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	<title>Radio Londres &#187; Politique</title>
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	<description>Un coup de jeune sur l&#039;info</description>
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		<title>Présidentielle : tour de France des électeurs</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Apr 2017 07:46:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[portrait]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>&#160; Ils se sont toutes et tous déplacés dimanche dernier, pour voter au premier tour de l&#8217;élection présidentielle. Déçus, optimistes, résignés&#8230; Nous avons rencontré les électeurs aux quatre coins de la France. Portraits. Mourtaza (Saint-Denis) : « Il faut qu’il y ait un changement au niveau des commandes » Mourtaza Goulamhoussen est un ancien professeur de mathématiques [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #000000">Ils se sont toutes et tous déplacés dimanche dernier, pour voter au premier tour de l&rsquo;élection présidentielle. Déçus, optimistes, résignés&#8230; Nous avons rencontré les électeurs aux quatre coins de la France. Portraits.</span></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #000000">Mourtaza (Saint-Denis) : <em>« Il faut qu’il y ait un changement au niveau des commandes »</em></span></strong></p>
</blockquote>
<div id="attachment_1021" style="width: 4618px" class="wp-caption aligncenter"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/P10105521.jpg"><img class="wp-image-1021 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/P10105521.jpg" alt="P1010552" width="4608" height="2592" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Mourtaza (Saint-Denis)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Mourtaza Goulamhoussen est un ancien professeur de mathématiques et de physique, originaire de La Réunion. Ayant enseigné à Madagascar, à Canberra et même à Jakarta pendant plusieurs années, il se dit «<em> à la recherche de l’humain</em> ». Militant en politique depuis près de 40 ans, riche de son expérience, il prône plus de solidarité et d’échanges culturels avec les pays environnants.</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong><em>« Faire avancer l’intérêt général »</em></strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000"> Voilà ce qui préoccupe finalement Mourtaza en cette journée électorale. «<em> Je suis contre le gaspillage, dans tous les domaines. Le gaspillage d’argent oui, mais aussi de médicaments par exemple</em> ». Puis il hésite, dit rêver peut-être un peu, mais souhaite également « <em>que le racisme, et la radicalisation prennent fin. C’est ce qui m’inquiète le plus aujourd’hui.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000"> Il prend également exemple sur les cultures qu’il a côtoyées : « <em>En Australie, tous les domaines sont tournés vers l’écologie. Le dialogue entre jeunes et enseignants est aussi beaucoup plus poussé, ici, ceux qui souffrent par exemple de problème de drogue sont mis à l ‘écart. Il y a pas de véritable prise en charge.</em> » Il faudrait donc pour lui réformer le système français, « <em>malade </em>».</span></p>
<h4><em><strong><span style="color: #000000">« Ils ne sont pas tous pareils »</span></strong></em></h4>
<p><span style="color: #000000"> Pour Mourtaza, le vote est primordial. « <em>Il faut le rendre obligatoire, comme en Australie, pour sensibiliser les gens. Il faut que les jeunes s’impliquent.</em> » Choisir un candidat ou un autre, par calcul, par hasard, ce n’est pas une solution à ses yeux. «<em> Il y a des valeurs en France, que nous avons, et que l’on ne doit pas sacrifier par sanction. Les candidats sont différents.</em> » Il reste en effet fier de la France, en particulier pour «<em> les droits de l’Homme, la sécurité sociale, l’éducation gratuite. Ailleurs on n’y a pas accès sans argent.</em> » Pour lui, c’est cette fierté qu’il faut perpétrer.</span></p>
<h4><em><strong><span style="color: #000000">« Tributaires de l’éloignement »</span></strong></em></h4>
<p><span style="color: #000000"> C’est ainsi que l’ancien professeur décrit les Réunionnais face à la politique. «<em> On est pas déconnectés, grâce aux médias, aux réseaux, mais on reste tributaires de l’éloignement</em> » affirme-t-il. Près de 10 000 kms les séparent de Paris, et pour lui « <em>trop peu de moyens sont délégués au coopératives régionales, c’est encore souvent centralisé</em>. » Il est vrai que malgré les affiches disséminées sur les panneaux de St-Denis, peu de candidats ont organisé des meetings à La Réunion , DOM-TOM au relativement faible taux d’abstention. Et pourtant, au vu des sondages très serré, aucun électorat n’est négligeable.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><strong><span style="color: #000000">Jérémy (Rixheim) : <em>« </em>J&rsquo;aurais voté blanc, mais ça n&rsquo;a pas de poids <em>»</em></span></strong></p></blockquote>
<div id="attachment_1018" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Jeremy-électeur.jpg"><img class="wp-image-1018 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Jeremy-électeur-1024x651.jpg" alt="" width="920" height="585" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Jérémy (Rixheim, Haut-Rhin)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Jérémy est un jeune père de famille. Il se reconnaît d’emblée comme « <em>particulièrement déçu par cette élection, déçu de toutes les affaires de corruption</em> ». En guise de boycott il déclare ne pas du tout avoir suivi la campagne, «<em> avoir tout mis de côté</em> ». D’après lui, dans le traitement médiatique « <em>à chaque fois on nous dit, lui il est corrompu, lui il a fait ça, on nous parle pas en bien de ces gens-là [des hommes politiques ndlr]</em> ». Ainsi, il avoue avoir seulement « <em>regardé hier soir les propositions de chacun</em> ». