la fin d&rsquo;une manche. En conséquence, et pendant près de dix ans, différentes formes du jeu décisif sont testées sur le circuit, jusqu&rsquo;à aboutir, en 1979, à l&rsquo;adoption définitive du format actuel, c&rsquo;est-à-dire un jeu particulier disputé à 6 jeux partout, dans lequel le premier joueur à 7 points (avec deux points d&rsquo;écart) remporte la manche. Tout bête. Et vous trouviez ça compliqué ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000">De l&rsquo;audace (un peu), et du mental (beaucoup)</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">On vous le répétera certainement : le tie-break a sa part de mystères que la nature ignore. Pourtant, dans l&rsquo;éternelle quête de sortie victorieuse qui animent les joueurs dans un jeu décisif, il existe un cocktail que beaucoup d&rsquo;entraîneurs vous recommanderont. Un savoureux mélange d&rsquo;audace et de force mentale. En soi, l&rsquo;audace, sur commande, c&rsquo;est possible, à l&rsquo;image d&rsquo;un Gaël Monfils surexcité qui sauve coup sur coup 4 balles de match (dont deux dans la vidéo ci-dessous) lors du dernier Masters 1000 de Montréal. &laquo;&nbsp;Forcer son destin&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;aller vers l&rsquo;avant&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;saisir les occasions&nbsp;&raquo; sont autant de marronniers tennistiques dans les oreilles des joueurs, qui plus est dans le tumulte d&rsquo;un tie-break. Et c&rsquo;est justement là une des caractéristiques séduisantes du jeu décisif. La potentialité d&rsquo;une sublimation mutuelle entre compétiteurs, qui donne lieu à des points peut-être inenvisageables&#8230;</span></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/cOkOl6mhRtI?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><span style="color: #000000">Mais la quintessence du tie-break, c&rsquo;est sans nul doute l&rsquo;aspect mental. Ou comment, d&rsquo;un match à l&rsquo;autre, un joueur peut sembler intouchable pour ensuite donner l&rsquo;impression de se déliter littéralement. Dans ce secteur, le néerlandais Robin Haase a des arguments à faire valoir. Il détient le record de tie-breaks perdus consécutivement dans l&rsquo;histoire du tennis. 17, entre 2012 et 2013. En 2015, il accusait même un pourcentage ridiculement faible de 31% de tie-breaks remportés en carrière. 27 gagnés pour 87 joués, soit moins d&rsquo;un tiers de victoires&#8230; Dans la même idée, citons Richard Krajicek, qui détient la particularité d&rsquo;être l&rsquo;unique joueur à avoir perdu un tie-break après avoir mené 6 points à 0. C&rsquo;était à l&rsquo;US Open 1994, contre Jan Siemerink. Il s&rsquo;est incliné 10/8.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000">Tie-break et démesure</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">J&rsquo;espère que vous aimez les statistiques. Parce que les jeux décisifs en regorgent, de par leur tendance à l&rsquo;hyperbole. Voici une ébauche des records les plus célèbres associés au tie-break.</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000"><span style="color: #000000">Roger Federer est le joueur qui a remporté le + de tie-breaks au cours de sa carrière : <strong><span style="text-decoration: underline">413</span></strong> au 30 août 2017</span></span></li>
<li><span style="color: #000000">Avec un total de <strong><span style="text-decoration: underline">707</span></strong> au 30 août 2017, Ivo Karlovic est celui qui en a le plus joués</span></li>
<li><span style="color: #000000"><strong>20 points à 18</strong>, c&rsquo;est le score le plus élevé pour un tie-break disputé sur le circuit ATP. C&rsquo;est arrivé à 7 reprises, la dernière fois en 2017, à Dubai, dans le deuxième set du match opposant Andy Murray à Philipp Kohlschreiber (vidéo ci-dessous)</span></li>
<li><span style="color: #000000">En 2013, au dernier tour des qualifications du Future de Plantation (Floride), Benjamin Balleret a battu Guillaume Couillard <strong>36 points à 34</strong> dans le tie-break de la première manche, ce qui constitue un record inégalé dans l&rsquo;histoire</span></li>
<li><span style="color: #000000">Jamais encore un match ne s&rsquo;est achevé avec cinq tie-breaks. Le record est de <strong>quatre</strong></span></li>
<li><span style="color: #000000">En 2007, Andy Roddick a remporté <strong>18</strong> tie-breaks consécutifs, jusqu&rsquo;à ce que Richard Gasquet ne mette un terme à cette série en l&rsquo;éliminant en quarts à Wimbledon</span></li>
<li><span style="color: #000000">Goran Ivanisevic détient le record de tie-breaks joués dans un tournoi : <strong>11</strong>, à Wimbledon 1998</span></li>
</ul>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/1Vwu3iOT_4s?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000">John Isner, &laquo;&nbsp;Monsieur tie-break&nbsp;&raquo;</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000"><span style="color: #000000">2 mètres 08. 110 kg. De par ses caractéristiques hors normes, vous avez nécessairement déjà entendu parler de l&rsquo;américain. Au pire l&rsquo;avez vous déjà vu, entraperçu quelque part, lui qui, comme quelques autres joueurs, dénote dans le paysage tennistique. C&rsquo;est peu dire que John Isner ne passe pas inaperçu. Et pourtant, ce serait fâcheux de le réduire à son seul physique. Car celui qui a commencé le tennis à l&rsquo;âge de neuf ans a du talent à revendre, et une histoire commune avec le tie-break. Une histoire d&rsquo;amour. John Isner et les jeux décisifs, c&rsquo;est un peu comme David et Goliath : inséparables. Lui, c&rsquo;est Goliath. Et contrairement à la légende, c&rsquo;est bien souvent lui qui gagne. </span></span><span style="color: #000000">C&rsquo;est bien simple : Isner est une machine à jeux décisifs. C&rsquo;est lui, par exemple, qui détient le record du plus grand nombre de tie-breaks gagnés dans un set décisif [35]. C&rsquo;est lui, aussi, qui, à Washington, en 2007, réussit l&rsquo;exploit de remporter cinq matchs d&rsquo;affilée au tie-break de la troisième manche. Mais surtout, et c&rsquo;est bien là la statistique la plus parlante : Isner est, en mars 2014, le joueur ayant le meilleur pourcentage de tie-breaks remportés dans l&rsquo;histoire du tennis [65%, 212-114], devant Federer [64,9%], Djokovic [64,3%], Nadal [63,8%] et Sampras [63,7%]. Un hasard ? Certainement pas. L&rsquo;américain, originaire de Greensboro, en Caroline du Nord, est formaté pour les jeux décisifs. C&rsquo;est la conséquence, entre autres, d&rsquo;un service dévastateur qui l&rsquo;amène très régulièrement à disputer des matchs au couteau. Il est notamment connu pour avoir participé au </span><span style="color: #003366"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Match_Isner_-_Mahut_lors_du_tournoi_de_Wimbledon_2010" target="_blank">&laquo;&nbsp;match le plus long&nbsp;&raquo;</a></span><span style="color: #000000"> face au français Nicolas Mahut, disputé à Wimbledon, en 2010, sur trois jours et plus de onze heures, et remporté 70-68 au cinquième set par l&rsquo;américain. Un match qui n&rsquo;aurait pas eu ce dénouement-ci si l&rsquo;on disputait un tie-break dans la cinquième manche à Wimbledon&#8230;</span></p>
<p><span style="color: #000000">De toute évidence, si le tie-break n&rsquo;avait pas été inventé dans les années 1970, on jurerait qu&rsquo;il l&rsquo;aurait été pour l&rsquo;américain. Il paraît d&rsquo;ailleurs légitime de se poser la question suivante, qui vaut également pour d&rsquo;autres grands serveurs en activité : que vaudrait Isner sans le tie-break ? Nous n&rsquo;aurons probablement jamais la réponse à cette question, la mutation du tennis vers le jeu décisif étant vraisemblablement sans retour, mais nous pouvons néanmoins tenter d&rsquo;y apporter quelques lumières. Une statistique, en particulier, paraît frappante tant elle relate de l&rsquo;importance du tie-break dans la carrière de l&rsquo;américain : sur les 24 finales qu&rsquo;il a disputées, Isner a joué au minimum un tie-break dans 17 d&rsquo;entre elles. Et à la fin, ça pèse lourd.</span></p>
<div style="width: 2570px" class="wp-caption alignnone"><img class="" src="https://pmcwwd.files.wordpress.com/2016/01/415731.jpg" alt="" width="2560" height="1707" /><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">John Isner © WWD</span></p></div>
<h4><strong><span style="color: #000000">Interview : Laurent Vergne, journaliste à Eurosport.fr</span></strong></h4>
<p><em><span style="color: #000000">Laurent Vergne officie à Eurosport.fr depuis 2003, un média pour lequel il a notamment couvert différents tournois du Grand Chelem. Pour nous, il revient sur quelques souvenirs liés au tie-break, et donne son avis sur l&rsquo;évolution du tennis moderne.</span></em></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Si je vous dis &laquo;&nbsp;tie-break&nbsp;&raquo;, ça vous évoque quoi ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Là, tout de suite, je pense à l&rsquo;US Open, et à cette particularité qu&rsquo;ont les matchs de ce tournoi de s&rsquo;achever par un tie-break au 5e set. À mon sens, les tie-breaks les plus mémorables sont les tie-breaks décisifs (dans la dernière manche, donc). Et puis c&rsquo;est un exercice très particulier, certainement beaucoup moins aléatoire qu&rsquo;on ne peut le penser. Je ne pense pas que ce soit une loterie, comme j&rsquo;ai pu l&rsquo;entendre parfois.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Ça veut dire que vous êtes favorable au tie-break au 5e set à l&rsquo;US Open ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Totalement. Je suis même favorable au tie-break décisif dans tous les tournois du Grand Chelem. Aujourd&rsquo;hui, le vrai drame, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a quasiment plus de matchs en 5 sets (ne subsistent que les quatre Grands Chelem et la Coupe Davis, mais pour combien de temps? NDLR) si l&rsquo;on compare avec les années précédentes. Personnellement, je suis pour le rallongement des matchs hors tournois du Grand Chelem, comme les finales de Masters 1000 par exemple, et pour le tie-break décisif. Le tie-break au 5e set, de par sa dramaturgie, c&rsquo;est la conclusion parfaite d&rsquo;un match.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Le tie-break, c&rsquo;est aussi l&rsquo;aspect mental, la force de caractère. Y a-t-il un joueur qui vous a particulièrement marqué sur ce point ? De par sa capacité à dominer un jeu décisif&#8230;</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">À l&rsquo;évidence, l&rsquo;aspect mental est déterminant oui. Le physique est important aussi, mais moins. Je crois que dans un tie-break, on peut sentir vers lequel des joueurs ça va tourner. Boris Becker est peut-être celui qui m&rsquo;a le plus impressionné dans cet exercice, dans sa manière d&rsquo;étouffer l&rsquo;adversaire. Sinon, Sampras et Federer, aussi, excell·ai·ent dans cet exercice. Être bon au tie-break, c&rsquo;est aussi avoir un service efficace. Le tie-break a la faculté de pouvoir inverser le rapport de force entre deux joueurs.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">En double, sur le circuit, le 3e set a été remplacé depuis plusieurs années par un super tie-break (un set de 10 points, NDLR). Quel est votre point de vue sur cette règle ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Le super tie-break ne sert pas la cause du double selon moi. Mais le format est sympa, il raccourcit les matchs et peut inciter des joueurs de simple à jouer le double, ce qui est plutôt une bonne chose. À titre personnel, je ne suis pas fan.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Y a-t-il un match, dans lequel le tie-break a joué un rôle majeur, qui vous revient en tête ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Le Connors-Krickstein de l&rsquo;US Open 1991, qui s&rsquo;achève sur un tie-break. Connors pète un plomb au milieu du match, pendant le tie-break du deuxième set, s&rsquo;en prend même à l&rsquo;arbitre, mais s&rsquo;en sort finalement en cinq manches dans une ambiance de fous.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Et un tie-break en particulier ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Il y a le Borg-McEnroe de Wimbledon 1980. Mais, parce que c&rsquo;est un tie-break décisif, je dirais la finale du Masters 1988 entre Becker et Lendl, avec cette balle de match phénoménale. En tant que fan de Lendl, c&rsquo;était un déchirement. Et puis je pense aussi au quart de finale de l&rsquo;US Open 1992, entre Edberg et Lendl ; là encore, un tie-break décisif.</span></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/N3rGPOde5Ss?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Enfin, on parle beaucoup de l&rsquo;IPTL, fondée en 2013, qui se déroule chaque année en décembre, et dont le format tend à raccourcir encore davantage les matchs. Est-ce qu&rsquo;à terme, vous pensez que le tennis évoluera vers cette forme, conçue pour le spectacle ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">L&rsquo;IPTL est très intéressante et sympa à suivre. Je prends du plaisir à la regarder ; cependant, ça reste une exhibition. Aujourd&rsquo;hui, il y a autant de matchs qu&rsquo;il y a une trentaine d&rsquo;années mais beaucoup moins de sets disputés. Pour moi, la dimension physique est importante. Donc je ne sais pas si le tennis évoluera de cette manière, mais je suis contre cette tendance excessive au raccourcissement des matchs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000">Dans le futur&#8230;</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">En bref, le tie-break ce sont de la tension, des émotions et des souvenirs. Le format a même commencé à dépasser les frontières du tennis, puisqu&rsquo;il est désormais expérimenté en football, pour les séances de pénalties — l&rsquo;idée étant, comme pour les services au tennis, d&rsquo;alterner un tireur d&rsquo;une équipe, puis deux de l&rsquo;autre, puis encore deux, et ainsi de suite.</span></p>
<p><span style="color: #000000">De mon côté, je vous laisse avec l&rsquo;un des tie-breaks les plus fameux de la décennie en cours, modestement intitulé &laquo;&nbsp;le plus grand tie-break de Wimbledon ?&nbsp;&raquo;, et je vous laisse juger. Et si jamais vous en connaissez déjà l&rsquo;issue, faites comme moi : appréciez le spectacle, tant qu&rsquo;il est encore temps. Le tennis a tellement à nous offrir.</span></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/mSywWtS9YfQ?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Donald Trump président : tour du monde des réactions</title>
		<link>http://grandsformats.radio-londres.fr/2016/12/10/trump-tour-monde-reactions/</link>
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		<pubDate>Sat, 10 Dec 2016 05:29:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Camille Schmitt, Léo Bernard, Lucie Barras, Marion Lefèvre, Mélissa Pollet-Villard et Pamela Bazan]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>&#160; 9 novembre 2016. Défiant tous les pronostics, sondagiers ou journalistiques, Donald Trump est élu 45e président des États-Unis. Nous avons cherché à savoir quelles réactions son élection suscitait à travers le monde. Témoignages d&#8217;anonymes en Argentine, au Viêt Nam, en Colombie, au Mexique, au Liban et au Canada. &#160; Argentine : « Élire une femme, c’en aurait [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong>9 novembre 2016. Défiant tous les pronostics, sondagiers ou journalistiques, Donald Trump est élu 45e président des États-Unis. Nous avons cherché à savoir quelles réactions son élection suscitait à travers le monde. Témoignages d&rsquo;anonymes en Argentine, au Viêt Nam, en Colombie, au Mexique, au Liban et au Canada.</strong></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Argentine : « <em>Élire une femme, c’en aurait été trop pour eux »</em></p></blockquote>
<p>L’élection de Donald Trump a été une surprise, voire un électrochoc dans le monde. J’ai suivi l’élection en direct d’Argentine et la douche froide a été instantanée. Quelques semaines plus tard, j’ai interrogé les Argentins pour connaître leur point de vue quant à cette élection au pays des <em>Yanquis</em> [Yankees], comme ils aiment à les appeler.</p>
<div id="attachment_710" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/MiguelAvila.jpg"><img class="size-large wp-image-710" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/MiguelAvila-1024x683.jpg" alt="Miguel Avila  (© Mélissa Pollet-Villard) " width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Miguel Avila (© Mélissa Pollet-Villard)</p></div>
<p>Miguel Avila est le directeur de la Librairie d’Avila, l’une des plus vieilles du monde. Cet intellectuel et homme de lettre nous accueille dans son bureau pour partager son point de vue sur la question. Pour lui, l’élection de Donald Trump n’est autre que la suite logique d’éléments s’étant enchaînés les uns après les autres et ayant conduit à se résultat. Il estime que Donald Trump, à lui seul, ne va rien changer et n’hésite pas à se remémorer l’histoire des <em>gringos</em>, en affirmant que <em>« tous les présidents des États-Unis ont plus ou moins reproduits les mêmes choses. Ils se sont toujours imposés au monde, que ce soit au Viêtnam ou au Moyen Orient. Le seul qui a voulu changer la donne, c’était Kennedy. Et il s’est fait assassiner. »</em> Selon Miguel, le président des États-Unis n’a que peu d’influence directe sur son pays et sur le reste du monde et que le choix des Américains en faveur de tel ou tel candidat <em>« n’aurait rien changé »</em>. <em>« Les vrais influents du monde sont les banques, les institutions et les grandes entreprises, ce sont elles qui décident des règles du jeu mondiales »</em>, complète-t-il. <em>« Ils contrôlent tout, comme les Espagnols l’ont fait lorsqu’ils sont arrivés en Amérique »</em>, conclue-t-il, non sans un brin de malice dans le regard.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_708" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Estudiantes.jpg"><img class="size-large wp-image-708" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Estudiantes-1024x683.jpg" alt="Ignacio, Olivia et Sergio (© Mélissa Pollet-Villard) " width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Ignacio, Olivia et Sergio (© Mélissa Pollet-Villard)</p></div>
<p>Ignacio, Olivia et Sergio sont tous trois étudiants en cinéma. Lorsque je les rencontre à la sortie des cours, je les questionne sur le même sujet. Ils sourient timidement, m’avouant avoir peur d’avoir une réponse trop évasive. <em>« Je ne pourrais pas dire en profondeur ce que l’élection de Donald Trump pourrait avoir comme impact, si ce n’est que je pense que c’est un homme dangereux, notamment en ce qui concerne son projet de mur entre les États-Unis et le Mexique »</em>, me confie Ignacio. Alors que je les encourage à me livrer plus de détails sur leur point de vue, Sergio prend la parole et ajoute que pour lui, le problème est une <em>« conséquence économique d’une situation globale »</em>, tout en confirmant que le choix des électeurs américains l’a surpris : <em>« c’est un homme raciste et misogyne »</em>. Olivia quant à elle écoute d’une oreille distraite mais conclue tout de même qu’elle <em>« ne pense pas que l’élection de Trump ait un impact direct sur l’Argentine »</em>. Ses deux compagnons restent sceptiques et ajoutent qu’il faudra attendre quelques mois afin de constater <em>« l’effet Trump »</em> sur leur pays et dans le monde.</p>
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<div id="attachment_709" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/RobertoMoreno.jpg"><img class="size-large wp-image-709" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/RobertoMoreno-1024x683.jpg" alt="Roberto Moreno (© Mélissa Pollet-Villard) " width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Roberto Moreno (© Mélissa Pollet-Villard)</p></div>
<p>Roberto Victor Moreno est professeur universitaire et fonctionnaire au sein du ministère de la Santé. Il a également déjà travaillé au sein des ministères de l’Économie et de l’Intérieur. Il affirme s’intéresser depuis toujours à la politique et me livre, chez lui, autour d’un maté, sa réaction suite à l’élection de Donald Trump. <em>« Je doit bien avouer que je n’ai pas cru une seule seconde qu’Hillary Clinton serait élue. Les Américains sont misogynes. Élire une femme, c’en aurait été trop pour eux (après le mandat d’un président noir). Mais avant tout, je crois que son élection est due à une conséquence de nombreux faits qui se sont enchaînés dans le monde, à commencer par la crise économique »</em>. Roberto ajoute qu’il pense que cette élection est <em>« le fruit d’un phénomène global et que le peuple américain recherche, comme au sein de nombreux autres pays</em> [dont l’Argentine]<em>, un gouvernement nationaliste, populiste et protectionniste. Ils ont peur pour leur argent »</em>. Lui non plus ne pense pas que Trump – l’homme – ne soit capable de grandes transformations au sein des États-Unis, ni du monde. Et quand je lui demande ce qu’il pense des rumeurs laissant supposer que Donald Trump et Mauricio Macri (l’actuel président argentin) aient déjà convenu d’un accord de construction d’une tour d’affaires en plein centre de Buenos Aires, Roberto n’a pour réaction qu’un éclat de rire (jaune), laissant présupposer sa réponse…</p>
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<p style="text-align: right;">Mélissa POLLET-VILLARD, à Buenos Aires</p>
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<blockquote><p>Viêt Nam : « On verra, du moment qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;impact négatif sur notre économie »</p></blockquote>
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<p>La réaction pragmatique, voire banale, des vietnamiens vis-à-vis de la victoire de Donald Trump contraste fortement avec la réaction de la plupart des pays occidentaux.</p>
<p>Les Vietnamiens ont toujours été un peuple pragmatique, ne jouant pas forcement sur le registre des émotions mais plus sur celui de la réalité et des faits. C’est donc avec une certaine logique que les Vietnamiens interrogés sur le résultat de l’élection présidentielle ne se disent pas choqués : en réalité, l’évènement Trump en lui-même est pour eux un non-évènement. Le processus, la personnification de l’élection et les polémiques ne sont pas leurs principales préoccupations. Beaucoup de personnes interrogées déclarent ne pas s’intéresser à la politique, ce qui ne les empêche toutefois pas d’avoir une bonne analyse de la situation.</p>
<p><strong>L’attente</strong></p>
<p>Le sentiment qui domine ici est plus l’attente. Trung, conducteur de taxi de 44 ans, résume bien la situation de la sorte : <em>« Avec Clinton, cela aurait été la même chose qu&rsquo;avec Obama, mais avec Trump, ce sera une suprise. »</em> La réaction est partagée par de nombreuses autres personnes. Une victoire de Clinton se serait inscrit dans la continuité et donc aurait permis le maintien du <em>statu quo</em>. En revanche, la victoire de Trump va bouleverser la politique économique et internationale des États-Unis et c’est cela le sujet qui préoccupe le plus les Vietnamiens.</p>
<p><strong>Un impact sur l’économie ?</strong></p>
<p>L’un des exemples est la présence d’universités américaines sur le territoire et la victoire d’Hillary, encore une fois aurait permis la conservation du même élan : <em>« J&rsquo;aime beaucoup la relation économique que nous avons avec les États-Unis, particulièrement les universités que nous avons ici »</em>, nous dit Tao, étudiante de 22 ans. De plus en plus de Vietnamiens poursuivent en effet leurs études dans des universités internationales, souvent dans leur pays mais parfois à l’étranger.</p>
<p>D’un point de vue purement économique, les États-Unis jouent un rôle de plus en plus crucial dans le développement du Vietnam. Après la reprise des liens diplomatiques, de nombreux partenariats sont mis en place pour favoriser l’installation d’entreprises américaines sur place. C’est pourquoi certains Vietnamiens comme Duc, ingénieur de 26 ans sont inquiets de l’impact économique qui pourrait se produire : <em>« Trump pourrait menacer le TPP (Trans-Pacific Partnership Agreement) et sans doute notre politique d&rsquo;exportation. »</em></p>
<div id="attachment_711" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/tien-graphic-design.jpg"><img class="size-large wp-image-711" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/tien-graphic-design-768x1024.jpg" alt="Tien, graphic designer (© Léo Bernard)" width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Tien, graphic designer (© Léo Bernard)</p></div>
<p>Toutefois, beaucoup sont optimistes comme Tien, graphic designer de 27 ans : <em>« L&rsquo;élection peut nous toucher de deux façons : d&rsquo;une part, cela rendra sans doute l&rsquo;immigration vers les États-Unis plus difficile, mais d&rsquo;un autre côté, parce que Trump est un businessman, cela pourrait être une bonne nouvelle d&rsquo;un point de vue économique. »</em> ; ou bien comme Kong, développeur informatique de 24 ans : <em>« Je pense que c&rsquo;est bien parce qu&rsquo;il est dans les affaires et que nous avons besoin de cela. Pour moi, son élection signifie avant tout plus de choix concernant les entreprises avec lesquelles on travaille et, je l&rsquo;espère, de meilleurs salaires. »</em></p>
<p><strong>Le président Trump</strong></p>
<p>Concernant la personnalité de Trump, ses remarques racistes et sexistes, elles sont uniquement évoquées ar les femmes interrogées. C’est à la fois une déception comme pour Tien, qui affirme qu&rsquo;elle était<em> « triste quand il a gagné »</em>, mais aussi un rejet de son statut de président et de celui de sa femme. Tien ajoute : <em>« Je ne peux pas l&rsquo;imaginer président. La façon dont il traite les femmes et les minorités est dégoûtante. Je ne peux pas non plus imaginer sa femme, c&rsquo;est une mannequin et elle n&rsquo;a pas de diplôme. Michelle Obama faisait partie du peuple, mais ce n&rsquo;est visiblement pas le cas de Mme Trump. »</em></p>
<p>Pour autant, la crainte et le rejet ne sont pas dans l’ensemble aussi importants que dans les pays occidentaux. La réaction anti-Trump est plutôt vécue ici comme une déception, mais ce rejet est lui-même seulement abordé par des femmes, reflétant sans doute l’un des enjeux qui a fait pencher la balance au cours de cette élection américaine : le vote des femmes.</p>
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<p style="text-align: right;">Léo BERNARD, à Hô-Chi-Minh-Ville</p>
<blockquote><p>Mexique : « L<em>e Mexique doit repenser ses affaires étrangères</em> »</p></blockquote>
<p>Souvent teintés de résignation et de désillusion, les Mexicains semblent les premiers concernés par l&rsquo;élection de Donald Trump. Ramenant souvent l&rsquo;évènement à la politique de leur pays, trois d&rsquo;entre eux nous livrent leur ressenti.</p>
<div id="attachment_716" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Luis-e1481321860756.jpg"><img class="size-large wp-image-716" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Luis-e1481321860756-1024x1024.jpg" alt="Luis (© Pamela Bazan)" width="920" height="920" /></a><p class="wp-caption-text">Luis, avocat (© Pamela Bazan)</p></div>
<p>Luis est avocat. Il se dit très intéressé par la politique internationale car <em>« on vit dans un monde globalisé et au Mexique, on ne peut pas ignorer ce qui se passe ailleurs dans la planète »</em>. Ceci est particulièrement important lorsqu’on parle des États-Unis, précise-t-il : <em>« On a des relations très importantes avec ce pays, elles sont cruciales pour notre économie »</em>. Luis n’a pas suivi de très près la campagne présidentielle de Donald Trump et Hillary Clinton, mais il considère que cette élection lui a permis d’analyser les campagnes politiques de son pays : <em>« Je crois que les campagnes des deux candidats ont été très pauvres, ils n’ont pas proposé beaucoup de choses et on a fait attention seulement aux attaques que l’un lançait contre l’autre. C’est la forme dont les campagnes électorales se déroulent ici au Mexique. »</em></p>
<p>Que dire du discours de Donald Trump, selon lequel les migrants mexicains sont des « violeurs et des criminels » ? <em>« Il parle sans connaître assez autour de ce sujet. Je crois qu’il ignore que la migration joue un rôle très important dans nos relations bilatérales. »</em> Quant aux propos obscènes envers les femmes, Luis dit que <em>« ces déclarations mettent en évidence sa vraie personnalité, c’est un homme qui ne connaît pas le respect. Il est quelqu’un de superficiel, de peu sérieux et d&rsquo;arrogant. »</em></p>
<p>Il évoque ensuite son ressenti le soir de l’élection : <em>« Quand j’ai vu que Trump était en tête, j’ai été déçu et désillusionné. Je crois que Clinton était une très bonne candidate, surtout parce qu’elle connaît très bien les liens de son pays avec le nôtre. »</em> Pour l’avocat, ce sont les électeurs indécis qui ont permis au républicain d’être élu.<em> « Je crois que finalement, les gens qui n’étaient pas certains de leur vote ont choisi Trump parce qu’ils ne sont plus satisfaits de la politique de Barack Obama. »</em> Luis considère que les propositions les plus polémiques de sa campagne, comme la construction d’un mur frontalier payé par le Mexique, ne sont qu’une stratégie de discours. <em>« Il se trouvera dans une situation complètement différente quand il assumera la présidence. »</em></p>
<p>Selon lui, le président mexicain a également pris une mauvaise décision en invitant Donald Trump à Mexico car <em>« à ce moment-là, il y avait une forte haine des Mexicains envers lui. Aussi, Enrique Peña Nieto aurait mieux fait de prendre une position plus ferme face à Trump et à propos de ses déclarations contre les Mexicains. »</em></p>
<p>Après la victoire de Donald Trump, <em>« le Mexique doit repenser ses affaires étrangères, surtout en ce qui concerne l’économie et la migration, même si ce dernier n’est pas un sujet nouveau pour aucun des deux pays »</em>, déclare-t-il. Trump devra-t-il faire marche arrière avec ses engagements de campagne maintenant qu’il sera président des États-Unis ? <em>« Bien sûr. Il oublie que toute mesure drastique peut aussi affecter les États-Unis, et non seulement le Mexique. »</em></p>
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<div id="attachment_717" style="width: 550px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Fernando.jpg"><img class="size-full wp-image-717" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Fernando.jpg" alt="Fernando (© Pamela Bazan)" width="540" height="723" /></a><p class="wp-caption-text">Fernando, étudiant en économie (© Pamela Bazan)</p></div>
<p>Fernando est étudiant en licence d’économie. Il est originaire de l’État du Chiapas, situé au sud du Mexique. Cet État est frontalier avec le Guatemala et constitue un des points de passage principaux de migrants en provenance d’Amérique centrale vers les États-Unis. Pour cette raison, il se dit particulièrement sensibilisé à ce sujet, les migrants ayant été une cible récurrente des déclarations de Trump pendant sa campagne. <em>« Je crois qu’il a fait une généralisation dangereuse en les qualifiant de criminels. La majorité d’entre eux ne veulent que trouver un emploi pour augmenter la qualité de leur vie et celle de leurs familles. Ils doivent faire face à beaucoup de difficultés pour y arriver. »</em></p>
<p>Concernant le président élu, <em>« il manque de personnalité »</em>, affirme Fernando. <em>« En utilisant un discours raciste et misogyne, c’est évident qu’il est incapable de diriger un pays comme les États-Unis. »</em> Il dit avoir suivi de très près la nuit électorale et il n’est pas resté indifférent à l’écart croissant entre les deux candidats. <em>« C’était intéressant et effrayant à la fois. Je voyais le peso se dévaluer à chaque État où Trump l&rsquo;emportait. Il y a eu un moment où j’ai cru que Clinton pouvait se relever, mais j’ai été surpris quand cela n’a pas été le cas. »</em></p>
<p>Pour cet étudiant, c’est le système électoral qui est derrière la victoire de Trump, car <em>« si on prend en compte le vote populaire, c’est la démocrate qui l’a emporté »</em>. Mais celui-ci n’est pas le seul facteur ayant nui à la candidate démocrate, selon Fernando : <em>« Il faut aussi que le scrutin se déroule le weekend, pour que plus de gens y participent. »</em> Il considère que les engagements de campagne du républicain, surtout la renégociation du traité de libre échange ou la sortie des États-Unis de cet accord ne répondent pas à une analyse prudente. <em>« Son orgueil le rend aveugle. Il ne se rend pas compte des possibles conséquences de ses décisions et il me semble qu’il ignore l’importance commerciale du Mexique pour les États-Unis. Toute modification à l’accord doit être soigneusement étudiée. »</em></p>
<p>Fernando trouve que l’invitation faite à Trump par le président Peña Nieto a été une décision prise à la légère, mais il ne nie pas son importance diplomatique. <em>« Je crois que le président devait avant tout s’assurer que les deux candidats acceptaient l’invitation, mais c’est vrai que Peña Nieto a pensé à cette visite comme une opportunité de dialogue autour du futur des relations bilatérales. C&rsquo;est vraiment très important pour tous les Mexicains. »</em></p>
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<div id="attachment_715" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Yesmin-e1481321796754.jpg"><img class="size-large wp-image-715" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Yesmin-e1481321796754-1024x1024.jpg" alt="Yesmín (© Pamela Bazan)" width="920" height="920" /></a><p class="wp-caption-text">Yesmín, auto-entrepreneuse (© Pamela Bazan)</p></div>
<p>Yesmín est entrepreneuse. Elle dit sentir une forte antipathie envers Donald Trump. <em>« C’est quelqu’un d’immoral. Il a un complexe de supériorité. »</em> Cette femme, qui connaît très bien le monde des affaires, attribue la victoire du républicain à une stratégie de marché réussie. <em>« Trump est un homme d’affaires et c’est de cette façon dont il a agi en politique. Il a étudié chaque groupe de la population et en a repéré les besoins. » </em>Et d’ajouter : <em>« Il a cherché à créer des liens effectifs avec les électeurs, surtout avec des gens racistes, dans un pays où ce phénomène est déjà implanté dans la vie quotidienne. »</em></p>
<p>Mais pour Yesmín, ce ne sont pas ces capacités qui lui permettront de gouverner avec succès : <em>« Gérer une entreprise n’est pas la même chose que diriger un pays. »</em> Elle se sert d’un exemple pour le préciser. <em>« Au Mexique, nous avons eu Vicente Fox – ancien président de Coca-Cola au Mexique – comme président de la République, mais c’était son épouse, Marta Sahagún, qui tenait vraiment les rennes du pays. »</em></p>
<p>Comme la majorité des Mexicains, elle se dit surprise face au triomphe de Donald Trump. <em>« Je ne l’attendais pas, j&rsquo;étais vraiment très inquiète pour les Mexicains qui se trouvent aux États-Unis, je ne ressentais qu’une très grande incertitude. Tout le monde le sait, quoi qu’il arrive là-bas, les effets se font aussi sentir au Mexique. »</em> Elle désapprouve également avec fermeté la visite de Trump après l’invitation du président mexicain, de même que les interventions de Peña Nieto devant la presse, où il a affirmé que les déclarations du républicain à propos des Mexicains avaient subi de <em>« mauvaises interprétations »</em>.</p>
<p>Alors, quelle position le gouvernement mexicain doit-il assumer ? <em>« Le Mexique doit avoir un dirigeant qui ne permette pas aucune insulte envers ses citoyens. »</em></p>
<p style="text-align: right;">Pamela BAZAN, à Mexico</p>
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<blockquote><p>En Colombie, la diaspora sera la plus affectée</p></blockquote>
<div id="attachment_718" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15271693_10210532614010179_1991548361_o-2.jpg"><img class="size-large wp-image-718" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15271693_10210532614010179_1991548361_o-2-1024x883.jpg" alt="Carthagène, ville portuaire du nord de la Colombie (© Lucie Barras)" width="920" height="793" /></a><p class="wp-caption-text">Carthagène, ville portuaire du nord de la Colombie (© Lucie Barras)</p></div>
<p>Le président colombien libéral Juan Manuel Santos, malgré un clair soutien à Hillary Clinton, a affirmé que les relations entre la Colombie et les États-Unis se feraient de plus en plus profondes, même après la victoire de Trump. Les deux pays entretiennent en effet des bonnes relations diplomatiques, basées en partie sur l&rsquo;ingérence de l&rsquo;Oncle Sam en Colombie en matière de lutte contre le narcotrafic et les guérillas marxistes, telles que les FARC.</p>
<p>Pour la population colombienne, qui attend une issue effective à une guerre civile qui semble ne plus en finir, l&rsquo;élection de Trump est secondaire, comme le fait remarquer Walter, dessinateur industriel de 30 ans vivant à quarante kilomètres de Bogota. <em>« Les Colombiens ont d&rsquo;autres choses en tête en ce moment. Et même pour les problèmes qui les concernent directement, ils ont montré par l&rsquo;abstention qu&rsquo;ils ne se sentent pas vraiment concernés »</em>, évoquant le plébiscite du 2 octobre dernier.</p>
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<div id="attachment_720" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15292804_10210532613890176_1371346875_o-1.jpg"><img class="size-large wp-image-720" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15292804_10210532613890176_1371346875_o-1-768x1024.jpg" alt="Walter, dessinateur (© Lucie Barras)" width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Walter, dessinateur (© Lucie Barras)</p></div>
<p>En réalité, les Colombiens les plus affectés par cette élection seront les 1,5 à 2 millions de Colombiens résidant aux États-Unis, notamment en Floride, en Illinois et à New-York, ainsi que leurs proches : <em>« il était déjà compliqué de visiter les États-Unis, ça va devenir tout bonnement impossible »</em>, lance Walter, ironique. Mais sinon, le jeune homme n&rsquo;envisage pas un changement radical de la situation. Et s&rsquo;il préférait Hillary Clinton <em>« notamment parce que c&rsquo;était une femme »</em>, le résultat est le même. <em>« Le président est une marionnette. Ce sera la même situation, en pire. Les États-Unis vont continuer à profiter de l&rsquo;extraction de nos ressources naturelles, à contrôler l&rsquo;aspect militaire à travers les bases qu&rsquo;ils ont ici, et l&rsquo;économie à travers la forte implantation de leurs entreprises. »</em></p>
<p>Pour Oscar, croisé à Carthagène, Trump n&rsquo;est définitivement pas <em>« la personne la plus adéquate pour diriger un pays aussi puissant que les États-Unis »</em>. Ce commercial de 33 ans se dit <em>« en colère »</em> par le résultat du scrutin, en particulier en raison de la « latinophobie » du nouveau président élu. <em>« Il n&rsquo;aime pas les Colombiens, et encore moins les Mexicains. Il a un problème avec les latinos parce que beaucoup d&rsquo;entre eux vont chercher du travail aux États-Unis. Je pense que cette élection va voir un impact négatif pour les communautés colombiennes établies aux États-Unis, et pour l&rsquo;Amérique Latine en général. Sa concurrente, au moins, était </em>clean<em>. »</em></p>
<div id="attachment_719" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15293479_10210532614330187_1473543075_o-1.jpg"><img class="size-large wp-image-719" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15293479_10210532614330187_1473543075_o-1-768x1024.jpg" alt="German, commerçant (© Lucie Barras)" width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">German, commerçant (© Lucie Barras)</p></div>
<p>German, commerçant et originaire de Carthagène également, explique qu&rsquo;il est sorti de ses gonds en apprenant « la nouvelle ». <em>« Ma réaction ? Fucking shit, I don&rsquo;t like it »</em>. Pour German, cette nouvelle aura des répercussion pour les Colombiens. <em>« Pas pour moi directement, mais pour les Colombiens en général, et surtout ceux qui se trouvent là-bas. S&rsquo;ils ne sont pas renvoyés en Colombie, les Colombiens ne pourront plus se rendre là-bas. En Colombie, ce sont les modifications des traités bilatéraux qui vont avoir un impact. »</em><br />
Pour lui, Clinton était la meilleure candidate <em>« car elle était une femme. Les femmes sont plus</em> correctes.<em> Mais il faudrait que les femmes elles-mêmes ne votent pas contre leurs intérêts. »</em> Idem pour tous les<em> « Cubains, Mexicains et latinos des États-Unis, qui ont voté pour Trump ! »</em>, s&rsquo;exclame -t-il.</p>
<p>Modification des relations bilatérales ou retour des Colombiens expatriés ne sont que des hypothèses pour le moment, dans un pays qui exporte la majorité de ses produits vers les États-Unis, comme le souligne German : <em>« Qu&rsquo;il respecte tous ses engagements, qu&rsquo;il fasse construire le mur et déporte 11 millions d&rsquo;immigrés comme il l&rsquo;a annoncé, on verra par la suite&#8230; »</em></p>
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<p style="text-align: right;">Lucie BARRAS, à Carthagène</p>
<blockquote><p>Trump, l’homme de la rupture au Moyen-Orient ?</p></blockquote>
<p>L’élection de Donald Trump à la Maison Blanche a amené son lot d’incertitudes. Malgré des indices laissés ici et là au fil de tweets et de propos défiant toute orthodoxie diplomatique, un gros point d’interrogation demeure sur sa politique étrangère, notamment celle qu’il entend mener au Moyen-Orient.</p>
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<div id="attachment_721" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Maya-Anaïs-Yataghène.jpg"><img class="size-large wp-image-721" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Maya-Anaïs-Yataghène-1024x672.jpg" alt="Beyrouth (© Maya-Anaïs Yataghène)" width="920" height="604" /></a><p class="wp-caption-text">Beyrouth (© Maya-Anaïs Yataghène)</p></div>
<p><em>« Je n’étais certainement pas pour Trump, mais en y réfléchissant je n’étais pas pour Clinton non plus »,</em> affirme Leah, étudiante libanaise. Une indécision partagée par Marwan, ingénieur : <em>« Malgré tout ce que Trump a pu dire, il n’y aura pas de changements radicaux dans la politique américaine vis-à-vis du Moyen-Orient. Mais au moins, avec Trump, on a un nouvel interlocuteur. »</em> Selon lui, rien ne peut prouver que l’élection d’Hillary Clinton, sur le plan extérieur, aurait été préférable à celle de M. Trump. L’arrivée du magnat de l’immobilier à la Maison Blanche pourrait même renouveler l’élite au pouvoir, une élite moins expérimentée politiquement : l’occasion pour les pays du Golfe de renégocier les partenariats diplomatiques à leur avantage, de replacer leurs pions sur l’échiquier. Cette renégociation aurait été impossible avec une Clinton présidente, car son passé en tant que secrétaire d’État (de 2009 à 2013) la tient pieds et poings liés, l’obligeant à une certaine cohérence vis-à-vis de ses positions passées.</p>
<p><em>« Jusqu’ici la politique étrangère des États-Unis a toujours été tournées vers les intérêts israéliens »</em>, explique Leah, mais Donald Trump ayant montré pendant la campagne une certaine neutralité vis-à-vis de la région, elle espère <em>« qu’il pourra changer cette tendance »</em>. Même si les grandes lignes de la politique étrangère des États-Unis ne vont sûrement pas changer, <em>« plusieurs élites arabes (…) voient d&rsquo;un bon œil cette rupture avec les politiques d&rsquo;Obama, jugées catastrophiques, n&rsquo;ayant ni mis fin au conflit syrien ni avancé au niveau de la lutte contre le terrorisme »</em>, précise Sami Nader, analyste politique, selon des propos recueillis par L’Orient-Le Jour.</p>
<p>Car c’est notamment sur le dossier syrien que le nouveau président élu est attendu au tournant. <em>« À en juger par les déclarations (…) du président Vladimir Poutine, les russes semblent optimistes de trouver un terrain d&rsquo;entente avec le nouveau président (Trump). Ce qui peut augurer d&rsquo;une certaine avancée dans le dossier syrien »</em>, déclare à L’Orient-Le Jour Élias Abou Assi, secrétaire général du Parti national libéral. Donald Trump s’est d’ailleurs contenté de remarquer que le président syrien Bachar al-Assad n’était pas une personnalité recommandable, mais qu’aux côtés de la Russie, il combattait le terrorisme. Une rhétorique bien différente de celle adoptée jusqu’ici par Washington. <em>« Trump place en priorité absolue la lutte contre le terrorisme, en Syrie et ailleurs »</em>, explique Leah. Et les propos isolationnistes du nouveau président américain ne trompent personne. <em>« Les États-Unis ne peuvent de toute manière pas exister en étant repliés sur eux-mêmes »</em>, dit Marwan.</p>
<p>En parallèle, au Liban, l&rsquo;élection présidentielle suscite également des espoirs sur l’avancée de la question syrienne. Ce 31 octobre dernier, Michel Aoun, ex-général chrétien allié du Hezbollah chiite, est élu président de la République libanaise. S’alliant au parti sunnite afin d’obtenir le nombre de voix nécessaires au Parlement, il s’est ainsi engagé à nommer Saad Hariri, chef de file des sunnites, Premier ministre du nouveau gouvernement libanais. Une alliance entre chrétiens, sunnites et chiites au Liban qui laisserait entrevoir la possibilité d’un accord sur la position à adopter face au conflit syrien, dans ce pays considéré comme première ligne de front dans la lutte contre le djihadisme.</p>
<p>Ainsi, avec d’un côté le rapprochement russo-américain, et de l’autre un compromis gouvernemental au Liban, <em>« c’est peut-être l’occasion d’une issue au conflit syrien »</em>, espère Leah. <em>« De toute manière, des deux côtés, on ne peut plus supporter les coûts qu’impliquent ce conflit »</em>, ajoute Marwan. Selon lui, les pays ne peuvent plus suivre le rythme des sommes investies dans le conflit et les différents partis vont jouer la carte du réalisme.<em> « Je m&rsquo;attends à ce que ce président (Trump) soit pragmatique, étant avant tout un homme d&rsquo;affaires »</em>, confirme Sami Nader.</p>
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<p style="text-align: right;">Camille SCHMITT, à Beyrouth</p>
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<p style="text-align: center;">Un mois après l’élection, le Canada se raconte</p>
</blockquote>
<p>À l’image d’un grand nombre de pays, le Canada était sous le choc le soir de l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis. Les mots les plus utilisés par les Canadiens sur les réseaux sociaux étaient « déçu », « choqué », « dégoûté ». Des adjectifs qui dépeignent une image uniformément anti-Trump. Pourtant, 13% des Canadiens auraient voté pour Donald Trump à l&rsquo;élection américain s’ils y avaient été éligibles… Radio Londres a rencontré deux Canadiens, deux Québécois, dont les vues s’opposent au sujet du futur président. Loin de représenter la variété d’un pays si étendu qu’il baigne dans deux océans différents, ces deux portraits invitent pourtant à repenser le stéréotype selon lequel le Canada est le pays où le libéralisme économique et social règne en maître.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_724" style="width: 910px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15401322_1219847298075410_2106030835_n.jpg"><img class="wp-image-724 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15401322_1219847298075410_2106030835_n.jpg" alt="15401322_1219847298075410_2106030835_n" width="900" height="676" /></a><p class="wp-caption-text">Louis-François Perry, étudiant en sociologie à l’Université du Québec à Montréal (© Marion Lefèvre)</p></div>
<p>Louis-François a, comme la majorité des Canadiens, suivi l&rsquo;élection américaine. Passionné de sociologie et engagé à « La Riposte socialiste », un groupe socialiste universitaire, il éprouve un intérêt tout particulier pour la politique américaine. Pour autant, le résultat l’a surpris. <em>« On le voyait venir pendant la soirée même, mais bon… Malgré tous les espoirs qu’on plaçait en Obama en ce qui concerne notamment le racisme et la question sociale en générale, ce rêve est mort. »</em> Pour lui, c’est la classe ouvrière qui s’est retrouvée <em>« tannée »</em> du <em>statu quo</em> et des politiques néo-libérales du gouvernement américain.</p>
<p>Il hésite un peu, choisi ses mots avec précision. <em>« J’ai passé la soirée avec ma gang et une bière. Certains avaient une analyse assez… simpliste, et ne l’avaient vraiment pas vu venir. »</em> Il rit, un peu gêné. <em>« Le premier truc que les gens disaient, c’était que les Américains ne sont “quand même pas assez stupides pour élire ce gars-là”… »</em>. La victoire de Trump, il l’attribue à un « élément de classe ». <em>« J’imagine que [les mesures protectionnistes du programme de Trump], ça parlait à des gens qui ont perdu leur emploi à cause de coupures visant à exploiter d’autres gens ailleurs… »</em></p>
<p>Louis-François ne cache pas sa position socialiste, et le rôle de la classe sociale est pour lui primordial dans cette élection. <em>« Depuis l’anti-communisme du 20e siècle qui a perverti la société américaine et surtout la classe ouvrière, ce sentiment s’est transmis de génération en génération. »</em> Il ajoute que la société lui paraît un peu plus ouverte aujourd’hui. <em>« Les jeunes sont plus féconds aux idées socialistes ; d’ailleurs, « socialisme » était l’un des mots les plus cherchés par les Américains pendant la campagne »</em>, semble-t-il se réjouir. <em>« Il faut commencer avec eux et déconstruire les mythes attachés à la gauche, essayer d’apprendre des leçons d’exemples comme mai 68 ou la grève générale de 1972 au Québec. »</em></p>
<p>Selon <em>Montreal Gazette</em>, un quotidien montréalais, le Canada n’est pas épargné par la vague populiste qui a précédé l’élection en Europe et qui a conduit Trump à la Maison Blanche. Au Québec, 20 à 25 groupes comprenant chacun entre 15 et 100 membres ont été identifiés comme des groupes d’extrême-droite visant les communautés aborigènes, juives, immigrantes, musulmanes et LGBTQ.</p>
<p><em>« Une montée de la droite dure peut tout à fait arriver au Canada, bien sûr »</em>, s’exclame Louis-François. Il estime que le Québec pourrait être « touché » d’ici cinq ou dix ans, peut-être moins. <em>« Si on continue avec des mesures d’austérité, qu’on met moins d’argent dans l’éducation et la santé, on va contribuer à la radicalisation »</em>, conclut-il. Ce qu’il ressent envers Trump et son programme ? <em>« Du dégoût »</em>, essentiellement. <em>« Ça fait peur, je n&rsquo;aimerais pas être musulman – ou pire, une femme musulmane – en ce moment aux États-Unis »</em>. Il reconnaît qu’il ne peut pas se glisser dans leur peau, mais que <em>« n’importe quelle minorité ne doit pas être à l’aise »</em>. <em>« Rôdent autour de Trump beaucoup de personnalités qui sont homophobes et réactionnaires »</em>, grimace-t-il.</p>
<p>On en arrive à la plaisanterie récurrente depuis l’élection : le bug technique du site d’Immigration Canada pendant la soirée électorale, dû à un trop grand nombre de connexions simultanées. Louis-François sourit et nous assure qu’ils conseilleraient aux Américains qui voudraient immigrer de <em>« rester chez eux, de travailler à améliorer leurs conditions de vie et de préparer une offensive sociale contre le programme de Trump »</em>. Il faut pour lui ne pas hésiter à <em>« descendre dans la rue, manifester, préparer un programme de riposte socialiste »</em>. L’esprit de solidarité avec le peuple américain – et plus particulièrement avec la classe moyenne – est clef, souligne-t-il.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_725" style="width: 910px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15357072_1219847291408744_614556621_n.jpg"><img class="size-full wp-image-725" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15357072_1219847291408744_614556621_n.jpg" alt="Katerina Gang, étudiante en journalisme à l’Université Concordia à Montréal (© Marion Lefèvre)" width="900" height="676" /></a><p class="wp-caption-text">Katerina Gang, étudiante en journalisme à l’Université Concordia à Montréal (© Marion Lefèvre)</p></div>
<p><em>« Donald Trump est un homme très intelligent. »</em> Voilà les premiers mots de Katerina à propos du nouveau président américain. Pour elle, il se préoccupe réellement du peuple américain et l’a montré à travers ses actes. <em>« Un jour, il a construit gratuitement une patinoire à Central Park pour les enfants new-yorkais »</em>, raconte-t-elle.</p>
<p>La nuit de l’élection a été unique pour Katerina. <em>« J’ai commencé à Reggie’s </em>[le bar de Concordia]<em>, et j’étais la seule supportrice de Trump »</em>, rit-elle. <em>« Quand j’applaudissais, les autres étaient tristes, et vice versa… Ensuite, je suis allée chez ma famille et mon copain est venu, on a regardé, on a bu. C’était incroyable. »</em> Si elle était résignée à ce qu’Hillary Clinton l’emporte, Katerina avait «<em> l’impression qu’une majorité silencieuse ne s’exprimait pas. On le voit beaucoup aux États-Unis, où les médias diabolisent l’idéologie conservatrice et où ces gens se sentent presque lépreux quand ils expriment ces opinions. […] Quand les États-pivots sont passés au rouge, c’était extraordinaire »</em>.</p>
<p>Son rejet de la bureaucratie, son expérience et son « succès » en tant que businessman, son côté outsider au sein de la politique bien rodée de Washington sont autant de qualités que Katerina trouve au nouveau résident du Bureau ovale. La polémique sur le sexisme de Trump l’amuse. <em>« L’idée d’« attraper cette femme par la chatte », c’était une blague ! Il a été très respectueux envers la femme en question après »</em>.</p>
<p><em>« Je pense que je me sens proche de Trump parce que je hais ce que Trudeau représente »</em>, analyse-t-elle. <em>« Je trouve que son parti et Justin Trudeau lui-même sont comiques, sur la scène internationale. Il n’a pas de cran »</em>.</p>
<p><em>« Je ne pense pas que Trudeau fasse passer le Canada avant tout »</em>, avance-t-elle. Sa diction est précise, elle hésite très peu et semble très au fait des évolutions politiques des deux pays voisins. <em>« Trudeau a dit qu’il allait diminuer les restrictions sur les visas accordés aux Mexicains »</em>, soupire-t-elle. Selon elle, ce serait un problème dans quelques années, alors que de nombreux Canadiens se préoccupent de la situation actuelle.</p>
<p>Économiquement, la présidence de Trump pourrait <em>« aider le Canada »</em> en ce qui concerne l’énergie. Par contre, les prix à la consommation pourraient selon elle augmenter, ce qui conduiraient des Canadiens à déménager vers le Sud – un mouvement qui défie la majorité des points de vue exprimés par les médias canadiens aujourd’hui.</p>
<p><em>« Au Canada, la culture est très ouverte – trop, peut-être »</em>, commente Katerina. <em>« Je ne suis pas surprise qu’être anti-Trump soit très Canadien, il n’incarne pas vraiment les valeurs canadiennes mais plutôt américaines. Il parle fort, il est riche et réussit dans la vie, il incarne le rêve américain »</em>, s’amuse-t-elle.</p>
<p>Katerina avoue ne pas comprendre le fait que les gens n’aiment pas l’élu. Pour elle, c’est <em>« hyperbolique »</em> de le comparer à Hitler comme cela a été fait. <em>« Hitler déportait des Juifs qui étaient citoyens allemands ; Trump veut déporter des immigrants illégaux »</em>, ajoute-t-elle lorsqu’on l’interroge sur le parallèle troublant de l’emploi du mot « déportation ». La question du racisme est pour elle exagérée, trop soulignée et manipulée par les politiques occidentaux. <em>« On peut avoir des politiques qui s’opposent à certains groupes sans être fondés sur le critère de la race mais sur la sécurité, la protection des citoyens. »</em> Rien à craindre si l’on à rien à cacher.</p>
<p>Interrogée sur la question du « small government », c’est-à-dire le refoulement de l’État-providence en dehors de la sphère privée, elle hoche vigoureusement la tête. <em>« Je suis légalement aveugle »</em>, dit-elle en pointant du doigt son œil. <em>« Mais je ne voudrais pas que s’occuper de moi soit le rôle de l’Etat. J’ai une vision d’une communauté forte ; je me préoccupe de mon copain, de mes amis, de ma famille et de leurs familles. »</em> Pour elle, le conservatisme représente l’individualisme, la compétition et l’effort. Ceux qui ne travaillent pas ne devraient pas forcément recevoir <em>« une éducation secondaire ou des bénéfices sociaux »</em>.</p>
<p>Pour elle, l&rsquo;Occident s’engage dans cette direction. <em>« Les gens commencent à voir les désavantages du libéralisme et à vouloir s’en débarrasser. »</em> Elle comprend les désirs nationalistes des groupes d’extrême-droite québécois, même si la séparation ne lui apparaît pas comme la solution.</p>
<p>Et de conclure, un peu ironique : <em>« Les médias sont très libéraux. Les éditeurs-en-chef du journal de Concordia pour lequel je travaille sont surpris que j’exprime autant mes vues politiques… »</em> Une fois son diplôme obtenu, elle pense à travailler sur YouTube ou pour un média conservateur nord-américain.<em> « Si on m’offrait un poste à Fox News, je déménagerais aux États-Unis, bien sûr »</em>, exprime-t-elle, rêveuse.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;">Marion LEFÈVRE, à Montréal</p>
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		<title>Le Mexique, plongé dans un marasme politique</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Oct 2016 23:50:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pamela Bazan]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comme chaque année, le pays aztèque a fêté l&rsquo;anniversaire de son indépendance la nuit du 15 septembre. Alors que le Zócalo se remplissait de personnes désireuses de crier « Vive le Mexique ! », plusieurs milliers de citoyens ont essayé de conquérir – en vain – la place centrale au cri de « Basta! » : pendant la mobilisation, <a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/16/97001-20160916FILWWW00046-mexique-la-demission-du-president-reclamee.php">les manifestants ont exigé la démission du président Peña Nieto</a>, dont la popularité ne cesse de baisser (selon un sondage du journal <em>Reforma</em> publié en août, elle serait tombée à 23%). Le compte à rebours vers l’élection présidentielle de 2018 a commencé et cette crise politique ne restera pas sans conséquences. Comment en est-on arrivé là ?</strong></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p>En remportant l’élection présidentielle en 2012, Enrique Peña Nieto – alors candidat du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel) – incarnait le retour d’un parti hégémonique au pouvoir. Depuis sa fondation en 1929, le PRI a instauré un régime autoritaire qui a duré sept décennies, avant l’arrivée du PAN (Parti action national, droite sociale-chrétienne) au gouvernement en 2000. Conscient de ce passé quelque peu totalitaire, il se vantait de représenter le « nouveau PRI » ; une aspiration unificatrice et un esprit réformateur semblaient cimenter le cœur de sa campagne. Après sa prise de fonction, son parti signerait un <a href="http://www.economist.com/news/americas/21567941-new-president-believes-he-has-broad-political-agreement-change-his-country">« pacte national »</a> avec l’opposition. Ensuite, il annoncerait des réformes structurelles pour « faire bouger le Mexique. » <em><a href="http://www.economist.com/news/21566314-enrique-pe%C3%B1a-nieto-mexicos-newly-elected-president-sets-out-his-priorities-mexicos-moment">Mexico’s moment</a></em> était en marche. Mais cette promesse ne ferait pas long feu. Le bilan du président mexicain, au pouvoir depuis quatre ans, contient des dossiers très épineux.</p>
<blockquote><p>Le cas Iguala ou la crise des droits humains</p></blockquote>
<div id="attachment_648" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/etudiantsmx.jpg"><img class="size-full wp-image-648" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/etudiantsmx.jpg" alt="© fundar.org.mx" width="800" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">© fundar.org.mx</p></div>
<p>Cela fait déjà deux ans que <a href="http://radio-londres.fr/2015/10/etudiants-disparus-mexique-loin-de-verite/">les étudiants de l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa ont disparu</a>. Bien qu’une centaine de personnes aient été interpellées, de nombreuses questions restent sans réponse. La « vérité historique » présentée par le gouvernement de Peña Nieto s’est effondrée face à un rapport publié par des chercheurs indépendants. Ce document a mis en évidence les négligences commises par l’État pendant l’enquête officielle et a nié la thèse principale de celui-ci, selon laquelle les corps des 43 étudiants auraient été incinérés.</p>
<p><a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/04/mexico-new-ayotzinapa-report-reveals-official-determination-to-sweep-tragedy-under-the-carpet/">Erika Guevara, directrice du programme Amériques d’Amnesty International</a>, a déclaré :</p>
<p><em>« La réaction des autorités à la disparition des 43 étudiants d&rsquo;Ayotzinapa et à l&rsquo;exécution extrajudiciaire de trois personnes est une illustration tragique de la méthode privilégiée par Enrique Peña Nieto en matière de droits humains : cacher ou ignorer les faits, et espérer que les accusations finissent par tomber dans l&rsquo;oubli. »</em></p>
<p><a href="http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Stop-Torture/Actualites/Torture-au-Mexique-le-rapport-critique-de-ONU-14462">L’Organisation des Nations Unies a également dénoncé cette crise</a> et a assuré que la torture restait une pratique généralisée au Mexique :</p>
<p><em>« Des policiers et des militaires recourent régulièrement à la torture afin de punir des détenus dans le cadre de la prétendue guerre contre la drogue, de leur arracher des “aveux” ou des informations. Souvent, les victimes sont forcées de signer des déclarations sous la torture et sont reconnues coupables dans de nombreux cas sur la base de ces seuls documents. »</em></p>
<p>Le gouvernement mexicain, à travers le ministère des Relations extérieures, a refusé les recommandations des organismes internationaux sous prétexte que, selon eux, <em>« leurs conclusions ne correspondent pas à la réalité »</em>.</p>
<blockquote><p>« La maison blanche d’Enrique Peña Nieto »</p></blockquote>
<div id="attachment_646" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/casablanca.jpg"><img class="wp-image-646 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/casablanca.jpg" alt="© divergente.mx" width="1000" height="532" /></a><p class="wp-caption-text">© divergente.mx</p></div>
<p>C’est le titre d’un reportage publié par l’équipe de <a href="http://www.courrierinternational.com/article/mexique-carmen-aristegui-un-defi-permanent-la-censure">la journaliste Carmen Aristegui</a> en novembre 2014, quelques semaines après la disparition des étudiants. <a href="http://aristeguinoticias.com/0911/mexico/la-casa-blanca-de-enrique-pena-nieto/">Ce travail</a> a révélé que le président et la première dame, Angélica Rivera, avaient acquis une résidence à Mexico d&rsquo;une valeur estimée autour de sept millions de dollars. Le ministre des Finances, Luis Videgaray, s’est retrouvé dans une situation similaire. Le problème ? Les maisons appartenaient à une entreprise qui a remporté un appel d’offre pour une construction ferroviaire, un projet qui promettait d’être un des plus grands succès du gouvernement fédéral, mais qui serait annulé ensuite. Cette firme a également bénéficié de contrats alors que Peña Nieto était gouverneur de l’État de Mexico.</p>
<p>Après ce scandale, le président mexicain a désigné Virgilio Andrade comme le responsable d’une enquête autour des luxueuses demeures. Ce fonctionnaire a nié d’emblée l’existence d’un conflit d’intérêts, en alléguant que les maisons avaient été acquises avant leur prise de fonction. L’opinion publique est restée sceptique face à ce verdict, considéré comme une exonération anticipée et motivée par les liens d’amitié entre Andrade et Videgaray.</p>
<p>En juillet 2016, Peña Nieto a annoncé la création d’un Système National contre la Corruption. Dans le cadre de cette réforme, il a évoqué la polémique entourant la « maison blanche » et s’est adressé aux Mexicains : <em>« Même si j’ai agi en toute légalité, cette erreur a affecté ma famille et a dégradé la confiance dans le gouvernement. Je vous demande pardon pour l’indignation provoquée par cette affaire. »</em></p>
<blockquote><p>L’évasion de « El Chapo »</p></blockquote>
<div id="attachment_645" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/elchapo.jpg"><img class="size-large wp-image-645" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/elchapo-1024x640.jpg" alt="© posta.com.mx" width="920" height="575" /></a><p class="wp-caption-text">© posta.com.mx</p></div>
<p>Joaquín Guzmán Loera, « le plus puissant narcotrafiquant au monde », a été capturé pour la première fois en 1993 au Guatemala. Pendant le gouvernement de Vicente Fox en 2001, il s’échappe d’une prison de sécurité maximale.</p>
<p>Ce n’est qu’après treize ans de chasse que Guzmán Loera est revenu derrière les barreaux. Le 22 février 2014, « El Chapo » a été capturé par les autorités mexicaines. Le mandat d’Enrique Peña Nieto avait le vent en poupe. Après l’annonce de ses projets pour l’éducation et l’énergie, le « président réformateur » se voulait le garant de la lutte contre le crime organisé. Il a alors déclaré qu’une « nouvelle évasion serait impardonnable ». Mais l’inconcevable est arrivé.</p>
<p>Le 11 juillet 2015, Guzmán Loera s’est à nouveau évadé de prison. Pour ce faire, il s’est introduit dans un tunnel – long de 1,5 km – par un trou creusé dans sa cellule. Puis il l’a parcouru à l’aide d’une moto fixée à des rails qui menaient à un immeuble en cours de construction. Une stratégie qui ne laisse aucune place à l’improvisation. Pour les Mexicains, il semblait évident que le narcotrafiquant avait bénéficié de complicités à l’intérieur de la prison. La réalisation d&rsquo;un tel « chef d’œuvre d’ingénierie » en toute discrétion aurait été impossible. Une nouvelle recherche a été lancée.</p>
<p>Le 8 janvier 2016, Enrique Peña Nieto annonçait sur son compte Twitter : <em>« Mission accomplie. Je veux informer les Mexicains que Joaquín Guzmán Loera a été arrêté. »</em> Inutile de tirer orgueil de cette prouesse. Les autorités mexicaines avaient été incapables d’éviter l’évasion et l&rsquo;opinion publique de penser que « personne ne peut écarter la possibilité d’une nouvelle fuite ».</p>
<blockquote><p>Un scandale de plagiat</p></blockquote>
<div id="attachment_644" style="width: 770px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/tesisplagiada.jpg"><img class="size-full wp-image-644" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/tesisplagiada.jpg" alt="© debate.com.mx" width="760" height="416" /></a><p class="wp-caption-text">© debate.com.mx</p></div>
<p>Le 21 août, Carmen Aristegui a de nouveau fait irruption sur la scène politique mexicaine. Dans un reportage intitulé <em><a href="http://aristeguinoticias.com/2108/mexico/pena-nieto-de-plagiador-a-presidente/">« Peña Nieto, de plagiador a presidente »</a></em> (Peña Nieto, de plagiaire à président), elle publie une enquête affirmant que la thèse du président mexicain – qui lui a permis d’obtenir sa licence de droit – contient 28% de textes plagiés.</p>
<p>Cette affaire a bouleversé l’opinion publique mexicaine et les comparaisons ne se sont pas faites attendre. En 2011, Karl Theodor zu Guttenberg (ministre de la Défense allemand), en 2012, Pál Schmitt (président de la Hongrie) et en 2013, Anette Schavan (ministre de l’Éducation allemande) ; tous ont démissionné après des accusations de plagiat. En revanche, Peña Nieto a déclaré qu’il s’agissait ici d’une « erreur méthodologique ». Ces déclarations ont fait la une des médias mexicains, mais ce dossier a également trouvé sa place <a href="http://www.nytimes.com/2016/08/23/world/americas/report-accuses-mexicos-president-of-plagiarism-in-law-school-thesis.html?_r=0">dans la presse internationale</a>, ce qui n’a fait qu’attiser la polémique.</p>
<blockquote><p>Trump au Mexique</p></blockquote>
<div id="attachment_643" style="width: 970px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/nietotrump.jpg"><img class="size-full wp-image-643" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/nietotrump.jpg" alt="© Libération" width="960" height="622" /></a><p class="wp-caption-text">© Libération</p></div>
<p>Le gouvernement mexicain a annoncé, le soir du 30 août 2016, une réunion entre le président et le candidat républicain à la présidence des États-Unis, Donald Trump. <em>« Il y a quelques jours, le président Peña Nieto a invité les deux candidats à la présidentielle américaine pour dialoguer sur la relation bilatérale entre le Mexique et les États-Unis. »</em> Mais seul l’homme qui <em><a href="http://www.nytimes.com/2016/08/31/us/politics/donald-trump-mexico-enrique-pena-nieto.html?ref=nyt-es&amp;_r=0">« a passé un an à se moquer du Mexique »</a></em> a répondu.</p>
<p><em>« Quand le Mexique nous envoie des gens, il ne nous envoie pas les meilleurs. Il envoie des gens avec des tas de problèmes. Ils viennent avec de la drogue, ils amènent de la criminalité, ce sont des violeurs. »</em> Ces mots sont ceux de Donald Trump, prononcés lors de l’annonce de sa candidature, le 16 juin 2015. Des paroles toujours ancrées dans l’esprit des Mexicains.</p>
<p>En mars dernier, Enrique Peña Nieto a considéré ce discours comme une « rhétorique stridente » et a déclaré que « c’est la façon dont Mussolini et Hitler sont arrivés au pouvoir ». Les Mexicains ne comprenaient donc pas le pourquoi de l’invitation. Le 31 août, le candidat républicain s’est rendu à Mexico. Après une réunion privée, le président mexicain et Donald Trump ont parlé devant les médias. Lors des interventions que la presse mexicaine a considéré comme « tièdes » et « molles », Peña Nieto a affirmé que les commentaires de l’homme d’affaires avaient subi de <em>« mauvaises interprétations »</em>. <em>« Des malentendus »</em> a-t-il précisé. La prestation du président n’a pas plu aux Mexicains. Sur les réseaux sociaux, des millions d’entre eux ont manifesté leur indignation et ont dit se sentir « humiliés ». Pour eux, la visite de Donald Trump n’avait fait que légitimer son discours haineux. Selon Luis Videgaray (ministre des Finances), en revanche, l’invitation au candidat républicain a été <em>« courageuse et intelligente »</em>.</p>
<div id="attachment_642" style="width: 544px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/trumparizona.jpg"><img class="size-full wp-image-642" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/trumparizona.jpg" alt="© The Republic" width="534" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">© The Republic</p></div>
<p>Cet évènement a eu des conséquences politiques majeures aux deux côtés de la frontière. Une fois rentré aux États-Unis, Trump a insisté de nouveau sur sa volonté de construire un mur entre les deux pays. Le président mexicain en avait parlé peu après la réunion : <em>« Au début de la conversation, j’ai clairement indiqué que le Mexique ne paierait pas le mur. »</em> Mais lors d’un meeting dans l’Arizona, l’homme d’affaires a déclaré, d’un ton moqueur : <em>« Le Mexique paiera le mur, croyez-moi, à 100%. Ils ne le savent pas encore, mais ils paieront le mur. »</em> (sic)</p>
<p>Trump avait le contrôle du discours, les mots de Peña Nieto avaient été dépassés. En une semaine, <a href="http://www.reuters.com/article/us-usa-election-poll-idUSKCN1182PT">il était remonté dans les sondages</a>. Pour Hillary Clinton, le voyage du candidat républicain à Mexico a été un <em>« incident international honteux »</em>.</p>
<p>Au Mexique, les partis de l’opposition ont traité Peña Nieto d’<em>« idiot »</em> et d&rsquo;<em>« incompétent »</em>. Le journal <em>Reforma</em> a identifié le ministre des Finances, Luis Videgaray, comme le promoteur de cette visite. Il a également révélé que Claudia Ruiz Massieu, la ministre des Relations extérieures, s’y opposait. Mais la décision était déjà prise, et « l’homme fort » du gouvernement de Peña Nieto devait maintenant affronter les conséquences. Mercredi 7 septembre, il a présenté sa démission. <em><a href="http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/09/09/la-visite-de-donald-trump-provoque-une-crise-politique-au-mexique_4995041_3222.html">« Un fiasco qui plonge le président Peña Nieto dans la plus grave crise de son mandat »</a></em>, selon Le Monde.</p>
<div id="attachment_641" style="width: 1014px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/calderon.jpg"><img class="size-full wp-image-641" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/calderon.jpg" alt="L'ex-première dame Margarita Zavala avec son époux, Felipe Calderón Hinojosa. (© clase.in)" width="1004" height="479" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;ex-première dame Margarita Zavala avec son époux, Felipe Calderón Hinojosa. (© clase.in)</p></div>
<p>En effet, la démission de Luis Videgaray porte un coup dur au parti du président en vue de la course électorale de 2018. Les chances de trouver un candidat qui permette au PRI de rester au pouvoir diminuent – la constitution ne permettant pas la réélection du président sortant. La réforme de l’éducation, un de ses projets les plus « prometteurs » du mandat de Nieto, a du mal à s’implanter. Aurelio Nuño, ministre de l’Éducation, et Miguel A. Osorio Chong, ministre de l’Intérieur, ont des difficultés à trouver un accord avec les enseignants opposés au nouveau modèle. Les interventions policières pendant les mobilisations ont déclenché un conflit devenant chaque fois plus violent.</p>
<p>Les partis de l’opposition semblent alors y voir plus clair. Chez le PAN, plusieurs dirigeants se sentent prêts à lancer une campagne pour récupérer la présidence. Les sondages placent l’ex-première dame Margarita Zavala en tête pour la candidature du parti conservateur. À gauche, le PRD (Parti de la révolution démocratique), bien que devant faire face à de nombreuses divisions internes, a manifesté son soutien à Miguel Ángel Mancera, l&rsquo;actuel maire de Mexico, mais n’écarte pas la possibilité de construire une alliance avec le PAN.</p>
<p>Cette course présidentielle sera assurément différente des précédentes. En 2018, la scène politique accueillera de nouveaux venus. D’un côté, le parti qui se dit le représentant de « la vraie gauche » : Morena (Mouvement de régénération nationale) fondé en 2014 par Andrés Manuel López Obrador, ancien candidat du PRD à la présidence mexicaine en 2006 et 2012. Il est convaincu que <em>« la troisième fois sera la bonne »</em>. De l’autre, les candidats indépendants, qui affirment que <em>« les Mexicains en ont assez des partis politiques »</em>. Parmi eux se trouve notamment Jorge Castañeda, ancien ministre des Relations extérieures pendant le mandat de Vicente Fox. De son côté, Margarita Zavala n&rsquo;a pas nié la possibilité d’une candidature indépendante. Une dérive qui peut permettre aux concurrents de se détacher du passé, et qui menace surtout le système politique traditionnel mexicain.</p>
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		<title>Népal : le courage d&#8217;une jeunesse dans un pays dévasté</title>
		<link>http://grandsformats.radio-londres.fr/2016/09/20/nepal-jeunesse/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Sep 2016 13:21:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Fageot et Lucas Scaltritti]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[Népal]]></category>
		<category><![CDATA[portrait]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; Connaissez-vous vraiment le Népal ? Il n&#8217;y a que des bouddhistes perchés sur l&#8217;Himalaya ? Eh non. Concrètement, c&#8217;est une histoire complexe et une république qui peine à s&#8217;affirmer. En France, la vie semble dure, mais comment vit-on à 25 ans dans un pays aussi instable que le Népal ? Chirag, 24 ans, a la réponse. Portrait. [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Connaissez-vous vraiment le Népal ? Il n&rsquo;y a que des bouddhistes perchés sur l&rsquo;Himalaya ? Eh non. Concrètement, c&rsquo;est une histoire complexe et une république qui peine à s&rsquo;affirmer. En France, la vie semble dure, mais comment vit-on à 25 ans dans un pays aussi instable que le Népal ? Chirag, 24 ans, a la réponse. Portrait.</p>
<p>Mais juste avant, afin de pallier le silence médiatique et historique sur le Népal, reposons les bases.</p>
<p><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/histoire-nepal.jpg"><img class="aligncenter wp-image-611 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/histoire-nepal-674x1024.jpg" alt="histoire-nepal" width="674" height="1024" /></a></p>
<blockquote><p>PNC aux portes, armement des toboggans, vérification de la porte opposée</p></blockquote>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/D-kEqKmfuLA?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Chirag, s&rsquo;il n&rsquo;a pas été choisi par hasard, est un homme à l&rsquo;histoire tourmentée. Son père décède donc alors qu&rsquo;il n&rsquo;a que deux ans. Sa mère le descend de son petit village natal jusqu&rsquo;à Katmandou, pour le confier à une association française. Fondée en 1993 par Hélène Boyer-Julien, Médic Népal soutient et accompagne des enfants jusqu&rsquo;à leur insertion professionnelle. Ce qu&rsquo;elle fit pour le tout jeune Chirag.</p>
<p>Impossible de le savoir sur le coup, mais sa vie, bien mal commencée en dépit de son appartenance à une caste élevée, va prendre un tout autre tournant. À ce moment là, sa mère ne lui offre pas la survie, elle lui offre une vie que peu de jeunes Népalais ont la chance d&rsquo;avoir.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, nous avons en face de nous un jeune homme qui est instituteur. Il officie à la Asmita English School, établissement où il y a quelques années, il était à la place de ses élèves. Entre temps, celui dont le prénom rappelle fortement le cinquième Président de la Ve République française, a décroché un bachelor de comptabilité en Inde. Il était alors <em>« assez grand pour être autonome et commencer à travailler »</em>, confie-t-il.</p>
<div id="attachment_612" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Chirag.jpg"><img class="wp-image-612 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Chirag-1024x768.jpg" alt="Chirag tout sourire entre deux cours. © Mathieu Fageot" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Chirag, tout sourire entre deux cours. © Mathieu Fageot</p></div>
<p>Malgré le sourire qu&rsquo;il arbore sans cesse, Chirag vit encore des moments difficiles. Suite au décès de sa mère et en signe de deuil, le jeune homme a les cheveux courts. Trente jours qu&rsquo;elle n&rsquo;est plus. Il conserve néanmoins dans un coin de sa tête son ambition initiale : devenir expert comptable. Pourtant aujourd&rsquo;hui, nous avons affaire à un guide touristique. Nous le suivons dans le dédale des rues de Patan, totalement émerveillés par le cœur historique de cette ville au sud de la capitale. Chirag, d&rsquo;une immense gentillesse, prend le temps pour nous montrer tous les incontournables de la cité, mais pas que. Grâce à lui, nous quittons les sentiers touristiques pour découvrir des perles. Il nous fait pénétrer dans des habitations qui nous dévoilent dans leurs cours intérieures des temples « privés ». Insoupçonnable de l&rsquo;extérieur. Les rues minuscules, sales et malodorantes recèlent bien des trésors. D&rsquo;un coup, sans prévenir, la gifle. La boue, les mendiants et le bruit des odeurs.</p>
<p>Cette atmosphère fait tristement écho à la misère architecturale que connaît le Durbar square, le centre historique de Patan. Les monuments datant du XVIIe siècle n&rsquo;ont pas fait dans l&rsquo;originalité en mai dernier et furent, eux aussi, submergés par le séisme. Temples détruits. Colonnes et statues devenues de simples tas de gravats. D&rsquo;ailleurs, presque une dizaine de victimes ont été à déplorer sur ce site. Chirag, lui, fut épargné. <em>« Je me rendais sur mon lieu de travail en scooter, je me suis arrêté. »</em> Il se souvient également, ému : <em>« Mon scooter est tombé, et là, j&rsquo;ai vu tout le monde autour de moi qui fuyait, ils étaient tous apeurés. »</em> Mais le plus dur était à venir. Et pour cause, il lui était impossible de dormir sous son propre toit, sa maison risquant de s&rsquo;effondrer. Pendant plus d&rsquo;une semaine, en période où les moustiques pullulent, il dut se résoudre à quitter son domicile pour des bus, des camps militaires, mais aussi la rue.</p>
<div id="attachment_613" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Patant-Durbar-Square.jpg"><img class="wp-image-613 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Patant-Durbar-Square-1024x768.jpg" alt="Les monuments historiques du Durbar Square de Patan sont classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO. © Lucas Scaltritti" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Les monuments historiques du Durbar Square de Patan sont classés au Patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO. © Lucas Scaltritti</p></div>
<p>Les coups durs successifs, cette mer déchaînée qu&rsquo;est le quotidien et l&rsquo;urgence humanitaire qu&rsquo;a connu le Népal pourraient éveiller en la jeunesse certaines velléités politiques ; et pourtant. C&rsquo;est la résignation qui semble dominer. Celle-ci est commune à quasiment toutes les générations. La guerre civile, qui a fait tomber la monarchie, nous semblait pourtant bénéfique, or Chirag est très clair : <em>« Le passage à la République doit être vu comme une bonne chose, certes, mais le changement n&rsquo;est pas du tout celui qu&rsquo;il aurait dû être. C&rsquo;est encore insuffisant. »</em> Constat similaire pour un chauffeur de taxi. Entre une dizaine de coups de klaxon et une bonne quinzaine d&rsquo;accidents évités, il nous assure que, au Népal, tout est basé sur la corruption. En passant devant le quartier général de l&rsquo;armée, il va même jusqu&rsquo;à nous murmurer que c&rsquo;est le <em>« quartier général de la corruption. »</em> Au moins, c&rsquo;est clair.</p>
<blockquote><p>« Ici, nous vivons pour nous, grâce à nous et on se fout de la politique. »</p></blockquote>
<p>Sur le plan politique, bien que présente, la France se fait relativement discrète. Yves Carmona, l&rsquo;ambassadeur de France au Népal, nous explique que c&rsquo;est un choix délibéré. Paris, qui possède tout de même le troisième réseau diplomatique mondial, a sciemment laissé agir les Nations Unies dans l&rsquo;évolution politique népalaise et dans le processus de paix, encore inachevé aujourd&rsquo;hui. Pragmatique, Monsieur Carmona insiste : <em>« Il est très difficile d&rsquo;interférer avec la politique intérieure ici et nous nous en gardons. »</em></p>
<p>Chirag, à l&rsquo;instar de la diplomatie hexagonale, se garde bien de participer à la politique intérieure. <em>« Ici, nous vivons pour nous, grâce à nous et on se fout de la politique. »</em> Le jeune instituteur affirme que s&rsquo;intéresser à la politique n&rsquo;est qu&rsquo;une perte de temps. Il nous rappelle au passage qu&rsquo;il y a bien une constitution, mais qu&rsquo;elle est trop frêle. <em>« 70% de la population népalaise est en faveur de la constitution, seule la région du Terai – au sud du pays, à la frontière avec l&rsquo;Inde – la conteste »</em>, analyse-t-il. Le problème, c&rsquo;est que l&rsquo;Inde souhaite qu&rsquo;elle soit revisitée&#8230; Elle le sera donc sûrement. Chirag déplore que <em>« les grands pays brutalisent les petits ».</em></p>
<p>À la question, <em>« est-ce réellement éprouvant de vivre dans un pays instable politiquement ? »</em>, le <em>« oui »</em> est catégorique. Pour lui, le plus désolant, c&rsquo;est que les lois sont éphémères. <em>« Celles d&rsquo;aujourd&rsquo;hui changeront demain, et celles de demain tomberont après demain. C&rsquo;est usant. »</em> Naufrage incessant des législations.</p>
<p>La fatigue est malheureusement un mot qui revient assez fréquemment. C&rsquo;est par ce terme que Chirag caractérise le blocus. Pendant cinq mois, les prix ont subi un raz-de-marée. Chirag payait dix fois plus cher qu&rsquo;à son habitude, par exemple 700 roupies le litre d&rsquo;essence (presque six euros). C&rsquo;est, selon lui, une raison de plus de ne pas croire en la politique. Confrontés à une telle réalité, une réalité si crue, on ne peut pas s&rsquo;étonner de ce raisonnement.</p>
<blockquote><p>« J&rsquo;aimerais être un businessman. »</p></blockquote>
<p>Pour notre guide d&rsquo;un jour, la résignation politique n&rsquo;est pas synonyme d&rsquo;un avenir morose, bien au contraire. <em>« J&rsquo;aimerais être un businessman »</em>, nous lâche-t-il, le regard chargé de détermination. Il a pour projet d&rsquo;exporter des produits népalais à l&rsquo;étranger.</p>
<p>L&rsquo;étranger revient d&rsquo;ailleurs assez fréquemment dans la conversation. Rêve de voyager en Europe et ambition de travailler en Occident. Pourquoi ? <em>« Car le Népal, c&rsquo;est un endroit où l&rsquo;on vit sereinement et en sécurité, mais en comparaison avec ce que l&rsquo;on gagne et les niveaux de vie des gens, ce n&rsquo;est pas le pays idéal. »</em> Sur ce constat, la visite de Patan se termine.</p>
<div id="attachment_614" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Stupa.jpg"><img class="wp-image-614 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Stupa-1024x768.jpg" alt="Effectivement, au Népal, on vit plutôt sereinement. © Lucas Scaltritti" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Effectivement, au Népal, on vit plutôt sereinement. © Lucas Scaltritti</p></div>
<p>Avant de se quitter, le jeune enseignant nous confie également qu&rsquo;il a l&rsquo;intention de louer son appartement pour quelques dollars à des étrangers qui ne souhaiteraient pas rester dans des hôtels. Se demandant si cela est réalisable, nous lui apprenons le concept de Airbnb. Il sent déjà les dollars arriver. Plein d&rsquo;idées et d&rsquo;envies, ce futur homme d&rsquo;affaires.</p>
<p>Et même si pour Chirag, il est trop tard pour réaliser sa scolarité en France, certains Népalais pourront peut-être en avoir la chance. L&rsquo;ambassade de France finance de temps en temps des bourses. D&rsquo;ailleurs, certains bénéficiaires se trouvent peut-être en ce moment même dans la cour de la Asmita English School. Allez savoir.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/Wg90cQvRxho?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: right;">Mathieu Fageot et Lucas Scaltritti</p>
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		<title>Légalisation de la marijuana : que se passe-t-il Outre-Atlantique ?</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Mar 2016 10:45:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Saviana, Pamela Bazan et Pierre Michel]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Débat]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Légalisation]]></category>
		<category><![CDATA[Marijuana]]></category>
		<category><![CDATA[Mexique]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; Faut-il ou non légaliser la marijuana ? Alors qu&#8217;un nouveau règlement de comptes lié au trafic de marijuana a eu lieu à Marseille samedi 2 avril dernier, en France le débat est relancé. Une polémique complexe qui lie problèmes de commerce (illégal), de santé publique et de société. Mais qui est loin de ne sévir [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Faut-il ou non légaliser la marijuana ? Alors qu&rsquo;un nouveau règlement de comptes lié au trafic de marijuana a eu lieu à Marseille samedi 2 avril dernier, en France le débat est relancé. Une polémique complexe qui lie problèmes de commerce (illégal), de santé publique et de société. Mais qui est loin de ne sévir qu&rsquo;en France ou même en Europe. Les correspondants de Radio Londres se sont interrogés à leur tour sur l&rsquo;état du débat au Mexique, aux États-Unis et au Canada.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><strong>Mexique : un débat officiellement lancé</strong></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>En janvier dernier, le gouvernement mexicain a ouvert un <strong>débat national</strong> autour de la légalisation de la marijuana. Ce débat comporte la tenue de cinq forums régionaux qui réunissent des experts nationaux et internationaux ainsi que de simples citoyens mexicains. À l’ordre du jour : la santé publique, les droits humains, les implications économiques et la sécurité.</p>
<p>Après la dernière session, qui aura lieu mercredi 6 avril à Mexico, le pays devrait être prêt à prendre une <strong>position claire sur le sujet</strong> en vue de sa participation au Sommet des Nations Unies sur les problèmes liés aux drogues, prévu aussi pour avril.</p>
<p>Bien que la question sur la légalisation de la marijuana fasse partie de la réalité mexicaine depuis longtemps, certains évènements portent à croire que le pays est arrivé à un tournant de son histoire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_573" style="width: 4333px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo1.jpg"><img class="wp-image-573 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo1.jpg" alt="photo1" width="4323" height="2495" /></a><p class="wp-caption-text">En janvier dernier, le gouvernement mexicain a lancé un débat autour de la légalisation de la marijuana. Photo : Eluniversal.com.mx</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’année dernière, Grace Elizalde, une fille de huit ans souffrant des crises d’épilepsie, est devenue la <a href="http://www.liberation.fr/planete/2015/09/04/mexique-a-8-ans-graciela-veut-devenir-la-1e-consommatrice-legale-de-cannabis-dans-le-pays_1375459">première personne autorisée à suivre un traitement à base de cannabis</a>. C’est ainsi que <strong>le Mexique a ouvert la voie pour sa légalisation à des fins médicales</strong>.</p>
<p>Quelques semaines après cet évènement, une <a href="http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/11/05/le-premier-cannabis-club-du-mexique-relance-le-debat-sur-la-legalisation/">deuxième décision historique</a> vient intensifier le débat : quatre des cinq juges de la Cour suprême votent en faveur d’un recours déposé par les membres de la Société mexicaine d’autoconsommation responsable et tolérante (SMART). Cet arrêt autorise les quatre plaignants à <strong>planter, récolter, transporter et fumer de la marijuana</strong> à des fins récréatives. Les réactions ne se sont pas faites attendre : le président Peña Nieto s’est déclaré contre sa légalisation car «<em> la consommation de cette substance nuit au développement des jeunes. »</em></p>
<p>Il n’est clairement pas le seul à défendre cette position. Contrairement au cannabis médical, auquel une grande partie des mexicains se montre plutôt favorable, son usage à des fins « ludiques » n’est pas vu d’un bon œil par tout le monde.</p>
<p>Mais la question n’est pas du tout simple.</p>
<p>Le Mexique, un des principaux producteurs de marijuana au monde, est aussi un des pays les plus frappés par la <strong>violence</strong> en Amérique Latine. Depuis la déclaration de guerre aux cartels de la drogue par le président Felipe Calderón en 2006, le nombre de victimes lié au trafic de stupéfiants ne cesse d’augmenter (selon certaines sources, le bilan s’élève à 100 000 morts et plus de 20 000 disparus). Et pour certains, la légalisation de la marijuana pourrait porter un coup dur au crime organisé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Juan Francisco Torres Landa</strong>, avocat mexicain et actuel Secrétaire général de l’organisation « México Unido contra la Delincuencia » (Le Mexique Uni contre la Délinquance), en est convaincu. Membre de la SMART, il est l&rsquo;une des quatre personnes autorisées à utiliser le cannabis à des fins récréatives, mais sa démarche ne répond pas du tout à un intérêt personnel : il n’est pas un consommateur de marijuana. <em>« Notre objectif est de promouvoir le débat autour de cette question face à l’échec de la guerre contre le trafic de drogues. »</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_574" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo2.jpg"><img class="wp-image-574 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo2-1024x720.jpg" alt="photo2" width="920" height="647" /></a><p class="wp-caption-text">Pour certains, la légalisation de la marijuana pourrait porter un coup dur au crime organisé. Photo : proceso.com.mx</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour Juan Francisco, l’autorisation accordée par la Cour suprême n’est que le premier pas. <em>« Ça fait partie d’un changement de mentalité. »</em> Il affirme que le progrès en matière de légalisation passe d’abord par l’approbation du cannabis thérapeutique. <em>« Le cas de Grace est une porte d’entrée vers un plus grand débat, mais cela ne suffit pas. »</em></p>
<p>Il explique que <strong>la politique prohibitionniste est très loin d’avoir fonctionné</strong> car elle a entraîné des conséquences qui menacent la stabilité des institutions mexicaines. <em>« La richesse des narco-trafiquants provient de la prohibition décrétée par l’État. Ce dernier présume qu’il est possible d’éradiquer complètement les drogues ou la délinquance, mais en réalité, aucune de ces prémisses n’est vraie. »</em> Pour lui, cette stratégie est un échec. Il observe que, malgré l’augmentation du budget consacré à la sécurité publique, les résultats ne sont pas du tout favorables.</p>
<p>Alors, que faire ? Selon l’avocat, il faut trouver une alternative où l’État prenne un rôle régulateur pour <em>« récupérer du terrain »</em>, tout en frappant le flux économique des groupes criminels. Il avoue que ces organisations ne vont pas disparaître, mais reste confiant quant à l’efficacité de cette mesure, face à l’escalade de violence provoqué par l’usage de la force armée.</p>
<p>Quant aux conséquences de la légalisation de la marijuana en termes de santé publique, Juan Francisco a aussi son mot à dire. <em>« Toutes les drogues sont nocives, l’objectif n’est pas d’encourager leur consommation. »</em> Pour que le changement soit possible, souligne-t-il, de la responsabilité et du soutien médical sont indispensables. <em>« On doit fournir des outils efficaces aux personnes qui ont des problèmes d’addiction. »</em></p>
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<div id="attachment_575" style="width: 661px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo3.jpg"><img class="wp-image-575 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo3.jpg" alt="photo3" width="651" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Juan Francisco Torres Landa est une des quatre personnes autorisées à utiliser le cannabis à des fins récréatives. Photo : El universal.com.mx</p></div>
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<p>Que peut apprendre le Mexique de l’expérience internationale en matière de drogues ? Depuis que l’Uruguay a légalisé la production et la vente de marijuana en 2013, de nombreuses voix se sont levées pour appeler à faire de même dans plusieurs pays latino-américains. Juan Francisco se montre prudent : <em>« Ce n’est pas si simple ; tous les modèles sont très différents entre eux. »</em></p>
<p>Il soutient que <em>« le Mexique a besoin d’un cadre régulateur avec lequel les intérêts commerciaux ne se voient pas favorisés. Un modèle comme celui du Colorado, par exemple, n’est pas du tout convenable pour ce pays ».</em></p>
<p>D’après lui, il faudrait adopter <strong>le concept de « Club Social Cannabique »</strong>, une forme d’association à but non lucratif et où la production et consommation de marijuana répondent strictement aux besoins personnels des membres du groupe. <em>« C’est le modèle présent en Espagne et au Portugal. »</em> La SMART en est aussi un exemple. Avec l’autorisation obtenue l’année dernière, elle est devenue le premier club de ce type dans le pays.</p>
<p>Le devoir de Juan Francisco et ses collègues ne s’arrête pas là. <em>« Il faut renforcer la décision de la Cour suprême. »</em> Leur objectif est d’obtenir au moins quatre décisions similaires et ainsi former une jurisprudence.</p>
<p><em>« On doit aussi générer un coût politique pour ceux qui diffusent de fausses informations autour de ce sujet. »</em></p>
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<blockquote><p><strong>Aux États-Unis, des &laquo;&nbsp;lois étranges&nbsp;&raquo; à Washington</strong></p></blockquote>
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<p>Les Etats-Unis sont dans une position délicate concernant la marijuana : les consommateurs subissent une <strong>double-juridiction</strong>. Si cette drogue est prohibée au niveau national, toujours jugée illégale par la Cour Suprême, il n’en va pas de même pour les lois fédérales.</p>
<p>Dans une interview donnée à <a href="https://www.youtube.com/watch?v=2a01Rg2g2Z8">Vice News</a> en mars dernier, le Président Obama a déclaré que si suffisamment d’Etats légalisaient la marijuana, le Congrès serait certainement obligé de revoir sa position nationale. Une décision qui pourrait grandement simplifier les inextricables statuts des fumeurs sur le territoire américain.</p>
<p>La légalisation est en effet une véritable mine d’or : au Colorado, le montant des taxes prélevées s’élève à plus de<a href="http://www.thecannabist.co/2016/02/09/colorado-marijuana-sales-2015-reach-996-million/47886/"> 135 millions de dollars </a>en 2015. Le total des ventes flirte avec les 997 millions de dollars en un an et rapportait près de 17,2 milliards de dollars à l&rsquo;économie américaine.</p>
<p>Selon une récente étude publiée révélée vendredi 18 mars par<a href="http://www.cbsnews.com/news/legal-marijuana-a-44-billion-business-by-2020/" target="_blank"> CBS News</a>, <strong>la légalisation galopante du cannabis doublerait presque les revenus issus des taxes d&rsquo;ici quelques années</strong>. A l&rsquo;heure actuelle, au niveau national, le montant total des taxes sur la marijuana s&rsquo;élève à 24 milliards de dollars. En 2020, il atteindrait les 44 milliards, s&rsquo;apparentant au chiffre d&rsquo;affaire d&rsquo;entreprises comme Fed-Ex, spécialisée dans le transport international de fret, ou encore Lockheed Martin, société américaine de défense et de sécurité. Ces chiffres colossaux séduisent de plus en plus d&rsquo;Etats.</p>
<p>À l’heure actuelle, si vous fumez au Colorado, en Arkansas, dans l’état de Washington ou dans l’Oregon, vous ne risquez pas d’être inquiété pas les autorités. L’Arkansas, la Georgie ou encore l’Alabama devraient bientôt les rejoindre. La vente de marijuana dite « de récréation » est légale et tombe directement dans les caisses des Etats. Dans une vingtaine d’autres, la possession est autorisée, mais seulement dans le cadre d’un besoin médical. Au contraire, en Alabama ou encore au Connecticut, la possession et la vente sont considérées comme <em>felony</em>, ce qui signifie un crime grave pouvant entraîner peines de prison et lourdes amendes puant s&rsquo;élever jusqu&rsquo;à 20 000 dollars. Au Wyoming, la marijuana est toujours illégale, mais s&rsquo;apparente à un délit qui peut entrainer 1 an de prison et jusqu&rsquo;à 1000 dollars d&rsquo;amende cas si le consommateur a moins de 85 grammes en sa possession.</p>
<p>Mais la situation est encore plus complexe si l’on regarde certaines régions bien précises des Etats-Unis : la capitale, <strong>Washington D.C.</strong> est située au Nord-Est de la Virginie. Pourtant, sa juridiction ne suit pas les lois de l’Etat, mais celles du Disctrict de Columbia.</p>
<p>Dans cette configuration, les fumeurs de marijuana de la George Mason University, un college situé à 30 minutes de DC s&rsquo;accommodent de <strong>deux consignes </strong>: celle de Virginie, très à cheval sur l’illégalité de la substance, et celle de Washington, où la <a href="http://mpdc.dc.gov/marijuana">possession</a> pour les plus de 21 ans (mais non pas la consommation) est autorisée. Sur le campus, les étudiants américains ont refusé de témoigner sur leur consommation de marijuana. Nous sommes donc allés à la rencontre des étudiants en échange.</p>
<p><strong>Olivier est Néerlandais </strong>; dans son pays, la marijuana est légale, vendue dans des magasins spécialisés. Arriver aux Etats-Unis, fut une expérience surprenante.</p>
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<p><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/12721951_935726529881233_569580660_n.jpg"><img class=" size-full wp-image-580 aligncenter" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/12721951_935726529881233_569580660_n.jpg" alt="12721951_935726529881233_569580660_n" width="540" height="474" /></a></p>
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<p><span style="font-weight: 400;">“J’ai commencé à fumer quand j’avais 15 ans pendant trois mois, occasionnellement. J’ai recommencé quand j’avais 18 ans parce que <strong>dans mon pays c’est légal</strong>. Je suis pour la légalisation de la marijuana car je pense que les effets de l’alcool sont beaucoup plus nocifs : quelqu’un qui a trop bu sera toujours plus violent que quelqu’un qui a fumé. Je crois vraiment que la marijuana n’est pas aussi mauvaise pour l’organisme que l’alcool. Pour moi, le seul problème, c’est que <strong>ce n’est pas accepté socialement</strong>, même aux Pays-Bas. Là-bas, c’est peut-être légal, mais seuls les jeunes consomment. Les plus âgés ignorent tout de la marijuana et ont beaucoup de préjugés. </span><strong>Ici, j’ai fumé, mais je ne le fais plus</strong> : les risques et les conséquences sont trop grands. Les lois sont étranges : la Virginie est vraiment dure contre les fumeurs, et DC l’a légalisé. Je pense qu’il ne reste que peu de temps avant que l’Etat ne fasse pareil ; c’est un pas dans la bonne direction. De toute façon, ici, c’est très facile de se procurer de la weed : il suffit de demander aux bonnes personnes dans les <em>frat-parties</em>”.</p>
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<p><strong>Myriam, 20 ans, Française</strong>, est arrivée aux Etats-Unis en août 2015. Après avoir trouvé un dealer par l’intermédiaire de contacts dans une <em>frat party</em> -ces fêtes organisées par les fraternités de George Mason-, elle a consommé de la marijuana jusqu’en novembre. <strong>Dénoncée par un des habitants de son immeuble</strong>, Myriam était en procès jusqu’en en février dernier :</p>
<p><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">“ Je ne peux plus consommer du tout. <strong>J’ai passé des journées entières à la cour.</strong> Tu as ceux qui n’en ont rien à faire et qui plaident coupable. A ce moment là, ils doivent payer 500$ d’amende et on leur retire le permis pendant six mois. Tu perds ton permis, mais si tu es jeune et que tu fais du community service, tu peux tout de même utiliser ta voiture pour aller en cours et chez le médecin. </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">En tant qu’étudiante en échange pour moi, c’est différent. Je ne suis pas encore en procès, je suis dans l’étape de la “court”. Tous les gens qui ont le même problème sont là. Si tu as un avocat, il parle au procureur pour construire son argumentation. Après ça le juge t’appelle pour te poser des questions. Évidemment,<strong> il vaut mieux se taire, et laisser parler ton avocat</strong>. Surtout qu’un avocat coûte très cher : j’ai payé 1800$ au départ auxquels j’ai dû rajouter 300$ à chaque fois que j’allais au tribunal. </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span>J’ai mon test d’urine demain matin, j’ai fait un cours contre le cannabis, du <em>community service</em>… C’est une idée très américaine : <strong>quand tu te fais prendre tu dois rendre à la communauté</strong>. Tu dois faire par exemple 30 heures de community service. Si tu rends à la communauté et que tu paies dans les 500 dollars, tu peux éviter une plus grosse peine… C’est toi qui choisis ce que tu vas faire. ”</p>
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<p><strong>Wallid “Weed”, 20 ans, est Pakistanais.</strong> Consommateur dans son pays, il a continué à fumer dans les fêtes américaines, sans toutefois avoir recours à un dealer. Il est partagé sur le débat de la légalisation de la marijuana.</p>
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<div id="attachment_589" style="width: 304px" class="wp-caption alignright"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/12910546_946796962107523_642899423_n.jpg"><img class="wp-image-589 size-medium" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/12910546_946796962107523_642899423_n-294x300.jpg" alt="12910546_946796962107523_642899423_n" width="294" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Wallid: &laquo;&nbsp;Je voudrais que l’état légalise la marijuana, mais que les gens ne fument pas en public&nbsp;&raquo;. Photo: facebook</p></div>
<p>“La légalisation de la marijuana est vraiment un grand débat. Les gens qui veulent fumer fumeront de toute façon, légal ou non. <strong>Si vous légalisez, le pays va devenir feignant et ne pas se battre pour ses droits. </strong>Les gens descendront sur la mauvaise pente&#8230; J’ai fumé, et à d’autres moments non ; je vois la différence. Quand vous fumez, vous n’avez plus de volonté. Vous devenez feignant, vous ne faites plus rien&#8230; Je sais que peu de fumeurs partagent mon point de vue parce qu’ils sont accros. Forcément, ils ne veulent pas laisser tomber. Je l’ai vu : mon meilleur ami, au Pakistan, s’est mis à fumer après le décès de son père. Maintenant, il dépense la plupart de son argent là-dedans. Je ne suis pas non plus totalement pour la marijuana médicinale car il me semble que les abus seraient nombreux&#8230; <strong>Je ne suis pas pour la légalisation, mais pas contre non plus. </strong>Je voudrais que l’état légalise la marijuana, mais que les gens ne fument pas en public, en fait. Que tout soit très contrôlé.”</p>
<p>Contre toute assomption, le silence des étudiants américains tient davantage à <strong>la peur de la législation actuelle </strong>qu&rsquo;à un tabou dans le pays : selon <a href="http://www.vox.com/2016/3/15/11224500/marijuana-legalization-war-on-drugs-poll" target="_blank">un sondage réalisé</a> en mars 2016 par Vox et Morning Consult, 59% des Américains souhaiteraient la voir légalisée.</p>
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<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong><u>Au Canada, un enjeu constitutionnel</u></strong></p>
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<p>Le Canada est entré d’aplomb dans le débat sociétal autour de la légalisation marijuana lors de la dernière campagne électorale fédérale d’octobre 2015. Le nouveau Premier Ministre élu à l’issue de cette longue campagne, <strong>Justin Trudeau, a fait campagne en faveur de la légalisation de la marijuana</strong> et entame désormais le processus politique pour faire ce peu. Au-delà du traditionnel débat qui oppose conservatisme et progressisme, cet enjeu majeur soulève d’autres questions qui sont davantage constitutionnelles.</p>
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<div id="attachment_584" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Le-premier-ministre-canadien-Justin-Trudeau-lors-conference-presse-Ottawa-8-fevrier-2016_0_1400_840.jpg"><img class="wp-image-584 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Le-premier-ministre-canadien-Justin-Trudeau-lors-conference-presse-Ottawa-8-fevrier-2016_0_1400_840-1024x615.jpg" alt="Justin Trudeau, Premier Ministre canadien" width="920" height="553" /></a><p class="wp-caption-text">Justin Trudeau, Premier Ministre canadien. Photo: lacroix.com</p></div>
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<p>Le Canada est un état fédéral, ce qui implique un gouvernement central (Ottawa) et des gouvernements fédérés (Provinces). Leurs juridictions respectives sont énoncées dans la constitution et chaque gouvernement a l’exclusivité de l’action dans ce qui lui est attribué, ce qu’on appelle communément les champs de compétences.</p>
<p>Pour comprendre la politique canadienne, il y a une expression clé : partage des pouvoirs. Une certaine partie du débat politique au Canada et particulièrement au Québec, est consacré au respect du partage des pouvoirs et parfois même à sa renégociation. Le Canada est en effet un vaste pays qui est sociologiquement très diversifié et où les mentalités varient d’une province à l’autre et même dans une province, d’une région à l’autre. Cette réalité forme un paysage politique à la grandeur du pays très particulier, qui complexifie beaucoup d’enjeux notamment constitutionnels. Chaque gouvernement tend alors à s’assurer de ne pas empiéter sur les compétences de l’autre. L’aspect constitutionnel peut donc devenir rapidement un polarisateur du débat lorsqu’un litige survient entre le gouvernement fédéral et les provinces, où les opposants vont souvent trouver une façon d’en appeler au partage des pouvoir.</p>
<p>La possession et le trafic de marijuana sont tous deux inscrits au code criminel du Canada. Mais <strong>le droit criminel est une compétence fédérale, tandis que le droit pénal est une compétence provinciale</strong>. Patrick Taillon, professeur de droit à l&rsquo;université Laval de Québec et spécialiste des questions constitutionnelles explique ainsi que <em>&laquo;&nbsp;la criminalisation de certaines drogues relève de la compétence exclusive d’Ottawa et que seul Ottawa peut décider de décriminaliser ou de criminaliser quelque chose&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>La légalisation de la marijuana relèverait donc, en théorie, exclusivement de juridiction fédérale. Seulement voilà, entre la théorie et les faits, il y a souvent deux mondes… Dans les faits, la décriminalisation de la marijuana ne peut pas se faire sans la consultation des provinces car, le jour où elle n’est plus inscrite au code criminel, en tant que drogue, à l’instar du tabac ou de l’alcool elle va relever de la santé et… <strong>la santé relève des provinces</strong>.</p>
<p>Pour illustrer cette difficulté, Patrick Taillon cite un exemple bien précis concernant l’avortement : celui-ci se pratique par des médecins, dans des hôpitaux, et relève de la compétence des provinces puisque c’est le domaine de la santé.</p>
<p><em>«Quand on a décriminalisé l’avortement il y avait des provinces plus conservatrices que d’autres, pas très favorables à la libéralisation de l’avortement et où on a limité très fortement, sans interdire, la pratique de l’avortement. Alors une province décidait que ça devait avoir lieu dans hôpitaux autorisés, ce qui empêchait l’ouverture d’une clinique Morgentaler </em>[clinique spécialisées, ndlr]<em>. Monsieur Morgentaler décide alors de contester cette réglementation en disant que c’est une législation déguisée qui n’a rien à voir avec la santé. Eh bien c’est ce qui peut arriver avec la marijuana. Et si le juge conclue que le législateur provincial tente, de manière affichée ou non de s’arroger une compétence fédérale, le juge va lui dire qu’il est en dehors de son champ de compétence ».</em></p>
<p>Selon lui, avec légalisation de la marijuana nous assistons à la même situation : <em>«<strong>Justin Trudeau a promis quelque chose qu’il ne peut pas livrer seul</strong> car il a promis non seulement de décriminaliser certaines drogues, ce qu’il peut faire avec une loi du parlement fédéral mais il a également promis sa légalisation or, ce n’est parce qu’on décriminalise quelque chose que ça devient automatiquement légal».</em></p>
<p>Pour revenir à l’exemple de l’avortement, les provinces se retrouvent à fixer des règles sur la pratique (comment, où, par qui, à qui) et dont les réponses sont des conditions qui relèvent des provinces. Si Justin Trudeau veut tenir sa promesse de légaliser la marijuana et donc, d’en permettre le commerce, il n’a pas le choix de s’entendre avec chaque province, ce qui fait onze gouvernements impliqués. Cependant, cela ne veut pas dire que les modalités de vente doivent être les mêmes d’une province à l’autre, chaque province pourrait légiférer sur l’âge, les droits de ventes, etc.</p>
<p>Question alors légitime : est-ce que les gouvernements provinciaux pourraient faire fi de la décriminalisation et inscrire au code pénal la consommation et le commerce de marijuana pour conserver la situation actuelle ? Oui et non selon Patrick Taillon, car il faut selon lui <strong><em>&laquo;&nbsp;faire la distinction entre pénaliser et criminaliser&nbsp;&raquo;</em></strong>. Les gouvernements provinciaux peuvent créer des infractions en vertu d&rsquo;une loi provinciale mais, celles-ci peuvent être contestées devant les tribunaux. S&rsquo;il est démontré que les infractions qu&rsquo;on tente de mettre en place ne sont qu’un prétexte détourné pour recréer une forme de criminalisation et que le juge est lui aussi de cet avis, les tribunaux diront à la province qu’elle n’a pas ce pouvoir. <em>« Si les provinces veulent créer des infractions, il faut que ce soit relié à l’application d’une loi provinciale, comme une interdiction dans le cadre de la protection de la jeunesse, la protection de la santé, la sécurité routière, qui sont de juridiction provinciale »</em> explique ainsi Patrick Taillon.</p>
<p>Connaissant la dimension de l’enjeu, on aurait l’impression que c’est une façon pour Ottawa de s’éloigner d’un enjeu sensible en le balançant dans le domaine des provinces et en disant nonchalamment <em>« ce n’est plus de mon ressort »</em>. Les provinces ne peuvent pourtant pas empêcher Ottawa de décriminaliser quelque chose. D’après monsieur Taillon, pour livrer sa promesse <strong>Justin Trudeau a tout intérêt de rencontrer les provinces pour voir ce qu’ils peuvent faire ensemble</strong>, comment il peut les aider, s’il faut des mesures transitoires, etc.</p>
<p><em>«Il va sans doute chercher à collaborer avec les provinces mais s’il n’y a pas d’accord, le Canada se retrouvera dans une situation ou Ottawa va décriminaliser et les provinces vont devoir gérer toutes seules le problème, comme ça a été le cas en matière d’avortement ».</em> Il est un éternel débat au Canada sur le partage des compétences qui sera toujours au premier plan, peu importe l&rsquo;importance de l&rsquo;enjeu dont on discute : la souveraineté des provinces dans leurs juridictions sera toujours le point numéro 1 d&rsquo;un débat politique.</p>
<p>Ce débat technique dont on vient de parler pourrait-il alors supplanter le débat traditionnel conservatisme moral versus progressisme moral ? Patrick Taillon ne se risque pas à faire une telle prédiction mais il assure que <em>&laquo;&nbsp;la dimension constitutionnelle du partage des pouvoirs peut devenir un excellent prétexte pour combattre cette promesse&nbsp;&raquo;</em>. Il se questionne toutefois si le candidat Justin Trudeau de l’époque avait conscience des difficultés et des obstacles juridiques que cela impliquerait. Justin Trudeau aurait d’ailleurs très bien pu proposer la décriminalisation simple. Mais il a promis quelque chose qui allait bien au-delà de ce qu’Ottawa peut faire. Il a peut-être un peu mésestimé l’ampleur du dossier.</p>
<p>Cependant une chose est sûre : les opposants à la légalisation de la marijuana auront leurs arguments sur l’axe gauche-droite mais ils auront aussi des arguments sur le partage des compétences. Il y a encore bien des débats au pays avant que la légalisation de la marijuana soit conclue au Canada.</p>
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<p style="text-align: right;"><em>Par Alexandra Saviana aux États-Unis, Pamela Bazan au Mexique et Pierre Michel au Canada</em></p>
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<p>Cet article <a rel="nofollow" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/2016/03/17/legalisation-marijuana-se-passe-t-outre-atlantique/">Légalisation de la marijuana : que se passe-t-il Outre-Atlantique ?</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="http://grandsformats.radio-londres.fr">Radio Londres</a>.</p>
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		<title>Inde : à Coimbatore, l&#8217;envers du décor</title>
		<link>http://grandsformats.radio-londres.fr/2015/12/22/inde-a-coimbatore-lenvers-du-decor/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Dec 2015 23:30:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Clément Delemazure]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>A l&#8217;heure où l&#8217;Inde, en façade progresse tranquillement vers le statut de pays développé, certaines de ses régions demeurent méconnues du grand public. Découvrez l&#8217;envers du décor du pays le plus peuplé du monde.  Ruth Prawer Jhabvala disait : « L&#8217;Inde change toujours les gens ». Avec Gabriel Cohen, en tout cas, cette formule est absolument vérifiée. Étudiant [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">A l&rsquo;heure où l&rsquo;Inde, en façade progresse tranquillement vers le statut de pays développé, certaines de ses régions demeurent méconnues du grand public. Découvrez l&rsquo;envers du décor du pays le plus peuplé du monde. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ruth Prawer Jhabvala disait : « L&rsquo;Inde change toujours les gens ». Avec Gabriel Cohen, </span><span class="s2">en tout cas,</span> <span class="s1">cette formule est absolument vérifiée. Étudiant de 22 ans, il a choisi de marquer un temps d&rsquo;arrêt dans ses études pour partir avec </span><span class="s4"><a href="http://www.developpementsansfrontieres.org/fr/Pages/Portail_DSF.aspx">Développement Sans Frontières</a><i> </i><em>(ndlr : filiale de Médecins Sans Frontières qui oeuvre à partir de bénévoles dans toutes sortes de missions humanitaires) </em></span><span class="s1">et apporter son aide dans un orphelinat. Armé de sa guitare et de sa bonne humeur, il s&rsquo;est envolé sept semaines à Coimbatore, dans l&rsquo;État du Tamil Nadu, au Sud de la péninsule.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Radio Londres (RL) : Qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;a donné envie de voyager, et plus particulièrement en Inde ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Gabriel Cohen (GC) </b>: Ce qui m&rsquo;a donné envie de voyager, en premier lieu, c&rsquo;est mes parents, parce qu&rsquo;ils ont beaucoup parcouru le monde. Et le fait que j&rsquo;ai la double-nationalité française-canadienne&#8230; Depuis que je suis tout petit je vais souvent au Canada. Du coup forcément, quand tu commences à voyager jeune, après ça devient un peu une habitude, t&rsquo;as toujours envie de découvrir d&rsquo;autres pays. Pourquoi l&rsquo;Inde particulièrement ?<span class="Apple-converted-space">  </span>J&rsquo;ai un proche qui va en Inde tous les ans depuis qu&rsquo;il est étudiant. Il m&rsquo;en a souvent parlé, et l&rsquo;Inde en plus de ça est un pays qui m&rsquo;a toujours fasciné. C&rsquo;est la plus vieille culture au monde, qui a 4000 ans&#8230; Culturellement et intellectuellement, l&rsquo;Inde est vraiment un pays très attirant.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>« Quand tu arrives dans la rue, c&rsquo;est indescriptible »</b></span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : En arrivant en Inde, y a-t-il des choses qui t&rsquo;ont surpris ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>GC </b>: Oui, clairement ! Quand tu arrives en Inde, c&rsquo;est extrêmement perturbant, parce que tu te fais surprendre par tout en même temps. Autant par les odeurs, le climat… tout en même temps. En général, quand tu arrives dans un pays, quand tu es dans l&rsquo;aéroport, tu as encore l&rsquo;impression que c&rsquo;est un peu pareil tant ces lieux sont devenus aseptisés. Là tu arrives en Inde, tu comprends vraiment tout de suite où tu es, dès le couloir de l&rsquo;avion qui tombe en morceaux, des odeurs de pourriture avant même de sortir de l&rsquo;aéroport.. Tu sors de l&rsquo;avion, t&rsquo;as une statue hindoue&#8230; Et quand tu sors de l&rsquo;aéroport, tu ressens la chaleur tropicale, surtout physiquement.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Quand tu arrives dans la rue, là c&rsquo;est indescriptible. T&rsquo;as des animaux partout, les voitures ne se déplacent qu&rsquo;en klaxonnant, tu as 10 fois plus de voitures sur les routes qu&rsquo;en France. Les rues se résument à des grandes décharges, à d&rsquo;innombrables déchets, des gosses qui courent partout. Alors oui, le moins qu&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est que c&rsquo;est vraiment très surprenant au début.</span></p>
<div id="attachment_494" style="width: 970px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/1472141_1065848080133416_524654328_n.jpg"><img class="size-full wp-image-494" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/1472141_1065848080133416_524654328_n.jpg" alt="La Ferrari de Coimbatore" width="960" height="720" /></a><p class="wp-caption-text">La Ferrari de Coimbatore. Photo : Gabriel Cohen.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Ils conduisent comment les Indiens ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC :</strong> En fait, le permis de conduire là-bas, c&rsquo;est juste un papier administratif, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;examen à passer. Il n&rsquo;y a pas de code de la route non plus, la seule règle c&rsquo;est de conduire à gauche. Le reste, c&rsquo;est tout au klaxon, avec des sonorités différentes en fonction de la taille : un camion aura un klaxon plus grave, une petite voiture plus aigu&#8230; Mais le brouhaha des klaxons est vraiment impressionnant, en revenant sur les routes en France, on a vraiment l&rsquo;impression que tout le monde est mort.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Coimbatore, c&rsquo;est plutôt une ville développée ou un bidonville ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC :</strong> Généralement, les bidonvilles vont avec les villes développées, puisque plus les villes sont développées, plus les bidonvilles sont grands. Forcément les gens viennent des campagnes pour trouver une situation.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mais c&rsquo;est une ville dans le Tamil Nadu qui est très importante, très riche, c&rsquo;est vraiment le carrefour économique de la région, il y a énormément d&rsquo;usines, de manufactures. Par contre, oui, il y a beaucoup de pauvreté aussi, pas mal de bidonvilles. Je n&rsquo;étais pas personnellement dans un bidonville, mais dans un quartier toutefois pauvre. Je travaillais dans un orphelinat chrétien-catholique, à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un quartier musulman dans une ville à majorité hindoue. C&rsquo;était quand même un quartier plutôt pauvre, même pour l&rsquo;Inde.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Justement tu parles d&rsquo;orphelinat chrétien dans un quartier musulman&#8230; Comment cohabitent les religions dans l&rsquo;univers indien ? On sait que les conflits religieux ont existé&#8230;</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s2"><b>GC </b>: </span><span class="s1">C&rsquo;est vrai que les conflits religieux font partie de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Inde <em>(pogroms anti-musulman au Gujarat en 2002, destruction de mosquées, ndlr)</em>.</span><span class="s2"> Après, ce n&rsquo;est pas du tout dans la même région…</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mais l&rsquo;Inde c&rsquo;est vraiment LE pays au monde de la diversité religieuse, autant dans ses côtés lumineux que dans ses travers.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">A la base, vraiment pour résumer, l&rsquo;Inde est un pays Hindou mais qui a été conquis presque entièrement par les musulmans, par les Mongols. Les Hindous ont ensuite repris leur indépendance après 250-300 ans. Donc il y a des tensions assez sous-jacentes entre les Hindous et les Musulmans. Mais à côté de ça, c&rsquo;est vraiment le pays des religions. Il y a quatre religions qui ont été créées en Inde (jaïnisme, sikhisme, bouddhisme, hindouisme). Cela reste quand même des religions importantes</span><span class="s1">, et l’Islam est la religion de 10,9 % des Indiens aujourd&rsquo;hui. Tu calcules 10,9% de 1,2 milliards et tu en comprends assez vite l&rsquo;importance.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">J&rsquo;ai pris une grande leçon de vie en Inde justement sur les rapports entre les religions, avec le fait de vivre dans cet orphelinat chrétien, dans ce quartier musulman de cette ville hindoue&#8230;</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">J&rsquo;ai parlé à des musulmans, j&rsquo;allais visiter des mosquées puis des temples hindous. Il y a un espèce de respect mutuel des religions qui est extraordinaire. Toute leur richesse vient de là en fait, du fait qu&rsquo;ils arrivent à se respecter les uns les autres. Après ça fait tellement longtemps qu&rsquo;il y a toutes ces religions qui cohabitent que les relations n&rsquo;ont eu que le temps de s&rsquo;améliorer.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Après c&rsquo;était le sud de l&rsquo;Inde : le Tamil Nadu, c&rsquo;est totalement différent du nord de l&rsquo;Inde. </span><span class="s4">Dans le Nord, ils ont eu la partition en 1947 <em>(partition qui a donné lieu à la création du Pakistan, nldr)</em></span><span class="s1">, quand les Anglais sont partis et que les Indiens ont repris leur indépendance. Et là, ça a été un des plus grands massacres religieux de l&rsquo;histoire, avec je crois presque un million de morts, la création du Pakistan et celle du Bangladesh.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ça a été pour eux une leçon immense, donc le gouvernement indien a mis justement des mesures en place pour qu&rsquo;il y ait une meilleure intégration des autres religions. Par exemple, l&rsquo;armée doit avoir un tel pourcentage de Sikhs, un tel pourcentage d&rsquo;Hindous, etc. et c&rsquo;est la loi, c&rsquo;est comme ça.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il y a bien sûr, comme partout, un parti extrémiste hindou, un parti extrémiste musulman, qui sont très forts. C&rsquo;est toujours pareil, c&rsquo;est l&rsquo;histoire du monde. Évidemment les partis extrémistes veulent que leur religion prédomine et qu&rsquo;elle soit la seule représentée, mais la politique indienne au pouvoir compte quand même des gens assez ouverts d&rsquo;esprit, qui sont pour la paix et qui vont dans ce sens là.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Donc les religions se mélangent sans souci ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC :</strong> Ah non pas vraiment, tu te maries entre personnes de ta religion, c&rsquo;est quasiment impossible de se marier avec quelqu&rsquo;un d&rsquo;une religion différente. Bien que ce ne soit pas inscrit dans la loi, c&rsquo;est profondément ancré. Surtout que la plupart sont des mariages arrangés.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Tu peux nous raconter ta journée type à l&rsquo;orphelinat ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC :</strong> Alors en gros, une journée type : le matin, pendant environ 3 heures, je donnais des cours d&rsquo;anglais aux grands qui étaient fin collège/lycée. On communiquait en anglais, ils avaient des bases car ils vont tous à l&rsquo;école, qui est obligatoire dans le Tamil Nadu. Mais il y avait quand même des grands écarts de niveau en anglais. Quand tu regardes le niveau d&rsquo;anglais au collège en France, alors imagine en Inde.</span></p>
<div id="attachment_495" style="width: 970px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/12399061_1065847863466771_1259849679_n.jpg"><img class="size-full wp-image-495" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/12399061_1065847863466771_1259849679_n.jpg" alt="Atelier dessin à l'orphelinat. Photo : Gabriel Cohen." width="960" height="720" /></a><p class="wp-caption-text">Atelier dessin à l&rsquo;orphelinat. Photo : Gabriel Cohen.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><span class="s1">L&rsquo;après-midi je m&rsquo;occupais des enfants de ce qu&rsquo;on appelle la CWC (Children Welfare Care) ou la Child Line. C&rsquo;est une partie de l&rsquo;orphelinat qui ne prend que les enfants en urgence qui ont été trouvés dans la rue et ramenés par la police.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C&rsquo;est une sorte de « Prison »<span class="Apple-converted-space">  </span>pour ces enfants, en attendant qu&rsquo;ils passent en procès, que leur situation soit éclaircie par la justice et qu&rsquo;on sache où les envoyer exactement. Je m&rsquo;occupais donc de ces enfants là. Ils vivaient dans des conditions assez terribles pour moi, ils passaient leur journée enfermés une pièce, mangeaient et dormaient par terre.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Évidemment, les enfants de l&rsquo;orphelinat leur étaient hostiles. C&rsquo;était vraiment dur pour eux, certains vivaient, logiquement, assez mal cette situation. Je dessinais avec eux dans des ateliers dessin, je restais avec eux, je jouais aux échecs.. C&rsquo;était vraiment selon mon humeur : soit j&rsquo;organisais des activités, soit je discutais avec eux tout l&rsquo;après-midi.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C&rsquo;est un rythme très indien en fait. Nous en Occident on est très carré, emploi du temps, planning&#8230; Quand je suis arrivé, moi même j&rsquo;étais beaucoup dans ce délire là, alors qu&rsquo;eux ont une manière de vivre totalement différente. Quand je demandais un ballon par exemple ça prenait au moins 3 jours, mais c&rsquo;est comme ça que ça fonctionne là bas. Et au bout d&rsquo;un moment je suis rentré dans ce rythme tout simplement, quand tu te rends compte que dans un endroit, si tu veux faire quelque chose à ta sauce, ça va te prendre beaucoup d&rsquo;énergie et ça ne va pas forcément marcher. Donc des fois j&rsquo;ai passé l&rsquo;après-midi entière à regarder la télé (en Tamul) avec eux parce que c&rsquo;est juste ce qu&rsquo;ils voulaient faire.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>« Le système des castes n&rsquo;est aboli qu&rsquo;officiellement »</b></span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Pas mal d&rsquo;études parlent de la situation des enfants en Inde, parfois même allant jusqu&rsquo;à la servitude. En as-tu été témoin ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC :</strong> Alors oui effectivement, moi j&rsquo;ai vu des choses qui m&rsquo;ont traumatisé à vie en Inde, notamment la CWC, cette pièce dont je te parlais, cet « enclos ». On avait vraiment tous les cas de figure imaginables. J&rsquo;ai eu des enfants « esclaves », c&rsquo;est-à-dire qui avaient perdu leurs parents et qui étaient utilisés pour travailler par des familles. Ils vendaient des objets dans la rue en échange de nourriture par exemple. Dans la loi indienne c&rsquo;est considéré comme de l&rsquo;esclavage. Et les enfants qui arrivaient à s&rsquo;enfuir étaient recueillis par la police et amené à la CWC, si les familles n&rsquo;étaient pas démasquées avant.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La CWC, c&rsquo;est vraiment la deuxième ligne où on envoie les enfants en cas d&rsquo;urgence. La première, c&rsquo;est un tribunal où on décide si l&rsquo;enfant est dangereux. S&rsquo;il l&rsquo;est, il est emmené dans une prison pour enfants dangereux. Sinon, il peut venir à la CWC. Évidemment t&rsquo;avais des enfants qui passent à travers le filtre, en 5 minutes on peut pas savoir si un enfant est dangereux ou pas, donc on avait aussi un peu de violence.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">J&rsquo;ai vu des enfants esclaves et c&rsquo;est absolument terrifiant, des enfants à 8-9 ans qui avaient des problèmes de drogue, des problèmes de sexe&#8230; Tu ne pouvais pas laisser les gamins ensemble tout le temps sinon tu en avais toujours un qui prenait très vite le dessus sur l&rsquo;autre, des choses que je n&rsquo;ai jamais vu en France chez des enfants de 8-9-10 ans, bien que je sois animateur enfant.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mais ce qui m&rsquo;a vraiment le plus choqué c&rsquo;était un enfant de 14 ans qui était accro à un espèce de détergent et qui vivait dans un bidonville depuis quelques mois. Il avait développé une maladie de peau à cause de ça, on devait lui attacher les mains pour qu&rsquo;il ne se fasse pas saigner en se grattant. L&rsquo;enfant qui pleure pour pas que tu l&rsquo;attaches&#8230; Ce sont des choses qui te marquent.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Et encore, ça c&rsquo;est les enfants qui avaient la chance, quelque part, qu&rsquo;on les récupère à la fin.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Après c&rsquo;est difficile de juger la situation des enfants. L&rsquo;Inde est un pays où il y a beaucoup de misère. La différence avec les autres pays pauvres (même si on ne la considère en soi plus comme telle), c&rsquo;est qu&rsquo;il y a les castes. Ça fait énormément de différences. Quelqu&rsquo;un de la caste inférieure doit beaucoup à quelqu&rsquo;un de la caste supérieure. Alors, quand tu travailles pour quelqu&rsquo;un de la caste supérieure et qu&rsquo;en plus il y a des relations économiques, tu peux t&rsquo;imaginer que ça peut aller très très loin.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Le système des castes n&rsquo;était pas aboli ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC :</strong> Alors le système des castes est aboli officiellement dans un contexte de travail ou un contexte de politique c&rsquo;est-à-dire que tu ne peux pas refuser la candidature de quelqu&rsquo;un parce qu&rsquo;il est d&rsquo;une caste inférieure pour un poste.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C&rsquo;est comme en France, officiellement tu ne peux pas refuser la candidature de quelqu&rsquo;un parce qu&rsquo;il est étranger. Pourtant, plein de tests on été faits et on a découvert qu&rsquo;un nom à consonance arabe a moins de chance d&rsquo;être retenu qu&rsquo;un nom à consonance française, même s&rsquo;il a plus d&rsquo;années d&rsquo;études. Et ça en France, pays des Droits de l&rsquo;Homme, alors il est possible d’imaginer qu’en Inde ce n’est pas respecté&#8230;</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Puis en Inde, ce système est la base de toute la société. Toutes les religions ont des castes. Les chrétiens, les juifs, les hindous, les musulmans&#8230; Ils ont tous des castes. La caste est plus importante que la religion. Il y a la société (l&rsquo;organisation sociale), puis la religion. C&rsquo;est un sujet très sensible. J&rsquo;ai demandé aux prêtres quelle était leur caste, qui m&rsquo;ont fait comprendre que je ne devais plus jamais poser cette question (même si en général, quelqu&rsquo;un qui devient prêtre vient d&rsquo;une caste supérieure). Comme pour les mariages inter-religions, les mariages entre deux castes différentes sont très très rares.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>« La religion, c&rsquo;est comme la musique : on t&rsquo;en donne la passion durant l&rsquo;enfance »</b></span></p>
</blockquote>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Les enfants se raccrochaient beaucoup à Dieu dans la misère ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC :</strong> </span><span class="s1">Oui ils se raccrochent beaucoup à Dieu, mais c&rsquo;est normal. Quand tu es dans une communauté religieuse, tu es élevé de façon religieuse.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C&rsquo;est comme la musique : si on te l&rsquo;apprend dès ton enfance, on ne t&rsquo;oblige pas à être musicien. On te donne la passion de la religion dès ton plus jeune âge, après ça ne devient plus une contrainte, tu l&rsquo;entretiens par toi-même parce que ça te semble normal. Évidemment, Dieu prend une place extrêmement importante dans leur vie, ça leur permet d&rsquo;aller de l&rsquo;avant. De toute façon, dans les sociétés religieuses, les gens sont fondamentalement heureux. Je n&rsquo;ai jamais rencontré quelqu&rsquo;un de malheureux en Inde. Les concepts de dépression, de malheur ce sont des concepts Occidentaux.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Je suis complètement athée mais j&rsquo;ai toujours trouvé que la religion est quelque chose d&rsquo;extraordinaire.</span></p>
<div id="attachment_496" style="width: 970px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/12395260_1065848216800069_1631945279_n.jpg"><img class="wp-image-496 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/12395260_1065848216800069_1631945279_n.jpg" alt="12395260_1065848216800069_1631945279_n" width="960" height="720" /></a><p class="wp-caption-text">Un temple hindou du Tamil Nadu. Photo : Gabriel Cohen.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Les enfants se rendent compte qu&rsquo;ils sont dans la misère ? N&rsquo;ont-ils pas l&rsquo;impression que Dieu les lâche, d&rsquo;une certaine façon ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">GC : Tu as misère et misère. Quand je suis arrivé, Français que je suis, je voyais la misère partout : des gens qui vivent dans de véritables poubelles, les femmes qui transportent l&rsquo;eau sur leur tête, les gens qui vivent avec leurs animaux d&rsquo;exploitation, pour moi c&rsquo;était la misère. Mais au final pour eux ce n&rsquo;est pas du tout la misère, c&rsquo;est la vie normale. Leur degré de comparaison avec ce qui est « normal » est bien inférieur au nôtre. Pour moi c&rsquo;était donc très difficile d&rsquo;estimer qui était dans la misère et qui ne l&rsquo;était pas.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En ce qui concerne le désespoir, s&rsquo;ils se sentent abandonnés par Dieu, je pense justement que c&rsquo;est le contraire. Les religions sont dans les pays pauvres majoritairement, ce n&rsquo;est pas pour rien. La règle humaine en quelque sorte, c&rsquo;est que plus les gens sont pauvres, plus ils se rattachent à Dieu, par beaucoup de mécanismes différents les uns des autres. Donc ça s&rsquo;applique forcément aussi aux enfants.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Qu&rsquo;en est-il des fêtes, tu en as célébré ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC :</strong> J&rsquo;ai vu une fête à </span><span class="s2">Tiruchirappalli</span><span class="s1">. Il y a le plus grand temple du monde, avec une tour de 78 mètres de haut. C&rsquo;était absolument extraordinaire, plein de couleurs&#8230; On ne trouve rien de comparable en France. Mais en Inde, la religion c&rsquo;est à la fois le loisir, le côté social et à la fois la religion. Les jeunes n&rsquo;ont pas de copines (quoi que dans les villes développées ça commence à se faire), surtout dans le Tamil Nadu qui est un État très conservateur. Bien sûr ils font du sport, ils ont des loisirs mais le loisir numéro un c&rsquo;est la religion. Un petit peu comme en France jusqu&rsquo;à la fin du XIXème siècle, quand on avait vraiment le côté religieux qui était très fort. Sous beaucoup de formes d&rsquo;ailleurs, l&rsquo;Inde est comparable à la France de cette époque. Non pas que l&rsquo;Inde soit retardée d&rsquo;un siècle, loin de là ! Je parle ici simplement de comparaison en terme de société religieuse.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Ces derniers temps, beaucoup de médias indiens témoignent de l&rsquo;effervescence du peuple envers Narendra Modi. Comment ça se passe à Coimbatore ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC : </strong>Alors Modi, dans l&rsquo;orphelinat où j&rsquo;étais c&rsquo;est vrai qu&rsquo;on en a beaucoup parlé. Et il n&rsquo;est vraiment pas aimé.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En soi, c&rsquo;est quelqu&rsquo;un qui a vraiment beaucoup fait pour l&rsquo;Inde. L&rsquo;Inde, c&rsquo;est l&rsquo;exemple économique de la réussite du libéralisme absolu. Tu laisses l&rsquo;économie se faire toute seule, sans rien ajouter, tu ne mets aucune contrainte, (tu diminues les taxes aux entreprises) et l&rsquo;activité économique qui se crée agit sur le développement. On considère qu&rsquo;en Inde, il y a 200 millions de personnes qui sont sorties de la misère en moins de 30 ans, ce qui est inimaginable.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Et Modi est vraiment dans cette lignée là.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mais au delà de ça, j&rsquo;étais dans un orphelinat, un milieu social, donc des gens qui ont une pensée plus socialiste : il est absolument détesté, parce qu&rsquo;il ne fait pas beaucoup pour les minorités, etc..<span class="Apple-converted-space">  </span>En plus de ça, ce qui n&rsquo;est pas vraiment mis en exergue dans les médias qui en font l&rsquo;éloge, c&rsquo;est qu&rsquo;il a un massacre sur les bras. Il a une part de responsabilités très importante dans le </span><span class="s3">massacre du Gujarat en 2002 qui a fait presque 2000 morts <i>(pareil, expliquer avec une « ndlr »)</i></span><span class="s1">, en majorité musulmans. Il était au gouvernement, et disons qu&rsquo;il n&rsquo;a rien fait pour atténuer les violences. Ça joue beaucoup dans sa réputation politique, et notamment chez les Musulmans, de fait.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Après il est aussi le président d&rsquo;un pays d&rsquo;1,2 milliards d&rsquo;habitants, 1/6ème de l&rsquo;humanité. Depuis la partition il y a eu </span><span class="s3">plusieurs présidents assassinés <i>(qui ? -&gt; « ndlr »)</i></span><span class="s1">. Donc est-ce que c&rsquo;est possible de diriger un pays aussi grand sans faire de massacre et sans tuer ? Je pense que c&rsquo;est une grande question philosophique.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL: Un peu plus léger maintenant. Toi, tu es guitariste. Quel était justement le rapport des Indiens que tu as rencontrés à la musique ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC :</strong> La musique pour moi ça a été très simple : c&rsquo;était ma guitare, je la prenais et jouais avec les enfants. Les enfants dansaient, ils adorent vraiment ça. Chanter n&rsquo;est pas leur fort, mais il dansaient beaucoup. J&rsquo;ai aussi fait des « ateliers » avec des mini-percussions, et on faisait des petits morceaux avec la guitare. Après c&rsquo;était très improvisé, parce que les enfants soit parlaient très peu soit pas du tout anglais. Donc la communication était beaucoup plus sur une base émotive, pour des jeux de basiques. Mais dès qu&rsquo;il faut rentrer dans les détails, quand tu ne parles pas la même langue c&rsquo;est très difficile.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : L&rsquo;Inde, c&rsquo;est le pays du cinéma, de Bollywood. Tu l&rsquo;as ressenti un peu ça ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC :</strong> Pas du tout parce que dans le Tamil Nadu ils ont leur propre cinéma : Kollywood. De ce fait, ils ont quand même un gros rapport avec le cinéma. Il y en a beaucoup, beaucoup de films, surtout d&rsquo;action, pas aussi spectaculaire que le cinéma américain mais comparativement aux moyens c&rsquo;est impressionnant. La culture Tamul est extrêmement forte : ils ont leurs musiques, ils ont leurs livres (bon, même si personne ne lit&#8230;), ils ont leur présentateur télé, leurs émissions d&rsquo;actualité, leurs journaux. En fait, l&rsquo;Inde est un continent, et le Tamil Nadu est vraiment un pays dans un pays.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : Quels sports pratiquent les Indiens?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC : </strong>Alors le sport en Inde c&rsquo;est le cricket comme peut l&rsquo;être le football pour nous. Dès que tu as vingts mètres carrés dégagés tu vois des gamins y jouer, avec un bout de bois si il faut. Après on jouait beaucoup au volley aussi, pieds nus, ballon crevé, mais l&rsquo;essentiel c&rsquo;est de s&rsquo;amuser.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le sport c&rsquo;est extrêmement important en Inde, ils sont tout vraiment branchés sur le sport. Autant au niveau de la pratique individuelle que de la passion pour les équipes professionnelles.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Par contre, pour moi c&rsquo;était impossible de faire un footing, à cause de la qualité irrespirable de l&rsquo;air (bien que certains habitants pratiquaient régulièrement la course) et du trafic totalement désordonné.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>RL : C&rsquo;était à ce point pollué ?</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>GC :</strong> Ça peut paraître cru à dire mais c&rsquo;est vraiment une grande poubelle. Les gens jettent leurs déchets par terre et les animaux les mangent. Or, ça reste une société de consommation (tout est relatif mais c&rsquo;est avéré), et tout ce qui est consommé est dans un emballage, qui finit par terre. C&rsquo;est comme si tu allais dans une décharge faire ton footing du matin, c&rsquo;est inconcevable pour quiconque a de l&rsquo;odorat. Le matin, quand je conduisais les enfants à l&rsquo;école, juste après avoir petit-déjeuné, j&rsquo;étais réellement sur le point de vomir. Même quand je me baladais deux heures en ville, c&rsquo;était pénible. En revenant, c&rsquo;était sieste obligatoire. Je fais tout le temps la blague « Il faisait 40 degrés pendant deux mois et j&rsquo;ai pas pris un coup de soleil », mais c&rsquo;est parce que le soleil tu ne le vois pas : un nuage constant de pollution persiste dans le ciel.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mais derrière ça, c&rsquo;est tellement beau. Quand tu sors le soir, tu vois tous les rassemblements des habitants, les appels des Mosquées, les groupes de vieux assis ensemble, les enfants qui viennent te parler, les personnes qui viennent te serrer la main.. Le Tamil Nadu, c&rsquo;est incontestablement le plus beau « pays » que j&rsquo;ai vu de ma vie.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: right;"><em>Propos recueillis par Clément Delemazure</em></p>
<p class="p2" style="text-align: right;"><span class="s1">Revenu de son périple, Gabriel a depuis lancé, avec 3 autres étudiants, un projet pour améliorer la situation des enfants de la CWC. Tous les détails sont à retrouver sur le site du projet, disponible ici : <a href="https://lesdortoirsdelespoir.wordpress.com/wp-admin/customize.php?url=https%3A%2F%2Flesdortoirsdelespoir.wordpress.com%2F">https://lesdortoirsdelespoir.wordpress.com/wp-admin/customize.php?url=https%3A%2F%2Flesdortoirsdelespoir.wordpress.com%2F</a></span></p>
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		<title>COP21 : Tour du monde des &#171;&#160;Marches pour le Climat&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Dec 2015 16:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pamela Bazan, Pauline Vallée, Alexandra Saviana et Tamara Bouhl]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[COP21]]></category>
		<category><![CDATA[Marche]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; Lundi 30 Novembre dernier s’est ouverte à Paris la 21ème Conférence des Parties COP21 au sujet du dérèglement climatique. Organisée par l’ONU, elle rassemble 150 pays jusqu’au 11 Décembre prochain. Leur but ? Trouver un accord contraignant pour maintenir le réchauffement climatique à 2 degrés &#8211; par rapport à la température du XIXème siècle. [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">Lundi 30 Novembre dernier s’est ouverte à Paris la 21ème Conférence des Parties COP21 au sujet du dérèglement climatique. Organisée par l’ONU, elle rassemble 150 pays jusqu’au 11 Décembre prochain. Leur but ? Trouver un accord contraignant pour maintenir le réchauffement climatique à 2 degrés &#8211; par rapport à la température du XIXème siècle. Après l’échec des précédentes conférences &#8211; Kyoto, Doha, Copenhague &#8211; les citoyens ont décidé de faire entendre leur voix en organisant des “Marches pour le climat” partout dans le monde. Du Mexique au Danemark, panorama des mobilisations.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Copenhague : &laquo;&nbsp;Nous voulons changer le monde mais ils ne nous écoutent pas&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">Après les violentes pluies de la matinée, le soleil se montre enfin timidement alors qu’une foule commence à se rassembler sur la Røde Plads. Il est exactement 12h50 soit dix minutes avant le début de la manifestation pour la Cop21 de Copenhague. L’évènement rassemble des personnes de tous les horizons : couples, familles avec enfants, bande de jeunes, personnes âgées, engagés ou sans conviction particulière, activistes ou simples curieux…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_444" style="width: 612px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-11.42.47.png"><img class="wp-image-444 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-11.42.47.png" alt="Capture d’écran 2015-12-01 à 11.42.47" width="602" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">Susanne, 71 ans brandissant fièrement sa pancarte. Photo : Claire Duhamel.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">Mon chemin croise celui de Susanne, 71 ans, qui est membre du Socialistisk Folkeparti [un parti danois de gauche ndlr]. Selon elle, la marche du 29 novembre est un moyen de forcer les politiques à écouter les citoyens. <em>« On n’a pas beaucoup parlé des enjeux du climat et de l’environnement depuis plusieurs années</em></span> <span style="font-weight: 400"><em>»</em> déplore-t-elle, faisant remonter les dernières véritables avancées sur le sujet aux années 1980. Un grand progrès serait que <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">la Chine s’intéresse un peu plus aux enjeux écologiques, ainsi que le Brésil</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em> [la Chine rejette aujourd’hui à elle seule 25% des émissions de CO2 mondiales et se classe donc au premier rang des pollueurs ].</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">La donne va-t-elle changer avec la Cop21 ? La fringante mamie reste réaliste voire pessimiste : peu de monde s’intéresse à la Cop21 et l’environnement en général. Ni la population, ni <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">le gouvernement qui ne voit pas plus loin que la prochaine élection</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em>. Plutôt que de progresser, la bataille contre le réchauffement climatique tend à reculer. <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">J’espère mais je ne veux pas y croire</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em> conclut-elle à propos de la conférence avant de rejoindre la tête du cortège qui s’élance.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_445" style="width: 613px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-11.45.22.png"><img class="wp-image-445 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-11.45.22.png" alt="Capture d’écran 2015-12-01 à 11.45.22" width="603" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Justice climatique&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Le climat avant le profit&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Battez-vous maintenant&nbsp;&raquo;. Photo : Claire Duhamel.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">La Cop21 Klimatmatch peut enfin commencer. Le circuit, de la Røde Plads au château de Christiansborg [le Parlement], s’étale sur environ 4 km et rassemble 10 000 personnes. Je rencontre Soline qui marche à côté de moi.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_446" style="width: 612px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-11.48.38.png"><img class="wp-image-446 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-11.48.38.png" alt="Soline : « rien n’a été fait pour le climat depuis longtemps ». Photo : Claire Duhamel." width="602" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">Soline : « rien n’a été fait pour le climat depuis longtemps ». Photo : Claire Duhamel.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">Soline est une jeune physiothérapiste avec des tracts plein les mains. Elle rejoint volontiers le constat de Susanne selon lequel <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">rien n’a été fait pour le climat depuis longtemps</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em>. En revanche la jeune femme veut se montrer plus positive et souligne fièrement que <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">le Danemark a déjà fait beaucoup sur la question environnementale, et je pense qu’on peut se définir comme des leaders dans le domaine</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em>. <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">Mais ce n’est pas assez. Il faut toujours vouloir faire mieux</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em> reconnaît-elle immédiatement. Elle aussi <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">espère</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em> sans oser trop y croire que la conférence de Paris aboutira sur des changements concrets.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Ses principaux adversaires ? Le gouvernement <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">qui ne fait pas attention à l’environnement car il n’y a pas d’argent à se faire dans le domaine</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em> et les récentes attaques terroristes qui vont « </span><em><span style="font-weight: 400">changer le contexte de la Cop21</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em>. <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">Les gens pensent plus à leur sécurité pour le moment et moins au climat</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em> déplore-t-elle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_448" style="width: 612px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-11.51.26.png"><img class="wp-image-448 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-11.51.26.png" alt="Capture d’écran 2015-12-01 à 11.51.26" width="602" height="402" /></a><p class="wp-caption-text">Kasper l&rsquo;ours polaire. Photo : Claire Duhamel.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">Cette amoureux des plantigrades est venu à la marche parce que <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">les politiques ne nous écoutent pas</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em> alors que <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">nous voulons changer le monde</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em> résume-t-il sobrement. Lui aussi n’ose pas trop se prononcer sur la Cop21 et ses possibles résultats, se contentant d’espérer, car <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">tout peut changer en l’espace d’une seconde comme sur plusieurs années</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em>.</span></p>
<p><em><span style="font-weight: 400">« </span><span style="font-weight: 400">Nous devons inventer de nouvelles manières de promouvoir l’écologie</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em> affirme-t-il. Le climat n’est pas qu’une affaire de politiques mais aussi une responsabilité citoyenne <em>».</em> Comme la marche d’aujourd’hui par exemple ? <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">Non, bien sûr nous pouvons organiser des manifestations mais ce n’est pas assez, par exemple nous aurions pu rassembler beaucoup plus de monde, mais les gens sont trop paresseux ou alors se sentent pas concernés</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em>. L’étudiant n’oublie cependant pas que le problème du climat ne peut se décider simplement au niveau national : <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">ce n’est pas qu’au Danemark que nous pouvons changer quelque chose, l’enjeu est global</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em> et doit être discuté plus largement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Washington : &laquo;&nbsp;Hey Obama ! We don&rsquo;t want no climate drama !&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_451" style="width: 614px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-11.57.10.png"><img class="wp-image-451 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-11.57.10.png" alt="&quot;Nous &gt; Énergies fossiles&quot;. Photo : Alexandra Saviana." width="604" height="340" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Nous &gt; Énergies fossiles&nbsp;&raquo;. Photo : Alexandra Saviana.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">Après un mois de novembre exceptionnellement chaud tutoyant les 60° Fahrenheit, les manifestants de la marche pour le climat n’ont pas la météo avec eux. À 14 heures précises, quelques deux-cents personnes se pressent sous le crachin de la capitale. La sécurité n’a pas été prévenue du rassemblement <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">On voit juste les choses arriver au fur-et-à-mesure, et on fait avec</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em>, expliquent les policiers. Sur Pennsylvania Avenue, juste en face de la Maison Blanche, les rassemblement spontanés sont communs, des activistes pro-life aux militants “Free Palestine”.</span></p>
<div id="attachment_452" style="width: 406px" class="wp-caption alignright"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-12.00.31.png"><img class="wp-image-452 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-12.00.31.png" alt="Sally : &quot;Je fais des câlins à la Terre depuis longtemps maintenant&quot;. Photo : Alexandra Saviana." width="396" height="413" /></a><p class="wp-caption-text">Sally : &laquo;&nbsp;Je fais des câlins à la Terre depuis longtemps maintenant&nbsp;&raquo;. Photo : Alexandra Saviana.</p></div>
<p><span style="font-weight: 400">Sally est archéologiste. À l’occasion de la manifestation, elle a apporté cette planète Terre en papier mâché qui représente son engagement écologiste : <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">Au lycée, j’ai pris conscience de l’importance du recyclage. Je fais des câlins à la Terre depuis longtemps à présent </span></em><span style="font-weight: 400"><em>»</em>. En ce 29 novembre, elle a décidé de marcher pour montrer son soutien sans réserves à la Cop21. Sans réserves, mais pas aveugle <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">Je me doute que ce ne sera pas la solution à tous nos problèmes, mais il nous faut absolument un accord. Un accord signé par tellement de pays qu’il devienne la norme</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em>.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">Quand on lui demande si les récentes attaques terroristes ne vont pas faire obstacle à la médiatisation de l’évènement et à son impact, Sally secoue la tête : <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">Je ne pense pas. Je crois qu’au contraire ces attaques ont eu l’effet d’un électrochoc. Les gens se sont dit qu’il fallait sortir et montrer qu’elle n’allait pas nous arrêter </span></em><span style="font-weight: 400"><em>»</em>. Et d’ajouter <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">Vous savez, il y a cette fabuleuse photo qui circule partout dans le monde des Parisiens qui ont placé leurs chaussures Place de la République. C’est une image tellement puissante. Même le Pape est allé poser ses chaussures ! </span><span style="font-weight: 400">»</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_474" style="width: 550px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/12308966_875597785894108_214998600_n.jpg"><img class="size-full wp-image-474" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/12308966_875597785894108_214998600_n.jpg" alt="Sarah et ses enfants : &quot;Nous voulons grandir sur une planète en bonne santé&quot;. Photo : Alexandra Saviana." width="540" height="960" /></a><p class="wp-caption-text">Sarah et ses enfants : &laquo;&nbsp;Nous voulons grandir sur une planète en bonne santé&nbsp;&raquo;. Photo : Alexandra Saviana.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">Pour Sarah, la marche est quasiment une sortie familiale. Equipés de pancarte</span><span style="font-weight: 400">s et d’affiches, c’est la deuxième fois que son mari et ses deux enfants l’accompagnent à une manifestation en faveur du climat<em> « </em></span><em><span style="font-weight: 400">Nous sommes allés à la grande marche du climat l’année dernière à New York. Je pense qu’il est important de montrer à ses enfants que quand on croit à quelque chose, il ne faut pas rester à la maison à geindre. Il est nécessaire de faire entendre sa voir et d’agir </span></em><span style="font-weight: 400"><em>»</em>. Ses enfants ont 7 et 10 ans mais scandent déjà les slogans de la marche avec le même enthousiasme que le reste des manifestants <em>« </em></span><i><span style="font-weight: 400"><em>Je pense qu’ils comprennent,</em> explique Sarah. </span></i><em><span style="font-weight: 400">Mon fils comprend, c’est certain, et ma cadette…Elle a 7 ans, mais je suis certaine qu’elle commence déjà à saisir l’importance du changement climatique </span></em><span style="font-weight: 400"><em>». </em>Cette éditrice ne se fait pas d’illusion concernant l’issue de la Cop21, mais est convaincue de l’importance de montrer son soutien : <em>«  </em></span><em><span style="font-weight: 400">Nous devons montrer à Obama que nous sommes d’accord, qu’il a raison de mettre en jeu l’héritage de sa Présidence sur le climat, et que nous le soutenons </span></em><span style="font-weight: 400"><em>»</em>. Mais Obama n’est pas le seul chef d’Etat en qui Sarah place de l’espoir <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">Ils sont 150 à Paris. Il faut que nos dirigeants nous prouvent qu’ils sont vraiment des leaders. Il faut qu’ils assument leur responsabilités. </span><span style="font-weight: 400">»</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_456" style="width: 485px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-12.10.23.png"><img class="wp-image-456 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-01-à-12.10.23.png" alt="Capture d’écran 2015-12-01 à 12.10.23" width="475" height="683" /></a><p class="wp-caption-text">Ana-Laura en pingouin &laquo;&nbsp;Restez cool&nbsp;&raquo;. Photo : Alexandra Saviana.</p></div>
<p><span style="font-weight: 400">Dans le long défilé monochrome de la marche de Washington, une manifestante se détache. Elle s’appelle Ana-Laura, et a choisi de s’habiller en pingouin pour l’occasion <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">J’ai choisi ce costume parce que c’est un animal qui reçoit moins d’attention que les ours polaires, mais ils vivent eux-aussi dans un écosystème très fragile, qui est affecté par le changement climatique ! Je me suis dit que m’habiller de cette façon piquerait la curiosité des gens et les pousserait à me poser des questions. Vous voyez, ça fonctionne !</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em>. Ana-Laura est une activiste lobbyiste du changement climatique. Pour elle, cette marche était une évidence : <em>«</em></span><em> <span style="font-weight: 400">Le changement climatique est un problème capital. Je pense que cette marche est un bon moyen de montrer que nous supportons le processus de négociation de la Cop 21</span></em><span style="font-weight: 400"><em> »</em>. Mais elle n’est pas dupe pour autant <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">Je ne pense pas que ce sommet résoudra tout, mais c’est définitivement un pas dans la bonne direction. En tant que pays, nous devons travailler tous ensemble pour résoudre le problème, en collaborant</span></em><span style="font-weight: 400"> ».  Les évènements de Paris ont selon elle renforcé la détermination des dirigeants et des populations à faire de cette Cop 21 un succès <em>« </em></span><em><span style="font-weight: 400">Je pense que ça a engendré une énorme solidarité. La France a placé beaucoup d’efforts dans ces négociations, et veut vraiment collaborer…tout ça peut sembler bien éloigné des évènements de ces dernières semaines, mais tout est lié : la crise climatique créé du conflit, le conflit engendre guerre et haine, ce qui, d’une certaine façon, engendre aussi le terrorisme… </span><span style="font-weight: 400">»</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Mexico : &laquo;&nbsp;La question climatique est aussi importante que les enjeux de la sécurité et l&rsquo;économie&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
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<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_463" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/photo3.jpg"><img class="wp-image-463 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/photo3-1024x768.jpg" alt="photo3" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Cortège de la marche pour le climat de Mexico. Photo : Pamela Bazan.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">C’est une journée ensoleillée à Mexico. Il est environ 10h30. Je me trouve sur la Place de la République, où se situe le Monument à la Révolution. Ce lieu est un point de rendez-vous habituel pour organiser des mobilisations dans la ville. Comme dans d’autres pays, des centaines de personnes ont décidé de se rassembler autour de la question climatique. </span><span style="font-weight: 400">Des organisations écologistes, des groupes d’amis et des familles font leur apparition. Les gens s’apprêtent à former un cortège qui passera par </span><i><span style="font-weight: 400">Paseo de la Reforma, </span></i><span style="font-weight: 400">une des avenues les plus emblématiques de Mexico.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_478" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/photo1.jpg"><img class="wp-image-478 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/photo1-1024x768.jpg" alt="María Elena : &quot;Je prends soins de la Terre&quot;. Photo : Pamela Bazan." width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Lizbeth : &laquo;&nbsp;Je prends soins de la Terre&nbsp;&raquo;. Photo : Pamela Bazan.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">Lizbeth travaille dans le social. Elle tient dans ses mains un cadre et un tournesol faits en carton. La jeune femme a un sourire pour toute personne voulant la prendre en photo. </span>Pour cette manifestante, l’objectif de ce rassemblement est de montrer que les citoyens sont conscients d’un problème très grave, celui du changement climatique. <em>« Il faut que nos dirigeants se rendent compte qu’on est très vigilants aux mesures qu’ils prennent. »</em> <span style="font-weight: 400">La COP21 aboutira-t-elle sur un accord concret ? <em>« J’espère.  Toutes les personnes présentes aujourd’hui sont vraiment engagées. » </em></span><span style="font-weight: 400">Elle se dit optimiste : «<em> je crois qu’une manifestation pacifique, colorée et dans une bonne ambiance peut toujours aider. »</em> Après</span><span style="font-weight: 400"> une question au sujet des récentes attaques terroristes à Paris, Lizbeth affirme que la COP21 ne passera pas au second plan après ces évènements, surtout parce que <em>« si on ne marche pas à Paris, le Mexique et d’autres pays le feront. »</em> </span><span style="font-weight: 400">Elle considère que le changement climatique est aussi prioritaire qu’autres enjeux, même si les personnes qui se mobilisent pour cette cause sont beaucoup moins nombreuses.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Il est 11h. Les gens forment le cortège. Au rythme d’une B</span><i><span style="font-weight: 400">atucada</span></i><span style="font-weight: 400">, ils commencent à avancer sur la rue. Ils chantent. Ils dansent. Ils font de cette marche un véritable carnaval.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Quelques minutes plus tard, la foule s’arrête au Sénat. Les citoyens exigent des mesures plus concrètes de la part des législateurs et du président Enrique Peña Nieto. Ils veulent que la loi de transition énergétique soit enfin approuvée. Quelques personnes placent des affiches sur les murs du bâtiment.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_464" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/photo4.jpg"><img class="wp-image-464 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/photo4-1024x982.jpg" alt="photo4" width="920" height="882" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Laissez le pétrole, le gaz et le carbone sous la terre !&nbsp;&raquo;. Photo : Pamela Bazan.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">Miguel n’hésite pas à se décrire comme un écologiste engagé. Il est venu marcher pour que les politiques agissent <em>« dès maintenant. »</em> Cet homme prend une position très critique envers le gouvernement. Il a l’air énervé : <em>« Ça fait des années qu’ils connaissent cette problématique, mais ils n’ont jamais rien fait, parce que les entreprises pétrolières et les banquiers font pression sur eux.</em> »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400">Pour lui, la possibilité de trouver un accord est lointaine. <em>« Tous les sommets sont sabotés, principalement par les États-Unis et la Chine »</em> Et cette fois-ci, il l&rsquo;assure, la situation ne sera pas différente.</span></p>
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<div id="attachment_465" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/photo5.jpg"><img class="wp-image-465 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/photo5-768x1024.jpg" alt="María Elena et sa petite-fille : &quot;Prenons soin de la planète&quot;. Photo : Pamela Bazan." width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">María Elena et sa petite-fille : &laquo;&nbsp;Prenons soin de la planète&nbsp;&raquo;. Photo : Pamela Bazan.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400">María Elena est une femme au foyer. Sa petite fille, qui se dit <em>« amusée et heureuse d’être venue »</em> se tient à ses côtés. <em>« </em></span><span style="font-weight: 400"><em>Êtes-vous ici pour faire pression sur les politiques ? »</em> Elle se précipite pour répondre. <em>« Politiques ? Ce rassemblement n’a rien à voir avec la politique ! C’est une affaire globale ! »  </em></span><span style="font-weight: 400">Comme la plupart des personnes, elle <em>« espère »</em> que les chefs d’État pourront trouver un accord. Mais elle</span><span style="font-weight: 400"> aimerait voir plus de gens mobilisés pour cette cause. Elle tient à souligner l’importance d’une éducation écologique pour les enfants : leur apprendre à économiser l’énergie, à jeter les ordures dans la poubelle… La petite manifestante intervient dans la conversation : <em>« Je n’aime pas jeter des déchets dans la mer » </em>avant d&rsquo;ajouter : </span><span style="font-weight: 400"> <em>« Je réutilise mes bouteilles et je prends soin de l’eau pour que les plantes puissent grandir. »</em></span></p>
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<p><span style="font-weight: 400">Le cortège arrive enfin à son destin. C’est le Monument à la Mère. Une cérémonie, menée par des représentants des communautés indigènes, a été préparée pour conclure la manifestation.  </span><span style="font-weight: 400">Aujourd’hui, les gens présents font hommage à une mère non-humaine, la Mère Nature. Les personnes présentes ont formé un cercle et ont fait des prières pour remercier la planète Terre.</span></p>
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<blockquote><p>Londres : “Il faut que les gens réalisent que le changement climatique concerne tout le monde, pas juste quelques hippies”</p></blockquote>
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<div id="attachment_482" style="width: 611px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-02-à-05.51.26.png"><img class="size-full wp-image-482" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-02-à-05.51.26.png" alt="Cortège de la Marche pour le climat à Londres. Photo : Tamara Bouhl." width="601" height="452" /></a><p class="wp-caption-text">Cortège de la Marche pour le climat à Londres. Photo : Tamara Bouhl.</p></div>
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<p><span style="font-weight: 400">Il est 13h à Londres lorsque la Climate March débute. Les policiers sont présents depuis quelques heures déjà pour encadrer la manifestation, mesure indispensable pour gérer les 40 000 personnes présentes pour montrer leurs inquiétudes quant au changement climatique. De nombreux orchestres rythment la marche, rendant l’ambiance festive malgré les banderoles alarmistes des manifestants. Les gens dansent, crient et se saluent chaleureusement mais difficile d’oublier les enjeux cruciaux qui seront discutés lors de la COP21.</span></p>
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<div id="attachment_483" style="width: 490px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-02-à-05.55.08.png"><img class="wp-image-483 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-02-à-05.55.08.png" alt="Capture d’écran 2015-12-02 à 05.55.08" width="480" height="648" /></a><p class="wp-caption-text">Maryla : &laquo;&nbsp;Bienvenue au musée de l&rsquo;arbre de 2020&Prime;. Photo : Tamara Bouhl.</p></div>
