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	<title>Radio Londres</title>
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	<description>Un coup de jeune sur l&#039;info</description>
	<lastBuildDate>Sun, 03 Sep 2017 09:35:56 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Brasses artistiques à Roubaix</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Sep 2017 15:38:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Matthieu Slisse]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[musée]]></category>
		<category><![CDATA[Peintures]]></category>
		<category><![CDATA[Piscine de Roubaix]]></category>
		<category><![CDATA[Roubaix]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; Radio Londres a fait escale pour vous à Roubaix, dans une piscine pas comme les autres. &#160; Plus de trois millions de visiteurs l&#8217;ont sillonné depuis son ouverture en 2001, et à peine la première cabine de douche traversée, on ne peut que comprendre ce succès. Si, parfois, les musées — avec leurs [&#8230;]</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">Radio Londres a fait escale pour vous à Roubaix, dans une piscine pas comme les autres.</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><span id="more-1257"></span></span></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Plus de trois millions de visiteurs l&rsquo;ont sillonné depuis son ouverture en 2001, et à peine la première cabine de douche traversée, on ne peut que comprendre ce succès.</span></p>
<div id="attachment_1280" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><img class="wp-image-1280 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_141532_HDR-1024x576.jpg" alt="20170829_141532_HDR" width="920" height="518" /><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Difficile de rester de marbre devant ce cadre d&rsquo;exposition tout simplement unique</span></p></div>
<p><span style="color: #000000;">Si, parfois, les musées — avec leurs interminables enfilades de salles toutes plus blanches les unes que les autres — peuvent vite devenir ennuyeux, le musée d&rsquo;art et d&rsquo;industrie André Diligent de Roubaix, bien au contraire, ne parvient pas à lasser. Le charme de l&rsquo;établissement ne laisse pas insensible, et c&rsquo;est le coeur réjoui que l&rsquo;on chemine à travers cette piscine qui se targuait d&rsquo;être — jusqu&rsquo;à sa fermeture en 1985 pour des raisons de sécurité alors que le chlore commençait dangereusement à grignoter la voûte — <em>&laquo;&nbsp;la plus belle de France&nbsp;&raquo;</em>.</span></p>
<blockquote><p><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;Quelques-uns sont déjà tombés en pensant que ce n&rsquo;était pas de la vraie eau&nbsp;&raquo;</span></p></blockquote>
<p><span style="color: #000000;">C&rsquo;est ce que nous confie la responsable de la communication Marine Charbonneau. Il est vrai que le cadre a de quoi surprendre, comme si c&rsquo;était trop beau pour être tout à fait réel. Ici, l&rsquo;ambiance est incomparable, presque magique, comme suspendue dans le temps. Deux rangées de statues échangent leurs reflets à l&rsquo;endroit même où, il y a plus de 60 ans, des centaines de Roubaisiens et de Roubaisiennes apprenaient à nager. De part et d&rsquo;autres du bassin, des expositions zigzaguent entre les anciennes cabines de douches. Et avec le bruit de l&rsquo;eau et les rayons du soleil fardant sa surface, l&rsquo;environnement donne envie de prendre le temps de tout admirer. Des créations de Jean-Paul Gauthier et d’Yves Saint Laurent aux sculptures de Camille Claudel et de François Pompon, le long du bassin ou bien le long du solarium, il ne faudra pas en manquer une seule goutte.</span></p>
<div id="attachment_1265" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><img class="wp-image-1265 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_144012-1024x576.jpg" alt="20170829_144012" width="920" height="518" /><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Le Grand Cerf de François Pompon se tient fièrement devant l&rsquo;entrée des anciennes baignoires</span></p></div>
<p><span style="color: #000000;">L&rsquo;effort a été fait de conserver au maximum l&rsquo;esprit du lieu, c&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on découvre un peu plus loin derrière ces deux portes (sur la photo ci-dessus), une baignoire individuelle. Souvenir d&rsquo;une époque où la vie à Roubaix  — encore capitale mondiale du textile — est particulièrement insalubre. Les ouvriers bénéficiaient ici d&rsquo;un lieu de repos bien mérité après de longues heures de dur labeur. Au deuxième balcon, les cabines de douches pour les groupes abritent désormais robes, bijoux et tissus en tout genre, le tout pour ne surtout pas oublier l&rsquo;âge d&rsquo;or de la ville.</span></p>
<div id="attachment_1271" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000;" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_143820_HDR.jpg"><img class="wp-image-1271 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_143820_HDR-1024x576.jpg" alt="20170829_143820_HDR" width="920" height="518" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">La cour intérieure, cadre idyllique pour une petite pause</span></p></div>
<p><span style="color: #000000;">Aujourd&rsquo;hui, quand les yeux sont trop pleins de marbre et de couleurs, la pause on peut la prendre en terrasse. Ou bien à l&rsquo;intérieur sur les tables du restaurant, quand le temps se fait capricieux. Et toujours avec une gaufre Méert, les préférées du général de Gaulle (et on comprend pourquoi).</span></p>
<div id="attachment_1269" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000;" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_143059.jpg"><img class="wp-image-1269 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_143059-1024x576.jpg" alt="20170829_143059" width="920" height="518" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Les Cygnes, Marius Avy</span></p></div>
<p><span style="color: #000000;">Ici, les rétines seront loin d&rsquo;être ménagées, tant chaque oeuvre mérite d&rsquo;être appréciée, observée patiemment. Tout ne peut pas plaire mais rien ne détonne. Les artistes présentés ne comptent pas tous parmi les plus célèbres, mais la découverte est d&rsquo;autant plus belle. La part belle est faite aux peintures réalistes, parfois aussi fidèles que des photos. C&rsquo;est avant tout la cohérence des salles qui impressionne : à La Piscine, chaque oeuvre semble vivre pour les autres, comme si elle résonnait avec son environnement, en parfaite harmonie. C&rsquo;est ainsi que se mêlent baigneuses et cyclistes, bustes et cygnes un soir d&rsquo;été. Particulièrement lumineuses, les salles se jouent des ombres et des reflets, et le musée semble se métamorphoser à chaque instant.</span></p>
<div id="attachment_1388" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000;" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_144721-1.jpg"><img class="wp-image-1388 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_144721-1-931x1024.jpg" alt="20170829_144721-1" width="920" height="1012" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">La Petite Châtelaine, Camille Claudel</span></p></div>
<p><span style="color: #000000;">A Roubaix, on peut tout de même admirer des oeuvres majeures. Notamment La Petite Châtelaine, une sculpture de celle qui, longtemps, n&rsquo;exista qu&rsquo;à travers sa relation avec Rodin, Camille Claudel. Cette sculpture, acquise avant même l&rsquo;ouverture du musée aux dépends du musée d&rsquo;Orsay tient une place particulière dans le coeur des Roubaisiens puisque ce sont eux qui financèrent massivement son achat en déposant en nombre des chèques à l&rsquo;hôtel de ville. L&rsquo;oeuvre est si précise que l&rsquo;on en oublierait qu&rsquo;elle est faite de marbre ; et les cheveux flottent si harmonieusement qu&rsquo;il semble qu&rsquo;à tout moment, ils pourraient s&rsquo;animer. Là encore, c&rsquo;est la salle dans son ensemble qui est à apprécier. Le petit garçon au chapeau a l&rsquo;air de regarder La Petite Châtelaine, comme si l&rsquo;immobilité n&rsquo;était qu&rsquo;un état transitoire d&rsquo;embellie avant que le mouvement ne reprenne.</span></p>
<div id="attachment_1279" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000;" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_145929.jpg"><img class="wp-image-1279 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_145929-1024x576.jpg" alt="20170829_145929" width="920" height="518" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Un groupe d&rsquo;enfants dessine sous les conseils avisés d&rsquo;un animateur</span></p></div>
<p><span style="color: #000000;">Ici, les jeunes — qui représentent un quart des 200 000 visiteurs annuels du musée — peuvent appréhender l&rsquo;art par eux-mêmes. Grâce aux nombreux ateliers culturels, on apprend à regarder, papier et crayon à la main. Dans plusieurs salles, des malles renferment des jeux pour interagir avec les oeuvres. Ainsi, peut-être que certains se découvriront eux aussi une âme d&rsquo;artiste.</span></p>
<div id="attachment_1277" style="width: 865px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000;" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_145355-1.jpg"><img class="wp-image-1277 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_145355-1-855x1024.jpg" alt="20170829_145355-1" width="855" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Une jeune fille observe à travers le trou d&rsquo;une serrure les détails des tableaux de la salle</span></p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Après des débuts plus que réussis, La Piscine veut voir plus grand et fermera ses portes d&rsquo;avril à octobre afin de réaliser des travaux d&rsquo;aggrandissement qui offriront 2000 m<sup>2</sup> supplémentaires d&rsquo;espace d&rsquo;exposition. On retrouvera notamment une nouvelle galerie pour les sculptures, une reconstitution à l&rsquo;identique de l&rsquo;atelier du sculpteur français Henri Bouchard ainsi qu&rsquo;une aile entièrement consacrée à l&rsquo;histoire de Roubaix expressément dimensionnée pour accueillir une oeuvre de 6 mètres par 13 présentant l&rsquo;inauguration de l&rsquo;Hôtel de ville.</span></p>
<div id="attachment_1258" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><img class="wp-image-1258 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170829_155250-1-1024x775.jpg" alt="20170829_155250-1" width="920" height="696" /><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L&rsquo;hôtel de ville de Roubaix</span></p></div>
<p><strong><span style="color: #000000;">Alors que des bruits d&rsquo;époques, cris d&rsquo;enfants et éclaboussures, résonnent dans les haut-parleurs, c&rsquo;est apaisé, rafraîchi et ravi que l&rsquo;on quitte les lieux. Une visite que l&rsquo;on ne peut que vous recommander.</span></strong></p>
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		<title>Au cœur du tie-break</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Aug 2017 01:12:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Clément Zagnoni]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[monde]]></category>
		<category><![CDATA[tie-break]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; &#171;&#160;6-6. Tie-break&#160;&#187;. Au son de ces deux phrases familières, les amateurs de la petite balle jaune ne s&#8217;y tromperont pas. Qu&#8217;ils soient joueurs ou simples consommateurs, ils ont tous été confrontés, au moins une fois, à la dramaturgie d&#8217;un jeu décisif. Le match dans le match. Le rendez-vous à ne pas manquer. Je vous [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000">&laquo;&nbsp;6-6. Tie-break&nbsp;&raquo;. Au son de ces deux phrases familières, les amateurs de la petite balle jaune ne s&rsquo;y tromperont pas. Qu&rsquo;ils soient joueurs ou simples consommateurs, ils ont tous été confrontés, au moins une fois, à la dramaturgie d&rsquo;un jeu décisif. Le match dans le match. Le rendez-vous à ne pas manquer. Je vous propose une immersion dans les tréfonds de cette entité singulière, fantasmée et méconnue, qui fêtera prochainement ses 50 ans d&rsquo;existence. Bienvenue dans le monde impitoyable du tie-break.</span></strong></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000"><span style="color: #000000">Un peu d&rsquo;histoire</span></span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">Si, aujourd&rsquo;hui, le tie-break s&rsquo;est imposé comme une évidence dans le tennis, il n&rsquo;en reste pas moins que sa création fut fastidieuse. Après tout, on le sait, mettre en place de nouvelles règles dans un sport n&rsquo;est pas chose aisée, en témoignent les débats houleux qui ont accompagné les différentes innovations footballistiques de ces dernières années. Une question de mœurs, bien sûr, même si à la fin, ce sont toujours les instances qui décident. À ce petit jeu-là, d&rsquo;ailleurs, les joueurs de tennis pourront peut-être se targuer — au contraire de leurs homologues du ballon rond — d&rsquo;être davantage considérés par leur fédération internationale ; encore que, c&rsquo;est un autre débat.</span></p>
<p><span style="color: #000000">En réalité, la mise en place du tout premier tie-break au début des années 1970 répond à un besoin essentiel pour l&rsquo;évolution du tennis : raccourcir les sets, parfois (souvent?) interminables. Jusqu&rsquo;alors, pour remporter un set, il fallait nécessairement gagner 2 jeux de plus que son adversaire. Il n&rsquo;était donc pas rare de voir des sets s&rsquo;achever au-delà de 10 jeux partout, et pis encore. Ajoutez à cela qu&rsquo;à l&rsquo;époque, une majorité de matchs se disputaient en 3 sets gagnants, et vous obtiendrez un constat alarmant : les matchs sont trop longs, beaucoup trop longs. L&rsquo;idée du tie-break (ou &laquo;&nbsp;jeu décisif&nbsp;&raquo;, en français), c&rsquo;est donc de départager deux joueurs qui seraient toujours à égalité à la fin d&rsquo;une manche. En conséquence, et pendant près de dix ans, différentes formes du jeu décisif sont testées sur le circuit, jusqu&rsquo;à aboutir, en 1979, à l&rsquo;adoption définitive du format actuel, c&rsquo;est-à-dire un jeu particulier disputé à 6 jeux partout, dans lequel le premier joueur à 7 points (avec deux points d&rsquo;écart) remporte la manche. Tout bête. Et vous trouviez ça compliqué ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000">De l&rsquo;audace (un peu), et du mental (beaucoup)</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">On vous le répétera certainement : le tie-break a sa part de mystères que la nature ignore. Pourtant, dans l&rsquo;éternelle quête de sortie victorieuse qui animent les joueurs dans un jeu décisif, il existe un cocktail que beaucoup d&rsquo;entraîneurs vous recommanderont. Un savoureux mélange d&rsquo;audace et de force mentale. En soi, l&rsquo;audace, sur commande, c&rsquo;est possible, à l&rsquo;image d&rsquo;un Gaël Monfils surexcité qui sauve coup sur coup 4 balles de match (dont deux dans la vidéo ci-dessous) lors du dernier Masters 1000 de Montréal. &laquo;&nbsp;Forcer son destin&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;aller vers l&rsquo;avant&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;saisir les occasions&nbsp;&raquo; sont autant de marronniers tennistiques dans les oreilles des joueurs, qui plus est dans le tumulte d&rsquo;un tie-break. Et c&rsquo;est justement là une des caractéristiques séduisantes du jeu décisif. La potentialité d&rsquo;une sublimation mutuelle entre compétiteurs, qui donne lieu à des points peut-être inenvisageables&#8230;</span></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/cOkOl6mhRtI?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><span style="color: #000000">Mais la quintessence du tie-break, c&rsquo;est sans nul doute l&rsquo;aspect mental. Ou comment, d&rsquo;un match à l&rsquo;autre, un joueur peut sembler intouchable pour ensuite donner l&rsquo;impression de se déliter littéralement. Dans ce secteur, le néerlandais Robin Haase a des arguments à faire valoir. Il détient le record de tie-breaks perdus consécutivement dans l&rsquo;histoire du tennis. 17, entre 2012 et 2013. En 2015, il accusait même un pourcentage ridiculement faible de 31% de tie-breaks remportés en carrière. 27 gagnés pour 87 joués, soit moins d&rsquo;un tiers de victoires&#8230; Dans la même idée, citons Richard Krajicek, qui détient la particularité d&rsquo;être l&rsquo;unique joueur à avoir perdu un tie-break après avoir mené 6 points à 0. C&rsquo;était à l&rsquo;US Open 1994, contre Jan Siemerink. Il s&rsquo;est incliné 10/8.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000">Tie-break et démesure</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">J&rsquo;espère que vous aimez les statistiques. Parce que les jeux décisifs en regorgent, de par leur tendance à l&rsquo;hyperbole. Voici une ébauche des records les plus célèbres associés au tie-break.</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000"><span style="color: #000000">Roger Federer est le joueur qui a remporté le + de tie-breaks au cours de sa carrière : <strong><span style="text-decoration: underline">413</span></strong> au 30 août 2017</span></span></li>
<li><span style="color: #000000">Avec un total de <strong><span style="text-decoration: underline">707</span></strong> au 30 août 2017, Ivo Karlovic est celui qui en a le plus joués</span></li>
<li><span style="color: #000000"><strong>20 points à 18</strong>, c&rsquo;est le score le plus élevé pour un tie-break disputé sur le circuit ATP. C&rsquo;est arrivé à 7 reprises, la dernière fois en 2017, à Dubai, dans le deuxième set du match opposant Andy Murray à Philipp Kohlschreiber (vidéo ci-dessous)</span></li>
<li><span style="color: #000000">En 2013, au dernier tour des qualifications du Future de Plantation (Floride), Benjamin Balleret a battu Guillaume Couillard <strong>36 points à 34</strong> dans le tie-break de la première manche, ce qui constitue un record inégalé dans l&rsquo;histoire</span></li>
<li><span style="color: #000000">Jamais encore un match ne s&rsquo;est achevé avec cinq tie-breaks. Le record est de <strong>quatre</strong></span></li>
<li><span style="color: #000000">En 2007, Andy Roddick a remporté <strong>18</strong> tie-breaks consécutifs, jusqu&rsquo;à ce que Richard Gasquet ne mette un terme à cette série en l&rsquo;éliminant en quarts à Wimbledon</span></li>
<li><span style="color: #000000">Goran Ivanisevic détient le record de tie-breaks joués dans un tournoi : <strong>11</strong>, à Wimbledon 1998</span></li>
</ul>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/1Vwu3iOT_4s?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000">John Isner, &laquo;&nbsp;Monsieur tie-break&nbsp;&raquo;</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000"><span style="color: #000000">2 mètres 08. 110 kg. De par ses caractéristiques hors normes, vous avez nécessairement déjà entendu parler de l&rsquo;américain. Au pire l&rsquo;avez vous déjà vu, entraperçu quelque part, lui qui, comme quelques autres joueurs, dénote dans le paysage tennistique. C&rsquo;est peu dire que John Isner ne passe pas inaperçu. Et pourtant, ce serait fâcheux de le réduire à son seul physique. Car celui qui a commencé le tennis à l&rsquo;âge de neuf ans a du talent à revendre, et une histoire commune avec le tie-break. Une histoire d&rsquo;amour. John Isner et les jeux décisifs, c&rsquo;est un peu comme David et Goliath : inséparables. Lui, c&rsquo;est Goliath. Et contrairement à la légende, c&rsquo;est bien souvent lui qui gagne. </span></span><span style="color: #000000">C&rsquo;est bien simple : Isner est une machine à jeux décisifs. C&rsquo;est lui, par exemple, qui détient le record du plus grand nombre de tie-breaks gagnés dans un set décisif [35]. C&rsquo;est lui, aussi, qui, à Washington, en 2007, réussit l&rsquo;exploit de remporter cinq matchs d&rsquo;affilée au tie-break de la troisième manche. Mais surtout, et c&rsquo;est bien là la statistique la plus parlante : Isner est, en mars 2014, le joueur ayant le meilleur pourcentage de tie-breaks remportés dans l&rsquo;histoire du tennis [65%, 212-114], devant Federer [64,9%], Djokovic [64,3%], Nadal [63,8%] et Sampras [63,7%]. Un hasard ? Certainement pas. L&rsquo;américain, originaire de Greensboro, en Caroline du Nord, est formaté pour les jeux décisifs. C&rsquo;est la conséquence, entre autres, d&rsquo;un service dévastateur qui l&rsquo;amène très régulièrement à disputer des matchs au couteau. Il est notamment connu pour avoir participé au </span><span style="color: #003366"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Match_Isner_-_Mahut_lors_du_tournoi_de_Wimbledon_2010" target="_blank">&laquo;&nbsp;match le plus long&nbsp;&raquo;</a></span><span style="color: #000000"> face au français Nicolas Mahut, disputé à Wimbledon, en 2010, sur trois jours et plus de onze heures, et remporté 70-68 au cinquième set par l&rsquo;américain. Un match qui n&rsquo;aurait pas eu ce dénouement-ci si l&rsquo;on disputait un tie-break dans la cinquième manche à Wimbledon&#8230;</span></p>
<p><span style="color: #000000">De toute évidence, si le tie-break n&rsquo;avait pas été inventé dans les années 1970, on jurerait qu&rsquo;il l&rsquo;aurait été pour l&rsquo;américain. Il paraît d&rsquo;ailleurs légitime de se poser la question suivante, qui vaut également pour d&rsquo;autres grands serveurs en activité : que vaudrait Isner sans le tie-break ? Nous n&rsquo;aurons probablement jamais la réponse à cette question, la mutation du tennis vers le jeu décisif étant vraisemblablement sans retour, mais nous pouvons néanmoins tenter d&rsquo;y apporter quelques lumières. Une statistique, en particulier, paraît frappante tant elle relate de l&rsquo;importance du tie-break dans la carrière de l&rsquo;américain : sur les 24 finales qu&rsquo;il a disputées, Isner a joué au minimum un tie-break dans 17 d&rsquo;entre elles. Et à la fin, ça pèse lourd.</span></p>
<div style="width: 2570px" class="wp-caption alignnone"><img class="" src="https://pmcwwd.files.wordpress.com/2016/01/415731.jpg" alt="" width="2560" height="1707" /><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">John Isner © WWD</span></p></div>
<h4><strong><span style="color: #000000">Interview : Laurent Vergne, journaliste à Eurosport.fr</span></strong></h4>
<p><em><span style="color: #000000">Laurent Vergne officie à Eurosport.fr depuis 2003, un média pour lequel il a notamment couvert différents tournois du Grand Chelem. Pour nous, il revient sur quelques souvenirs liés au tie-break, et donne son avis sur l&rsquo;évolution du tennis moderne.</span></em></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Si je vous dis &laquo;&nbsp;tie-break&nbsp;&raquo;, ça vous évoque quoi ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Là, tout de suite, je pense à l&rsquo;US Open, et à cette particularité qu&rsquo;ont les matchs de ce tournoi de s&rsquo;achever par un tie-break au 5e set. À mon sens, les tie-breaks les plus mémorables sont les tie-breaks décisifs (dans la dernière manche, donc). Et puis c&rsquo;est un exercice très particulier, certainement beaucoup moins aléatoire qu&rsquo;on ne peut le penser. Je ne pense pas que ce soit une loterie, comme j&rsquo;ai pu l&rsquo;entendre parfois.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Ça veut dire que vous êtes favorable au tie-break au 5e set à l&rsquo;US Open ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Totalement. Je suis même favorable au tie-break décisif dans tous les tournois du Grand Chelem. Aujourd&rsquo;hui, le vrai drame, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a quasiment plus de matchs en 5 sets (ne subsistent que les quatre Grands Chelem et la Coupe Davis, mais pour combien de temps? NDLR) si l&rsquo;on compare avec les années précédentes. Personnellement, je suis pour le rallongement des matchs hors tournois du Grand Chelem, comme les finales de Masters 1000 par exemple, et pour le tie-break décisif. Le tie-break au 5e set, de par sa dramaturgie, c&rsquo;est la conclusion parfaite d&rsquo;un match.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Le tie-break, c&rsquo;est aussi l&rsquo;aspect mental, la force de caractère. Y a-t-il un joueur qui vous a particulièrement marqué sur ce point ? De par sa capacité à dominer un jeu décisif&#8230;</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">À l&rsquo;évidence, l&rsquo;aspect mental est déterminant oui. Le physique est important aussi, mais moins. Je crois que dans un tie-break, on peut sentir vers lequel des joueurs ça va tourner. Boris Becker est peut-être celui qui m&rsquo;a le plus impressionné dans cet exercice, dans sa manière d&rsquo;étouffer l&rsquo;adversaire. Sinon, Sampras et Federer, aussi, excell·ai·ent dans cet exercice. Être bon au tie-break, c&rsquo;est aussi avoir un service efficace. Le tie-break a la faculté de pouvoir inverser le rapport de force entre deux joueurs.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">En double, sur le circuit, le 3e set a été remplacé depuis plusieurs années par un super tie-break (un set de 10 points, NDLR). Quel est votre point de vue sur cette règle ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Le super tie-break ne sert pas la cause du double selon moi. Mais le format est sympa, il raccourcit les matchs et peut inciter des joueurs de simple à jouer le double, ce qui est plutôt une bonne chose. À titre personnel, je ne suis pas fan.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Y a-t-il un match, dans lequel le tie-break a joué un rôle majeur, qui vous revient en tête ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Le Connors-Krickstein de l&rsquo;US Open 1991, qui s&rsquo;achève sur un tie-break. Connors pète un plomb au milieu du match, pendant le tie-break du deuxième set, s&rsquo;en prend même à l&rsquo;arbitre, mais s&rsquo;en sort finalement en cinq manches dans une ambiance de fous.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Et un tie-break en particulier ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Il y a le Borg-McEnroe de Wimbledon 1980. Mais, parce que c&rsquo;est un tie-break décisif, je dirais la finale du Masters 1988 entre Becker et Lendl, avec cette balle de match phénoménale. En tant que fan de Lendl, c&rsquo;était un déchirement. Et puis je pense aussi au quart de finale de l&rsquo;US Open 1992, entre Edberg et Lendl ; là encore, un tie-break décisif.</span></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/N3rGPOde5Ss?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Enfin, on parle beaucoup de l&rsquo;IPTL, fondée en 2013, qui se déroule chaque année en décembre, et dont le format tend à raccourcir encore davantage les matchs. Est-ce qu&rsquo;à terme, vous pensez que le tennis évoluera vers cette forme, conçue pour le spectacle ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">L&rsquo;IPTL est très intéressante et sympa à suivre. Je prends du plaisir à la regarder ; cependant, ça reste une exhibition. Aujourd&rsquo;hui, il y a autant de matchs qu&rsquo;il y a une trentaine d&rsquo;années mais beaucoup moins de sets disputés. Pour moi, la dimension physique est importante. Donc je ne sais pas si le tennis évoluera de cette manière, mais je suis contre cette tendance excessive au raccourcissement des matchs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000">Dans le futur&#8230;</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">En bref, le tie-break ce sont de la tension, des émotions et des souvenirs. Le format a même commencé à dépasser les frontières du tennis, puisqu&rsquo;il est désormais expérimenté en football, pour les séances de pénalties — l&rsquo;idée étant, comme pour les services au tennis, d&rsquo;alterner un tireur d&rsquo;une équipe, puis deux de l&rsquo;autre, puis encore deux, et ainsi de suite.</span></p>
<p><span style="color: #000000">De mon côté, je vous laisse avec l&rsquo;un des tie-breaks les plus fameux de la décennie en cours, modestement intitulé &laquo;&nbsp;le plus grand tie-break de Wimbledon ?&nbsp;&raquo;, et je vous laisse juger. Et si jamais vous en connaissez déjà l&rsquo;issue, faites comme moi : appréciez le spectacle, tant qu&rsquo;il est encore temps. Le tennis a tellement à nous offrir.</span></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/mSywWtS9YfQ?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Au salon du Bourget, vers l&#8217;infini et au delà</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Jun 2017 12:22:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Airbus]]></category>
		<category><![CDATA[Boeing]]></category>
		<category><![CDATA[Bourget]]></category>
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		<category><![CDATA[Paris air show]]></category>
		<category><![CDATA[Salon du bourget 2017]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>&#160; Du 23 au 25 juin dernier, le Bourget avait mis sa parure d&#8217;été pour accueillir LE rendez-vous de l&#8217;aéronautique et de l&#8217;espace. Et quand le célèbre aéroport d&#8217;aviation d&#8217;affaires s&#8217;habille façon parc d&#8217;attraction, difficile de rester de marbre — sans même être un fan d&#8217;engins volants en tout genre. Radio Londres vous emmène faire un [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Du 23 au 25 juin dernier, le Bourget avait mis sa parure d&rsquo;été pour accueillir LE rendez-vous de l&rsquo;aéronautique et de l&rsquo;espace. Et quand le célèbre aéroport d&rsquo;aviation d&rsquo;affaires s&rsquo;habille façon parc d&rsquo;attraction, difficile de rester de marbre — sans même être un fan d&rsquo;engins volants en tout genre. Radio Londres vous emmène faire un tour sur le tarmac. </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span id="more-1074"></span></span></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dimanche 25 juin, 11h. Il y a déjà foule devant les portes de l&rsquo;aéroport du Bourget en ce dernier jour de salon. Les agents de sécurité fouillent les sacs par deux fois et nous intiment de boire une gorgée de nos bouteilles pour vérifier que nous ne transportons pas de produits inflammables : état d&rsquo;urgence oblige.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A peine les portes passées que nous apercevons déjà au loin les immenses fusées Ariane. Elles se dressent là fièrement toute l&rsquo;année au musée de l&rsquo;air et de l&rsquo;espace, mais dans cet estival ciel francilien, entourées d&rsquo;hélicoptères et d&rsquo;avions en tout genre, elles semblent avoir une résonance toute particulière. Les astronautes en herbe trépignent d&rsquo;impatience d&rsquo;aller les voir de plus près et une fois arrivés au pied de l&rsquo;Ariane 5, ils lèvent la tête à s&rsquo;en décrocher la nuque en espérant très fort qu&rsquo;eux aussi, un jour, chatouilleront les étoiles.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1087" style="width: 614px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000;" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/Ariane-5.jpg"><img class="wp-image-1087 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/Ariane-5-604x1024.jpg" alt="" width="604" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Ariane 5 © Matthieu Slisse</span></p></div>
<p><span style="color: #000000;">On ne sait déjà plus tout à fait où donner de la tête tant tout semble attirer l&rsquo;œil. Et pour rien n&rsquo;y faciliter, commencent, en début d&rsquo;après-midi, les démonstrations de vols. C&rsquo;est alors tout naturellement que des dizaines de milliers de nez pointent vers le ciel. Les bouches se font béates. </span><span style="color: #000000;">Ce n&rsquo;est pas tous les jours qu&rsquo;on voit un hélicoptère voler à l&rsquo;envers et faire des marches arrières&#8230;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div style="width: 675px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000;" href="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/Hélico-min.jpg"><img class="wp-image-26937 size-large" src="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/Hélico-min-1024x683.jpg" alt="" width="665" height="444" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Un hélicoptère perpendiculaire au sol, pourquoi pas ? © Mathis Bonnant-Michel</span></p></div>
<p><span style="color: #000000;">Le Salon du Bourget fait honneur à son deuxième nom : le Paris Air Show. Le ciel déjà drapé de nuages se zèbre au rythme d&rsquo;acrobaties toutes plus folles les unes que les autres.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div style="width: 675px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000;" href="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/voltige-1-min.jpg"><img class="wp-image-26942 size-large" src="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/voltige-1-min-1024x683.jpg" alt="" width="665" height="444" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Voltige en AVA CAP432 © Mathis Bonnant-Michel</span></p></div>
<div id="attachment_1077" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000;" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/voltige-2-min.jpg"><img class="wp-image-1077 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/voltige-2-min-1024x683.jpg" alt="voltige 2-min" width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Voltige en AVA CAP432 © Mathis Bonnant-Michel</span></p></div>
<div id="attachment_1078" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000;" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/Voltige-A-min.jpg"><img class="wp-image-1078 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/Voltige-A-min-1024x683.jpg" alt="Voltige A-min" width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Voltige © Mathis Bonnant-Michel</span></p></div>
<p><span style="color: #000000;">A 13h57, le salon entier se fait muet quand un Rafale (Dassault Aviation) déchire les airs. <em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est quoi ce bruit ?&nbsp;&raquo;</em> lancent certains, quelque peu paniqués. Tout le monde s&rsquo;arrête et lève les yeux haut dans le ciel. A cette distance, même en zoomant avec un appareil photo, le Rafale a la taille d&rsquo;un jouet. Un jouet qui dépasse aisément la vitesse du son (340 mètres/seconde). Et les avions de l&rsquo;armée de l&rsquo;air fascinent toujours autant.</span></p>
<blockquote><p><span style="color: #000000;">Airbus et Boeing se rendent coup pour coup</span></p></blockquote>
<p><span style="color: #000000;">Les deux géants ont, en toute logique, dominé les annonces. L&rsquo;européen Airbus semblait avoir pris de l&rsquo;avance dans le secteur des monocouloirs — avions avec deux rangées de sièges taillés pour les court-courriers mais également capable d&rsquo;atteindre la Côte Est des Etats-Unis ainsi que le Moyen-Orient depuis l&rsquo;Europe — avec l&rsquo;A321 NEO (dont le premier modèle a été délivré cette semaine à la compagnie Virgin America). Boeing a répondu ce dimanche avec l&rsquo;annonce du 737 max 10.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toujours plus grand, toujours plus loin ? C&rsquo;est la tendance actuelle. L&rsquo;imposant Airbus A380 fend —<strong> </strong>non sans grâce — les airs en ce dimanche ensoleillé alors que l&rsquo;avionneur européen vient d&rsquo;annoncer sa version augmentée : l&rsquo;A380Plus. Airbus promet 80 places supplémentaires pour atteindre 575 sièges, et une économie de 4% de kérosène par siège grâce à de nouveaux ailerons hauts de 4 mètres 70. L&rsquo;objectif est, à terme, de réussir à relier Londres à Sydney sans escale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1086" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000;" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/380-min.jpg"><img class="wp-image-1086 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/380-min-1024x683.jpg" alt="380-min" width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L&rsquo;A380 © Mathis Bonnant-Michel</span></p></div>
<p><span style="color: #000000;">Confortablement installés à l&rsquo;ombre de tonnelles placées en hauteur pour encore mieux apprécier le spectacle, les invités dégustent des glaces. Les autres longent les murs, casquettes visées sur la tête pour éviter l&rsquo;insolation. Mais quand vient l&rsquo;heure de la patrouille de France, plus personne n&rsquo;ose se plaindre, le spectacle est trop beau. En formation resserré, avec seulement quelques mètres entre chaque aile, beaucoup retiennent leur souffle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1076" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000;" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/patrouille-de-FR-min.jpg"><img class="wp-image-1076 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/patrouille-de-FR-min-1024x683.jpg" alt="patrouille de FR-min" width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">La patrouille de France © Mathis Bonnant-Michel</span></p></div>
<div id="attachment_1079" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000;" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/Patrouille-FR-min.jpg"><img class="wp-image-1079 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/Patrouille-FR-min-1024x683.jpg" alt="Patrouille FR-min" width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">La patrouille de France © Mathis Bonnant-Michel</span></p></div>
<blockquote><p><span style="color: #000000;">L&rsquo;espace, accélérateur de sciences</span></p></blockquote>
<div style="width: 1034px" class="wp-caption aligncenter"><img src="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/06/2-1024x582.jpg" alt="" width="1024" height="582" /><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L&rsquo;A310 Zéro G © Matthias Diringer</span></p></div>
<p><span style="color: #000000;">C&rsquo;était l&rsquo;attraction phare du salon : l&rsquo;ancien avion de la chancelière allemande Angela Merkel transformé en fantastique laboratoire. Cet A310 d&rsquo;Airbus est le seul en Europe capable de créer la gravité zéro : le Zéro G. En faisant des paraboles successives (montée puis descente a plus de 70°), ce dernier parvient —<strong> </strong>sans avoir à quitter l&rsquo;atmosphèr — à &laquo;&nbsp;éliminer&nbsp;&raquo; la gravité durant des intervalles de 22 secondes (durée maximale d&rsquo;une parabole). Mais à quoi ça sert ? A faire progresser les sciences à vitesse grand V. Pour notre guide du Centre National d&rsquo;Etudes Spatiales (CNES),<em> &laquo;&nbsp;le Zéro G ce n&rsquo;est pas une finalité, mais plus une contrainte&nbsp;&raquo;</em>. En effet, la force de gravité masque des phénomènes physiques. Et pour l&rsquo;instant, l&rsquo;A310 Zéro G est sur Terre la meilleure manière de s&rsquo;en affranchir. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs à bord de cette avion que les astronautes appréhendent ce qui les attend dans l&rsquo;espace.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La station spatiale internationale (ISS) reste tout de même le laboratoire préférentiel, un véritable <em>&laquo;&nbsp;accélérateur de sciences&nbsp;&raquo;</em>, d&rsquo;après un membre de l&rsquo;équipe de Thomas Pesquet. Le principe est toujours le même : si les tests marchent là-haut, alors ça peut marcher partout. Si l&rsquo;on est capable d&rsquo;établir une connexion permanente avec un satellite en orbite alors on doit pouvoir contacter n&rsquo;importe quel endroit sur Terre peu importe les conditions. L&rsquo;espace crée des défis à résonance terrestre. Comment recycler l&rsquo;eau ? Comment tester avec rapidité et précision la qualité de celle-ci ? </span><span style="color: #000000;">Aujourd&rsquo;hui plus que jamais, l&rsquo;espace ouvre de nouveaux horizons.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Alors qu&rsquo;à la sortie du salon, un jeune garçon du Blanc-Mesnil attrape le bras de sa mère et pointe le ciel en s&rsquo;exclamant <em>&laquo;&nbsp;Regarde maman, il tourne, il tourne !&nbsp;&raquo;</em>, on ne peut qu&rsquo;attendre avec impatience l&rsquo;été prochain, pour un nouveau séjour le nez dans les nuages.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong><span style="color: #000000;">Notre vidéo de reportage au Bourget :</span></strong></em></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/LML1wWA8Tmc?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><span style="color: #000000;">Texte : Matthieu SLISSE</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Photos : Mathis BONNANT-MICHEL</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Vidéo : Matthias DIRINGER</span></p>
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		<title>Présidentielle : tour de France des électeurs</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Apr 2017 07:46:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[portrait]]></category>
		<category><![CDATA[premier tour]]></category>
		<category><![CDATA[présidentielle]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; Ils se sont toutes et tous déplacés dimanche dernier, pour voter au premier tour de l&#8217;élection présidentielle. Déçus, optimistes, résignés&#8230; Nous avons rencontré les électeurs aux quatre coins de la France. Portraits. Mourtaza (Saint-Denis) : « Il faut qu’il y ait un changement au niveau des commandes » Mourtaza Goulamhoussen est un ancien professeur de mathématiques [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #000000">Ils se sont toutes et tous déplacés dimanche dernier, pour voter au premier tour de l&rsquo;élection présidentielle. Déçus, optimistes, résignés&#8230; Nous avons rencontré les électeurs aux quatre coins de la France. Portraits.</span></strong></p>
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<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #000000">Mourtaza (Saint-Denis) : <em>« Il faut qu’il y ait un changement au niveau des commandes »</em></span></strong></p>
</blockquote>
<div id="attachment_1021" style="width: 4618px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/P10105521.jpg"><img class="wp-image-1021 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/P10105521.jpg" alt="P1010552" width="4608" height="2592" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Mourtaza (Saint-Denis)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Mourtaza Goulamhoussen est un ancien professeur de mathématiques et de physique, originaire de La Réunion. Ayant enseigné à Madagascar, à Canberra et même à Jakarta pendant plusieurs années, il se dit «<em> à la recherche de l’humain</em> ». Militant en politique depuis près de 40 ans, riche de son expérience, il prône plus de solidarité et d’échanges culturels avec les pays environnants.</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong><em>« Faire avancer l’intérêt général »</em></strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000"> Voilà ce qui préoccupe finalement Mourtaza en cette journée électorale. «<em> Je suis contre le gaspillage, dans tous les domaines. Le gaspillage d’argent oui, mais aussi de médicaments par exemple</em> ». Puis il hésite, dit rêver peut-être un peu, mais souhaite également « <em>que le racisme, et la radicalisation prennent fin. C’est ce qui m’inquiète le plus aujourd’hui.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000"> Il prend également exemple sur les cultures qu’il a côtoyées : « <em>En Australie, tous les domaines sont tournés vers l’écologie. Le dialogue entre jeunes et enseignants est aussi beaucoup plus poussé, ici, ceux qui souffrent par exemple de problème de drogue sont mis à l ‘écart. Il y a pas de véritable prise en charge.</em> » Il faudrait donc pour lui réformer le système français, « <em>malade </em>».</span></p>
<h4><em><strong><span style="color: #000000">« Ils ne sont pas tous pareils »</span></strong></em></h4>
<p><span style="color: #000000"> Pour Mourtaza, le vote est primordial. « <em>Il faut le rendre obligatoire, comme en Australie, pour sensibiliser les gens. Il faut que les jeunes s’impliquent.</em> » Choisir un candidat ou un autre, par calcul, par hasard, ce n’est pas une solution à ses yeux. «<em> Il y a des valeurs en France, que nous avons, et que l’on ne doit pas sacrifier par sanction. Les candidats sont différents.</em> » Il reste en effet fier de la France, en particulier pour «<em> les droits de l’Homme, la sécurité sociale, l’éducation gratuite. Ailleurs on n’y a pas accès sans argent.</em> » Pour lui, c’est cette fierté qu’il faut perpétrer.</span></p>
<h4><em><strong><span style="color: #000000">« Tributaires de l’éloignement »</span></strong></em></h4>
<p><span style="color: #000000"> C’est ainsi que l’ancien professeur décrit les Réunionnais face à la politique. «<em> On est pas déconnectés, grâce aux médias, aux réseaux, mais on reste tributaires de l’éloignement</em> » affirme-t-il. Près de 10 000 kms les séparent de Paris, et pour lui « <em>trop peu de moyens sont délégués au coopératives régionales, c’est encore souvent centralisé</em>. » Il est vrai que malgré les affiches disséminées sur les panneaux de St-Denis, peu de candidats ont organisé des meetings à La Réunion , DOM-TOM au relativement faible taux d’abstention. Et pourtant, au vu des sondages très serré, aucun électorat n’est négligeable.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><strong><span style="color: #000000">Jérémy (Rixheim) : <em>« </em>J&rsquo;aurais voté blanc, mais ça n&rsquo;a pas de poids <em>»</em></span></strong></p></blockquote>
<div id="attachment_1018" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Jeremy-électeur.jpg"><img class="wp-image-1018 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Jeremy-électeur-1024x651.jpg" alt="" width="920" height="585" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Jérémy (Rixheim, Haut-Rhin)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Jérémy est un jeune père de famille. Il se reconnaît d’emblée comme « <em>particulièrement déçu par cette élection, déçu de toutes les affaires de corruption</em> ». En guise de boycott il déclare ne pas du tout avoir suivi la campagne, «<em> avoir tout mis de côté</em> ». D’après lui, dans le traitement médiatique « <em>à chaque fois on nous dit, lui il est corrompu, lui il a fait ça, on nous parle pas en bien de ces gens-là [des hommes politiques ndlr]</em> ». Ainsi, il avoue avoir seulement « <em>regardé hier soir les propositions de chacun</em> ». Malgré tout, il est au courant des principaux points des différents programmes, à l’instar de la proposition de <span style="font-family: 'Georgia',serif">Benoît Hamon de soumettre à référendum la reconnaissance du vote blanc, une mesure qu’il juge « <em>intéressante</em> ». Cependant, aucun candidat n’est parvenu à le convaincre, <span style="letter-spacing: .1pt">désillusionné, il confie : « <em>Aujourd’hui, je n’ai pas voté pour un candidat qui me plaisait</em> ».</span> <span style="letter-spacing: .1pt">Malgré cette défiance muée en dépit, il ne souhaitait pas s’abstenir, avec la conviction que « <em>c&rsquo;est un devoir</em> ». Le vote blanc aurait alors pu être une possibilité : « <em>J’aurais voté blanc, mais ça n’a pas de poids</em> » explique-t-il. « <em>On vote toujours pour le moins pire, pas pour le meilleur</em> » regrette Jérémy, mais c’est pour lui l’unique moyen de « <em>limiter la casse</em> », comme il le répète par deux fois.</span></span></span></p>
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<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #000000"><em>Léane (Bordeaux) : « C’est un vote difficile parce que j’ai voté à contrecœur »</em></span></strong></p>
</blockquote>
<div id="attachment_1028" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/DSC_0152-e1492949773210.jpg"><img class="wp-image-1028 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/DSC_0152-1024x681.jpg" alt="DSC_0152" width="920" height="612" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Léane Delanchy (Bordeaux, Gironde)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Léane Delanchy a 18 ans, est étudiante à Bordeaux et participe à sa première élection. <em>« Je voulais voter Hamon »</em> nous confie-t-elle. <em>« A cause des sondages »</em>  elle a préféré voter pour Jean-Luc Mélenchon même si elle ne se retrouve pas dans toutes ses idées notamment sur la politique étrangère :<em> « C’est un vote difficile parce que j’ai voté à contrecœur ».</em> Elle a <em>« misé sur Mélenchon »</em> dans l’optique de se retrouver avec quelqu&rsquo;un de plus proche de ses idées au second tour et car <em>« c&rsquo;est celui qui propose le plus en matière de droit pour les femmes »</em>.</span></p>
<h4><strong><em><span style="color: #000000">« Ce sont mes premières élections donc je n&rsquo;ai pas forcément beaucoup de recul »</span></em></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">Malgré ce constat, elle juge cette campagne et ces élections <em>« assez basses »</em>, <em>« moyennes »</em> notamment <em>« à cause des affaires »</em>. L’élection présidentielle demeure pour elle une élection essentielle dans la vie politique française. Cependant, <em>« il ne faut pas compter sur une seule personne pour tout changer ! »</em>. Elle a particulièrement apprécié certaines idées mises en lumière ces derniers mois :<em> « Le revenu universel, je pense que tôt ou tard, de droite ou de gauche, on sera obligé d’y venir »</em>. A noter aussi, <em>« la transition écologique de Mélenchon car je crois que c’est vraiment important ».</em></span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong><em>« En France, tu ne peux pas jouer dans l’équipe de foot lorsque tu es mis en examen mais tu peux te présenter aux présidentielles ! »</em></strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Le constat sur l’état de la politique dans notre pays est assez désabusé. Elle n’arrive pas à comprendre le maintien de certains candidats malgré des soupçons, surtout comparé à d’autre pays, notamment au nord de l’Europe. Léane nous confie qu’elle considère que le débat est trop sur la forme, très <em>« marketing »</em>. <em>« Quand on voit que la présidentielle se joue même sur Snapchat, je trouve que quand même on touche le fond ! »</em>. Cependant, elle se décrit comme <em>« vachement intéressée par la politique ! »</em> et se considère comme engagée politiquement même si non militante : <em>« Il n’y a personne qui me tienne vraiment à cœur… ».</em></span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong><em>« Remettre des sujets essentiels au centre des choses »</em></strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Transition écologique, lutte contre la fraude fiscale, meilleure répartition des richesses <em>« pour offrir à tous un meilleur pouvoir d’achat et relancer l’économie »</em>, sont des points que Léane espère voir occuper le devant de la scène dans le futur et qui permettrait peut-être d’améliorer les choses. <em>« Il faudrait aussi interdire les sondages en période électorale »</em>. Effectivement peut-être que, comme elle, ils ont été nombreux dimanche à leur accorder une grande importance. Au point de changer l’issue du scrutin ?</span></p>
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<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #000000"><em>Jean-Louis (Saint-Junien) : <em>« </em>Il n&rsquo;y a que Mélenchon qui peut vraiment changer les choses <em>»</em></em></span></strong></p>
</blockquote>
<div id="attachment_1034" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/100_0885.jpg"><img class="wp-image-1034 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/100_0885-1024x768.jpg" alt="Jean-Louis, à Saint-Junien (87)" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Jean-Louis (Saint-Junien)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Jean-Louis est retraité de l’éducation nationale, il retrouve le gymnase du lycée où il a enseigné pour aller voter. « <em>J’ai voté Mélenchon !</em> » répond-il avec enthousiasme à une question à peine posée. Sa femme gère le groupe de soutien local du candidat et le couple a milité pour le candidat de la France insoumise. Ce qu’il apprécie particulièrement chez Jean-Luc Mélenchon, c’est le projet d’Assemblée constituante. Il en est convaincu : la Vème République est désuète et il faut changer de Constitution. « <em>Le tirage au sort c’est une idée formidable</em> » avance-t-il à propos de la Constituante. « <em>Il faut replacer les citoyens et le peuple au cœur des décisions et de la vie politique</em> » propose-t-il pour revenir à une démocratie plus participative. Mais la fin de la Vème République est aussi évoquée par le candidat socialiste Benoît Hamon, avec qui il aurait fallu s’entendre selon l’ancien professeur de mathématiques. « <em>Hamon cristallise des voix qui feront défaut à Mélenchon</em> » affirme-t-il. Hamon aurait dû se retirer, d’autant plus que l’entente était possible : «<em> Sur les institutions, sur l’économie, et surtout sur l’écologie, il faut reconnaître que leurs programmes n’étaient pas très éloignés </em>».</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>« De Robert Hue à Alain Minc, c&rsquo;est une blague Macron ! »</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Avec Hamon, la victoire était assurée d’après Jean-Louis. Il pense que Mélenchon est le seul capable de battre Macron au second tour. « <em>Macron, c’est le candidat de l’oligarchie financière et des médias !</em> » résume-t-il après une série de critiques et de bons mots sur le candidat d’En Marche !, qui apparaît comme la cible principale des « insoumis ». « <em>Macron anti-système ? C’est au contraire le candidat du système !</em> ». Mais sur ce point, il précise tout de même que l’usage du terme « système » tout au long de la campagne s’est révélé un peu fatigant… Tout le monde est anti-système à sa manière, dans la mesure où chaque candidat veut changer les choses, ou du moins le fait croire. Sur la campagne en général justement, Jean-Louis trouve injustes les propos de nombreux éditorialistes qui trouvent cette campagne mauvaise, de bas niveau. Il considère que, malgré les affaires Fillon qui ont occulté un instant les questions de fond, le débat a existé et s’est même parfois montré intéressant. Sur la question européenne notamment, « <em>il y a eu un vrai débat de fond avec toutes les sensibilités européennes présentent</em> ». Ce sujet est d’ailleurs l’occasion pour lui de rappeler à ceux qui considèrent qu’il ne faut pas faire de référendum, que le débat en 2005 avait été étonnamment riche et sérieux, preuve que la vie politique et démocratique peut être animée et tirée vers le haut. Pour conclure, il regrette aussi les affirmations des journalistes qui considèrent que les citoyens ne s’intéressent plus à la politique, au contraire : « <em>Ils en ont marre certes, ils veulent que ça change, mais je crois qu&rsquo;ils sont toujours autant intéressés par le débat</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #000000">Hervé (Rochefort) : &laquo;&nbsp;Une campagne sans sondage&nbsp;&raquo;</span></strong></p>
</blockquote>
<p><span style="color: #000000"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/18120397_662081894001925_536839630_o.jpg"><img class=" size-large wp-image-1037 aligncenter" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/18120397_662081894001925_536839630_o-768x1024.jpg" alt="18120397_662081894001925_536839630_o" width="768" height="1024" /></a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000">Hervé Blanchet, maire Les Républicains de Rochefort (25 000 habitants) et conseiller régional d&rsquo;Aquitaine, s&rsquo;engage en politique en 2001 à l&rsquo;échelle locale. Lucide, il dresse un constat pessimiste quant à la condition futur des collectivités locales: &laquo;&nbsp;<em>La taxe d&rsquo;habitation est une ressource très importante pour ma ville, et même si Emmanuel Macron promet d&rsquo;apporter une compensation à cette perte de recette, on sait par expérience que souvent, ce type de promesse n&rsquo;est pas tenue </em>», et poursuit : &laquo;&nbsp;<em>nous avons conscience que quelque soit le candidat qui gagnerait l&rsquo;élection, il risque d&rsquo;y avoir une continuité dans la politique de baisse de la DGF (dotation globale de fonctionnement) issu de l&rsquo;état, déjà réduite de manière importante depuis 2014 </em>». Une perte d&rsquo;environ 4,5 millions d&rsquo;euros pour la ville de Rochefort depuis 2014, pour un budget de 60 millions d&rsquo;euros par an.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Interrogé à propos du rôle des médias et des sondages dans l&rsquo;élection présidentielle, Hervé Blanchet répond sans hésiter : &laquo;&nbsp;<em>Moi je rêve d&rsquo;une campagne sans sondage </em>». En effet selon lui, &laquo;&nbsp;<em>les sondages sont inexacts et influencent le vote de certains électeurs </em>». Sur les journalistes en particulier, M. Blanchet raisonne lucidement : &laquo;&nbsp;<em>Des journaux sont très ciblés, et ont leur dominance politique : </em>Le Figaro<em>, </em>L&rsquo;Humanité<em>, </em>Le Monde<em>. On sait à quoi s&rsquo;attendre lorsque l&rsquo;on lit les articles de ces journaux </em>». Il poursuit au niveau local: &laquo;&nbsp;<em>Au niveau local, parfois, il y&rsquo;a des articles très réussis et neutres, et d&rsquo;autres qui ne le sont pas forcément&#8230; Chaque journaliste a sa déontologie, certains se comportant toujours très bien et d&rsquo;autres de manière</em> border line »<em>. </em></span></p>
<h4><strong><span style="color: #000000">&laquo;&nbsp;Je me suis bien gardé d&rsquo;allé distribuer des tracts sur le marché&nbsp;&raquo;</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">Maire Républicain, Hervé Blanchet votera François Fillon, conformément à son parrainage et à sa famille politique. Cependant, il se dit &laquo;&nbsp;<em>désarçonné</em>&nbsp;&raquo; par le Penelope Gate, et n&rsquo;a &laquo;&nbsp;<em>pas apprécié les propos de M.Fillon par rapport à sa mise en examen. Cela a fait beaucoup de mal à la parole politique </em>». Il témoigne s&rsquo;être &laquo;&nbsp;<em>beaucoup moins impliqué que les autres élections </em>», et s&rsquo;être &laquo;&nbsp;<em>bien gardé d&rsquo;allé distribuer des tracts sur le marché </em>». Cependant, Hervé Blanchet réitère son soutien à François Fillon : &laquo;&nbsp;<em>Moi je vote François Fillon. Je fais passer le programme avant l&rsquo;homme. Je l&rsquo;avais rencontré avant les élections, bien avant les primaires. J&rsquo;étais pour Alain Juppé, mais lorsque la primaire a donné comme vainqueur François Fillon, j&rsquo;ai été le premier à dire tous derrière François Fillon </em>». Il défend ainsi le programme du candidat de la droite et du centre : &laquo;&nbsp;<em>Je pense que son programme est le plus adapté pour notre pays. De toute façon le président ne gouverne pas seul, il a un gouvernement, une majorité </em>», mais malgré tout : &laquo;&nbsp;<em>Je suis avocat, donc je respecte la présomption d&rsquo;innocence, en revanche dire au 20 heure que si il est mis en examen il arrêtera mais que finalement il n&rsquo;arrête pas, ça je n&rsquo;ai pas apprécié </em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000">Sur son rapport au citoyen, Hervé Blanchet déplore &laquo;&nbsp;<em>un amalgame entre les politiques locaux et les politiques d&rsquo;envergure national </em>». A propos des affaires et autre frasque politicienne, le maire déclare : &laquo;&nbsp;<em>Cela nous fait mal, mais je pense que les gens se rendent compte de l&rsquo;action des élus locaux. Les gens aiment leur maire, savent qui il est. C&rsquo;est très important pour moi d&rsquo;avoir une emprise très locale </em>». Il met également en évidence le rôle complexe des maires : &laquo;&nbsp;<em>Les gens ont tendance à oublier leur devoir et pensent n&rsquo;avoir que des droits. On ne peut pas dire oui à tout, certaine choses peuvent se faire, d&rsquo;autre non. Nous, on doit raisonner avec l&rsquo;intérêt général, alors que beaucoup voient leur intérêt privé plutôt que général. C&rsquo;est parfois difficile à faire admettre </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4></h4>
<blockquote><p><strong>Edwina (Goussainville) : « <em>Il faut davantage favoriser le mérite et le travail »</em></strong></p></blockquote>
<div id="attachment_1050" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Edwina-Manika.jpg"><img class="size-large wp-image-1050" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Edwina-Manika-1024x958.jpg" alt="Edwina Manika responsable des Jeunes LR du Val d'Oise" width="920" height="861" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Edwina Manika, Goussainville (Val d&rsquo;Oise)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Edwina Manika, 28 ans, est ingénieure biomédical dans un laboratoire spécialisé en cardiologie le jour, responsable des jeunes LR du Val d’Oise, la nuit. Cette sarkozyste convaincue est conseillère municipale dans l’opposition au sein de la commune de Goussainville (95).</span></p>
<p><span style="color: #000000">Malgré le tumulte de la campagne, elle tient à respecter la discipline de parti d’unité des Républicains : <em>« Nous avons chacun notre écurie, mais nous sommes une équipe. Je me suis dit qu’on se devait d’aller dans chaque meeting en région parisienne, pour soutenir le gagnant de la primaire. Nous sommes une armée, une force de guerre. » </em></span></p>
<h4><em><span style="color: #000000"><strong>&laquo;&nbsp;Nous n’étions pas bien accueillis sur les marchés&nbsp;&raquo;</strong></span></em></h4>
<p><span style="color: #000000">Car oui, l’élection présidentielle ressemblait davantage à une campagne militaire pour certains candidats. Englué dans une affaire de détournement de fonds public, le candidat LR François Fillon a donné du fil à retordre aux élues de terrain comme Edwina : <em>« Entre janvier et février, on n’était pas bien accueilli sur les marchés. J’ai ressenti de la déception et comme tout le monde, j’ai douté. C’était une période trouble. Les soutiens s’en allaient un par un. Les militants de ma commune n’avaient plus envie. Je trouvais que les médias s’acharnaient sur François Fillon. Un plan B ? Cela aurait été un manque de respect envers les citoyens, qui avaient déjà payé pour cette primaire. J’ai tenu bon. C’est dans ces moments qu’il faut être courageuse.»</em></span></p>
<h4><em><span style="color: #000000"><strong>&laquo;&nbsp;Je suis pour une immigration contrôlée. Moi qui suis d’origine indienne, je n’ai pas de gêne à le dire.&nbsp;&raquo;</strong></span></em></h4>
<p><span style="color: #000000">Si les affaires ont déstabilisé le camp LR, le programme de l’ancien Premier ministre reste un socle indéfectible auquel s’accroche l’élue : <em>« Pour moi le travail c’est la base de tout ! Je suis favorable à la suppression des 35h comme le propose François Fillon, cela créera de la compétitivité. Je suis pour une immigration contrôlée. Moi qui suis d’origine indienne, je n’ai pas de gêne à le dire. Beaucoup viennent en France pour le système généreux proposé chez nous. Il faut davantage favoriser le mérite et le travail. »</em></span></p>
<p><span style="color: #000000">« Travailler plus pour gagner plus » a longtemps été le credo d’Edwina. Elle est séduite à 15 ans par les propos tranchants de l’ambitieux ministre de l’Intérieur de l’époque : Nicolas Sarkozy : <em>« Je vivais près des cités en Seine St Denis à Épinay-sur-Seine. Pourtant, je ne me suis jamais senti visée quand Nicolas Sarkozy a voulu passer les banlieues au kärcher. Ce n’est pas le quartier qui définit ton parcours. Les jeunes de quartiers se mettent eux-même des barrières. Quand on veut, on a toujours les moyens de s’en sortir.»</em></span></p>
<h4><em><span style="color: #000000"><strong>&laquo;&nbsp;Je suis prête à appeler à voter contre le FN&nbsp;&raquo;</strong></span></em></h4>
<p><span style="color: #000000">Edwina ne croit plus aux sondages. 2016 l’a convaincu de continuer à y croire, quitte à être à contre-courant. Elle se dit toutefois lucide sur l’enjeu des évènements : <em>« Je suis prête à appeler à voter contre le FN. On ne va pas jouer le ni-ni pour le coup. Ce n’est pas une élection cantonale ».</em> Car si la conseillère municipale soutien son champion, elle garde à l’esprit l’élection législative prévue en juin prochain. Scrutin primordial qui donnera ou retirera une majorité parlementaire, nécessaire pour gouverner au futur chef de l’État : <strong><em>« </em></strong><em>Nous prévoyons cinq  semaines de campagne intensives avec des opérations coups de poing, en ciblant des lycées du Val d’Oise. Car même si Emmanuel Macron est élu président, nous les LR avons pour force d’être très bien implanté au sein de notre territoire, contrairement à lui. »</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000"><strong> </strong></span></p>
<blockquote><p><strong>Hicham (Les Mureaux) : &laquo;&nbsp;Aucun candidat n&rsquo;est là pour rattraper l&rsquo;autre&nbsp;&raquo;</strong></p></blockquote>
<div id="attachment_1052" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Photo-rl.jpg"><img class="size-large wp-image-1052" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Photo-rl-1024x576.jpg" alt="Hicham et son fils" width="920" height="518" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Hicham et son fils, Les Mureaux (78)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Lui, c’est Hicham. Un citoyen qui, comme une partie des français, est dégoûté de la politique. « <em>Aucun candidat n’est là pour rattraper l’autre</em> », confie-t-il sur un ton déçu. Pourtant, c’est dans la matinée qu’on le retrouve au bureau de vote pour réaliser ce qu’il appelle son devoir : « A<em>ujourd’hui je suis venu pour remplir mon devoir : il y a des gens qui sont morts pour avoir le droit de vote. La moindre des choses c’est de leur rendre hommage en votant </em>», explique-t-il avant de compléter « <em>mais après, je ne suis pas venu pour voter par conviction en espérant que les choses vont changer, car je sais que les choses ne changeront pas</em> ».</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>Un dégoût de la politique</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Ce dégoût trouve ses sources dans les actions non conformes aux promesses tenues par les élus. Les politiques engagées par les anciens présidents de la République, notamment celles controversés durant le mandat de François Hollande, n’ont pas aidé à rétablir le goût de la politique chez ces français. L’image donnée est claire : les candidats aux élections présidentielles n’ont rien à amener de nouveau. Ils seraient le fruit d’un système corrompu, donc ils travailleraient nécessairement pour ce système. Hicham explique que pour lui, les élus s’engagent dans la vie politique pour chercher des profits personnels. « <em>La politique n’a pas une place importante dans ma vie parce que, quoique l’on fasse, on ne fera que subir. Malgré le choix qu’on peut faire en choisissant un homme politique, il fera ce qu’il a envie de faire par la suite ; on voit toutes les promesses qui ont été faites et qui n’ont pas été tenues, ou des choses qui ont été faites et qui n’étaient pas du tout annoncées</em> » argumente-t-il. « <em>A partir de là on ne peut plus croire personne</em> », conclue-t-il.</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>Des élections essentielles</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Les élections présidentielles de 2017 ont pourtant été grandement suivi, et Hicham ne cache pas avoir, lui aussi, suivi le déroulement des campagnes, du moins à travers les débats télévisés. Il me précise que, malgré tout, les élections 2017 sont essentielles, et ce surtout sur le plan international : « <em>V</em><em>u ce qui est en train de se passer dans le monde, il va effectivement falloir quelqu’un qui puisse prendre de bonnes décisions parce que là, ça commence à craindre !</em> » me dit-il suivi d’un rire. Cette peur s’entend dans beaucoup de voix. Il n’est pas le seul à comprendre que les élections de 2017 en France ont un rôle important à jouer dans le déroulement des choses dans le monde. De la même manière que les élections présidentielles américaines ont été grandement suivies à travers le monde, les élections françaises ont, elles aussi, intéressés les citoyens des pays étrangers. De nombreuses personnalités du monde entier ont montré leur soutien ou se sont intéressées de près ou de loin à certains candidats à la présidence.</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>Pour qui voter lorsqu&rsquo;on est dégoûté de la politique ?</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Elire un(e) président(e) dans ce contexte est primordial. Donc, voter est plus que nécessaire, selon Hicham. Ce n’est pas totalement l’argument du vote utile qu’il met en avant, puisqu’il ne s’agissait pas selon lui de voter pour un candidat qui fait un bon score contre un autre. Il s’agit en réalité de voter pour le candidat qui propose les moins pires idées. D’ailleurs, son choix s’est quasiment fait par élimination. « <em>Dans l’isoloir, je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai fait « plouf-plouf » mais c’était presque ça. J’ai en tout cas éliminé de mes choix ceux que je ne voulais absolument pas voir au pouvoir, et j’ai voté par dépit. </em>» Voter pour le « moins pire ». Un vote amer qui aurait pu être contré par le vote blanc s’il avait été pris en compte. C’est en tout cas ce que pense Hicham quand je lui demande pourquoi ne pas voter blanc : « <em>Le vote blanc est inutile. Autant voter pour un petit candidat, ce qui revient presque au même, car ça va réduire le pourcentage de chance de ceux qu’on n’a pas forcément envie de voir au pouvoir.</em> » Une position qui aurait pu être totalement différente si le vote blanc était pris en compte dans notre mode d’élection : « <em>par contre si le vote blanc avait été pris en compte, je pense qu’il y aurait beaucoup de monde qui iraient voter et que ca aurait été une bonne alternative pour ceux qui ne veulent aucun des candidats proposés.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center"><span style="color: #000000"><em><strong>Georges (Brignais) : &laquo;&nbsp;Ils servent leurs propres intérêts&nbsp;&raquo;</strong></em></span></p>
</blockquote>
<div id="attachment_1044" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/DSCF3521-2.jpg"><img class="wp-image-1044 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/DSCF3521-2-1024x768.jpg" alt="DSCF3521 (2)" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Georges (Brignais)</p></div>
<p><span style="color: #000000">Georges, retraité, ancien artisan boucher vivant dans le Rhône, a glissé le nom de François Fillon dans l’urne, « <em>parce que je suis à droite depuis toujours</em> » affirme-t-il. Mais ce n’est pas sans méfiance, concède-t-il : « <em>Tous autant qu’ils sont, ils pensent qu’à eux. Faut pas rêver</em> ».</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>« Tous autant qu’ils sont, la droite, la gauche, tous, ils ne valent pas plus cher les uns que les autres, parce qu’ils sont au pouvoir, ils pensent d’abord à eux avant de penser à nous. »</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Voilà le constat désabusé que fait Georges en ce jour d’élections. « <em>J’estime que tout homme politique, un an après avoir quitté la vie politique, il devrait redevenir comme nous : hommes citoyens comme tout le monde</em> » déclare-t-il, espérant que cela réduirait les intérêts personnels des candidats. De plus, « <em>les Sénateurs, il faudrait en supprimer la moitié, mais il n’y en a pas un qui le dit, parce que c’est tous des copains</em> ». Il s’attaque également à Emmanuel Macron, estimant que « <em>tous ceux qui sont autour de lui, ils sont venus le soutenir pour avoir des places, après</em> ».</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>« Franchement la classe moyenne comme nous, au milieu, on est imposés de partout »</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Avec son vote, Georges espère d’abord exprimer le mécontentement de la classe moyenne : « <em>Moi j’ai travaillé toute ma vie, en faisant 70 heures par semaine, je ne suis pas fortuné, mais j’ai travaillé pour pouvoir vivre à la retraite </em>». Il existe pour lui une injustice profonde, car les vrais riches « <em>ont tous des combines pour ne pas payer d’impôts</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000">Il souligne également un fort décalage entre les dépenses de l’Etat et celles qu’il faisait difficilement pour faire vivre son commerce : « <em>Vous mettez votre maison en jeu, vous mettez tout ce que vous possédez en jeu pour pouvoir arriver à faire ce que vous voulez. Si vous n’y arrivez pas, on vous prend ce que vous avez fait. L’homme politique, lui, il vient, c’est pas son argent, il n’est pas traité comme nous. Quand c’est pas votre argent vous faites ce que vous voulez ! Quand vous le transpirez tous les matins en vous levant, vous ne le jetez pas par les fenêtres.</em> »</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>« <em>J’ai toujours voté. Là j’étais dans le midi, je me suis déplacé pour venir voter.</em> »</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Malgré tout, pour Georges, « <em>c’est important, il faut voter, parce que c’est nous qui jouons.</em> » Il fustige les abstentionnistes : « <em>Ceux qui ne votent pas, qu’ils se taisent après.</em> ». Il regrette la bassesse du débat politique, vide d’idées : « <em>Ils se critiquent, c’est tout ce qu’ils font, ils se critiquent mutuellement !</em> ». Il pense que « <em>l’actualité, elle fait plus de mal qu’autre chose</em> ». Les affaires Fillon, par exemple, sont la preuve d’une absence de fond : «<em> On veut démonter quelqu’un, on le démonte en faisant ressortir des trucs qui ont vingt ans ; c’est ça la politique </em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000">« <em>Ça sert à rien de se battre, l’essentiel c’est qu’ils se réunissent tous</em> » déclare finalement Georges. Et d’ajouter, sur un ton quelque peu rêveur : «<em> Ils devraient s’unir et gouverner ensemble</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right"><span style="color: #000000">Article rédigé par Matthieu Slisse, Estelle Ndjandjo, Louis Faurent, Mariette Munier, Mohammed Azzaoui, Martin Hortin, Vianney Savatier et Anaëlle Véricel.</span></p>
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		<title>Le mythe pop-punk : fragments &amp; fictions</title>
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		<pubDate>Sun, 09 Apr 2017 22:54:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Clément Zagnoni]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[pop-punk]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; Des &#171;&#160;teen movies&#160;&#187; américains aux groupes incontournables qui ont fait sa légende, le pop-punk a bercé l&#8217;adolescence de millions de mélomanes un peu partout dans le monde. Radio Londres remonte le temps pour vous conter l&#8217;histoire de ce genre singulier : son émergence, son apogée, son déclin et ses décombres. &#160; Naissance et caractéristiques [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000"><strong>Des &laquo;&nbsp;teen movies&nbsp;&raquo; américains aux groupes incontournables qui ont fait sa légende, le pop-punk a bercé l&rsquo;adolescence de millions de mélomanes un peu partout dans le monde. Radio Londres remonte le temps pour vous conter l&rsquo;histoire de ce genre singulier : son émergence, son apogée, son déclin et ses décombres.</strong></span></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>Naissance et caractéristiques musicales</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Le pop-punk naît au milieu des années 1970 et se pose immédiatement en sous-genre du rock, mêlant des éléments punk-rock à une musique pop. Il se distingue notamment par un tempo rapide et des guitares saturées (la &laquo;&nbsp;disto&nbsp;&raquo;, pour les intimes) typiques de la scène américaine de l&rsquo;époque. Mais si le pop-punk se veut dès sa genèse une passerelle entre les genres, il peine à séduire au-delà des aficionados et mettra environ une vingtaine d&rsquo;années pour commencer à s&rsquo;exporter hors de la communauté, à travers des festivals comme le Warped Tour, célèbre outre-Atlantique.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Car c&rsquo;est bien là que le style va faire ses premières gammes, aux USA principalement ainsi qu&rsquo;au Canada, où il devient rapidement l&rsquo;un des courants importants du punk. Le pop-punk parle aux jeunes et aux ados en abordant la vie quotidienne avec des thèmes simples, des relations amoureuses à l&rsquo;adolescence en passant par les problèmes personnels. Et s&rsquo;il est majoritairement incarné par des groupes, il a aussi été promu dans les années 2000 par des chanteuses solo comme Avril Lavigne, indéniablement influencée par cette notoriété soudaine et grandissante.</span></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/u3nPqNJ1SKc?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000">Les groupes mythiques</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">La scène connaît son pic de popularité à la fin des années 1990 et au début des années 2000, au moment où se croisent des groupes punk-rock (Green Day, The Offspring&#8230;) et des groupes pop-punk (blink-182, Sum 41&#8230;). Cet entremêlement des genres n&rsquo;a rien d&rsquo;anodin puisqu&rsquo;il marque à la fois la déchéance du punk garage et l&rsquo;avènement du pop-punk. S&rsquo;il y avait un album pour statuer ce succès, ce serait certainement &laquo;&nbsp;Enema Of The State&nbsp;&raquo; de blink-182, sorti en 1999 et célèbre pour sa pochette — une actrice de films pornographiques déguisée en infirmière qu&rsquo;on retrouve également dans le clip de <em>What&rsquo;s My Age Again?</em>. <em>What&rsquo;s My Age Again?</em> en est justement un des singles les plus redoutables — et sans doute la chanson la plus connue du groupe — avec des morceaux comme <em>Adam&rsquo;s Song</em> ou <em>All The Small Things.</em></span></p>
<p><span style="color: #000000">blink-182 s&rsquo;insère irrémédiablement dans cette période prospère pour le pop-punk, en témoigne aussi leur quatrième opus, &laquo;&nbsp;Take Off Your Pants and Jacket&nbsp;&raquo; (le deuxième plus vendu du groupe après &laquo;&nbsp;Enema Of The State&nbsp;&raquo;), porté par le single <em>First Date</em>.</span></p>
<div style="width: 1930px" class="wp-caption alignnone"><img class="" src="https://wallpaperscraft.com/image/blink-182_letters_figures_colors_traffic_light_1690_1920x1080.jpg" alt="" width="1920" height="1080" /><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">La pochette de &laquo;&nbsp;Take Off Your Pants and Jacket&nbsp;&raquo; (2001)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Parmi ces groupes à la renommée internationale, on trouve également Sum 41, The Offspring, Simple Plan, Good Charlotte, Yellowcard, Fall Out Boy ou encore Jimmy Eat World. Des groupes de la génération dorée donc (qui ont connu leurs heures de gloire aux alentours de l&rsquo;année 2000), et d&rsquo;autres qui ont surfé sur la vague du succès.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Mais si la pérennité du pop-punk se matérialise essentiellement à travers ces groupes issus d&rsquo;un pop-punk &laquo;&nbsp;classique&nbsp;&raquo;, d&rsquo;autres précurseurs ont su marquer la musique de leur empreinte singulière. C&rsquo;est le cas des All-American Rejects, qui, dans un registre plus powerpop, ont insufflé un vent nouveau (<em>The Wind Blows</em>) au genre, à travers deux disques impérissables que sont &laquo;&nbsp;Move Along&nbsp;&raquo; (2005) et &laquo;&nbsp;When The World Comes Down&nbsp;&raquo; (2008). La chanson <em>Gives You Hell</em>, sortie en France en 2009, assouvit les désirs internationaux du groupe qui gagne en popularité dans le monde. C&rsquo;est ce style remarquable dérivé du pop-punk qui va permettre au genre de trouver un nouveau public, peut-être moins rock à la base.</span></p>
<p><iframe width="920" height="690" src="https://www.youtube.com/embed/uxUATkpMQ8A?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000">L&rsquo;odyssée American Pie</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">La trilogie cinématographique sortie entre 1999 et 2003 a elle aussi sensiblement contribué à l&rsquo;expansion du genre : le premier <em>American Pie</em> qui en porte sobrement le nom — et qui fera un carton planétaire — débarque dans une période faste pour le punk-rock, mis en exergue par des albums à la stature internationale comme &laquo;&nbsp;Americana&nbsp;&raquo; des Offspring (novembre 1998) ou &laquo;&nbsp;Warning&nbsp;&raquo; de Green Day (octobre 2000).</span></p>
<p><span style="color: #000000">Si la bande originale de ce premier film fait office d&rsquo;amuse-bouche avec des sonorités résolument pop-punk (mais sans véritable chanson phare), c&rsquo;est véritablement les deux suivants en 2001 et 2003 qui vont propulser le genre, avec deux BO savoureuses portées par les &laquo;&nbsp;bands&nbsp;&raquo; les plus célèbres de l&rsquo;époque. <em>American Pie 2</em> inclue des morceaux de blink-182, Green Day et Sum 41 (<em>Fat Lip</em>) notamment, tandis que le troisième du nom, <em>American Pie : Marions-les !</em> parachève la série avec pléthore de tubes, comme <em>Swing Swing</em> des All-American Rejects, <em>The Hell Song</em> de Sum 41 ou encore l&rsquo;irrésistible <em>The Anthem</em> de Good Charlotte.</span></p>
<div style="width: 1930px" class="wp-caption alignnone"><img class="" src="http://www.atypique.co/wp-content/uploads/2012/04/e7300d1d5cb5059e53b78ec38d163d9b_large.jpeg" alt="" width="1920" height="1200" /><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">American Pie 4, quatrième long-métrage de la série, sorti en 2012</span></p></div>
<h4><strong><span style="color: #000000">Interview : Bastien, 23 ans, étudiant en infographie</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000"><em>Bastien a été plongé assez tôt dans l&rsquo;univers du rock, du punk et du pop-punk, un style qu&rsquo;il a découvert en autodidacte et qui a une place particulière dans son cœur. Il a répondu à nos questions sur l&rsquo;évolution du genre, de ses prémices à aujourd&rsquo;hui.</em></span></p>
<p><span style="color: #000000"><strong>Si je te dis &laquo;&nbsp;pop-punk&nbsp;&raquo;, tu penses à quoi ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000">Pour la plupart des gens, le pop-punk est lié au skate, aux skateparks dans les années 2000. Moi, je n&rsquo;en ai jamais fait ! Je dirais que le pop-punk c&rsquo;est une musique simple, rock, garage, populaire à la fin des années 1990 et dans les années 2000.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Quand et comment est-ce que tu as commencé à en écouter ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Ça date du collège. Mes parents écoutaient pas mal de rock des années 1970 et 1980 : Dire Straits, U2, Police ou les Beatles. Je suis tombé dans le pop-punk avec la radio (Europe 2) ;  et puis c&rsquo;était l&rsquo;époque des MP3 aussi, ça m&rsquo;a permis de télécharger et d&rsquo;écouter pas mal de musique, de découvrir de nouveaux artistes. J&rsquo;ai loué quelques CD à la médiathèque aussi, à l&rsquo;époque. Pour moi, le pop-punk découle du punk, il y est lié.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Tu parles d&rsquo;artistes. Quels sont ceux qui t&rsquo;ont marqué ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Sum 41. &laquo;&nbsp;Chuck&nbsp;&raquo; est le premier album que j&rsquo;ai acheté, en 5e. Sinon, blink-182, Green Day, The Offspring&#8230; Dans un registre plus punk et plus politique, j&rsquo;ai beaucoup écouté NOFX aussi. Dans le pop-punk, c&rsquo;est le trio guitare-basse-batterie qui prime !</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Et des albums en particulier ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Il y en a beaucoup ! &laquo;&nbsp;All Killer No Filler&nbsp;&raquo; de Sum 41, &laquo;&nbsp;Enema Of The State&nbsp;&raquo; de blink-182, &laquo;&nbsp;American Idiot&nbsp;&raquo; de Green Day, &laquo;&nbsp;Ocean Avenue&nbsp;&raquo; de Yellowcard, &laquo;&nbsp;When The World Comes Down&nbsp;&raquo; des All-American Rejects&#8230; Simple Plan, Good Charlotte et My Chemical Romance ont fait de très bons opus eux aussi.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Et aujourd&rsquo;hui, tu en écoutes encore ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Oui. Les meilleures chansons surtout, mais aussi celles que je n&rsquo;avais jamais écoutées. Par exemple, j&rsquo;ai véritablement découvert My Chemical Romance il y a deux ans à peine (le groupe a disparu en 2013, NDLR). J&rsquo;écoute aussi des groupes nés au milieu des années 2000, qui ont évolué avec le genre : All Time Low et Paramore par exemple, ou We Are The In Crowd. </span><span style="color: #000000">En France, j&rsquo;aime beaucoup Chunk! No, Captain Chunk qui mélange le style pop-punk avec du hardcore. Sinon, dans cette idée &laquo;&nbsp;d&rsquo;évolution&nbsp;&raquo;, j&rsquo;apprécie des groupes qui ont intégré des claviers à leur musique : Motion City Soundtrack notamment, ou encore PVRIS, plus récemment.</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Justement, quel regard tu portes sur l&rsquo;évolution du genre ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">Il y a de moins en moins de rock sur la scène musicale. Si l&rsquo;ère du punk me semble réellement révolue, je crois que le pop-punk subsiste toujours, même s&rsquo;il a beaucoup changé ces dernières années. Il faut aujourd&rsquo;hui plus que le trio de base (guitare-basse-batterie) pour promouvoir le style. Des groupes comme Pink Floyd ou Alan Parsons Project avaient déjà commencé à révolutionner la musique dans les années 70 et 80. Aujourd&rsquo;hui, un groupe comme PVRIS incarne la suite logique du genre.</span></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/8aQz-aKvyQU?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong><span style="color: #000000">5 chansons pour faire découvrir le pop-punk à un néophyte ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000">NOFX &#8211; <em>Franco un-American</em></span><br />
<span style="color: #000000"> Green Day &#8211; <em>Jesus Of Suburbia</em></span><br />
<span style="color: #000000"> blink-182 &#8211; <em>What&rsquo;s My Age Again?</em></span><br />
<span style="color: #000000"> Man Overboard &#8211; <em>World Favorite</em></span><br />
<span style="color: #000000"> Paramore &#8211; <em>crushcrushcrush</em></span></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/K7l5ZeVVoCA?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><strong><span style="color: #000000">Le pop-punk aujourd&rsquo;hui</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">En 2017, le pop-punk résiste à sa façon. Il y a d&rsquo;abord les papys du genre, inébranlables, à l&rsquo;image de Green Day qui suscite toujours le même engouement chez le public. Il y a ceux qui reviennent, aussi, après un voire plusieurs hiatus : Good Charlotte, blink-182, Sum 41&#8230; ceux-là dépassent les frontières du pop-punk et il y a fort à parier que le genre plongera encore davantage quand ils seront partis. Et puis il y a les nouveaux, dans le sillon de leurs prédécesseurs : As It Is par exemple, fer de lance de la scène britannique, ou Waterparks, plus récemment encore.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Mais la véritable influence du pop-punk dans la musique contemporaine est plus subtile, plus imperceptible encore. La majorité des groupes qui émergent aujourd&rsquo;hui dans des styles similaires (powerpop, rock alternatif, punk, emo-pop&#8230;) ont grandi avec le genre pop-punk. Le style a accompagné nombre de groupes actuels dans leur émancipation musicale, et ça se ressent sur la scène récente. PVRIS par exemple, cité plus haut, ou encore Panic! At The Disco, au carrefour du pop-punk et de la powerpop. Parmi les plus fidèles successeurs de la génération dorée, on peut aussi mentionner des groupes comme All Time Low ou Paramore, formés dans les années 2000. Ceux-là — comme d&rsquo;autres — incarnent peut-être le pop-punk moderne, plus accessible et moins &laquo;&nbsp;punk&nbsp;&raquo;, et désormais teinté de claviers&#8230;</span></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/JfUug-R7M5g?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong><span style="color: #000000">Le pop-punk a dit adieu depuis bien des années à son ère la plus glorieuse : celle des opus légendaires et des groupes intergénérationnels, celle de la ferveur populaire et des romances lycéennes. Pourtant, si cette époque est révolue, elle fait partie intégrante des millions d&rsquo;ados qui l&rsquo;ont ingérée, consciemment ou non. De ses cendres incandescentes subsistent alors des mélodies entêtantes, impérissables, empreintes d&rsquo;une nostalgie jusqu&rsquo;alors inconnue. Et il faudrait l&rsquo;enterrer ? </span></strong><span style="color: #000000"><strong>Ce serait une erreur. Car le pop-punk n&rsquo;est pas mort, il est partout. Il ne tient qu&rsquo;à nous de le réveiller, d&rsquo;en attiser les braises pour rallumer la flamme. Comme une réminiscence.</strong></span></p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/0vT9IZOwtWQ?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>A Rennes, les migrants mongols apprennent le français dans un squat</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Mar 2017 11:08:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Sarah Houmsi]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Cours]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Mongols]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-Papiers]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; Depuis juin dernier, à Rennes, dans le quartier de La Poterie, plus de 160 sans-papiers dont 70 enfants occupent un bâtiment vacant avec le soutien de l&#8217;association &#171;&#160;Un toit c&#8217;est un droit&#160;&#187;. En tout, des familles originaire de plus de 20 pays y ont trouvé refuge. Dans cette tour de Babel, les cours de [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Depuis juin dernier, à Rennes, dans le quartier de La Poterie, plus de 160 sans-papiers dont 70 enfants occupent un bâtiment vacant avec le soutien de l&rsquo;association &laquo;&nbsp;Un toit c&rsquo;est un droit&nbsp;&raquo;. En tout, des familles originaire de plus de 20 pays y ont trouvé refuge. Dans cette tour de Babel, les cours de français abondent. Les migrants mongols font partie de ceux qui en ont le plus besoin. Déterminés, malgré leur condition de vie et avec l&rsquo;aide précieuse des bénévoles, ils poursuivent sans relâche leur apprentissage.</strong><span id="more-841"></span></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Les cours de français, c&rsquo;est ce qui me fait me lever tous les matins&nbsp;&raquo;,</em> confie Armelle. Institutrice à la retraite et militante au sein de l&rsquo;association &laquo;&nbsp;<a href="http://untoitundroit35.blogspot.fr/">Un toit c&rsquo;est un droit</a>&laquo;&nbsp;, elle enseigne le français aux étrangers depuis quinze ans. Depuis juin dernier, elle consacre six heures par semaine aux cours de français pour les mongols au Squat de La Poterie.</p>
<div id="attachment_23735" style="width: 675px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/03/IMG_4818.jpg"><img class="wp-image-23735 size-large" src="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/03/IMG_4818-682x1024.jpg" alt="" width="665" height="998" /></a><p class="wp-caption-text">Armelle Crédit: Vincent Feuray</p></div>
<p>Ici, les leçons se font dans un couloir, au cœur de la maison de retraite désaffectée.La classe se résume à une grande table servant de bureau commun et à un tableau blanc scotché au mur. Décor sommaire qui n&rsquo;entame en rien la motivation des élèves, ces cours sont bien trop importants pour se laisser distraire. Armelle le comprend:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Ils savent que la régularisation, ça passera par l&rsquo;intégration et pour s&rsquo;intégrer, il faut parler français. Il n&rsquo;y a pas le choix&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Dès le début de la séance, il est clair qu&rsquo;Armelle est dans son élément : elle mime, fait de grands gestes lorsque le français ne suffit pas, gronde ses élèves qui font parfois exprès de faire des fautes pour voir, les yeux riant, leur professeure faire la grimace. Ils l&rsquo;appellent &laquo;&nbsp;Emee&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;grand-mère&nbsp;&raquo; en mongol. Une grande complicité qu&rsquo;Armelle reconnaît volontiers :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;La rencontre avec les mongols, ça a été la grande histoire de ma vie. Je serais incapable d&rsquo;expliquer comment mais petit à petit j&rsquo;ai été accueillie chez eux et on a créé des liens vraiment très forts&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<div id="attachment_23736" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/03/IMG_4202web.jpg"><img class="wp-image-23736 size-full" src="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/03/IMG_4202web.jpg" alt="" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit: Vincent Feuray</p></div>
<p>Pour la deuxième heure, l&rsquo;ancienne institutrice a prévu une leçon sur la météo. Sujet bien anodin à première vue. Pourtant l&rsquo;évocation de la neige assombri le visage d&rsquo;Irelma, 43 ans. Elle se souvient de son premier hiver en France. C&rsquo;était à Rennes, en 2010, dans un autre squat. Plus de 80 sans-papiers avaient trouvé refuge dans un funérarium désaffecté. Irelma vivait sous les combles avec sa fille de un an, toutes deux à peine abritées de la neige par une toiture trouée. A l&rsquo;époque, la situation de ces familles, logeant dans ce lieu pour le moins sinistre, avait choqué l&rsquo;opinion publique. Au final, les interrogations insistantes de la presse et un rapport de la Direction de la santé publique de Rennes déplorant les conditions de vie à l&rsquo;intérieur du squat avaient fini par pousser la préfecture et la mairie à loger les familles.</p>
<p>Armelle n&rsquo;était pas surprise de retrouver Irélma au squat de la Poterie sept ans plus tard.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Comme ils n&rsquo;ont pas papiers, la préfecture ne leur propose que des solutions temporaires. Après, ça, c&rsquo;est de retour à la rue&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Ces logements temporaires ont pour but de donner le temps aux migrants de faire leurs demande de papiers. Mais la réalité n&rsquo;est pas aussi simple. Bien souvent, les bénévoles constatent que la peur de l’expulsion les dissuadent de faire leurs démarche :</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Ne pas faire de demande, c&rsquo;est rester dans l&rsquo;anonymat. Quand ils vont à la préfecture ils prennent un risque, au moins là ils sont dans la survie. Au lieu de déraciner les enfants, de recommencer à zéro dans un autre pays, de réapprendre une nouvelle langue, ils veulent s&rsquo;accrocher à la France mais entre temps, dans combien de squat ils ont vécu?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_23739" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/03/IMG_4038web.jpg"><img class="wp-image-23739 size-full" src="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/03/IMG_4038web.jpg" alt="" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Dans le squat de la Poterie Crédit: Vincent Feuray</p></div>
<p>Le futur est incertain. Le séjour au squat de La Poterie ne durera pas. La date de l&rsquo;évacuation, début juillet, suscite beaucoup d&rsquo;anxiété : Irelma l&rsquo;a baptisé &laquo;&nbsp;Juillet noir&nbsp;&raquo;. <em>&laquo;&nbsp;Après, on est à la rue&nbsp;&raquo;</em> dit-elle à Armelle. La professeure est résignée : <em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;espère pas, on va tout faire pour que ça n&rsquo;arrive pas&nbsp;&raquo;</em>. Une chose est certaine pour les mongols, si l&rsquo;avenir les poussent vers  un autre squat, ils savent qu&rsquo;ils y retrouveront Emee Armelle et ses cours de français.</p>
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		<title>À Strasbourg, le hip hop en plein essor</title>
		<link>http://grandsformats.radio-londres.fr/2017/02/15/bad-kneckes-de-scene-hip-hop-a-strasbourg/</link>
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		<pubDate>Wed, 15 Feb 2017 09:52:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Khedidja Zerouali]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; La scène hip hop à Strasbourg ne cesse d&#8217;évoluer depuis les dix dernières années. Bien installée sur ses cinq disciplines, elle est devenue une des scènes urbaines les plus attractives de l&#8217;hexagone. Reportage. &#160; La danse de la pause, un acte collectif   Kirikou, le turbulant Eric (alias Kirikou) danse depuis 2005 et, de son [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000"><strong>La scène hip hop à Strasbourg ne cesse d&rsquo;évoluer depuis les dix dernières années. Bien installée sur ses cinq disciplines, elle est devenue une des scènes urbaines les plus attractives de l&rsquo;hexagone. Reportage.</strong></span></p>
<hr />
<p><span style="color: #000000"><span id="more-761"></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="color: #000000">La danse de la pause, un acte collectif</span></h2>
<h3><span style="color: #000000"> </span></h3>
<h3><span style="color: #000000">Kirikou, le turbulant</span></h3>
<p><span style="color: #000000">Eric (alias Kirikou) danse depuis 2005 et, de son initiation dans les rues de Wittenheim à ses diverses représentations aujourd&rsquo;hui, le jeune homme de 28 ans n&rsquo;a pas changé de crew. Ce qu&rsquo;il trouve beau dans cet art et ce qui en fait sa force, selon lui, c&rsquo;est justement la diversité des membres, des niveaux et des styles qu&rsquo;il peut y avoir au sein d&rsquo;un même crew. Le sien, <a style="color: #000000" href="https://www.facebook.com/Toxicofficiel/?fref=ts">Toxic Crew</a> &#8211; anciennement Ninja Crew &#8211; a été fondé en 2007 et regroupe des &laquo;&nbsp;bboys&nbsp;&raquo; venant de Mulhouse et Strasbourg, <em>&laquo;&nbsp;une vraie famille&nbsp;&raquo;</em> commente fièrement le danseur.</span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;Mon plus grand rêve serait d&rsquo;ouvrir une structure de la culture hip hop à Strasbourg qui réunirait tous les domaines de la culture urbaine dans un même lieu. Je pense sincèrement qu&rsquo;on a à Strasbourg le potentiel et la force pour construire un tel projet, il manque juste un élément déclencheur.&nbsp;&raquo; </em></span></p>
<div id="attachment_797" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/1.jpg"><img class="wp-image-797 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/1-1024x683.jpg" alt="1" width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Eric lors d&rsquo;un entraînement à la salle de Lingolsheim © Khedidja Zerouali</p></div>
<p><span style="color: #000000">Au-delà de la démocratisation, Kirikou affirme que c&rsquo;est le brassage avec d&rsquo;autres cultures et son évolution qui fait la richesse du hip-hop. En juin dernier, le danseur a d&rsquo;ailleurs travaillé avec la compagnie de <em>Babel l&rsquo;Héritage</em>, une comédie musicale où les artistes et notamment les danseurs avaient tous des styles très différents. Si, pour lui, la démocratisation est une bonne chose, il craint l&rsquo;institutionnalisation qui va avec car à terme elle pourrait, selon lui, tuer le hip-hop dans son essence.</span></p>
<p><span style="color: #000000"><em><em>«</em> L&rsquo;Etat a pour projet de créer un brevet de danseur hip-hop, un diplôme d&rsquo;Etat. Ça tuerait notre art, des personnes qui dansent depuis des années avec la seule légitimité de leurs expériences seraient donc moins reconnues que n&rsquo;importe quelle personne qui aurait passé son diplôme. Encore une fois, on essaye de nous décrédibiliser parce que notre art vient de la rue, que nous n&rsquo;obéissons à aucune règle, que nous sommes libres.&nbsp;&raquo; </em></span></p>
<p><span style="color: #000000">Et effectivement, la question d&rsquo;un diplôme d&rsquo;Etat en danse hip-hop a été abordée en février 2014 au Sénat par Mme Françoise Cartron, Sénatrice de Gironde &#8211; retrouvez l&rsquo;échange <a style="color: #000000" href="https://www.senat.fr/questions/base/2014/qSEQ140210411.html">ici </a>.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000">Gevo, le guerrier</span></h3>
<p><span style="color: #000000">Cevat, ou plutôt G-Vo, a 24 ans et danse depuis presque la moitié de sa vie, dix ans. Après avoir intégré <a style="color: #000000" href="https://www.facebook.com/official.illusioncrew/?fref=ts">Illusion Crew</a> en 2007, il a beaucoup évolué mais est toujours resté fidèle à son crew. Il explique d&rsquo;ailleurs volontiers que face à la logique de &laquo;&nbsp;dreamteam&nbsp;&raquo; où les meilleurs danseurs se mettent ensemble pour rafler tous les titres, lui préfère rester fidèle à l&rsquo;esprit de cohésion et de solidarité qui existe au sein d&rsquo;Illusion Crew.</span></p>
<div id="attachment_812" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><img class="wp-image-812 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/IMG_5417-1024x683.jpg" alt="IMG_5417" width="920" height="614" /><p class="wp-caption-text">Cevat lors d&rsquo;un entraînement à la salle de Lingolsheim © Khedidja Zerouali</p></div>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;Je trouve qu&rsquo;il y a ici beaucoup de passionnés et c&rsquo;est grâce à eux que ça marche, qu&rsquo;on arrive à organiser des événements qui fédèrent beaucoup de monde et qu&rsquo;on arrive à se faire une place, bien qu&rsquo;on manque encore beaucoup d&rsquo;aides de la part de la Mairie&nbsp;&raquo;.</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000"><strong>Hamsi, la perfomante </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000">Hamsi, animatrice pour enfants la semaine et breakdanseuse le week-end, danse depuis six ans à Wisembourg et à Strasbourg avec le crew Stay&rsquo;in. Selon elle, ce qui manque le plus, ce ne sont pas forcément les aides financières mais les occasions de se représenter. La promotion des danseurs sur les scènes est pour elle le nerf de la guerre, parce que trouver des lieux où se produire, c&rsquo;est aussi élargir son public et faire connaître à plus de monde le break. Cet art, en perpétuelle évolution, s&rsquo;ouvre et séduit d&rsquo;ailleurs de plus en plus au-delà des cités dans lesquelles certains voudraient le cantonner.</span></p>
<div id="attachment_813" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/IMG_5484.jpg"><img class="wp-image-813 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/IMG_5484-1024x683.jpg" alt="IMG_5484" width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Hamsi lors d&rsquo;un entraînement à la salle de Lingolsheim © Khedidja Zerouali</p></div>
<p><span style="color: #000000"><em><em>«</em> Il y a aussi une énorme évolution en terme de parité, il y a de plus en plus de filles, on arrive à rattraper les hommes sur presque tout. Finalement il n&rsquo;y a pas de différence majeure et aujourd&rsquo;hui les crew sont mixtes, c&rsquo;est devenu normal. Quelle différence alors entre un breakdanseur et une breakdanseuse ? Et bien tout les différencie, car ce sont tout simplement deux danseurs différents avec des styles différents, rien à voir avec le sexe.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="color: #000000">LES FAISEURS DE beat</span></h2>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000">La chambre de Goomar, haut lieu de la culture hip hop strasbourgeoise</span></h3>
<p><span style="color: #000000">Dans le salon de Lucas &#8211; aka Goomar &#8211; quelque part dans un grand appart pas très loin de la cathédrale, Gabriel son colocataire &#8211; aka <a style="color: #000000" href="https://soundcloud.com/eklectikbastard">Géabé</a>, un MC strasbourgeois &#8211; taffe sur son ordinateur, alors que dans la chambre de Goomar, un autre MC pose quelques mots sur une instru boom-bap. Pendant ce temps, Goomar, Gilles &#8211; un DJ strasbourgeois &laquo;&nbsp;à l&rsquo;ancienne&nbsp;&raquo; &#8211; et Hugo &#8211; un des membres de <a style="color: #000000" href="https://www.facebook.com/Paris-Reality-Check-157901810939846/">Paris Reality Check</a> expatrié à Strasbourg (collectif prônant la culture urbaine à Paris et ayant financé le vynil de Goomar, <em>The Astral Factor</em>)- discutent dans la cuisine.</span></p>
<div id="attachment_799" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/4.jpg"><img class="wp-image-799 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/4-1024x683.jpg" alt="4" width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Soirée de live beatmaking au Fat Black Pussycat co-organisé par Goomar © Khedidja Zerouali</p></div>
<p><span style="color: #000000">Extraits de conversations dans la cuisine entre Lucas et Gilles :</span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;G: Il y a eu une nouvelle énergie, un élan avec Paye ton 16, les mecs de ma génération se sont réveillés. En plus maintenant à Strasbourg y&rsquo;a plein de bars où les gens peuvent kiffer du bon son du coup t&rsquo;es arrivé pile au bon moment  !</em></span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>L: Ouais mais on devrait aller plus loin, là je parle pas de bar mais d&rsquo;une réelle coopération entre tous, de nouveaux projets&#8230; Maintenant, on a la légitimé du nombre pour exiger que de nouveaux lieux et espaces soit dédiés à la culture urbaine.</em></span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>G: Ça existe déjà un peu mais c&rsquo;est compliqué &#8230;</em></span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>L: Oui mais le truc c&rsquo;est qu&rsquo;on doit pas forcément attendre la mairie pour avancer, c&rsquo;est pas une bonne chose l&rsquo;institutionnalisation. Le hip hop appartient au peuple, le lisser c&rsquo;est le pire truc qui puisse nous arriver !</em></span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>G: Peut-être, mais on peut aussi profiter de ce fait pour ramener de nouvelles personnes.</em></span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>L: Le hip hop n&rsquo;a pas besoin de l&rsquo;Etat, si on doit exister par les pouvoirs publics on se tuera après s&rsquo;être barricadé.</em></span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>G: Non mais on peut à la fois garder l&rsquo;essence du hip hop et vouloir aussi partager au plus grand nombre notre art&#8230; Et juste, pour revenir à ce que je disais sur la scène strasbourgeoise, j&rsquo;aimerais dire que moi j&rsquo;ai 40 balais, mais Saligo avec ses 25 ans, toi Goomar, ou encore Hugo vous nous avez vraiment fait du bien, un élan de fraîcheur.</em> <em>C&rsquo;est quand même dingue qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui des gars quittent Paris pour Strasbourg parce que ça bouge mieux, c&rsquo;est juste ouf, toute la sphère hip hop à Stras ou presque s&rsquo;est déjà posé dans ta chambre <strong>*rires*</strong> &laquo;&nbsp;.</em></span></p>
<div id="attachment_800" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/5.jpg"><img class="wp-image-800 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/5-1024x683.jpg" alt="5" width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Soirée de live beatmaking au Fat Black Pussycat co-organisé par Goomar © Khedidja Zerouali</p></div>
<p><span style="color: #000000">Lucas, Parisien installé dans la capitale alsacienne depuis trois ans, a déjà tant œuvré sur la scène hip hop locale que ses pairs le considèrent comme un beatmaker strasbourgeois à part entière. Et pour cause, il est à l&rsquo;origine de nombreux projets comme <a style="color: #000000" href="https://www.youtube.com/watch?v=BsPI6aKtQzM&amp;t=323s">Tour de Manège</a> ou <a style="color: #000000" href="https://www.youtube.com/watch?v=xAUMsPd7Lmo">Paye ton 16</a> et participe souvent à l&rsquo;organisation de nombreuses soirées hip hop &#8211; notamment au <a style="color: #000000" href="https://www.facebook.com/Fat-Black-Pussycat-322881494487044/?fref=ts">Fat Black Pussycat</a>, lieu incontournable de la culture urbaine strasbourgeoise.</span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;Tour de Manège c&rsquo;est un crew de beatmakers international lancé avec le montréalais<a style="color: #000000" href="https://soundcloud.com/legrandhuit-1"> GrandHuit</a> en 2013. C&rsquo;est trop kiffant de travailler avec des beatmakers de partout, on kiffait écouter des instru ensemble du coup on s&rsquo;est dit, pourquoi pas monter un crew ? Et aujourd&rsquo;hui, on est à peu près une vingtaine d&rsquo;artistes sur ce projet, tous des potes avec qui on a déjà fait plusieurs centaines de productions. Maintenant c&rsquo;est gros,  on fait une soirée tous les deux mois au Mudd et on va bientôt lancer de beaux projets sur <a style="color: #000000" href="https://tourdemanege.bandcamp.com/music">BandCamp</a> et malgré tout ça, ça reste gratuit &#8211; bon à part si vous voulez utiliser certains de nos morceaux envoyez nous quand même un petit message &#8211; *rires*. Le hip hop, c&rsquo;est avant tout une aventure collective !&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><span style="color: #000000"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/6.png"><img class="aligncenter wp-image-801 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/6-1024x483.png" alt="6" width="920" height="434" /></a></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="color: #000000">Tous les albums du collectif sont <a style="color: #000000" href="http://www.tchernolille.com/grid">ici</a> téléchargeables gratuitement</span></p>
<p><span style="color: #000000">Goomar s&rsquo;est formé seul : un jour, il a téléchargé Fruity Loops et depuis, il l&rsquo;utilise toujours. Ce qui lui vaut d&rsquo;ailleurs quelques moqueries de la part de ses amis beatmakers. Après avoir fait des essais peu pertinents en techno, il s&rsquo;est lancé dans le hip-hop, &laquo;&nbsp;boom-bap&nbsp;&raquo; précise-t-il, même s&rsquo;il lui arrive de faire des sons plus jazzy ou plus trap selon son humeur. Après dix ans d&rsquo;expérience et après avoir travaillé avec de nombreux grands noms du rap comme Nekfeu, Yoshi, Georgio, Caballero, Rêve Errant ou encore Anton Serra, Lucas sort aujourd&rsquo;hui son premier vynil, <em>The Astral Factor</em>, déjà entièrement écoulé.</span></p>
<div id="attachment_802" style="width: 299px" class="wp-caption alignleft"><img class="  wp-image-802" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/7-225x300.jpg" alt="7" width="289" height="386" /><p class="wp-caption-text">The Astral Factory par Goomar, produit par Paris Reality Check et illustré par Jo Ber © Khedidja Zerouali</p></div>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;Le début d&rsquo;une longue histoire avec le vynil j&rsquo;espère, celui-ci est plus sombre et le second qui arrive bientôt sera plus jazzy, plus smooth. Je suis tellement content d&rsquo;avoir eu l&rsquo;opportunité de faire du vynil, un objet beau et intemporel qui sera toujours là. Et on pourra retrouver mes sons même après la fin des internets, pour toujours. Un long périple vers le futur, comme l&rsquo;a illustré Jo Ber qui a fait un super taff et avec qui on travaille souvent, notamment pour Tour de Manège. &nbsp;&raquo; </em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000">DJ Swa, le strasbourgeois à Paris</span></h3>
<p><span style="color: #000000">Membre de Turntableast, première partie de Nekfeu, Booba, Tyga, 20Syl ou Busta Flex, le jeune DJ a connu de nombreuses scènes et, même s&rsquo;il habite maintenant depuis 2014 à Paris, il continue à se présenter comme un DJ aux origines strasbourgeoises. C&rsquo;est dans la capitale alsacienne qu&rsquo;il s&rsquo;est construit musicalement depuis 2001. Il y revient d&rsquo;ailleurs souvent, pour les NL Contest (Festival urbain strasbourgeois regroupant tous les acteurs des 5 disciplines du hip hop ainsi que le skate, roller et le BMX chaque année en mai), pour mixer dans différents lieux strasbourgeois, à la fête de la musique et tous les jours dans les oreilles des alsaciens qui écoutent RBS &#8211; Radio Bienvenue Strasbourg &#8211; avec la Swalection &#8211; contraction de Swa et sélection, pour sa playlist quotidienne.</span></p>
<div id="attachment_804" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/9.jpg"><img class="wp-image-804 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/9-1024x682.jpg" alt="9" width="920" height="613" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">NL Contest 2016 © Bartosch Salmanski</span></p></div>
<p><span style="color: #000000"><em><em>« </em>Il y a une grosse rigueur à Strasbourg, dans les soirées des années 2000 on venait de Paris pour aller dans nos soirées hip-hop. En Alsace, on avait pas le choix de toujours se surpasser parce qu&rsquo;on voulait être légitime à la fois auprès du public et à la fois auprès de nos pairs parisiens qui nous regardaient comme des petits provinciaux. Ça, c&rsquo;était avant mais maintenant avec la jolie éclosion de la scène hip hop à Stras, ce regard est en train de changer.&nbsp;&raquo; </em></span></p>
<p><span style="color: #000000">Sur la démocratisation de la culture hip hop, Swa a une réponse plutôt nuancée. Certes, c&rsquo;est ce qui vend le mieux et ça permet d&rsquo;avoir une visibilité extraordinaire, une crédibilité qui détruit tous les stéréotypes de &laquo;&nbsp;Yo Yo Ziva&nbsp;&raquo; ; mais en même temps, un certain formatage en découle. Pour le DJ, les rappeurs aux textes vides et aux voix trafiquées, c&rsquo;est aussi une partie du rap, mais c&rsquo;est ce qui tue le hip hop dans son essence. Parce que c&rsquo;est un autre message, une autre philosophie, et que ça n&rsquo;a plus grand chose à voir avec ce que fut le hip hop à ses débuts, le &laquo;&nbsp;constat d&rsquo;urgence&nbsp;&raquo; de NTM. </span></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Après c&rsquo;est comme ça, la monde évolue et la musique aussi. Le rap c&rsquo;était pas mieux avant, c&rsquo;était différent, aujourd&rsquo;hui il y a aussi de très belles choses qui se font&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><span style="color: #000000">Pour Swa, on peut à la fois vendre et rester droit dans ses bottes ; amener le public avec des beats entraînants pour des sons formats vers des morceaux plus travaillés pour le reste de l&rsquo;album. L&rsquo;exemple qui illustre, selon lui, le mieux cette manière de faire c&rsquo;est Nekfeu. <em>&laquo;&nbsp;Il ne se trahit jamais, continue à écrire de manière très travaillée, comme son dernier album le prouve, tout en s&rsquo;adaptant sur quelques sons au format que les radios aiment bien. On l&rsquo;invite sur les plateaux pour parler de <strong>On verra bien </strong>et il leur fait <strong>Nique les clone</strong>s ou <strong>Le mal aimé</strong>, ce type c&rsquo;est un réformiste de l&rsquo;intérieur, je kiffe <strong>*rires*</strong>.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<div id="attachment_803" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/8.jpg"><img class="wp-image-803 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/8-1024x678.jpg" alt="8" width="920" height="609" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Fête de la Musique Strasbourg 2016 © SuperStars Events</span></p></div>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;Je trouve dingue que le grand public en dehors de notre ville ne connaisse que Abd Al Malik alors qu&rsquo;ici, il y a une profusion incroyable de talents, autant chez les DJ, les beatmakers, les MC, les graffeurs que les danseurs. Juste pour citer quelques MC, ici on a des perles comme MessBass, Kadaz ou Junior qui mériteraient d&rsquo;être beaucoup plus reconnus&#8230; Je suis fier d&rsquo;être de Strasbourg, toujours admiratif de ce qui s&rsquo;y fait et on peut toujours tomber sur des bonnes surprises dans cette ville.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
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<h2><span style="color: #000000">PROFUSION DE MAÎTRES DE cérémonie</span></h2>
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<h3><span style="color: #000000">Monday is the new friday !</span></h3>
<p><span style="color: #000000">Il y a quelques mois, les Freestyle Mondays ont joyeusement soufflé leur cinquième bougie dans le sous-sol du Mudd, bar de la Place Saint Etienne qui les accueille depuis le tout début. Le concept, hérité des scènes américaines, a été transporté par l&rsquo;alsaricain Mr E, MC d&rsquo;Art District, qui y a découvert il y a cinq ans et demi les soirées open-mic. Beaucoup plus emballé par cette philosophie de partage que par les soirées battle, le rappeur, après en avoir parlé aux membres d&rsquo;Art District, a vite commencé à organiser des soirées qui ont pour ambition de faire du lundi le nouveau vendredi.</span></p>
<div id="attachment_805" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/10.jpg"><img class="wp-image-805 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/10-1024x685.jpg" alt="" width="920" height="615" /></a><p class="wp-caption-text">Freestyle Monday au Mudd © Khedidja Zerouali</p></div>
<p><span style="color: #000000">Pour faire un joyeux freestyle monday, prendre le lundi le plus déprimant du mois et y ajouter :</span></p>
<p><span style="color: #000000">&#8211; Les supers musiciens jazzy d&rsquo;Art District</span></p>
<p><span style="color: #000000">&#8211; Un Mr E à l&rsquo;improvisation facile</span></p>
<p><span style="color: #000000">&#8211; Des MC motivés aux verves efficaces (e</span><span style="color: #000000">t un MC trop bourré, aussi)</span></p>
<p><span style="color: #000000">&#8211; Des poètes perdus et finalement biens à leurs places</span></p>
<p><span style="color: #000000">&#8211; Un beau public éclectique</span></p>
<p><span style="color: #000000">&#8211; Et le sous-sol toujours trop chaud du Mudd</span></p>
<div id="attachment_806" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/11.jpg"><img class="wp-image-806 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/11-1024x685.jpg" alt="" width="920" height="615" /></a><p class="wp-caption-text">Freestyle Monday au Mudd © Khedidja Zerouali</p></div>
<p><span style="color: #000000"><em><em>« </em>Maintenant, on a des MC réguliers. D&rsquo;ailleurs, on peut dire que j&rsquo;ai découvert une grande partie des MC strasbourgeois, alsaciens ou d&rsquo;ailleurs à ces soirées. Je connais tous les habitués, je les ai vu évoluer, parfois de manière très rapide et ça c&rsquo;est quand même cool. Ça nous fait plaisir à nous, à eux, au public, c&rsquo;est que du positif. Et à côté, on a aussi des nouveaux qui arrivent assez souvent, au moins un/e par mois, ça bouge vraiment !&nbsp;&raquo; </em></span></p>
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<h3><span style="color: #000000">La petite interview du grand Mr E</span></h3>
<p><span style="color: #000000">MC d&rsquo;Art District, Freez, Blockstop, Big Nowhere ou encore Caterva : l&rsquo;amersacien est partout. Son flow new-yorkais ambiance les oreilles strasbourgeoises depuis 2006, soit un an après son arrivée dans la capitale du bretzel. Nous l&rsquo;avons rencontré, toujours dans la cave du Mudd, pour quelques questions sur le futur du hip hop, très modestement.</span></p>
<div id="attachment_807" style="width: 899px" class="wp-caption aligncenter"><img class="wp-image-807 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/12.jpg" alt="12" width="889" height="889" /><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">© Laurent Khrâm</span></p></div>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;&#8211; Depuis quelques temps déjà, il y a une grande démocratisation du rap, qui s&rsquo;est, de fait, beaucoup transformé et qui s&rsquo;est développé un peu dans tous les sens. Comment as-tu vécu cette évolution ?</em></span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>Aujourd&rsquo;hui, il a du rap featuring du RnB, de la pop ou de l&rsquo;éléctro, y&rsquo;a du rap dans des comédies musicales à Brodway, y&rsquo;a du rap partout. Je ne sais pas si c&rsquo;est bien ou pas, c&rsquo;est tout simplement naturel. Hier, on était radical, aujourd&rsquo;hui (ou demain?) on sera mainstream, tout comme Elvis était radical à son époque et qui est un classique aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est comme ça. </em></span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>&#8211; Mais est-ce que finalement la culture hip hop ne se perd pas dans cette profusion de rap partout, brassé à tout, parfois jusqu&rsquo;à être vidé de tout ?</em></span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>Peut-être, mais moi je pense que c&rsquo;est toujours bien que le rap suscite de l&rsquo;intérêt. Faut juste faire attention à ce qu&rsquo;on en fait. Si certains en font quelque chose de plus lisse, de plus dilué, dommage. Mais dans un même temps, d&rsquo;autres continuent de s&rsquo;en servir pour porter haut un message de rébellion, et ça, c&rsquo;est tant mieux. Et à côté des choix artistiques, y&rsquo;a aussi une pression médiatique, du public et des producteurs qui n&rsquo;est plus la même et qui a un grand impact sur ce qui se produit aujourd&rsquo;hui. Faut juste savoir trouver du bon là où il y en a et il y en a beaucoup ici.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
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<h2><span style="color: #000000">BOITE RYTHMIQUE HUMAINE&amp; ALSACIENNE</span></h2>
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<h3><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;Mon aventure dans le beatbox a commencé par une vidéo postée sur Youtube, filmée par un inconnu dans le tram.&nbsp;&raquo;</em></span></h3>
<p><span style="color: #000000">Tomii Beatbox a dix-huit ans de vie, dont six à faire du beatbox (et aussi un peu de rap et de danse). Triste et un peu désabusé, il explique que la communauté beatbox s&rsquo;est complètement éteinte ici et qu&rsquo;il ne reste que lui, quelques autodidactes qui ne se produisent pas forcément sur des scènes et des anciens qui ont décroché. Tomii fait parti de la Compagnie professionnelle MJD où il fait non seulement du beatbox mais aussi du breakdance. Ce collectif hip hop issu de l&rsquo;imagination de Majid Yahyaoui est très ouvert sur les autres cultures et travaille notamment avec l&rsquo;Orchestre philharmonique de Strasbourg. A côté de ses quelques représentations et de sa collaboration avec Majid, il travaille avec les élèves des écoles primaires et les collèges du Neuhof, où il enseigne aux enfants les rudiments du beatbox.</span></p>
<div id="attachment_808" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/13.jpg"><img class="wp-image-808 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/13-1024x685.jpg" alt="" width="920" height="615" /></a><p class="wp-caption-text">Tomii Beatbox au café La Taverne © Khedidja Zerouali</p></div>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;Il y avait une vidéo d&rsquo;un inconnu qui traînait sur Youtube, où l&rsquo;on me voyait faire un peu de beatbox dans le tram. Quelques temps après que cette vidéo soit devenue virale à Strasbourg et dans les alentours, je suis allé à un concert à la Laiterie. Le mec sur scène m&rsquo;a reconnu, m&rsquo;a demandé de monter, et pour la première fois de ma vie, je suis monté sur une scène. J&rsquo;ai d&rsquo;ailleurs eu du mal à la quitter, je me suis senti si bien que j&rsquo;ai fais une mini-performance de plus de dix minutes. Les gens ont kiffé, c&rsquo;est surement un de mes plus beaux souvenirs.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><span style="color: #000000">Le rêve ultime du jeune alsacien serait de participer à l&rsquo;ouverture d&rsquo;une école de Beatbox en France. Peut être même à Strasbourg. Après tout, si ça marche dans les écoles du Neuhof, pourquoi ne pas généraliser l&rsquo;initiative ? Sûrement parce que le manque de beatboxeurs en Alsace ne le permettrait pas. Une déliquescence de la communauté beatbox que Tomii a encore du mal à s&rsquo;expliquer clairement.</span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;Cependant, j&rsquo;ai toujours espoir qu&rsquo;un jour, on reconstruise le beatbox à Strasbourg, notamment en s&rsquo;associant avec des artistes qui viennent de tous les milieux. Par exemple, moi j&rsquo;ai déjà travaillé avec un saxophoniste et une autre fois avec une violoniste et c&rsquo;était juste trop cool.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
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<h2><span style="color: #000000">ET SUR LES MURS</span></h2>
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<h3><span style="color: #000000">Wise, le puriste</span></h3>