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<p><span style="font-weight: 400">Je commence par rencontrer peu avant le début de la marche un groupe d’amis, couronnes de feuilles dans les cheveux, tambours en bandoulière et probablement une des meilleures banderoles ce jour là (voir photo). Je discute un peu plus longuement avec Maryla, une infirmière de 28 ans, qui semble cacher une conviction sans faille derrière son sourire permanent. D’après elle : <em>“Q<span style="font-weight: 400">uand beaucoup de gens se réunissent et montrent que les gouvernements et les entreprises ne sont pas les seuls à avoir du pouvoir, ça peut faire la différence</span></em><span style="font-weight: 400"><em>”</em>. Maryla ne place pas beaucoup d’espoir dans la COP21 mais insiste sur le fait qu’il ne faut pas arrêter de faire pression et que c’est le seul moyen de faire changer les choses.<em> “</em></span><em><span style="font-weight: 400">Il faut que les gens réalisent que ce problème concerne tout le monde, pas juste quelques hippies.</span></em><span style="font-weight: 400"><em>”</em> Quand je lui demande quelle place ont les problèmes écologiques dans sa vie, elle me répond sans hésiter que c’est sa priorité. <em>“</em></span><em><span style="font-weight: 400">Je suis infirmière. Je vois des enfants qui ont de l’asthme alors qu’ils ne devraient pas en avoir, juste parce qu’ils vivent dans des endroits pollués.</span></em><span style="font-weight: 400"><em>”</em> Être infirmière est pour Maryla une vocation avant d’être un métier, et les problèmes qu’elle rencontre chez ses patients sont pour elle intimement liés au changement climatique.</span></span></p>
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<div id="attachment_485" style="width: 613px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-02-à-05.57.43.png"><img class="wp-image-485 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-02-à-05.57.43.png" alt="Capture d’écran 2015-12-02 à 05.57.43" width="603" height="453" /></a><p class="wp-caption-text">Dainai et sa famille. Photo : Tamara Bouhl.</p></div>
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<p><span style="font-weight: 400">Mon chemin croise ensuite celui d’une famille &#8211; loin d’être la seule au sein de la Climate March. En effet, beaucoup de parents ont tenu à faire participer leurs enfants en ce 29 Novembre. La maman, Dainai, une pédopsychiatre de 48 ans, m’explique très simplement ce qu’il l’a motivée à venir manifester : <em>“</em></span><em><span style="font-weight: 400">Nous ne voulons pas que la planète dépérisse et nous voulons que la vie continue sur Terre.</span></em><span style="font-weight: 400"><em>”</em> Pour elle aussi, il s’agit de montrer au monde entier que “</span><i><span style="font-weight: 400">beaucoup de gens sont inquiets à propos de l’écologie</span></i><span style="font-weight: 400">”. Dainai compte bien <em>“</em></span><em><span style="font-weight: 400">garder un oeil</span></em><span style="font-weight: 400"><em>”</em> sur l’avancement de la COP21 mais tout comme Maryla, elle préfère placer ses espoirs dans les manifestants plutôt que dans les acteurs politiques. “</span><em><span style="font-weight: 400">Si les politiques ne veulent pas changer, alors les gens feront changer les choses</span></em><span style="font-weight: 400"><em>”</em>. Au sujet des attentats parisiens et de l&rsquo;état d&rsquo;urgence mis en place en France, elle me dit : <em>“</em></span><em><span style="font-weight: 400">Je pense que ça a rendu l’atmosphère très triste pour les négociations. Mais j’espère qu’ils pourront parler du climat et mettre ces problèmes de côté pendant un moment.</span></em><span style="font-weight: 400"><em>”</em> Je demande à Dainai de m’expliquer ce qui l’a sensibilisée à l’écologie et elle m’offre une vraie réponse de maman : <em>“</em></span><em><span style="font-weight: 400">Quand j’ai eu mes enfants, j’ai commencé à penser au futur et j’ai réalisé à quel point la situation était dramatique et compliquée.</span> <span style="font-weight: 400">C’était important pour nous de venir ici en famille parce que mes enfants sont sensibles à ces questions eux aussi. Notre style de vie est complètement vert et ils savent à quel point c’est important de se soucier de la planète.</span><span style="font-weight: 400">”</span></em></p>
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<div id="attachment_486" style="width: 614px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-02-à-06.00.06.png"><img class="wp-image-486 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/12/Capture-d’écran-2015-12-02-à-06.00.06.png" alt="Capture d’écran 2015-12-02 à 06.00.06" width="604" height="451" /></a><p class="wp-caption-text">Clémence &#8211; en violet sur la photo &#8211; et ses amis. Photo : Tamara Bouhl.</p></div>
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<p><span style="font-weight: 400">Alors que la marche touche à sa fin, je croise un groupe de français. L’une des filles pose pour une photo en tenant une pancarte <em>“I Marched For You”</em>. Clémence, 32 ans m’explique que c’est la raison de sa présence à la Climate March. <em>“<span style="font-weight: 400">J’ai plusieurs amis parisiens qui auraient voulu aller à la marche à Paris qui a été interdite à cause de l’état d’urgence. J’ai vu passer la campagne, et puis au final un bon pote à moi a posé avec l’affiche March For Me, je me suis dit &lsquo;Bon ok&rsquo;”</span></em><span style="font-weight: 400"> Je lui demande alors si elle se sent vraiment concernée par le changement climatique ou si sa participation à la manifestation est purement un acte de solidarité envers les parisiens. Elle s’empresse de m’expliquer : <em>“</em></span><em><span style="font-weight: 400">Bien sûr que je suis écolo et évidemment que je pense que l’Homme est responsable du changement climatique des récentes années. C’est juste que j’ai pas beaucoup foi dans les manifs, donc je serais pas forcément venue.</span></em><span style="font-weight: 400"><em>”</em> J’évoque l’attention donnée aux attaques de Paris en comparaison à la COP21, l’écologie va-t-elle passer au second plan ? <em>“</em></span><em><span style="font-weight: 400">J’espère pas, et puis en plus je pense qu’ils arrivent à faire un assez bon boulot pour démontrer que le débat sur le climat est en fait totalement lié à la question du terrorisme (notamment le financement du terrorisme). Il faut au contraire lier les deux et démontrer que la lutte pour un développement plus durable et équitable est en fait complètement d’actualité pour la lutte contre le terrorisme.</span><span style="font-weight: 400">”</span> </em></span></p>
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<p style="text-align: right"><em>Un article co-écrit par Tamara Bouhl à Londres (Grande-Bretagne), Alexandra Saviana à Washington (États-Unis), Pamela Bazan à Mexico (Mexique) et Pauline Vallée à Copenhague (Danemark)</em></p>
<p>Cet article <a rel="nofollow" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/2015/12/02/cop21-tour-monde-marches-climat/">COP21 : Tour du monde des &laquo;&nbsp;Marches pour le Climat&nbsp;&raquo;</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="http://grandsformats.radio-londres.fr">Radio Londres</a>.</p>
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		<title>&#171;&#160;Refugees Welcome&#160;&#187;, en Europe et au-delà</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Sep 2015 12:49:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pamela Bazan, Léa Sanchez et Marie Zafimehy]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; La photo du petit Aylan a initié un sursaut dans les consciences européennes. Le jour de sa parution, elle fait la une de dizaines de journaux nationaux, dénonçant l&#8217;horreur de la crise migratoire qui secoue l&#8217;Europe depuis plusieurs mois. Aussitôt, des mouvements de soutien aux réfugiés s&#8217;organisent sur tout le continent : &#171;&#160;Refugees Welcome&#160;&#187;. Paris, [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>La <a href="http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/09/03/ouvrir-les-yeux_4744650_3214.html">photo du petit Aylan</a> a initié un sursaut dans les consciences européennes. Le jour de sa parution, elle fait la une de dizaines de journaux nationaux, dénonçant l&rsquo;horreur de la crise migratoire qui secoue l&rsquo;Europe depuis plusieurs mois. Aussitôt, des mouvements de soutien aux réfugiés s&rsquo;organisent sur tout le continent : &laquo;&nbsp;Refugees Welcome&nbsp;&raquo;. Paris, Berlin, Madrid&#8230; Les rassemblements se multiplient. L&rsquo;écho se répand partout en Europe, et même au-delà : de l&rsquo;<a href="#Espagne">Espagne</a> à <a href="#Suède">la Suède</a> en passant par&#8230; <a href="#Mexique">le Mexique</a>.</p>
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<div id="attachment_371" style="width: 650px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/12557713.jpg"><img class="wp-image-371 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/12557713.jpg" alt="" width="640" height="822" /></a><p class="wp-caption-text">Une du quotidien britannique &laquo;&nbsp;The Independent&nbsp;&raquo;, le 3 septembre 2015.</p></div>
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<blockquote id="Espagne"><p>Madrid, au cri de &laquo;&nbsp;<em style="font-weight: inherit">Nadie es ilegal&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Carmen suit timidement le cours des évènements, un panneau <em>« I am Aylan</em> » à la main. A six ans à peine, la petite fille n&rsquo;offre pour toute réponse qu&rsquo;un regard timide, avant de se mêler au cortège rassemblé à Madrid en faveur de l’accueil des réfugiés.</p>
<div id="attachment_384" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/IGP5153-2.jpg"><img class="size-large wp-image-384" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/IGP5153-2-1024x680.jpg" alt="Une petite espagnole brandit son panneau &quot;I am Aylan&quot;. Photo Léa Sanchez pour Radio Londres" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Une petite espagnole brandit son panneau &laquo;&nbsp;I am Aylan&nbsp;&raquo;. Photo : Léa Sanchez pour Radio Londres</p></div>
<div id="attachment_383" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/IGP5142-2.jpg"><img class="size-large wp-image-383" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/IGP5142-2-1024x680.jpg" alt="Gregoria montre sa pancarte &quot; Hungria, inhumana&quot; ! - Photo : Léa Sanchez pour Radio Londres" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Gregoria montre sa pancarte &nbsp;&raquo; Hungria, inhumana&nbsp;&raquo; ! &#8211; Photo : Léa Sanchez pour Radio Londres</p></div>
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<p>A quelques pas de là, la pancarte de Gregoria proclame<em> «  Hungria, inhumana ! »</em> (Hongrie, inhumaine !).  La Madrilène est venue seule au rassemblement. Mais convaincue. <em style="font-weight: inherit">«  Si j’ai décidé de manifester aujourd’hui, c’est parce que les souffrances vécues par les réfugiés déplacés par les guerres me paraissent insupportables, et inexcusables </em>», confie-t-elle.</p>
<p>Comme elle, plusieurs milliers d’Espagnols sont descendus dans la rue samedi 12 septembre, à l&rsquo;appel de plusieurs associations, partis politiques et syndicats. Madrid, Barcelone, Murcia …  De nombreuses villes espagnoles ont résonné au cri de &laquo;&nbsp;<em style="font-weight: inherit">Nadie es ilegal&nbsp;&raquo;</em>  (Personne n&rsquo;est illégal).</p>
<p><em style="font-weight: inherit">«  Ils ont tous le droit d&rsquo;exister, la planète est à tout le monde »</em>, ajoute Gregoria pour qui la <a href="http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/09/15/hongrie-une-atmosphere-de-guerre-contre-les-migrants_4758106_3214.html">réaction de la Hongrie</a> à l&rsquo;afflux de migrants a été un électrochoc : «  <em style="font-weight: inherit">Leur permettre de traverser la Hongrie serait un minimum d&rsquo;humanité : s&rsquo;ils n&rsquo;en veulent pas, qu&rsquo;ils les laissent donc passer ! »</em>.</p>
<div id="attachment_386" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/IGP5145-2.jpg"><img class="size-large wp-image-386" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/IGP5145-2-1024x680.jpg" alt="Un &quot;concert&quot; s'est improvisé durant la manifestation, calle de Atocha. Photo Léa Sanchez pour Radio Londres" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Un &laquo;&nbsp;concert&nbsp;&raquo; s&rsquo;est improvisé durant la manifestation, calle de Atocha. Photo : Léa Sanchez pour Radio Londres</p></div>
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<p>Zineb, 21 ans, s&rsquo;indigne également de la faiblesse des mesures prises par les pays européens. Étudiante en langue et littérature à l&rsquo;Université Complutense de Madrid, elle est la coordinatrice d&rsquo;une ONG humanitaire baptisée <a href="https://www.islamic-relief.es/">Islamic Relief Madrid</a>. Pour cette espagnole d&rsquo;origine marocaine, « <em style="font-weight: inherit">les pays européens pourraient faire beaucoup plus que ce qu&rsquo;ils n&rsquo;en font ou prétendent vouloir  faire dans le futur »</em> .</p>
<p>Selon la jeune femme, s&rsquo;engager en faveur des réfugiés relève de l&rsquo;évidence : «  <em style="font-weight: inherit">Je ne peux pas accueillir de réfugiés chez moi étant donné que je vis chez mes parents, même si j&rsquo;aimerais le faire »</em>, indique-t-elle avant de se dire néanmoins, prête à assurer des cours d&rsquo;espagnol.</p>
<p>« <em style="font-weight: inherit">Le programme d&rsquo;accueil lancé en Espagne est une idée fantastique, surtout parce qu&rsquo;il y a de nombreuses personnes intéressées. Mais on devrait mieux informer les citoyens des procédures à mener pour accueillir des réfugiés</em> », ajoute-t-elle avant de rejoindre le cortège. Madrid a en effet annoncé au début du mois de septembre sa volonté de s&rsquo;associer à Barcelone pour former un « réseau de villes » afin de faciliter l&rsquo;accueil et l&rsquo;hébergement des réfugiés en Espagne.</p>
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<blockquote id="Suède"><p>« Cela faisait depuis les années 1980 qu’il n’y avait pas eu autant de monde qui s’était rassemblé à Uppsala »</p></blockquote>
<p>En Europe, même les villes plus petites se sont mobilisées. En Suède, Uppsala quatrième plus grande ville du pays a vu presque 6000 de ses 200 000 habitants défiler dans ses rues pavées. <em>« Cela faisait depuis les années 1980 qu’il n’y avait pas eu autant de monde qui s’était rassemblé à Uppsala »</em> se félicite Jeannette Escanilla co-organisatrice de l’événement Refugees Welcome – Uppsala.</p>
<p>Très vite, le mouvement prend de l’ampleur. La veille, l’événement Facebook compte deux mille participants. <em>« On a vite eu besoin d’aide pour gérer la manifestation, aujourd’hui on a plusieurs groupes de travail »</em> dit-elle en nous désignant du menton un groupe d’étudiants assis autour d’une table non loin de nous, dans un café du centre-ville.</p>
<div id="attachment_350" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/Capture-d’écran-2015-09-18-à-01.09.33.png"><img class="size-large wp-image-350" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/Capture-d’écran-2015-09-18-à-01.09.33-1024x766.png" alt="&quot;Refugees Welcome to Uppsala&quot;. Photo: Marie Zafimehy pour Radio Londres." width="920" height="688" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Refugees Welcome to Uppsala&nbsp;&raquo;. Photo: Marie Zafimehy pour Radio Londres.</p></div>
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<p>Jeannette explique qu’elle a organisé la marche le jour-même de la publication de la photo d’Aylan, petit garçon mort noyé et retrouvé sur une plage turque. <em>« Je suis allée directement à la police pour avoir le droit d’organiser la manifestation. Il me fallait une autre personne pour organiser tout ça, du coup j’ai appelé Tania »</em>.</p>
<p>Tania Chávez est assise à côté, ses longs cheveux bruns lui arrivent aux hanches. <em>« En fait, je n’ai pas eu besoin de voir la photo d’Aylan pour réagir. Je travaille dans ce domaine depuis longtemps. J’étais juste occupée avec d’autres problématiques, comme l’antiracisme. Quand Jeannette m’a dit qu’elle voulait de l’aide pour Welcome Refugees, j’ai répondu ‘bien sûr’ »</em>.</p>
<p>Elles se sont rencontrées à plusieurs manifestations et sont elles-mêmes arrivées en Suède en tant que réfugiées à la fin des années 1970. Elles fuyaient la dictature de Pinochet, au Chili. <em>« Quand je suis arrivée j’étais une enfant de trois ans mais je me rappelle de tout. Les gens étaient si gentils. C’est ce qui me force à me battre : je sais à quoi ressemble vraiment la Suède »</em>.</p>
<div id="attachment_348" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/Capture-d’écran-2015-09-18-à-01.03.19.png"><img class="wp-image-348 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/Capture-d’écran-2015-09-18-à-01.03.19-1024x768.png" alt="" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La Terre appartient à tout le monde&nbsp;&raquo; &#8211; Refugees Welcome Uppsala. Photo : Marie Zafimehy pour Radio Londres.</p></div>
<p>Le 8 septembre, jour de la manifestation, tous les partis politiques étaient présents. Tous sauf les Démocrates Suédois, le parti d’extrême-droite entré au Parlement aux élections législatives de 2010 et dont la base électorale n&rsquo;a cessé de croître depuis. <em>« Nous ne les avons pas invités</em>, explique Jeannette Escanilla,<em> depuis qu’ils sont au Parlement, le racisme s’est normalisé. Les gens n’ont plus peur d’exprimer leur haine »</em>.</p>
<p>Mais la manifestation Refugees Welcome – Uppsala, est pour Tania Chávez un signe que la Suède est toujours un pays de solidarité. <em>« Ce qui est intéressant c’est que les partis politiques sont très divisés aujourd’hui. Mais à Uppsala, ils étaient tous unis et étonnés que nous ayons pu rassembler autant de monde. Cela signifie que nous pouvons y arriver ! »</em></p>
<p>Bal de charité, concert, happenings… plusieurs événements sont déjà prévus. «<em> Pour le moment nous trions les vêtements que nous avons reçus pour les envoyer sur l’île de Lesbos, en Grèce, puis pour les envoyer dans les centres d’accueil en Suède »</em>. Prochaine étape : récolter assez d’argent pour pouvoir se rendre aux points d’arrivée des réfugiés et leur apporter une aide humanitaire concrète.</p>
<div id="attachment_344" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/IMG_3481.jpg"><img class="wp-image-344 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/IMG_3481-1024x755.jpg" alt="IMG_3481" width="920" height="678" /></a><p class="wp-caption-text">Jeannette Escanilla (gauche) et Tánia Chavez (droite) sont désormais à la tête de l&rsquo;organisation Refugees Welcome Uppsala. Photo : Marie Zafimehy pour Radio Londres.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>« Je veux défendre mon droit d’être ici »</em> résume Jeannette Escanilla, émue. Engagée en politique, elle insiste néanmoins sur le fait qu’elle a agi en tant que personne privée. Cela ne l’a pas empêchée de recevoir des menaces de mort qu’elle nous énumère avec lassitude. Tania s’appuie sur son épaule : <em>« Quand elle est touchée par des menaces, je le suis aussi. On est solidaires »</em>.</p>
<p>Elles l’assurent, elles ne céderont pas. «<em> On m’a toujours dit que j’étais suédoise et que j’étais assimilée. Mais non, je me suis adaptée. Je suis une chilienne qui vit en Suède à cause d’une terrible dictature »</em>. La politique multiculturelle suédoise a souvent été vantée, surtout lorsqu’il s’agissait de l’accueil des réfugiés. Elle est basée sur la reconnaissance des différences ethniques des immigrés &#8211; adaptation &#8211; et non sur la volonté de les fondre dans la culture suédoise &#8211; assimilation.</p>
<p>Pourtant, ce modèle est aujourd’hui remis en cause par la montée du parti des Démocrates Suédois, que Tania refuse de nommer : <em>« Si nous ne nous assimilons pas, ils ne voudront jamais de nous. Mais le reste de la Suède nous aime. Et la Suède est un pays merveilleux. »</em></p>
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<blockquote id="Mexique"><p>« Faire du Mexique un leader moral »</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>De l’autre côté de l’Atlantique, le soutien aux réfugiés a pris la forme d’une <a href="https://www.change.org/p/que-m%C3%A9xico-reciba-10-000-refugiados-de-siria-ruizmassieu-epn">pétition</a> adressée au président mexicain, Enrique Peña Nieto, et à la Secrétaire des Relations Extérieures, Claudia Ruiz Massieu. Elle appelle le gouvernement à recevoir 10 000 réfugiés syriens et, depuis sa création fin août compte déjà plus de 170 000 signatures.</p>
<p>C’est Nelson Olavarrieta, un immigré mexicain habitant à Dallas, qui est derrière ce mouvement. C’est un habitué de la cause des migrants puisqu’il aide les mexicains arrivés aux Etats-Unis à s’insérer dans le monde du travail, mais également les entrepreneurs souhaitant s’installer au Mexique. Comme il l’explique, l’humanitaire fait partie de son quotidien : <em>« Je sers comme volontaire en donnant des cours de formation civique aux réfugiés et aux immigrés qui sont en train de régler leur statut ».</em></p>
<div id="attachment_365" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/Capture-d’écran-2015-09-18-à-10.28.14.png"><img class="wp-image-365 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/Capture-d’écran-2015-09-18-à-10.28.14-1024x723.png" alt="&quot;Le Mexique doit accueillir 10 000 réfugiés syriens&quot; - La pétition a déjà recueilli plus de 170 000 signatures." width="920" height="650" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le Mexique doit accueillir 10 000 réfugiés syriens&nbsp;&raquo; &#8211; La pétition a déjà recueilli plus de 170 000 signatures.</p></div>
<p>Nelson Olavarrieta tient à souligner le rôle historique du Mexique comme pays d’accueil pour les réfugiés, notamment pendant la guerre civile espagnole. <em>« Ces personnes ont fait du Mexique leur pays et à la fois l’ont fait grandir »</em> résume-t-il. Et d’ajouter : <em>« L’économie mexicaine se trouve aujourd’hui parmi les plus avancées du monde; la numéro 15, d’après certains classements. Le pays doit assumer cette responsabilité face à la communauté internationale. »</em> La solidarité deviendrait alors, une raison de fierté nationale.</p>
<p>Parler de l’Europe est inévitable. Nelson Olavarrieta pense que le leadership de l’Union Européenne (UE) peut se trouver contesté, la réaction des 28 ayant été lente. Mais il reste confiant. <em>« Je suis certain qu’ils répondront d’une manière juste et humaine. »</em> Il rappelle que le Mexique a établi un accord de libre-échange avec l’UE. <em>« Je crois que leur partenariat peut aller au-delà des questions économiques pour toucher l’humanitaire. »</em></p>
<p>Mais cette idée est loin de faire l’unanimité. Le Mexique &#8211; un pays dont les niveaux de pauvreté et d’inégalité sont en augmentation &#8211; est-il capable d’accueillir ces personnes ? <em>« C’est vrai, le Mexique compte plusieurs millions de pauvres et on se trouve face à plusieurs défis urgents, mais travailler sur la responsabilité humanitaire est compatible. On peut le faire en même temps. »</em> Nelson Olavarrieta se montre optimiste par rapport à la place que son pays doit prendre dans le monde. <em>« On n’est pas des tacos et de la tequila ! On est un grand pays, avec une grande histoire et avec un avenir encore meilleur. On peut gérer cela et plus encore. »</em></p>
<p>En Amérique Latine, plusieurs gouvernements se sont mobilisés pour mettre en oeuvre des programmes d’accueil pour les réfugiés syriens. Malgré cela, certains incidents sont à déplorer. En Uruguay, quelques familles qui ont été accueillies en 2014 par José Mujica – ex-Président de l’Uruguay – se sont manifestées pour demander à quitter le pays. À cet événement, Nelson Olavarrieta répond : <em>« Ce qui s’est passé en Uruguay est anecdotique; il s’agit de cinq familles qui ne se sont pas adaptées à leur nouvelle situation, ce qui est difficile, sans aucun doute.<em>»</em></em></p>
<div id="attachment_367" style="width: 645px" class="wp-caption aligncenter"><a style="text-align: center;letter-spacing: 0.01rem;background-color: transparent" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/20150917_13_07_EssaHassan_Facebook.jpg"><img class="wp-image-367 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/20150917_13_07_EssaHassan_Facebook.jpg" alt="20150917_13_07_EssaHassan_Facebook" width="635" height="356" /></a><p class="wp-caption-text">Essa Hassan, premier étudiant syrien à bénéficier du projet Habesha. Photo: Facebook.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour lui, prendre ce cas comme prétexte pour ne pas agir serait une erreur. <em>« Un pays qui accueille des réfugiés doit s’assurer qu’ils soient traités comme des compatriotes. Le gouvernement fédéral doit travailler en collaboration avec les gouvernements locaux, mais aussi avec les institutions éducatives et les entreprises pour créer un programme d’urgence grâce auquel les personnes puissent s’adapter plus facilement. »</em></p>
<p>Dans le domaine de l’éducation, un projet a été conçu pour aider les jeunes syriens à s’intégrer dans des universités mexicaines pour la poursuite de leurs études, le <a href="http://www.proyectohabesha.org/english/index.html">projet Habesha</a>. <em>« J’adore ce projet,</em> se réjouit Nelson Ovarrieta<em>, j’ai fait moi-même un don. Tout le monde peut apporter un peu. »</em> Il estime que les universités mexicaines devraient aussi soutenir ces étudiants en leur attribuant des bourses.</p>
<p>Sur ce sujet, il insiste : <em>« C&rsquo;est vrai, beaucoup de jeunes mexicains n’ont pas accès à une formation. Mais je réitère, on doit continuer à travailler sur tous les défis en même temps. Il faut faire les deux choses à la fois. »</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Reportage signé Léa Sanchez à Madrid, Marie Zafimehy à Uppsala et Pamela Bazan à Mexico. </em><em>Merci à Adele Fensby pour la traduction franco-suédoise.</em></p>
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		<title>Milan, rêve éphémère de la ville globale</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jul 2015 16:21:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Robin Grassi]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
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		<category><![CDATA[exposition universelle]]></category>
		<category><![CDATA[international]]></category>
		<category><![CDATA[Milan]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>À l’heure où la France dépose sa candidature pour l’exposition universelle de 2025 et où celle de Milan a lieu jusqu’au  31 octobre 2015, voici l’occasion de revenir sur cet événement atypique et planétaire. Entre business, culture, cosmopolitisme et spectacle légèrement pompier : que deviennent les quartiers construits pour les accueillir ? Reportage à l’exposition de Milan [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l’heure où la France dépose sa candidature pour l’exposition universelle de 2025 et où celle de Milan a lieu jusqu’au  31 octobre 2015, voici l’occasion de revenir sur cet événement atypique et planétaire.</strong><br />
<strong> Entre business, culture, cosmopolitisme et spectacle légèrement pompier : que deviennent les quartiers construits pour les accueillir ? Reportage à l’exposition de Milan et tour d’horizon de lieux l’ayant accueillie.</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong><em>L’exposition universelle de Milan : événement culturel écolo ou business corrompu ?</em></strong></p>
</blockquote>
<div id="attachment_259" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><img class="wp-image-259 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/07/photo-2-2-1024x698.jpg" alt="photo 2 (2)" width="920" height="627" /><p class="wp-caption-text">VISITEURS EN MASSE DANS LE PAVILLON ITALIEN | Photo: Robin Grassi</p></div>
<p><em> </em>Arrivés en banlieue de Milan, les chantiers sont encore en route, l’exposition semble mal finie. Les trois lignes de métro prévues ne seront finalement que deux dont l’une ne sera pas finie avant la fin de l’exposition.<br />
Une longue route centrale de 1,5 km calquée sur les cités romaines vous emmène entre les pavillons de différentes nationalités, mais aussi de grandes marques. Des visiteurs du monde entier sont présents (20 millions y sont attendus), une ambiance cosmopolite règne incontestablement. En effet, il est rare, autrement qu’ici, de croiser successivement des moines bouddhistes, des hommes en keffieh et des touristes américains en tenue de safari. À cela se mêlent, restaurants et boutiques traditionnels de différents pays, on peut ainsi manger italien, mais aussi Équatorien, Tchèque ou Iranien. L’ambiance est agréable, on a l’impression de faire un tour du monde rapide et pas cher. Les énormes files d’attente devant les plus gros pavillons comme ceux du Brésil ou de la Chine contrastent avec le vide de certains plus petits comme celui de la République tchèque.</p>
<p>Le but officiel d’une expo ? <em>« L’éducation du public, la promotion du progrès et la coopération internationale » </em>affirme le Bureau international des expositions (BIE). Mark, un Suédois de 24 ans est venu faire cette « expérience, car il est de plus en plus rare que ce genre d’événements ne soient qu’à quelques heures d’avion ». Des Chinois, Indiens, Américains, profitent de leur tour d’Europe estival pour passer une journée dans cet endroit étrange. « C’était impensable de venir en Italie sans y passer », estime Lucas, un Californien de 20 ans. En fait, la plupart des visiteurs viennent pour être là ,tout simplement. Ils n’ont pas  d’attentes particulières. L’aura de l’événement international ayant sortie de terre la Tour Eiffel suffit à donner l’envie d’y aller.<br />