<p><span style="color: #000000">Wise graffe depuis 1998, toujours à Strasbourg, et toujours en faisant du writting (écrire son &laquo;&nbsp;blaze&nbsp;&raquo; dans la rue). Et ça, Wise y tient beaucoup.</span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;Le 5ème pilier du hip hop c&rsquo;est pas le street art, c&rsquo;est le graff et par graff, j&rsquo;entends le writting uniquement. Les vrais puristes rajouteraient même que bien qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui le graff fasse de la culture hip hop, il l&rsquo;a précédé. Le writting existait avant le hip hop, on écrivait nos blazes sur les murs avant l&rsquo;apparition du rap. C&rsquo;est juste que ce sont deux pratiques artistiques qui se sont associées parce qu&rsquo;elles venaient de la rue et surtout parce qu&rsquo;elles ont éclos en même temps, un peu comme le punk et le skate. Certains vieux de la vieille disent même que c&rsquo;est grâce aux writters que le rap n&rsquo;est pas mort en France aux débuts&nbsp;&raquo;. </em></span></p>
<p><span style="color: #000000">Le membre de Downtown NYBR (comme New York Bas Rhin) ne se définit pourtant pas comme old-school mais plutôt comme middle-school, à mi-chemin entre le respect des principes de base et l&rsquo;inspiration qu&rsquo;il trouve chez les jeunes graffeurs.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Le sulfureux Idfix est, selon lui, l&rsquo;âme même de la discipline. Ecrire son nom, dans la rue, partout et peu importe le degré de recherche artistique : tous ceux qui graffent apportent quelque chose au mouvement. </span></p>
<p><span style="color: #000000">Wise tient à rappeler que le graff reste du vandalisme : le lisser ou le &laquo;&nbsp;galleriser&nbsp;&raquo; serait un contre-sens.</span></p>
<h3><span style="color: #000000"> </span></h3>
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<h3><span style="color: #000000">Dan23, le visage strasbourgeois du street-art</span></h3>
<p><span style="color: #000000">Dan, 45 ans, nous accueille dans son atelier à Grand Rue. Il explique lui-même que sa galerie est toujours fermée parce que le street art n&rsquo;appartient qu&rsquo;à la rue et qu&rsquo;il ne se sert de ce lieu que comme d&rsquo;un atelier et d&rsquo;un endroit où il peut, de manière exceptionnelle, accueillir quelques curieux.</span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;Faire de l&rsquo;art dans la rue ou dans des espaces publics, c&rsquo;est la seule chose qui me plait. L&rsquo;art, ça doit être partagé au plus grand nombre.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<div id="attachment_810" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/DSC00764.jpg"><img class="wp-image-810 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/DSC00764-1024x685.jpg" alt="" width="920" height="615" /></a><p class="wp-caption-text">Atelier de dan23 © Khedidja Zerouali</p></div>
<p><span style="color: #000000">Après s&rsquo;être auto-formé pendant une dizaine d&rsquo;années, avoir fait de nombreux live painting pour divers artistes, Dan s&rsquo;est tourné vers la peinture de rue. La peinture, le graff, le collage, le pochoir&#8230; l&rsquo;artiste mêle plusieurs techniques pour réaliser ces portraits réalistes et très inspirés dans la composition de la culture urbaine.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Même si lui n&rsquo;est pas un writter à proprement parler, sa culture, ses inspirations, ses références et sa manière de travailler font de lui un membre à part entière de la culture hip hop strasbourgeoise.</span></p>
<p><span style="color: #000000"><em><em>« </em>Depuis deux ans, ça évolue beaucoup à Strasbourg en termes de graffiti. On va dire que la Mairie commence un peu à s&rsquo;assouplir même si ce que l&rsquo;on fait reste du vandalisme. Le fait que j&rsquo;ai maintenant une certaine notoriété dans la ville ne change rien au fait que faire du street art sans autorisation reste illégal.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<div id="attachment_811" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/DSC00756.jpg"><img class="wp-image-811 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/02/DSC00756-1024x685.jpg" alt="" width="920" height="615" /></a><p class="wp-caption-text">Atelier de dan23 © Khedidja Zerouali</p></div>
<p><span style="color: #000000">En ce moment, l&rsquo;artiste est sur un projet éducatif autour du street art ; il se rend dans des écoles primaires où il fait des fresques, puis il intervient dans les classes pour expliquer son oeuvre. Les portraits qu&rsquo;il fait représentent toujours des personnages importants qui ont eu un impact sur le monde, des humanistes, des artistes, des râleurs qui ont &#8211; dans un sens ou dans un autre &#8211; marqué l&rsquo;histoire.</span></p>
<p><span style="color: #000000"><em>&laquo;&nbsp;Je file aux gamins des petites fiches pour qu&rsquo;ils comprennent réellement qui est le bonhomme que j&rsquo;ai posé sur leurs murs, puis ils étudient son histoire avec leurs professeurs, c&rsquo;est une démarche pédagogique complète. Quand j&rsquo;interviens dans les classes, j&rsquo;essaye aussi de les sensibiliser à l&rsquo;art urbain et de leur faire voir le hip hop au-delà des préjugés qu&rsquo;ils peuvent en avoir.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
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<p><span style="color: #000000"><strong>La culture hip hop à Strasbourg est riche, en perpétuelle évolution et en passe de titiller Paris. Elle est l&rsquo;un des atouts majeurs de l&rsquo;Alsace au niveau artistique, même si elle peine encore à se faire une place dans le milieu culturel. Le phénomène d&rsquo;expansion n&rsquo;est pas prêt de s&rsquo;arrêter, tant tous ceux qui font la culture urbaine dans la capitale alsacienne ont à cœur de transmettre cette passion aux générations futures. Des battles de très jeunes breakdanseurs à la Robertseau connexion jusqu&rsquo;aux cours de beatbox donnés dans les écoles du Neuhof, la transmission de cet héritage urbain est sûrement l&rsquo;une des forces majeurs de la scène hip hop à Strasbourg. </strong></span></p>
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<h5><span style="color: #000000">Tendre l&rsquo;oreille et jeter un coup d’œil</span></h5>
<ul>
<li><span style="color: #000000">Soirée de live beatmaking avec le collectif Tour de manège au Mudd Club à Strasbourg le 24 février</span></li>
<li><span style="color: #000000">Nouvelle édition du Freestyle monday au Mudd Club à Strasbourg le 27 février</span></li>
<li><span style="color: #000000">Battle of the beat accueilli par Goomar et Karl F au Fat Black Pussycat à Strasbourg le samedi 4 mars</span></li>
<li><span style="color: #000000">Need for Dance, compétition de danse urbaine au centre socio-culturel de Lingolsheim le 11 mars</span></li>
<li><span style="color: #000000">6ème édition du Festival Ind&rsquo;Hip&rsquo;Hop par l&rsquo;association Pelpass du 30 mars au 4 Avril à Strasbourg</span></li>
<li><span style="color: #000000">NL Contest, festival urbain regroupant toutes les disciplines et toutes les personnes cités dans le reportage le 19, 20 et 21 mai prochain à Strasbourg</span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="color: #000000">La Swalection sur RBS 91.9 FM entre 10h et 12h puis entre 16 et 18h</span></li>
<li><span style="color: #000000">Retrouvez des graffs de Wise à la rue de la minauterie au Port du Rhin et des oeuvres de Dan23 un peu partout dans les rues de Strasbourg</span></li>
</ul>
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		<title>Donald Trump président : tour du monde des réactions</title>
		<link>http://grandsformats.radio-londres.fr/2016/12/10/trump-tour-monde-reactions/</link>
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		<pubDate>Sat, 10 Dec 2016 05:29:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Camille Schmitt, Léo Bernard, Lucie Barras, Marion Lefèvre, Mélissa Pollet-Villard et Pamela Bazan]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Colombie]]></category>
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		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Viêt Nam]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; 9 novembre 2016. Défiant tous les pronostics, sondagiers ou journalistiques, Donald Trump est élu 45e président des États-Unis. Nous avons cherché à savoir quelles réactions son élection suscitait à travers le monde. Témoignages d&#8217;anonymes en Argentine, au Viêt Nam, en Colombie, au Mexique, au Liban et au Canada. &#160; Argentine : « Élire une femme, c’en aurait [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong>9 novembre 2016. Défiant tous les pronostics, sondagiers ou journalistiques, Donald Trump est élu 45e président des États-Unis. Nous avons cherché à savoir quelles réactions son élection suscitait à travers le monde. Témoignages d&rsquo;anonymes en Argentine, au Viêt Nam, en Colombie, au Mexique, au Liban et au Canada.</strong></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Argentine : « <em>Élire une femme, c’en aurait été trop pour eux »</em></p></blockquote>
<p>L’élection de Donald Trump a été une surprise, voire un électrochoc dans le monde. J’ai suivi l’élection en direct d’Argentine et la douche froide a été instantanée. Quelques semaines plus tard, j’ai interrogé les Argentins pour connaître leur point de vue quant à cette élection au pays des <em>Yanquis</em> [Yankees], comme ils aiment à les appeler.</p>
<div id="attachment_710" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/MiguelAvila.jpg"><img class="size-large wp-image-710" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/MiguelAvila-1024x683.jpg" alt="Miguel Avila  (© Mélissa Pollet-Villard) " width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Miguel Avila (© Mélissa Pollet-Villard)</p></div>
<p>Miguel Avila est le directeur de la Librairie d’Avila, l’une des plus vieilles du monde. Cet intellectuel et homme de lettre nous accueille dans son bureau pour partager son point de vue sur la question. Pour lui, l’élection de Donald Trump n’est autre que la suite logique d’éléments s’étant enchaînés les uns après les autres et ayant conduit à se résultat. Il estime que Donald Trump, à lui seul, ne va rien changer et n’hésite pas à se remémorer l’histoire des <em>gringos</em>, en affirmant que <em>« tous les présidents des États-Unis ont plus ou moins reproduits les mêmes choses. Ils se sont toujours imposés au monde, que ce soit au Viêtnam ou au Moyen Orient. Le seul qui a voulu changer la donne, c’était Kennedy. Et il s’est fait assassiner. »</em> Selon Miguel, le président des États-Unis n’a que peu d’influence directe sur son pays et sur le reste du monde et que le choix des Américains en faveur de tel ou tel candidat <em>« n’aurait rien changé »</em>. <em>« Les vrais influents du monde sont les banques, les institutions et les grandes entreprises, ce sont elles qui décident des règles du jeu mondiales »</em>, complète-t-il. <em>« Ils contrôlent tout, comme les Espagnols l’ont fait lorsqu’ils sont arrivés en Amérique »</em>, conclue-t-il, non sans un brin de malice dans le regard.</p>
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<div id="attachment_708" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Estudiantes.jpg"><img class="size-large wp-image-708" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Estudiantes-1024x683.jpg" alt="Ignacio, Olivia et Sergio (© Mélissa Pollet-Villard) " width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Ignacio, Olivia et Sergio (© Mélissa Pollet-Villard)</p></div>
<p>Ignacio, Olivia et Sergio sont tous trois étudiants en cinéma. Lorsque je les rencontre à la sortie des cours, je les questionne sur le même sujet. Ils sourient timidement, m’avouant avoir peur d’avoir une réponse trop évasive. <em>« Je ne pourrais pas dire en profondeur ce que l’élection de Donald Trump pourrait avoir comme impact, si ce n’est que je pense que c’est un homme dangereux, notamment en ce qui concerne son projet de mur entre les États-Unis et le Mexique »</em>, me confie Ignacio. Alors que je les encourage à me livrer plus de détails sur leur point de vue, Sergio prend la parole et ajoute que pour lui, le problème est une <em>« conséquence économique d’une situation globale »</em>, tout en confirmant que le choix des électeurs américains l’a surpris : <em>« c’est un homme raciste et misogyne »</em>. Olivia quant à elle écoute d’une oreille distraite mais conclue tout de même qu’elle <em>« ne pense pas que l’élection de Trump ait un impact direct sur l’Argentine »</em>. Ses deux compagnons restent sceptiques et ajoutent qu’il faudra attendre quelques mois afin de constater <em>« l’effet Trump »</em> sur leur pays et dans le monde.</p>
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<div id="attachment_709" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/RobertoMoreno.jpg"><img class="size-large wp-image-709" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/RobertoMoreno-1024x683.jpg" alt="Roberto Moreno (© Mélissa Pollet-Villard) " width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Roberto Moreno (© Mélissa Pollet-Villard)</p></div>
<p>Roberto Victor Moreno est professeur universitaire et fonctionnaire au sein du ministère de la Santé. Il a également déjà travaillé au sein des ministères de l’Économie et de l’Intérieur. Il affirme s’intéresser depuis toujours à la politique et me livre, chez lui, autour d’un maté, sa réaction suite à l’élection de Donald Trump. <em>« Je doit bien avouer que je n’ai pas cru une seule seconde qu’Hillary Clinton serait élue. Les Américains sont misogynes. Élire une femme, c’en aurait été trop pour eux (après le mandat d’un président noir). Mais avant tout, je crois que son élection est due à une conséquence de nombreux faits qui se sont enchaînés dans le monde, à commencer par la crise économique »</em>. Roberto ajoute qu’il pense que cette élection est <em>« le fruit d’un phénomène global et que le peuple américain recherche, comme au sein de nombreux autres pays</em> [dont l’Argentine]<em>, un gouvernement nationaliste, populiste et protectionniste. Ils ont peur pour leur argent »</em>. Lui non plus ne pense pas que Trump – l’homme – ne soit capable de grandes transformations au sein des États-Unis, ni du monde. Et quand je lui demande ce qu’il pense des rumeurs laissant supposer que Donald Trump et Mauricio Macri (l’actuel président argentin) aient déjà convenu d’un accord de construction d’une tour d’affaires en plein centre de Buenos Aires, Roberto n’a pour réaction qu’un éclat de rire (jaune), laissant présupposer sa réponse…</p>
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<p style="text-align: right;">Mélissa POLLET-VILLARD, à Buenos Aires</p>
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<blockquote><p>Viêt Nam : « On verra, du moment qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;impact négatif sur notre économie »</p></blockquote>
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<p>La réaction pragmatique, voire banale, des vietnamiens vis-à-vis de la victoire de Donald Trump contraste fortement avec la réaction de la plupart des pays occidentaux.</p>
<p>Les Vietnamiens ont toujours été un peuple pragmatique, ne jouant pas forcement sur le registre des émotions mais plus sur celui de la réalité et des faits. C’est donc avec une certaine logique que les Vietnamiens interrogés sur le résultat de l’élection présidentielle ne se disent pas choqués : en réalité, l’évènement Trump en lui-même est pour eux un non-évènement. Le processus, la personnification de l’élection et les polémiques ne sont pas leurs principales préoccupations. Beaucoup de personnes interrogées déclarent ne pas s’intéresser à la politique, ce qui ne les empêche toutefois pas d’avoir une bonne analyse de la situation.</p>
<p><strong>L’attente</strong></p>
<p>Le sentiment qui domine ici est plus l’attente. Trung, conducteur de taxi de 44 ans, résume bien la situation de la sorte : <em>« Avec Clinton, cela aurait été la même chose qu&rsquo;avec Obama, mais avec Trump, ce sera une suprise. »</em> La réaction est partagée par de nombreuses autres personnes. Une victoire de Clinton se serait inscrit dans la continuité et donc aurait permis le maintien du <em>statu quo</em>. En revanche, la victoire de Trump va bouleverser la politique économique et internationale des États-Unis et c’est cela le sujet qui préoccupe le plus les Vietnamiens.</p>
<p><strong>Un impact sur l’économie ?</strong></p>
<p>L’un des exemples est la présence d’universités américaines sur le territoire et la victoire d’Hillary, encore une fois aurait permis la conservation du même élan : <em>« J&rsquo;aime beaucoup la relation économique que nous avons avec les États-Unis, particulièrement les universités que nous avons ici »</em>, nous dit Tao, étudiante de 22 ans. De plus en plus de Vietnamiens poursuivent en effet leurs études dans des universités internationales, souvent dans leur pays mais parfois à l’étranger.</p>
<p>D’un point de vue purement économique, les États-Unis jouent un rôle de plus en plus crucial dans le développement du Vietnam. Après la reprise des liens diplomatiques, de nombreux partenariats sont mis en place pour favoriser l’installation d’entreprises américaines sur place. C’est pourquoi certains Vietnamiens comme Duc, ingénieur de 26 ans sont inquiets de l’impact économique qui pourrait se produire : <em>« Trump pourrait menacer le TPP (Trans-Pacific Partnership Agreement) et sans doute notre politique d&rsquo;exportation. »</em></p>
<div id="attachment_711" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/tien-graphic-design.jpg"><img class="size-large wp-image-711" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/tien-graphic-design-768x1024.jpg" alt="Tien, graphic designer (© Léo Bernard)" width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Tien, graphic designer (© Léo Bernard)</p></div>
<p>Toutefois, beaucoup sont optimistes comme Tien, graphic designer de 27 ans : <em>« L&rsquo;élection peut nous toucher de deux façons : d&rsquo;une part, cela rendra sans doute l&rsquo;immigration vers les États-Unis plus difficile, mais d&rsquo;un autre côté, parce que Trump est un businessman, cela pourrait être une bonne nouvelle d&rsquo;un point de vue économique. »</em> ; ou bien comme Kong, développeur informatique de 24 ans : <em>« Je pense que c&rsquo;est bien parce qu&rsquo;il est dans les affaires et que nous avons besoin de cela. Pour moi, son élection signifie avant tout plus de choix concernant les entreprises avec lesquelles on travaille et, je l&rsquo;espère, de meilleurs salaires. »</em></p>
<p><strong>Le président Trump</strong></p>
<p>Concernant la personnalité de Trump, ses remarques racistes et sexistes, elles sont uniquement évoquées ar les femmes interrogées. C’est à la fois une déception comme pour Tien, qui affirme qu&rsquo;elle était<em> « triste quand il a gagné »</em>, mais aussi un rejet de son statut de président et de celui de sa femme. Tien ajoute : <em>« Je ne peux pas l&rsquo;imaginer président. La façon dont il traite les femmes et les minorités est dégoûtante. Je ne peux pas non plus imaginer sa femme, c&rsquo;est une mannequin et elle n&rsquo;a pas de diplôme. Michelle Obama faisait partie du peuple, mais ce n&rsquo;est visiblement pas le cas de Mme Trump. »</em></p>
<p>Pour autant, la crainte et le rejet ne sont pas dans l’ensemble aussi importants que dans les pays occidentaux. La réaction anti-Trump est plutôt vécue ici comme une déception, mais ce rejet est lui-même seulement abordé par des femmes, reflétant sans doute l’un des enjeux qui a fait pencher la balance au cours de cette élection américaine : le vote des femmes.</p>
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<p style="text-align: right;">Léo BERNARD, à Hô-Chi-Minh-Ville</p>
<blockquote><p>Mexique : « L<em>e Mexique doit repenser ses affaires étrangères</em> »</p></blockquote>
<p>Souvent teintés de résignation et de désillusion, les Mexicains semblent les premiers concernés par l&rsquo;élection de Donald Trump. Ramenant souvent l&rsquo;évènement à la politique de leur pays, trois d&rsquo;entre eux nous livrent leur ressenti.</p>
<div id="attachment_716" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Luis-e1481321860756.jpg"><img class="size-large wp-image-716" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Luis-e1481321860756-1024x1024.jpg" alt="Luis (© Pamela Bazan)" width="920" height="920" /></a><p class="wp-caption-text">Luis, avocat (© Pamela Bazan)</p></div>
<p>Luis est avocat. Il se dit très intéressé par la politique internationale car <em>« on vit dans un monde globalisé et au Mexique, on ne peut pas ignorer ce qui se passe ailleurs dans la planète »</em>. Ceci est particulièrement important lorsqu’on parle des États-Unis, précise-t-il : <em>« On a des relations très importantes avec ce pays, elles sont cruciales pour notre économie »</em>. Luis n’a pas suivi de très près la campagne présidentielle de Donald Trump et Hillary Clinton, mais il considère que cette élection lui a permis d’analyser les campagnes politiques de son pays : <em>« Je crois que les campagnes des deux candidats ont été très pauvres, ils n’ont pas proposé beaucoup de choses et on a fait attention seulement aux attaques que l’un lançait contre l’autre. C’est la forme dont les campagnes électorales se déroulent ici au Mexique. »</em></p>
<p>Que dire du discours de Donald Trump, selon lequel les migrants mexicains sont des « violeurs et des criminels » ? <em>« Il parle sans connaître assez autour de ce sujet. Je crois qu’il ignore que la migration joue un rôle très important dans nos relations bilatérales. »</em> Quant aux propos obscènes envers les femmes, Luis dit que <em>« ces déclarations mettent en évidence sa vraie personnalité, c’est un homme qui ne connaît pas le respect. Il est quelqu’un de superficiel, de peu sérieux et d&rsquo;arrogant. »</em></p>
<p>Il évoque ensuite son ressenti le soir de l’élection : <em>« Quand j’ai vu que Trump était en tête, j’ai été déçu et désillusionné. Je crois que Clinton était une très bonne candidate, surtout parce qu’elle connaît très bien les liens de son pays avec le nôtre. »</em> Pour l’avocat, ce sont les électeurs indécis qui ont permis au républicain d’être élu.<em> « Je crois que finalement, les gens qui n’étaient pas certains de leur vote ont choisi Trump parce qu’ils ne sont plus satisfaits de la politique de Barack Obama. »</em> Luis considère que les propositions les plus polémiques de sa campagne, comme la construction d’un mur frontalier payé par le Mexique, ne sont qu’une stratégie de discours. <em>« Il se trouvera dans une situation complètement différente quand il assumera la présidence. »</em></p>
<p>Selon lui, le président mexicain a également pris une mauvaise décision en invitant Donald Trump à Mexico car <em>« à ce moment-là, il y avait une forte haine des Mexicains envers lui. Aussi, Enrique Peña Nieto aurait mieux fait de prendre une position plus ferme face à Trump et à propos de ses déclarations contre les Mexicains. »</em></p>
<p>Après la victoire de Donald Trump, <em>« le Mexique doit repenser ses affaires étrangères, surtout en ce qui concerne l’économie et la migration, même si ce dernier n’est pas un sujet nouveau pour aucun des deux pays »</em>, déclare-t-il. Trump devra-t-il faire marche arrière avec ses engagements de campagne maintenant qu’il sera président des États-Unis ? <em>« Bien sûr. Il oublie que toute mesure drastique peut aussi affecter les États-Unis, et non seulement le Mexique. »</em></p>
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<div id="attachment_717" style="width: 550px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Fernando.jpg"><img class="size-full wp-image-717" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Fernando.jpg" alt="Fernando (© Pamela Bazan)" width="540" height="723" /></a><p class="wp-caption-text">Fernando, étudiant en économie (© Pamela Bazan)</p></div>
<p>Fernando est étudiant en licence d’économie. Il est originaire de l’État du Chiapas, situé au sud du Mexique. Cet État est frontalier avec le Guatemala et constitue un des points de passage principaux de migrants en provenance d’Amérique centrale vers les États-Unis. Pour cette raison, il se dit particulièrement sensibilisé à ce sujet, les migrants ayant été une cible récurrente des déclarations de Trump pendant sa campagne. <em>« Je crois qu’il a fait une généralisation dangereuse en les qualifiant de criminels. La majorité d’entre eux ne veulent que trouver un emploi pour augmenter la qualité de leur vie et celle de leurs familles. Ils doivent faire face à beaucoup de difficultés pour y arriver. »</em></p>
<p>Concernant le président élu, <em>« il manque de personnalité »</em>, affirme Fernando. <em>« En utilisant un discours raciste et misogyne, c’est évident qu’il est incapable de diriger un pays comme les États-Unis. »</em> Il dit avoir suivi de très près la nuit électorale et il n’est pas resté indifférent à l’écart croissant entre les deux candidats. <em>« C’était intéressant et effrayant à la fois. Je voyais le peso se dévaluer à chaque État où Trump l&rsquo;emportait. Il y a eu un moment où j’ai cru que Clinton pouvait se relever, mais j’ai été surpris quand cela n’a pas été le cas. »</em></p>
<p>Pour cet étudiant, c’est le système électoral qui est derrière la victoire de Trump, car <em>« si on prend en compte le vote populaire, c’est la démocrate qui l’a emporté »</em>. Mais celui-ci n’est pas le seul facteur ayant nui à la candidate démocrate, selon Fernando : <em>« Il faut aussi que le scrutin se déroule le weekend, pour que plus de gens y participent. »</em> Il considère que les engagements de campagne du républicain, surtout la renégociation du traité de libre échange ou la sortie des États-Unis de cet accord ne répondent pas à une analyse prudente. <em>« Son orgueil le rend aveugle. Il ne se rend pas compte des possibles conséquences de ses décisions et il me semble qu’il ignore l’importance commerciale du Mexique pour les États-Unis. Toute modification à l’accord doit être soigneusement étudiée. »</em></p>
<p>Fernando trouve que l’invitation faite à Trump par le président Peña Nieto a été une décision prise à la légère, mais il ne nie pas son importance diplomatique. <em>« Je crois que le président devait avant tout s’assurer que les deux candidats acceptaient l’invitation, mais c’est vrai que Peña Nieto a pensé à cette visite comme une opportunité de dialogue autour du futur des relations bilatérales. C&rsquo;est vraiment très important pour tous les Mexicains. »</em></p>
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<div id="attachment_715" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Yesmin-e1481321796754.jpg"><img class="size-large wp-image-715" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Yesmin-e1481321796754-1024x1024.jpg" alt="Yesmín (© Pamela Bazan)" width="920" height="920" /></a><p class="wp-caption-text">Yesmín, auto-entrepreneuse (© Pamela Bazan)</p></div>
<p>Yesmín est entrepreneuse. Elle dit sentir une forte antipathie envers Donald Trump. <em>« C’est quelqu’un d’immoral. Il a un complexe de supériorité. »</em> Cette femme, qui connaît très bien le monde des affaires, attribue la victoire du républicain à une stratégie de marché réussie. <em>« Trump est un homme d’affaires et c’est de cette façon dont il a agi en politique. Il a étudié chaque groupe de la population et en a repéré les besoins. » </em>Et d’ajouter : <em>« Il a cherché à créer des liens effectifs avec les électeurs, surtout avec des gens racistes, dans un pays où ce phénomène est déjà implanté dans la vie quotidienne. »</em></p>
<p>Mais pour Yesmín, ce ne sont pas ces capacités qui lui permettront de gouverner avec succès : <em>« Gérer une entreprise n’est pas la même chose que diriger un pays. »</em> Elle se sert d’un exemple pour le préciser. <em>« Au Mexique, nous avons eu Vicente Fox – ancien président de Coca-Cola au Mexique – comme président de la République, mais c’était son épouse, Marta Sahagún, qui tenait vraiment les rennes du pays. »</em></p>
<p>Comme la majorité des Mexicains, elle se dit surprise face au triomphe de Donald Trump. <em>« Je ne l’attendais pas, j&rsquo;étais vraiment très inquiète pour les Mexicains qui se trouvent aux États-Unis, je ne ressentais qu’une très grande incertitude. Tout le monde le sait, quoi qu’il arrive là-bas, les effets se font aussi sentir au Mexique. »</em> Elle désapprouve également avec fermeté la visite de Trump après l’invitation du président mexicain, de même que les interventions de Peña Nieto devant la presse, où il a affirmé que les déclarations du républicain à propos des Mexicains avaient subi de <em>« mauvaises interprétations »</em>.</p>
<p>Alors, quelle position le gouvernement mexicain doit-il assumer ? <em>« Le Mexique doit avoir un dirigeant qui ne permette pas aucune insulte envers ses citoyens. »</em></p>
<p style="text-align: right;">Pamela BAZAN, à Mexico</p>
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<blockquote><p>En Colombie, la diaspora sera la plus affectée</p></blockquote>
<div id="attachment_718" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15271693_10210532614010179_1991548361_o-2.jpg"><img class="size-large wp-image-718" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15271693_10210532614010179_1991548361_o-2-1024x883.jpg" alt="Carthagène, ville portuaire du nord de la Colombie (© Lucie Barras)" width="920" height="793" /></a><p class="wp-caption-text">Carthagène, ville portuaire du nord de la Colombie (© Lucie Barras)</p></div>
<p>Le président colombien libéral Juan Manuel Santos, malgré un clair soutien à Hillary Clinton, a affirmé que les relations entre la Colombie et les États-Unis se feraient de plus en plus profondes, même après la victoire de Trump. Les deux pays entretiennent en effet des bonnes relations diplomatiques, basées en partie sur l&rsquo;ingérence de l&rsquo;Oncle Sam en Colombie en matière de lutte contre le narcotrafic et les guérillas marxistes, telles que les FARC.</p>
<p>Pour la population colombienne, qui attend une issue effective à une guerre civile qui semble ne plus en finir, l&rsquo;élection de Trump est secondaire, comme le fait remarquer Walter, dessinateur industriel de 30 ans vivant à quarante kilomètres de Bogota. <em>« Les Colombiens ont d&rsquo;autres choses en tête en ce moment. Et même pour les problèmes qui les concernent directement, ils ont montré par l&rsquo;abstention qu&rsquo;ils ne se sentent pas vraiment concernés »</em>, évoquant le plébiscite du 2 octobre dernier.</p>
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<div id="attachment_720" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15292804_10210532613890176_1371346875_o-1.jpg"><img class="size-large wp-image-720" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15292804_10210532613890176_1371346875_o-1-768x1024.jpg" alt="Walter, dessinateur (© Lucie Barras)" width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Walter, dessinateur (© Lucie Barras)</p></div>
<p>En réalité, les Colombiens les plus affectés par cette élection seront les 1,5 à 2 millions de Colombiens résidant aux États-Unis, notamment en Floride, en Illinois et à New-York, ainsi que leurs proches : <em>« il était déjà compliqué de visiter les États-Unis, ça va devenir tout bonnement impossible »</em>, lance Walter, ironique. Mais sinon, le jeune homme n&rsquo;envisage pas un changement radical de la situation. Et s&rsquo;il préférait Hillary Clinton <em>« notamment parce que c&rsquo;était une femme »</em>, le résultat est le même. <em>« Le président est une marionnette. Ce sera la même situation, en pire. Les États-Unis vont continuer à profiter de l&rsquo;extraction de nos ressources naturelles, à contrôler l&rsquo;aspect militaire à travers les bases qu&rsquo;ils ont ici, et l&rsquo;économie à travers la forte implantation de leurs entreprises. »</em></p>
<p>Pour Oscar, croisé à Carthagène, Trump n&rsquo;est définitivement pas <em>« la personne la plus adéquate pour diriger un pays aussi puissant que les États-Unis »</em>. Ce commercial de 33 ans se dit <em>« en colère »</em> par le résultat du scrutin, en particulier en raison de la « latinophobie » du nouveau président élu. <em>« Il n&rsquo;aime pas les Colombiens, et encore moins les Mexicains. Il a un problème avec les latinos parce que beaucoup d&rsquo;entre eux vont chercher du travail aux États-Unis. Je pense que cette élection va voir un impact négatif pour les communautés colombiennes établies aux États-Unis, et pour l&rsquo;Amérique Latine en général. Sa concurrente, au moins, était </em>clean<em>. »</em></p>
<div id="attachment_719" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15293479_10210532614330187_1473543075_o-1.jpg"><img class="size-large wp-image-719" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15293479_10210532614330187_1473543075_o-1-768x1024.jpg" alt="German, commerçant (© Lucie Barras)" width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">German, commerçant (© Lucie Barras)</p></div>
<p>German, commerçant et originaire de Carthagène également, explique qu&rsquo;il est sorti de ses gonds en apprenant « la nouvelle ». <em>« Ma réaction ? Fucking shit, I don&rsquo;t like it »</em>. Pour German, cette nouvelle aura des répercussion pour les Colombiens. <em>« Pas pour moi directement, mais pour les Colombiens en général, et surtout ceux qui se trouvent là-bas. S&rsquo;ils ne sont pas renvoyés en Colombie, les Colombiens ne pourront plus se rendre là-bas. En Colombie, ce sont les modifications des traités bilatéraux qui vont avoir un impact. »</em><br />
Pour lui, Clinton était la meilleure candidate <em>« car elle était une femme. Les femmes sont plus</em> correctes.<em> Mais il faudrait que les femmes elles-mêmes ne votent pas contre leurs intérêts. »</em> Idem pour tous les<em> « Cubains, Mexicains et latinos des États-Unis, qui ont voté pour Trump ! »</em>, s&rsquo;exclame -t-il.</p>
<p>Modification des relations bilatérales ou retour des Colombiens expatriés ne sont que des hypothèses pour le moment, dans un pays qui exporte la majorité de ses produits vers les États-Unis, comme le souligne German : <em>« Qu&rsquo;il respecte tous ses engagements, qu&rsquo;il fasse construire le mur et déporte 11 millions d&rsquo;immigrés comme il l&rsquo;a annoncé, on verra par la suite&#8230; »</em></p>
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<p style="text-align: right;">Lucie BARRAS, à Carthagène</p>
<blockquote><p>Trump, l’homme de la rupture au Moyen-Orient ?</p></blockquote>
<p>L’élection de Donald Trump à la Maison Blanche a amené son lot d’incertitudes. Malgré des indices laissés ici et là au fil de tweets et de propos défiant toute orthodoxie diplomatique, un gros point d’interrogation demeure sur sa politique étrangère, notamment celle qu’il entend mener au Moyen-Orient.</p>
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<div id="attachment_721" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Maya-Anaïs-Yataghène.jpg"><img class="size-large wp-image-721" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Maya-Anaïs-Yataghène-1024x672.jpg" alt="Beyrouth (© Maya-Anaïs Yataghène)" width="920" height="604" /></a><p class="wp-caption-text">Beyrouth (© Maya-Anaïs Yataghène)</p></div>
<p><em>« Je n’étais certainement pas pour Trump, mais en y réfléchissant je n’étais pas pour Clinton non plus »,</em> affirme Leah, étudiante libanaise. Une indécision partagée par Marwan, ingénieur : <em>« Malgré tout ce que Trump a pu dire, il n’y aura pas de changements radicaux dans la politique américaine vis-à-vis du Moyen-Orient. Mais au moins, avec Trump, on a un nouvel interlocuteur. »</em> Selon lui, rien ne peut prouver que l’élection d’Hillary Clinton, sur le plan extérieur, aurait été préférable à celle de M. Trump. L’arrivée du magnat de l’immobilier à la Maison Blanche pourrait même renouveler l’élite au pouvoir, une élite moins expérimentée politiquement : l’occasion pour les pays du Golfe de renégocier les partenariats diplomatiques à leur avantage, de replacer leurs pions sur l’échiquier. Cette renégociation aurait été impossible avec une Clinton présidente, car son passé en tant que secrétaire d’État (de 2009 à 2013) la tient pieds et poings liés, l’obligeant à une certaine cohérence vis-à-vis de ses positions passées.</p>
<p><em>« Jusqu’ici la politique étrangère des États-Unis a toujours été tournées vers les intérêts israéliens »</em>, explique Leah, mais Donald Trump ayant montré pendant la campagne une certaine neutralité vis-à-vis de la région, elle espère <em>« qu’il pourra changer cette tendance »</em>. Même si les grandes lignes de la politique étrangère des États-Unis ne vont sûrement pas changer, <em>« plusieurs élites arabes (…) voient d&rsquo;un bon œil cette rupture avec les politiques d&rsquo;Obama, jugées catastrophiques, n&rsquo;ayant ni mis fin au conflit syrien ni avancé au niveau de la lutte contre le terrorisme »</em>, précise Sami Nader, analyste politique, selon des propos recueillis par L’Orient-Le Jour.</p>
<p>Car c’est notamment sur le dossier syrien que le nouveau président élu est attendu au tournant. <em>« À en juger par les déclarations (…) du président Vladimir Poutine, les russes semblent optimistes de trouver un terrain d&rsquo;entente avec le nouveau président (Trump). Ce qui peut augurer d&rsquo;une certaine avancée dans le dossier syrien »</em>, déclare à L’Orient-Le Jour Élias Abou Assi, secrétaire général du Parti national libéral. Donald Trump s’est d’ailleurs contenté de remarquer que le président syrien Bachar al-Assad n’était pas une personnalité recommandable, mais qu’aux côtés de la Russie, il combattait le terrorisme. Une rhétorique bien différente de celle adoptée jusqu’ici par Washington. <em>« Trump place en priorité absolue la lutte contre le terrorisme, en Syrie et ailleurs »</em>, explique Leah. Et les propos isolationnistes du nouveau président américain ne trompent personne. <em>« Les États-Unis ne peuvent de toute manière pas exister en étant repliés sur eux-mêmes »</em>, dit Marwan.</p>
<p>En parallèle, au Liban, l&rsquo;élection présidentielle suscite également des espoirs sur l’avancée de la question syrienne. Ce 31 octobre dernier, Michel Aoun, ex-général chrétien allié du Hezbollah chiite, est élu président de la République libanaise. S’alliant au parti sunnite afin d’obtenir le nombre de voix nécessaires au Parlement, il s’est ainsi engagé à nommer Saad Hariri, chef de file des sunnites, Premier ministre du nouveau gouvernement libanais. Une alliance entre chrétiens, sunnites et chiites au Liban qui laisserait entrevoir la possibilité d’un accord sur la position à adopter face au conflit syrien, dans ce pays considéré comme première ligne de front dans la lutte contre le djihadisme.</p>
<p>Ainsi, avec d’un côté le rapprochement russo-américain, et de l’autre un compromis gouvernemental au Liban, <em>« c’est peut-être l’occasion d’une issue au conflit syrien »</em>, espère Leah. <em>« De toute manière, des deux côtés, on ne peut plus supporter les coûts qu’impliquent ce conflit »</em>, ajoute Marwan. Selon lui, les pays ne peuvent plus suivre le rythme des sommes investies dans le conflit et les différents partis vont jouer la carte du réalisme.<em> « Je m&rsquo;attends à ce que ce président (Trump) soit pragmatique, étant avant tout un homme d&rsquo;affaires »</em>, confirme Sami Nader.</p>
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<p style="text-align: right;">Camille SCHMITT, à Beyrouth</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;">Un mois après l’élection, le Canada se raconte</p>
</blockquote>
<p>À l’image d’un grand nombre de pays, le Canada était sous le choc le soir de l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis. Les mots les plus utilisés par les Canadiens sur les réseaux sociaux étaient « déçu », « choqué », « dégoûté ». Des adjectifs qui dépeignent une image uniformément anti-Trump. Pourtant, 13% des Canadiens auraient voté pour Donald Trump à l&rsquo;élection américain s’ils y avaient été éligibles… Radio Londres a rencontré deux Canadiens, deux Québécois, dont les vues s’opposent au sujet du futur président. Loin de représenter la variété d’un pays si étendu qu’il baigne dans deux océans différents, ces deux portraits invitent pourtant à repenser le stéréotype selon lequel le Canada est le pays où le libéralisme économique et social règne en maître.</p>
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<div id="attachment_724" style="width: 910px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15401322_1219847298075410_2106030835_n.jpg"><img class="wp-image-724 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15401322_1219847298075410_2106030835_n.jpg" alt="15401322_1219847298075410_2106030835_n" width="900" height="676" /></a><p class="wp-caption-text">Louis-François Perry, étudiant en sociologie à l’Université du Québec à Montréal (© Marion Lefèvre)</p></div>
<p>Louis-François a, comme la majorité des Canadiens, suivi l&rsquo;élection américaine. Passionné de sociologie et engagé à « La Riposte socialiste », un groupe socialiste universitaire, il éprouve un intérêt tout particulier pour la politique américaine. Pour autant, le résultat l’a surpris. <em>« On le voyait venir pendant la soirée même, mais bon… Malgré tous les espoirs qu’on plaçait en Obama en ce qui concerne notamment le racisme et la question sociale en générale, ce rêve est mort. »</em> Pour lui, c’est la classe ouvrière qui s’est retrouvée <em>« tannée »</em> du <em>statu quo</em> et des politiques néo-libérales du gouvernement américain.</p>
<p>Il hésite un peu, choisi ses mots avec précision. <em>« J’ai passé la soirée avec ma gang et une bière. Certains avaient une analyse assez… simpliste, et ne l’avaient vraiment pas vu venir. »</em> Il rit, un peu gêné. <em>« Le premier truc que les gens disaient, c’était que les Américains ne sont “quand même pas assez stupides pour élire ce gars-là”… »</em>. La victoire de Trump, il l’attribue à un « élément de classe ». <em>« J’imagine que [les mesures protectionnistes du programme de Trump], ça parlait à des gens qui ont perdu leur emploi à cause de coupures visant à exploiter d’autres gens ailleurs… »</em></p>
<p>Louis-François ne cache pas sa position socialiste, et le rôle de la classe sociale est pour lui primordial dans cette élection. <em>« Depuis l’anti-communisme du 20e siècle qui a perverti la société américaine et surtout la classe ouvrière, ce sentiment s’est transmis de génération en génération. »</em> Il ajoute que la société lui paraît un peu plus ouverte aujourd’hui. <em>« Les jeunes sont plus féconds aux idées socialistes ; d’ailleurs, « socialisme » était l’un des mots les plus cherchés par les Américains pendant la campagne »</em>, semble-t-il se réjouir. <em>« Il faut commencer avec eux et déconstruire les mythes attachés à la gauche, essayer d’apprendre des leçons d’exemples comme mai 68 ou la grève générale de 1972 au Québec. »</em></p>
<p>Selon <em>Montreal Gazette</em>, un quotidien montréalais, le Canada n’est pas épargné par la vague populiste qui a précédé l’élection en Europe et qui a conduit Trump à la Maison Blanche. Au Québec, 20 à 25 groupes comprenant chacun entre 15 et 100 membres ont été identifiés comme des groupes d’extrême-droite visant les communautés aborigènes, juives, immigrantes, musulmanes et LGBTQ.</p>
<p><em>« Une montée de la droite dure peut tout à fait arriver au Canada, bien sûr »</em>, s’exclame Louis-François. Il estime que le Québec pourrait être « touché » d’ici cinq ou dix ans, peut-être moins. <em>« Si on continue avec des mesures d’austérité, qu’on met moins d’argent dans l’éducation et la santé, on va contribuer à la radicalisation »</em>, conclut-il. Ce qu’il ressent envers Trump et son programme ? <em>« Du dégoût »</em>, essentiellement. <em>« Ça fait peur, je n&rsquo;aimerais pas être musulman – ou pire, une femme musulmane – en ce moment aux États-Unis »</em>. Il reconnaît qu’il ne peut pas se glisser dans leur peau, mais que <em>« n’importe quelle minorité ne doit pas être à l’aise »</em>. <em>« Rôdent autour de Trump beaucoup de personnalités qui sont homophobes et réactionnaires »</em>, grimace-t-il.</p>
<p>On en arrive à la plaisanterie récurrente depuis l’élection : le bug technique du site d’Immigration Canada pendant la soirée électorale, dû à un trop grand nombre de connexions simultanées. Louis-François sourit et nous assure qu’ils conseilleraient aux Américains qui voudraient immigrer de <em>« rester chez eux, de travailler à améliorer leurs conditions de vie et de préparer une offensive sociale contre le programme de Trump »</em>. Il faut pour lui ne pas hésiter à <em>« descendre dans la rue, manifester, préparer un programme de riposte socialiste »</em>. L’esprit de solidarité avec le peuple américain – et plus particulièrement avec la classe moyenne – est clef, souligne-t-il.</p>
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<div id="attachment_725" style="width: 910px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15357072_1219847291408744_614556621_n.jpg"><img class="size-full wp-image-725" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15357072_1219847291408744_614556621_n.jpg" alt="Katerina Gang, étudiante en journalisme à l’Université Concordia à Montréal (© Marion Lefèvre)" width="900" height="676" /></a><p class="wp-caption-text">Katerina Gang, étudiante en journalisme à l’Université Concordia à Montréal (© Marion Lefèvre)</p></div>
<p><em>« Donald Trump est un homme très intelligent. »</em> Voilà les premiers mots de Katerina à propos du nouveau président américain. Pour elle, il se préoccupe réellement du peuple américain et l’a montré à travers ses actes. <em>« Un jour, il a construit gratuitement une patinoire à Central Park pour les enfants new-yorkais »</em>, raconte-t-elle.</p>
<p>La nuit de l’élection a été unique pour Katerina. <em>« J’ai commencé à Reggie’s </em>[le bar de Concordia]<em>, et j’étais la seule supportrice de Trump »</em>, rit-elle. <em>« Quand j’applaudissais, les autres étaient tristes, et vice versa… Ensuite, je suis allée chez ma famille et mon copain est venu, on a regardé, on a bu. C’était incroyable. »</em> Si elle était résignée à ce qu’Hillary Clinton l’emporte, Katerina avait «<em> l’impression qu’une majorité silencieuse ne s’exprimait pas. On le voit beaucoup aux États-Unis, où les médias diabolisent l’idéologie conservatrice et où ces gens se sentent presque lépreux quand ils expriment ces opinions. […] Quand les États-pivots sont passés au rouge, c’était extraordinaire »</em>.</p>
<p>Son rejet de la bureaucratie, son expérience et son « succès » en tant que businessman, son côté outsider au sein de la politique bien rodée de Washington sont autant de qualités que Katerina trouve au nouveau résident du Bureau ovale. La polémique sur le sexisme de Trump l’amuse. <em>« L’idée d’« attraper cette femme par la chatte », c’était une blague ! Il a été très respectueux envers la femme en question après »</em>.</p>
<p><em>« Je pense que je me sens proche de Trump parce que je hais ce que Trudeau représente »</em>, analyse-t-elle. <em>« Je trouve que son parti et Justin Trudeau lui-même sont comiques, sur la scène internationale. Il n’a pas de cran »</em>.</p>
<p><em>« Je ne pense pas que Trudeau fasse passer le Canada avant tout »</em>, avance-t-elle. Sa diction est précise, elle hésite très peu et semble très au fait des évolutions politiques des deux pays voisins. <em>« Trudeau a dit qu’il allait diminuer les restrictions sur les visas accordés aux Mexicains »</em>, soupire-t-elle. Selon elle, ce serait un problème dans quelques années, alors que de nombreux Canadiens se préoccupent de la situation actuelle.</p>
<p>Économiquement, la présidence de Trump pourrait <em>« aider le Canada »</em> en ce qui concerne l’énergie. Par contre, les prix à la consommation pourraient selon elle augmenter, ce qui conduiraient des Canadiens à déménager vers le Sud – un mouvement qui défie la majorité des points de vue exprimés par les médias canadiens aujourd’hui.</p>
<p><em>« Au Canada, la culture est très ouverte – trop, peut-être »</em>, commente Katerina. <em>« Je ne suis pas surprise qu’être anti-Trump soit très Canadien, il n’incarne pas vraiment les valeurs canadiennes mais plutôt américaines. Il parle fort, il est riche et réussit dans la vie, il incarne le rêve américain »</em>, s’amuse-t-elle.</p>
<p>Katerina avoue ne pas comprendre le fait que les gens n’aiment pas l’élu. Pour elle, c’est <em>« hyperbolique »</em> de le comparer à Hitler comme cela a été fait. <em>« Hitler déportait des Juifs qui étaient citoyens allemands ; Trump veut déporter des immigrants illégaux »</em>, ajoute-t-elle lorsqu’on l’interroge sur le parallèle troublant de l’emploi du mot « déportation ». La question du racisme est pour elle exagérée, trop soulignée et manipulée par les politiques occidentaux. <em>« On peut avoir des politiques qui s’opposent à certains groupes sans être fondés sur le critère de la race mais sur la sécurité, la protection des citoyens. »</em> Rien à craindre si l’on à rien à cacher.</p>
<p>Interrogée sur la question du « small government », c’est-à-dire le refoulement de l’État-providence en dehors de la sphère privée, elle hoche vigoureusement la tête. <em>« Je suis légalement aveugle »</em>, dit-elle en pointant du doigt son œil. <em>« Mais je ne voudrais pas que s’occuper de moi soit le rôle de l’Etat. J’ai une vision d’une communauté forte ; je me préoccupe de mon copain, de mes amis, de ma famille et de leurs familles. »</em> Pour elle, le conservatisme représente l’individualisme, la compétition et l’effort. Ceux qui ne travaillent pas ne devraient pas forcément recevoir <em>« une éducation secondaire ou des bénéfices sociaux »</em>.</p>
<p>Pour elle, l&rsquo;Occident s’engage dans cette direction. <em>« Les gens commencent à voir les désavantages du libéralisme et à vouloir s’en débarrasser. »</em> Elle comprend les désirs nationalistes des groupes d’extrême-droite québécois, même si la séparation ne lui apparaît pas comme la solution.</p>