C’est avant tout un énorme business. À peine le chantier commencé et des scandales de corruptions dans l’attribution des marchés ont surgi. Les retards s’accumulent, et les opposants appelés les « No Expos » se font entendre dans toute l’Italie. Ils reprochent principalement le coût exorbitant, en temps de crise (3,2 milliards) de l’événement et la promotion faites à des multinationales peu soucieuses de l’environnement telles que Coca-cola ou McDonald.</p>
<div id="attachment_260" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/07/photo-1-2.jpg"><img class="size-large wp-image-260" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/07/photo-1-2-1024x680.jpg" alt="IMPOSANT PAVILLON ALLEMAND | Photo: Robin Grassi" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">IMPOSANT PAVILLON ALLEMAND | Photo: Robin Grassi</p></div>
<blockquote><p><strong><em>Une propagande culturelle</em></strong></p></blockquote>
<p>Le thème ? <em>« Nourrir la planète, énergie pour la vie ».</em> Le principe est de se concentrer sur un thème à caractère universel susceptible d’intéresser toutes les cultures de la planète. On pourrait donc s’attendre à des pavillons évoquant la culture durable et écologique pour pouvoir nourrir l’humanité face au défi de l‘explosion démographique. Malheureusement, ce n’est pas le cas. De grands pays manquent à l’appel comme l’Inde ou le Canada. Ensuite, la plupart des pavillons évoquent plus l’URSS stalinienne que la Cité des sciences. La plupart des pays ne font qu’étaler une propagande promouvant leur politique agricole et leurs traditions. De la Thaïlande, qui oblige à regarder un film sur les miracles agricoles du roi en train de planter des graines, à la France qui met en valeur du camembert et du vin tout en expliquant que le régime alimentaire français est le meilleur du monde, tous se vantent de leurs acquis. Ludivine, venu de France pour l’exposition trouve le pavillon Français « très beau, mais peu compréhensible ». Pour une exposition censée montrer les évolutions technologiques, c’est dommage, car l’on n’apprend rien sur les techniques agricoles du futur. En revanche, sur les pratiques traditionnelles qui n’ont rien d’innovant comme faire pousser du riz en rizière ou faire du vin avec du raisin, on devient incollable. Ce n’est pas le camembert qui va sauver la planète de la faim.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_251" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/07/EXPO-PAVILLON-FRANCE.jpg"><img class="wp-image-251 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/07/EXPO-PAVILLON-FRANCE-1024x680.jpg" alt="" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">ENTRE VINS ET FROMAGES AU PAVILLON FRANÇAIS |  Photo: Robin Grassi</p></div>
<p>Il y a tout de même des pays qui se distinguent. La Colombie explique avec pédagogie les spécificités de son territoire agricole qui comporte toute l’année les quatre saisons à différents endroits. La Corée du Sud expose un pavillon ultra moderne vantant la robotisation et certains comme le pavillon belge exposent des techniques d’agriculture hors sol, c’est-à-dire l’agriculture du futur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_252" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/07/DSC_0840.jpg"><img class="wp-image-252 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/07/DSC_0840-1024x680.jpg" alt="DSC_0840" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">PAVILLON DE LA BELGIQUE, AGRICULTURE HORS SOL | Photo: Robin Grassi</p></div>
<p>Quant à l’architecture, un autre point d’intérêt de ces expositions, il y a de tout, du pavillon énorme et bling-bling du Qatar ou grand pavillon tropical du Brésil au simple stand de rhum de Cuba. La disposition des pavillons, alignés de chaque côté de la route principale évoque un parc d’attractions et donne un aspect superficiel à l’ensemble. Le temps des expositions universelles en cœur de ville, amenant agitation et émerveillement pour ses habitants, avec ses monuments comme le grand palais parisien est révolu. Une ambiance surfaite règne. Il y a bien quelques pavillons impressionnants et très réussis comme l’extérieur en bois du pavillon français, ou encore une forêt suspendue pour le pavillon vietnamien. Des prouesses architecturales et esthétiques sont bien présentes à Milan.<br />
Pour l’animation, un spectacle de la compagnie Montréalaise le  <em>Cirque du Soleil</em> est présenté tous les soirs, mais le héros de l’expo est le « Three of life » une tour en forme d’arbre futuriste symbolisant les énergie durables. Chaque heure, un spectacle de son et lumière pompier est organisé dans cette fontaine « arbre de vie » sensée être le symbole de l’exposition. Cette tour a d’ailleurs dû être moins haute que prévu faute de budget.</p>
<div id="attachment_250" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><img class="wp-image-250 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/07/photo-2-1024x754.jpg" alt="photo (2)" width="920" height="677" /><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;THE THREE OF LIFE&nbsp;&raquo;, SYMBOLE DE L&rsquo; EXPOSITION ITALIENNE |  Photo: Robin Grassi</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>D’ailleurs, l’exposition se veut écologique en insistant sur les matériaux et techniques durables, mais la présence de pavillon Coca Cola et McDonald ou encore celui des « entreprises de Chine » laisse penser que le business prime sur l’apport techno-agricole des pays. Du reste, on a du mal à imaginer ce que ce quartier de la banlieue de Milan va bien pouvoir devenir par la suite.</p>
<div id="attachment_253" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><img class="wp-image-253 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/07/DSC_0134-1024x680.jpg" alt="DSC_0134" width="920" height="611" /><p class="wp-caption-text">PAVILLON DU QATAR | Photo: Robin Grassi</p></div>
<blockquote><p><strong><em>Des quartiers inégalement réintégrés à la vie urbaine</em></strong></p></blockquote>
<p>Les quartiers ne sont pas toujours pensés pour être conservés, et lorsque c’est le cas, ce n’est pas toujours réussi. Le BIE est censé s’occuper de l’après-expo, pourtant l’héritage n’est pas toujours positif. À Milan, on y a réfléchi avant même que l’exposition n’ait commencé, ainsi, la plupart des pavillons seront détruits à l’exception de celui de l’Italie (le plus grand) et des constructions de décors ou jardins. En revanche, si des projets circulent tels qu’un pôle universitaire ou un centre de loisirs son avenir n’est pas encore fixé . Pourtant l’après-expo est tout aussi important — voir plus — que l’expo en elle-même pour les retombées financières, et le rayonnement culturel de la ville. D’ailleurs, la France va vendre aux enchères son majestueux pavillon de bois.</p>
<p>À Séville par exemple, le quartier de l’expo de 1992 est devenu un vaste no man’s land dans lequel de grands pavillons vides côtoient des rues vides. Le quartier entièrement mort prend une place importante de la ville sans n’avoir aucune utilité. Les vestiges du logo « Séville 92 » qui traîne sur les plaques d’égout et les poubelles sont les seuls éléments qui rappellent le passé glorieux de cet espace. Ainsi, l’investissement qui doit être un moyen de développement de la ville et une chance pour le pays se transforme en un vaste boulet urbanistique.Certes, une activité économique s’y développe avec des pavillons transformés en bureau et contribue ainsi au PIB de la ville, mais l’espace est désert et est loin d’être un lieu de prestige qui mettrait en avant l’héritage technique de l’organisation sévillane.</p>
<div id="attachment_254" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><img class="wp-image-254 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/07/DSC0728-1024x683.jpg" alt="_DSC0728" width="920" height="614" /><p class="wp-caption-text">RESTE  GLORIEUX DU SITE | Photo: Robin Grassi</p></div>
<p>Au contraire, Lisbonne qui a organisé une exposition internationale en 1998 l’ a pensé de manière à créer un nouveau quartier intégré à la ville plutôt qu’un îlot éloigné. Du coup, le quartier qui était boudé par les classes moyennes à cause de sa mauvaise réputation sécuritaire en accueille de plus en plus, il fait partie des hauts lieux touristiques de la ville. Des pavillons se sont transformés en lieu de conférence, aquarium ou salles de spectacles.Sa position sur le bord du Tage a permis la construction du pont Vasco de Gama, l’un des plus longs du monde. Cet ensemble a créer un environnement agréable à la vie de tous les jours ainsi qu’à la promenade touristique.</p>
<p>Montréal est aussi un exemple atypique. Accueillant l’expo universelle de 1967, sur des îles (Notre Dame et St Hélène) en son centre, elle a réussi à mixer à la fois la centralité et la périphérie. Des aménagements de jardin ont été conservés ainsi que le pavillon américain qui est devenu la biosphère de Montréal. En revanche, le lieu a longtemps été à l’écart du tissu urbain montréalais alors même qu’il en est au cœur. Mais après de longues années, ces îles accueillant musées, festivals ou encore grand prix de formule 1, sont devenues un lieu central de la vie montréalaise.</p>
<div id="attachment_255" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><img class="wp-image-255 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/07/DSC_0330-1024x680.jpg" alt="DSC_0330" width="920" height="611" /><p class="wp-caption-text">ANCIEN PAVILLON AMÉRICAIN DE MONTRÉAL | Photo: Robin Grassi</p></div>
<p>Ainsi l’héritage de l’expo est compliqué entre les dettes énormes de Hanovre et la difficulté de réinsertion au tissu urbain de Séville ou Montréal. En revanche, cela permet toujours en quelques années de construire des infrastructures et de développer une ville en un temps dix fois moins long. Ainsi, Séville a eu la première ligne grande vitesse d’Espagne, un aéroport a été rénové en Chine, des lignes de métro ont vu le jour comme à Shanghai en 2010 où deux lignes ont été crée comme à Milan. De plus, les quartiers du centre bénéficient d’une rénovation systématique. Les buts éducatifs et culturels sont très peu réussis, mais le développement des villes et l’esprit cosmopolite sont incontestables.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L&#8217;Aquila : six ans après</title>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2015 15:59:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Martin Coppard]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[abruzzes]]></category>
		<category><![CDATA[après]]></category>
		<category><![CDATA[aquila]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>IL BEL PAESE Remontons le temps ensemble, de six ans précisément. Dans la nuit du 6 avril 2009. L’Italie s’est endormie sur ses deux oreilles, chacun a la conscience tranquille, bref, la botte italienne est bien dans ses baskets. Mais personne ne se doute que la ville de L’Aquila, dans la région montagneuse des Abruzzes au centre de [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>IL BEL PAESE</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">Remontons le temps ensemble, de six ans précisément. Dans la nuit du 6 avril 2009. L’Italie s’est endormie sur ses deux oreilles, chacun a la conscience tranquille, bref, la botte italienne est bien dans ses baskets. Mais personne ne se doute que la ville de L’Aquila, dans la région montagneuse des Abruzzes au centre de l’Italie, est sur le point de subir le plus grave tremblement de terre du pays depuis celui d’Irpinia en 1980. Il est très exactement 3h32, heure locale, lorsque le sol commence à trembler.</p>
<p style="text-align: left;">Un séisme qui coûtera leur vie à 308 personnes et qui en démunira plus de 30 000. Un bilan tristement lourd, sans évoquer les dégâts matériels ainsi que le véritable parcours moral que les survivants doivent affronter encore aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: left;">Radio Londres vous propose de découvrir une ville dont le centre historique est devenu fantôme, vidé de toute vie et où les murmures résonnent. Une ville atteinte des mêmes symptômes que les pays en guerre : l’exode et les bombardements. En fin de compte, les conséquences de cette catastrophe naturelle y sont similaires et toutes aussi difficiles.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>È STATO TERRIBILE</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">Quand on habite L’Aquila ou ses alentours, on est au courant que la région est sujette à d’occasionnels troubles sismiques. Au fil des siècles, la ville de l’aigle et de l’eau implantée au coeur des Abruzzes, une région montagneuse et rurale du centre de l’Italie, a connu une multitude de séismes. Certains ont été doux, inoffensifs, parfois même à la limite du réel mouvement ou secousse, tandis que d’autres ont été destructeurs et tragiquement meurtriers.</p>
<p style="text-align: left;">C’est le cas de celui de 2009, que tous les Italiens ont encore en tête. Survenu au milieu de la nuit du 6 avril, il y a tout juste six ans, le dernier tremblement de terre survenu à L’Aquila n’a pas été anticipé. S’ils sont nombreux à y avoir survécu, d’autres ont été moins chanceux. On compte 308 personnes ayant perdu la vie cette nuit là, parmi eux des Italiens bien sûr, mais pas que. Des Roumains, Macédoniens, Tchèques, Palestiniens, Grecs, Argentins, Israéliens et Ukrainiens sont aussi à déplorer, ainsi qu’un Français. Au lever du jour, 25 000 personnes se retrouvent sans abris selon les premières estimations, et sont contraintes de quitter la région. Les lignes téléphoniques sont HS, les coupures d’électricité incessantes. Les <em>Aquilani</em> viennent de subir ce qui semble être l’un des pires tremblements de terre de leur histoire.</p>
<p style="text-align: left;">La nuit du drame, les autoroutes reliant L’Aquila au reste du pays n’ont pas été épargnées par le tremblement : la majeure partie des axes principaux ont été endommagés et se retrouvent impraticables. Les secours appelés en renforts sont donc contraints d’emprunter les routes de campagne sinueuses, contraignants leurs collègues locaux, surchargés, à tenir plusieurs heures sans aide supplémentaire. Aujourd’hui les routes sont à nouveau empruntables, mais la ville en elle-même est encore loin de se relever. Lorsque l’on entre dans l’agglomération de L’Aquila, tout paraît normal, mais il suffit d’ouvrir l’oeil pour remarquer, en quelques instants, que le paysage est en quasi-totalité dénaturalisé et recomposé de chantiers inachevés.</p>
<div id="attachment_193" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-1.jpg"><img class="wp-image-193 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-1-1024x680.jpg" alt="photo 1" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<p>En quelques minutes seulement, en s’enfonçant un peu plus dans la ville, le constat est bouleversant. Les immeubles se confondent parmi les grues et les échafaudages.</p>
<div id="attachment_194" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-2.jpg"><img class="wp-image-194 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-2-1024x680.jpg" alt="photo 2" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Panorama &#8211; L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<p style="text-align: left;">Entre les reconstructions et quelques terrains vagues qui remplacent des bâtiments démolis car jugés trop instables, on peut aussi être confronté à des immeubles qui laisseraient presque croire à des scènes de guerre, théâtres de combats et de destruction. Bien qu’ici personne n’ait demandé quoi que ce soit, la nature, elle, n’a rien voulu savoir. Cette ville n’a pas connu de bombardements, seulement des secousses sismiques.</p>
<div id="attachment_195" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-3.jpg"><img class="wp-image-195 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-3-1024x680.jpg" alt="photo 3" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<div id="attachment_196" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-4.jpg"><img class="wp-image-196 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-4-1024x680.jpg" alt="photo 4" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>MI MANCANO I MILITARI</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">Après les événements, le centre de L’Aquila a été fermé au public et sous contrôle militaire. Même si, plus tard, les riverains ont été autorisés à repasser chez eux pour récupérer des affaires (le nécessaire), la visite de leur domicile post-séisme n’a pu se faire qu’en présence des pompiers, pour d’évidentes raisons de sécurité. Aujourd’hui le centre ville est vide, ou presque. Dans les artères, on croise facilement des locaux qui se promènent le long des grandes rues, qui repeuplent la célèbre place du marché ou qui se détendent à la terrasse des rares cafés qui ont tenu le coup. Mais dans les veines, c’est autre chose. Les rues sont désertes, et d’un calme quelque peu perturbant.</p>
<div id="attachment_197" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-4-5.jpg"><img class="wp-image-197 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-4-5-1024x680.jpg" alt="photo 4-5" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<p style="text-align: left;">Afin de maintenir les bâtiments endommagés et potentiellement instables, les pompiers ont installé un peu partout des sortes de fixations métalliques reprenant leur forme originelle.</p>
<div id="attachment_198" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-5.jpg"><img class="wp-image-198 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-5-1024x680.jpg" alt="photo 5" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<div id="attachment_209" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-6.jpg"><img class="wp-image-209 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-6-1024x680.jpg" alt="photo 6" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<p style="text-align: left;">En périphérie, là où il est possible de démolir et de reconstruire, des systèmes de compensation de poids ont été installés sur les bâtiments neufs pour éviter que ceux-là ne soient trop abimés au cas où un nouveau séisme surviendrait.</p>
<div id="attachment_211" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-7.jpg"><img class="wp-image-211 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-7-1024x680.jpg" alt="photo 7" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<p style="text-align: left;">Dans le centre historique de la ville, les rues sont parfois trop étroites à cause des barrières ou des bâches de sécurité, alors seuls les piétons peuvent y circuler. Même si la couleur est encore présente dans de nombreuses rues, la poussière et les décombres lui font concurrence.</p>
<div id="attachment_212" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-8.jpg"><img class="wp-image-212 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-8-1024x680.jpg" alt="photo 8" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<div id="attachment_213" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-9.jpg"><img class="wp-image-213 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-9-1024x680.jpg" alt="photo 9" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<p style="text-align: left;">Malgré les importantes pertes humaines, matérielles et financières, les locaux ont su garder l’esprit de solidarité pendant et après la venue de l’armée, déployée dans la ville pour sécuriser et surveiller les quartiers dangereux, fermés aux passants comme aux riverains. La présence marquée des secours a été saluée partout dans la ville, par des hommages en graffitis comme par la signature de chaque compagnie de pompiers venus de toute l’Italie.</p>
<div id="attachment_215" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-9-10.jpg"><img class="wp-image-215 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-9-10-1024x680.jpg" alt="photo 9-10" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les militaires me manquent&nbsp;&raquo; &#8211; L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<div id="attachment_216" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-9-10--suite.jpg"><img class="wp-image-216 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-9-10--suite-1024x680.jpg" alt="photo 9-10  suite" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Vigili del fuoco d&rsquo;Aosta &#8211; L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<p style="text-align: left;">Peu de temps après le départ de l’armée, de très nombreux bâtiments ont été honteusement pillés, et certains transformés en squats. En effet, la nuit du séisme, tout le monde a du évacuer le centre ville en emportant le strict nécessaire et en laissant presque tout derrière soit. Afin de stopper ce triste phénomène, bien que de nombreux lieux soient encore inaccessibles, les autorités ont cadenassé les portes de la quasi totalité des bâtiments du centre, un quartier où la vie s’est arrêtée du jour au lendemain…</p>
<div id="attachment_217" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-9-10--2.jpg"><img class="wp-image-217 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-9-10--2-1024x680.jpg" alt="photo 9-10  2" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<div id="attachment_218" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-9-10--3.jpg"><img class="wp-image-218 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-9-10--3-1024x680.jpg" alt="photo 9-10  3" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Zone rouge&nbsp;&raquo; &#8211; L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>LA NUOVA POMPEI</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">S’avancer dans les petites rues du centre ville, c’est découvrir un autre univers. Mettre les pieds là où des gens comme nous y ont laissé la vie, et où d’autres ont tout perdu. Le silence témoigne de l’horreur passée. Dans les quartiers du centre, une minorité de personnes a choisi de revenir. La plupart ont refait leur vie, ailleurs en Italie, d’autres ont simplement trop peur de revivre un jour ce qu’ils ont subi la nuit du 6 avril 2009.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;">&laquo;&nbsp;Depuis le tremblement de terre, je n’ai jamais voulu retourner à la maison. Simone [son épouse] y est allée, mais moi non, je ne veux pas. Je ne veux pas voir ce que la ville où j’ai toujours vécu est devenue.&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: right;"><em>(Augusto, 90 ans, relogé après le séisme)</em></p>
<p style="text-align: left;">On peut comprendre qu’il soit difficile de revenir vivre dans un quartier où l’immeuble d’en face est en ruines et où tous les commerces ont été déplacés dans la périphérie, au même titres que les écoles et les hôpitaux.</p>
<div id="attachment_219" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-10.jpg"><img class="wp-image-219 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-10-1024x680.jpg" alt="photo 10" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">École maternelle &#8211; L&rsquo;AQUILA | Photo : Martin Coppard &#8211; Radio Londres</p></div>
<blockquote>
<p style="text-align: left;">&laquo;&nbsp;J’étais ici à l’école, à l’époque. Tout à été déplacé, maintenant il n’y a plus rien.&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: right;">me dit Danilo. S&rsquo;en suit un long silence d&rsquo;émotion&#8230;</p>
<div id="attachment_220" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-11.jpg"><img class="wp-image-220 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-11-1024x680.jpg" alt="photo 11" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L’AQUILA | Photo : Martin Coppard – Radio Londres</p></div>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>RICOSTRUZIONE DEL TRICOLORE</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">Au lendemain du séisme, Silvio Berlusconi, alors Président du Conseil, déclare que l’Italie saura s’en sortir par elle-même bien que plus de 30 pays aient proposé leur aide. Effectivement, la venue de secouristes étrangers aurait causé des problèmes d’organisation, ce que le gouvernement italien a préféré éviter. En revanche, Silvio Berlusconi a assuré qu’aucune aide financière ne serait refusée, et ce afin de restaurer les nombreux monuments historiques endommagés lors du tremblement &#8211; rappelons que l’Italie représente le premier patrimoine artistique au monde.</p>
<div id="attachment_221" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-11-12.jpg"><img class="wp-image-221 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-11-12-1024x680.jpg" alt="photo 11-12" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Centro &#8211; L’AQUILA | Photo : Martin Coppard – Radio Londres</p></div>
<p style="text-align: left;">De nombreux pays apporteront donc une contribution financière à la reconstruction de la ville. Les Etats-Unis par exemple ont débloqué une aide d’urgence de 50 000 $, la Russie a entièrement financé la restauration du <em>Palazzo Ardinghelli</em> pour un total de 8 millions d’euros, et l’Espagne a accepté le financement de la restauration du <em>Forte Spagnolo</em>, un fort dressé sur par l’occupant espagnol sur les hauteurs de la ville lors de la Renaissance. Pour ce qui est de la France, le Gouvernement a accepté de financer la reconstruction de l’église <em>Santa Maria del Suffragio</em>.</p>
<div id="attachment_222" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-12.jpg"><img class="wp-image-222 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-12-1024x680.jpg" alt="photo 12" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Chiesa Santa Maria del Suffragio &#8211; L’AQUILA | Photo : Martin Coppard – Radio Londres</p></div>
<p style="text-align: left;">Selon les officiels, il faudra une vingtaine d’années pour reconstruire L’Aquila. Mais l’estimation est loin d’être la même pour les locaux, qui affirment que pas moins de 60 ans seront nécessaire à la remise à neuf complète de la ville. Et ce pour une raison simple : pas passez d’argent.<br />
Chaque année depuis 2009, un budget spécifique est consacré aux travaux de restauration de la ville. Et chaque année, le budget est trop faible. Quand les fonds sont versés les travaux reprennent, et quand on ne peut plus payer les entreprises et les ouvriers, les chantiers sont désertés. L’Aquila se retrouve donc otage d’un paysage jonché de grues, de bâches et de grilles qui masquent l’horizon enneigé des montagnes qui l’encerclent.</p>
<div id="attachment_223" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-13.jpg"><img class="wp-image-223 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-13-1024x680.jpg" alt="photo 13" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Vista sulla montagna &#8211; L’AQUILA | Photo : Martin Coppard – Radio Londres</p></div>
<div id="attachment_224" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-14.jpg"><img class="wp-image-224 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-14-1024x680.jpg" alt="photo 14" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L’AQUILA | Photo : Martin Coppard – Radio Londres</p></div>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>LA VITA È BELLA</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">Aujourd’hui la vie reprend, à petit feu. De nombreux édifices sont à moitié debout, beaucoup d’immeubles sont vides et le silence a reprit ses droits. Le centre historique de la ville est déserté, presque vide de toute vie.<br />
Il est difficile de se mettre dans la peau de ceux qui étaient là lorsque le sol se mit à trembler, que les pierres sont tombées et que tous ont crié. Mais se rendre dans ce même endroit, marcher dans ces rues si silencieuses vous fera ressentir une étrange sensation : une émotion toute particulière, mélange de panique et de démesure. Bien que la reconstruction sera longue, que beaucoup sont partis dans d’autres villes, ou hélas dans d’autres cieux, les Italiens n’oublieront jamais cette nuit du 6 avril 2009. Mais il faut bien que la vie continue. Et ici comme ailleurs, on tourne la page pour rendre L’Aquila plus forte qu’elle ne l’était.</p>
<div id="attachment_225" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-15.jpg"><img class="wp-image-225 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/photo-15-1024x680.jpg" alt="photo 15" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;uomo con il violino &#8211; L’AQUILA | Photo : Martin Coppard – Radio Londres</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://radio-londres.fr/"><img class=" size-medium wp-image-235 aligncenter" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/05/RLMai2015-1-300x123-300x123.png" alt="" width="300" height="123" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://radio-londres.fr">http://radio-londres.fr</a></p>
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