<p>Et de conclure, un peu ironique : <em>« Les médias sont très libéraux. Les éditeurs-en-chef du journal de Concordia pour lequel je travaille sont surpris que j’exprime autant mes vues politiques… »</em> Une fois son diplôme obtenu, elle pense à travailler sur YouTube ou pour un média conservateur nord-américain.<em> « Si on m’offrait un poste à Fox News, je déménagerais aux États-Unis, bien sûr »</em>, exprime-t-elle, rêveuse.</p>
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<p style="text-align: right;">Marion LEFÈVRE, à Montréal</p>
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		<title>L’art du refuge</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2016 17:34:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Lena Malval]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Réfugié n.m <em>« Personne ayant quitté son pays d&rsquo;origine pour des raisons politiques, religieuses ou raciales, et ne bénéficiant pas, dans le pays où elle réside, du même statut que les populations autochtones, dont elle n&rsquo;a pas acquis la nationalité. » </em></p>
<p>Art n.m : <em>« Création d&rsquo;objets ou de mises en scène spécifiques destinées à produire chez l&rsquo;homme un état particulier de sensibilité, plus ou moins lié au plaisir esthétique. » </em></p>
<p>Difficile d’imaginer la communion de ces deux termes, de faire le lien entre ces deux thèmes à priori antinomiques de l’actualité contemporaine. S&rsquo;il est d’usage d’évoquer ces derniers séparément, rares sont les projecteurs se braquant sur la pratique artistique des réfugiés.</p>
<p><strong>Catharsis, expression, identité, sauvegarde du patrimoine…nombreuses sont les raisons pour des exilés de prendre les pinceaux.</strong> C’est au détour d’une galerie que nous avons fait la connaissance d’artistes impliqués auprès des réfugiés et de chercheurs touchés par la place de l’art dans la vie des réfugiés ; ces acteurs de la « société civile » diffusent leurs combats en Europe mais s’engagent à des milliers de km des frontières françaises au sein de camps comme celui de Beddawi au Liban ou Zaatari en Jordanie.</p>
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<blockquote><p><strong>Peindre le quotidien: le Street-art du camp de Zaatari</strong></p></blockquote>
<p>Sous le programme AptART (<em>Awarness and prevention trough ART</em>) HERAKUT, un couple d’artiste allemand, a passé trois semaines dans le camp syrien de Zaatari afin de « colorer » le quotidien de ces individus. <strong>Contrastant avec la grisaille des cloisons en préfabriqué ont vu le jour d’immenses peintures murales : l’apparition du Street-art dans un camp de réfugié.</strong> Les deux artistes ont d’ailleurs demandé la participation des jeunes syriens, qui ont pris part avec grand plaisir à ce changement tellement insolite, inhabituel<em>.</em></p>
<div id="attachment_696" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/11/14543460_1408024209211086_408113673_n.jpg"><img class="wp-image-696 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/11/14543460_1408024209211086_408113673_n.jpg" alt="14543460_1408024209211086_408113673_n" width="630" height="419" /></a><p class="wp-caption-text">c 2016 HERAKUT</p></div>
<p><em>« En passant devant ce mur les enfants ont le sourire, ils oublient où ils sont le temps d’un instant »</em> <a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><strong><em><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></em></strong></a> tels sont les mots d’HERAKUT. A leur retour en Allemagne les deux artistes, afin de partager leur expérience ont monté une exposition à Francfort : photos, peinture et travaux réalisés avec les enfants étaient réunis afin de sensibiliser le public allemand et plus généralement européen aux conditions de vie de ces réfugiés.</p>
<p><em>« Nous ne cherchons pas à « déprimer » mais plutôt amener la réflexion sur ce que l’on peut faire ou ne pas faire (…) surtout se dire que tout es encore possible. Tant que les petits riront, rien n’est encore perdu »</em>. Au-delà de cette initiative, l’art se présente ─ du jeune âge jusqu’à la maturité ─ comme une histoire de vie, la possibilité d’un parcours à écrire, à peindre en dehors du camp.</p>
<blockquote><p><strong>Les histoires peintes du camp de Beddawi</strong></p></blockquote>
<p><em> « La peinture, même le dessin, c’est un art qui aime expliquer les problèmes aux peuples ; sinon ce n’est pas de l’art. Les difficultés pour vivre, la position économique, la pauvreté… […] Donc les peintres, ils doivent s’interroger sur les problèmes qu’ils rencontrent. Pour moi, quel est le problème le plus important ? C’est le problème de la Palestine. […] Comment me demander d’oublier le problème principal de ma vie ? Je pense que tu as vu que je pleure lorsque je parle de comment j’ai quitté la Palestine. Comment me demander de quitter et d’oublier mon pays ? »</em> <a href="#_ftn2" name="_ftnref2"><strong><sup><strong><sup>[2]</sup></strong></sup></strong></a><strong> </strong></p>
<p>Lorsque Mr Buhran prononce ces mots, il est au Liban, à 2026 km de chez lui, Galilée en Palestine. Car depuis la séparation de la Palestine en deux Etats en 1947, plus de 438 000 réfugiés palestiniens ont rejoint le Liban ; terre d’accueil et d’asile. Plus de la moitié de ces réfugiés habite au sein de camps, douze camps officiels établis par l’ONU. <strong>C’est à l’intérieur de ces espaces en marge que des hommes, des femmes et enfants tentent de penser leur avenir, d’échapper à ce quotidien étouffant d’expatrié.</strong> C’est non loin de Tripoli, dans le camp de Beddawi que Monsieur Burhan, Nizar, Iman et Samir trouvent un refuge tout particulier : le monde de l’art. Si pour les sociétés occidentales l’art est parfois considéré comme « inutile » et l’artiste marginalisé, elle apparait à Beddawi comme un remède, une échappatoire à la condition de réfugié politique.</p>
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<div id="attachment_701" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/11/14536974_1408024252544415_2006238101_o.jpg"><img class="wp-image-701 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/11/14536974_1408024252544415_2006238101_o-1024x682.jpg" alt="14536974_1408024252544415_2006238101_o" width="920" height="613" /></a><p class="wp-caption-text">c 2016 HERAKUT</p></div>
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<p>Ce trait d’union entre l’art et les réfugiés on le doit en partie à l’<strong>UNRWA</strong> (<em>Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient</em>) qui depuis 10 ans maintenant est en charge de l’établissement de camps de réfugiés et de leur fonctionnement. Quel rapport ? L’UNRWA construit des écoles et y dispense des cours de pratiques artistiques. <strong>Ce que l’on pourrait considérer comme de « l’art thérapie » se présente comme une véritable catharsis pour les élèves.</strong> Ils expriment sur papier leur mal-être, leurs angoisses, détournant leur violence vers leurs toiles et non plus contre eux-mêmes. D’autres au contraire esquisseront des mondes irréels et pacifiques. L’art est devenu pour ces enfants une bouée à laquelle se raccrocher pour sortir la tête de l’eau.</p>
<p><strong>Sortir la tête, quelques enfants de Beddawi y sont arrivés en devenant artistes.</strong> Après avoir suivi les cours dispensés par l’UNRWA Nizar, Yosof et Samir âgés d’une trentaine d’année aujourd’hui, sont entrés à l’Institut Technique de Tripoli puis aux Beaux-arts. Mais pour ces enfants de Beddawi, peindre ne devenait pas un moyen de subsistance car pour Nizar comme pour les autres <em>« les Palestiniens n’ont pas assez d’argent pour acheter des tableaux »</em>,  l’art n’était plus non plus un moyen d’extériorisation, non, c’était devenu un outil de diffusion. Prendre les pinceaux et non les armes, tel pourrait être le leitmotiv de Nizar.</p>
<p><em>« Tout le temps je dessine et je peins à propos de ma cause. Et quand je te parle de ma cause, je ne parle pas seulement de la cause nationale, Intifadas et bombes et tout ça, non, pas seulement ça. Comme un être humain. […] J’essaie toujours de les rendre plus individuels, quelquefois personnels. Ces peintures sont toutes originaires d’une expérience personnelle. Je pense que l’artiste peint toujours quelque chose qu’il a vécu ou senti, tu vois. »</em>. (Nizar 32 ans)</p>
<p>Enfants, ils ont peint leur quotidien, adultes leur quotidien est devenu la peinture. Nizar, Yossof et Samir sont devenus professeurs d’art plastique auprès de l’UNRWA et exposent leurs toiles en Europe (Belgique notamment). Le langage de l’art est un langage international qui, à travers l’histoire, a permis aux individus, aux artistes, de témoigner de leur situation. <strong>Pour ces hommes être artiste c’est surtout exister</strong>, dépasser cette condition de réfugié.</p>
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<div id="attachment_697" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/11/14542866_1408024212544419_1561193079_n.jpg"><img class="size-full wp-image-697" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/11/14542866_1408024212544419_1561193079_n.jpg" alt="c 2016 HERAKUT" width="800" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">c 2016 HERAKUT</p></div>
<blockquote><p><strong>De l’art comme catharsis à l’art identitaire </strong></p></blockquote>
<p><strong>L’un des défis majeurs pour les personnes réfugiées est la sauvegarde de leur identité d’origine, bien souvent gommée voire niée au sein des pays d’accueil.</strong> Différentes organisations humanitaires et membres de la société civile ont à cœur de « colorer » le quotidien des réfugiés tout en protégeant leur culture originelle. Tel est l’engagement d’A.R.T (Art for Refugees in Transition), qui depuis plus de 10 ans promeut l’éducation artistique auprès des réfugiés (en Egypte, Thaïlande, Colombie etc.) et sauvegarde la spécificité culturelle des réfugiés ; souvent marginalisés pour leurs différences culturelles et ethniques, les réfugiés se conforment petit à petit aux traditions de leur pays d’accueil, au détriment de leur culture d’origine.</p>
<p><strong>Par le biais d’A.R.T, les adultes sont encouragés à partager leur culture artistique avec les enfants</strong> : à travers la danse, le chant, la musique et la peinture, les liens se renforcent, les sourires grandissent sur les joues des enfants et la culture propre aux réfugiés est préservée.<em> « A.R.T intervient auprès de groupes de réfugiés en développant un programme spécifique pour chaque art autochtone et les aider à rétablir les relations intergénérationnelles enracinées dans leur propre culture »</em>  <em> (description de l’ONG sur leur site internet). </em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’expérience unique d’HERAKUT, l’engagement d’A.R.T, la communauté d’artistes de Beddawi, tous ces exemples convergent vers un seul et même but : alléger le quotidien de ces réfugiés. Farder leurs rues pour égayer leur passage, leur faire pratiquer l’art pour décharger leur colère et rancœurs ou bien se souvenir, tout simplement, de leur culture natale. Car le costume d’exilé est lourd à porter comme l’écrivait Joachim Du Bellay dans <em>Les Regrets</em></p>
<p><strong><em>« Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,<br />
Qui m&rsquo;est une province, et beaucoup davantage ? »</em></strong></p>
<p>Revoir un jour l’«Heimat», le foyer natal, tel est le souhait le plus cher d’un réfugié, qui à travers un tableau, une danse folklorique, un chant traditionnel… conserve avec lui une partie de son pays.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> http://creative.arte.tv/fr/episode/herakut-en-jordanie-du-street-art-dans-le-camp-de-refugies-de-zaatari</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> A partir de l’étude d’Amanda S. A. Dias, «Des artistes au camp de Beddawi », Cultures &amp; Conflits, 68 | 2007, 149-164.</p>
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		<title>Les violences invisibles</title>
		<link>http://grandsformats.radio-londres.fr/2016/10/13/violences-invisibles/</link>
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		<pubDate>Wed, 12 Oct 2016 23:08:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Renaud Descamps]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[viol]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; Ils sont beaux, jeunes et viennent de familles aisées. Ils font partie de cette jeunesse privilégiée qui poursuit de brillantes études. Pourtant, dans les yeux de ces quatre filles et de ce garçon, un éclat typique de la jeunesse semble manquer. Outre un âge et un milieu social similaires, ces cinq personnes-là partagent un événement [&#8230;]</p>
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<p><strong>Ils sont beaux, jeunes et viennent de familles aisées. Ils font partie de cette jeunesse privilégiée qui poursuit de brillantes études. Pourtant, dans les yeux de ces quatre filles et de ce garçon, un éclat typique de la jeunesse semble manquer. </strong><strong>Outre un âge et un milieu social similaires, ces cinq personnes-là partagent un événement commun mais unique. Ils parlent « d&rsquo;incident », « d&rsquo;accident » et « d&rsquo;expérience ». Ils évitent la plupart du temps sciemment le mot de « viol », tant ce qu&rsquo;ils ont vécu s&rsquo;éloigne de la fausse image du viol dans un lieu lugubre et abandonné. </strong></p>
<hr />
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Méthodologie&nbsp;&raquo; d&rsquo;un article</p></blockquote>
<p>Il aura fallu presque huit mois. Huit mois de questions, d&rsquo;échanges et d&rsquo;enregistrements pour obtenir ces témoignages. Ce laps de temps est à la fois très long – près d&rsquo;un an –, mais reste très court pour dévoiler des blessures aussi intimes. Il aura fallu un énorme travail personnel, une grande souffrance, une gigantesque confiance pour que Lucile*, Martin*, Anaïs*, Esther* et Juliette* parlent avec une grande liberté d&rsquo;un sujet qui reste tabou dans une société hyper-sexualisée.</p>
<p>Il ne sera pas tant question de qui, de où, ni de comment ; mais bien de <em>quoi</em>. De la difficulté d&rsquo;apposer les quatre lettres du mot « viol » sur des souvenirs, parfois diffus et souvent confus, mais qui continuent à faire ressurgir une honte irrationnelle.</p>
<p>Un rapide rappel de quelques éléments factuels. 75 000 femmes seraient violées chaque année, seulement 10% de ces femmes déposeraient plainte. 1 femme sur 10 serait donc victime de viol au cours de sa vie en France. Le viol n&rsquo;est considéré comme un crime que depuis 36 ans. Dans plus de 80% des cas, la victime connait son violeur, la moitié des viols sont commis par un membre de la famille, un tiers par le conjoint. Près de 65% des victimes sont mineures.</p>
<p>Le viol n&rsquo;est donc pas, dans l&rsquo;immense majorité des cas, un acte commis par un étranger dans un lieu désert tard dans la nuit. Il est, dans leurs cas, l&rsquo;action de proches : petits-amis, parents, amis d&rsquo;enfance. Ces cinq-là ont aussi vécu la difficile tâche qui a été de qualifier ce qu&rsquo;ils ont subi, de devoir mettre un mot sur ces violences invisibles qu&rsquo;ils ont parfois mis des années à comprendre.</p>
<blockquote><p>Le rapport au corps</p></blockquote>
<div id="attachment_18891" style="width: 360px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Lucile-23.jpeg"><img class="wp-image-18891" src="http://radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Lucile-23-1024x842.jpeg" alt="Dessin de Lucile" width="350" height="288" /></a><p class="wp-caption-text">Lucile.</p></div>
<p><em>Lucile</em> : « Depuis <em>l&rsquo;incident</em>, je n&rsquo;ai plus jamais eu la sensation que mon corps m&rsquo;appartenait. J&rsquo;ai comme la sensation qu&rsquo;il ne m&rsquo;appartient plus, qu&rsquo;il n&rsquo;est plus qu&rsquo;un truc que l&rsquo;on m&rsquo;a prêté. C&rsquo;est difficile à concevoir, mais lorsqu&rsquo;on me touche le sein, lorsqu&rsquo;on colle sa main sur mon sexe, je pense systématiquement à Marc*. Je ne ressens rien, je ne peux pas me laisser aller, je me dis juste “Marc ne serait pas content”. Par ce qu&rsquo;il a fait, il a séparé mon corps de ce que je suis, pour le récupérer. Comme si j&rsquo;étais apatride, coincée dans le territoire de mon corps sans que je ne puisse rien y faire. »</p>
<p><em>Juliette</em> : « J&rsquo;ai peur qu&rsquo;on me touche. Je me déteste nue. Je me déteste car ce mec, celui qui m&rsquo;a violée, a laissé une cicatrice au niveau de mon téton droit dont je n&rsquo;arrive pas à me défaire. Et lorsque l&rsquo;on voit mes seins, on me renvoie toujours à cette trace, on me demande ce qu&rsquo;il s&rsquo;est passé, pourquoi j&rsquo;ai ça. Et je ne peux pas répondre. J&rsquo;ai envie, j&rsquo;ai envie d&rsquo;expliquer que j&rsquo;ai été victime d&rsquo;un viol, et que j&rsquo;étais tellement soûle que je n&rsquo;avais pas remarqué que mon violeur m&rsquo;avait mordu le téton, au point d&rsquo;y laisser une marque. Mais je n&rsquo;y arrive pas. Du coup, chaque question sur cette cicatrice me renvoie à mon violeur. Mes seins, c&rsquo;est le souvenir indélébile de mon viol. »</p>
<blockquote><p>La possibilité d&rsquo;une sexualité</p></blockquote>
<div id="attachment_684" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/anais.jpeg"><img class="wp-image-684 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/anais-1024x986.jpeg" alt="anais" width="920" height="886" /></a><p class="wp-caption-text">Anaïs.</p></div>
<p><em>Anaïs</em> : « J&rsquo;aimerais bien être comme ces gens qui ont une posture désinvolte vis-à-vis du sexe, qui se disent “vas-y, c&rsquo;est qu&rsquo;un petit coup de bite”. Mais pour moi, c&rsquo;est devenu plus que ça. Je suis obligé de rendre un acte tout con, banal, en un acte intellectuel, à réfléchir à comment je vais pouvoir contrôler ce qu&rsquo;il va se passer, à penser à comment – si je ne veux plus au bout d&rsquo;un moment – je pourrais partir. Il arrive parfois que j&rsquo;ai du plaisir ; mais dans ces rares cas, j&rsquo;ai peur. J&rsquo;ai honte d&rsquo;aimer ça. Alors une fois que le mec est reparti, je gratte mon pubis jusqu&rsquo;au sang. Faut que ça soit douloureux. Ça va paraître dingue, mais j&rsquo;ai besoin que ça fasse mal ensuite. Le plaisir sexuel doit être obligatoirement suivi d&rsquo;une douleur physique sinon, il y a un truc qui ne va pas. Faut qu&rsquo;il y ait contrepartie. »</p>
<p><em>Esther </em>: « Quand j&rsquo;ai raconté à ma meilleure amie ce qu&rsquo;il était arrivé avec mon père, j&rsquo;ai le souvenir qu&rsquo;elle m&rsquo;ait dit qu&rsquo;il fallait faire comme pour le cheval et se remettre en selle d&rsquo;office. Elle n&rsquo;avait pas bien saisi l&rsquo;ampleur du truc, mais je l&rsquo;ai écoutée, elle m&rsquo;a persuadée. Du coup, j&rsquo;ai couché énormément, et au lycée j&rsquo;entendais qu&rsquo;on me traitait de salope et qu&rsquo;on disait qu&rsquo;il ne faudrait pas s&rsquo;étonner si un jour je me faisais violer&#8230; Et dans ma tête, je pensais, “mais quels cons, s&rsquo;ils savaient”&#8230; »</p>
<p><em>Lucile</em> : « Pour ne pas revivre tout ça, pour ne pas avoir à me sentir contrainte à nouveau, je suis devenue consentante par défaut. J&rsquo;ai toujours dit “oui”, pour ne pas subir le fait de dire “non” à un mec mais qu&rsquo;il le fasse quand même. »</p>
<blockquote><p>Expliquer : le cadre familial</p></blockquote>
<p><em>Martin </em>: « Je l&rsquo;ai dit un soir pendant une dispute. J&rsquo;ai crié, je pense que c&rsquo;est la seule fois de ma vie. J&rsquo;en veux toujours énormément à mes parents de n&rsquo;avoir rien vu, de ne pas avoir compris. Moins à mes frères et soeurs qui étaient déjà partis de la maison ou moins en mesure de comprendre. Je leur en veux parce qu&rsquo;il y a eu des signes, parce que ça a duré deux ans, que j&rsquo;étais petit et que je réagissais. Je faisais des trucs bizarres et mes parents ne se sont jamais posés de question. Je l&rsquo;ai dit à mes frères et soeurs ensuite. Je n&rsquo;en ai plus jamais parlé avec eux après. »</p>
<p><em>Anaïs </em>: « Quand j&rsquo;ai expliqué à ma mère que j&rsquo;avais dit non à Pierre*, qui était mon petit-ami à l&rsquo;époque, et qu&rsquo;il m&rsquo;avait quand même forcée, elle a réagi comme si j&rsquo;étais en tort. Elle m&rsquo;a dit qu&rsquo;il fallait assouvir le besoin des hommes, qu&rsquo;il fallait pas que je minaude, que c&rsquo;était mon copain et donc que je <em>devais</em> accepter. Elle a nié mon viol. Là, j&rsquo;ai réalisé l&rsquo;horreur. J&rsquo;ai compris que, elle aussi, elle avait vécu ça. J&rsquo;ai fait un constat horrible : il est possible que moi ou l&rsquo;un de mes frères, nous ne soyons pas le fruit de l&rsquo;amour de nos parents, mais d&rsquo;un viol conjugal. »</p>
<blockquote><p>Garder la sensation, s&rsquo;enchainer aux souvenirs</p></blockquote>
<p><em>Esther </em>: « J&rsquo;étais jeune, j&rsquo;avais quoi, 6, allez 7 ans quand mon père m&rsquo;a fait ça. Il avait mis du Barbara, et avec le recul, je me rends compte que c&rsquo;était un peu une ironie cruelle. Je me suis demandé en grandissant s&rsquo;il avait été suffisamment pervers pour le faire consciemment. En tout cas, il m&rsquo;a privé, entre autres choses de Barbara. J&rsquo;ai toujours du mal à l&rsquo;écouter, je pleure irrationnellement. »</p>
<p><em>Martin </em>: « Je me rappelle du parfum qu&rsquo;il portait et des noeuds dans le bois des lattes, sous son lit. J&rsquo;étais petit, tout petit et ça a beau avoir duré deux ans, je pense avoir occulté le reste. »</p>
<blockquote><p>Mettre les mots sur des choses</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_685" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/juliette.jpeg"><img class="size-large wp-image-685" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/juliette-1024x724.jpeg" alt="Juliette." width="920" height="650" /></a><p class="wp-caption-text">Juliette.</p></div>
<p><em>Juliette </em>: « En soirée, un ami d&rsquo;un de mes meilleurs potes voulait coucher avec moi. Il s&rsquo;est dit qu&rsquo;en me soûlant la gueule, ça serait facile. Il a trop bien réussi son coup ; ivre morte, je n&rsquo;ai pas pu lui dire non. Ni oui d&rsquo;ailleurs. Je n&rsquo;ai pas pu non plus sentir ses dents arracher un morceau de la peau de mes seins. »</p>
<p><em>Lucile</em> : « J&rsquo;ai dû mettre un an avant de réellement comprendre. Pour moi, un viol ne pouvait pas se dérouler sans violence. Je ne vais pas dire que ça a tenu de l&rsquo;illumination divine, mais un jour, j&rsquo;ai su. Je discutais avec une pote, je lui expliquais que parfois Marc était trop insistant, que parfois il le faisait pendant que je dormais ou qu&rsquo;il attendait que je sois trop soûle. Je riais de ces “pulsions” qu&rsquo;ont les mecs. Elle m&rsquo;a regardée, sidérée. Elle m&rsquo;a demandé : “Et si un inconnu te faisait ça, tu considérerais ça comme un viol non ?”, j&rsquo;ai dit “oui”, elle a alors répondu : “Alors que ce soit un inconnu ou Marc, ça ne change rien. C&rsquo;est pas la personne le problème, c&rsquo;est ce que cette personne te fait. Tu es violée.” Ça a été dur, car Marc m&rsquo;aimait et pour moi c&rsquo;était impossible qu&rsquo;une contrainte ne soit pas exercée avec violence. Je n&rsquo;avais juste pas réalisé qu&rsquo;il n&rsquo;usait pas de violence physique, mais bien qu&rsquo;il me contraignait psychologiquement. »</p>
<p><em>Martin </em>: « Au collège, j&rsquo;avais des flashbacks de cette période. J&rsquo;avais imaginé que c&rsquo;était des faux-souvenirs ou mon imagination débordante. Puis j&rsquo;ai réfléchi. Je me suis rendu compte qu&rsquo;il y avait des choses qui rendait l&rsquo;éventualité du viol tangible : des questionnements trop rapides, des gestes inappropriés, des comportements trop “matures”, même si le terme n&rsquo;est pas forcément le bon. Après, il y a tout un questionnement qui se met en branle : j&rsquo;étais consentant, je n&rsquo;ai jamais dit non, peut-être même que j&rsquo;aimais bien. Mais ça vient s&rsquo;exploser comme le mur du bon sens. À 5 ans, la notion de consentement n&rsquo;existe pas ; à 5 ans, on ne sait pas ce qu&rsquo;on nous fait faire ; à 5 ans, on n&rsquo;a pas conscience. Pour pouvoir vivre, j&rsquo;ai dû inscrire ça dans une sorte de dessein du monde, je me suis dit qu&rsquo;il devait y avoir une raison et que ça m&rsquo;avait forcément apporté quelque chose. »</p>
<p><em>Anaïs </em>: « Avant ce qui m&rsquo;est arrivé, le viol entre conjoints était un mythe pour moi, on est censés être amoureux et faire ça dès que l&rsquo;occasion se présente. Une fois, je n&rsquo;ai pas voulu avec Pierre, il m&rsquo;a tenu les mains, m&rsquo;a dit qu&rsquo;il aimait quand je faisais la rebelle et que maintenant j&rsquo;allais être sa soumise. Il a pris mon “non” pour une invitation à un jeu érotique. J&rsquo;ai vomi après. Mon corps a su que c&rsquo;était un viol. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>*Les prénoms ont été changés à la demande des personnes concernées.</p>
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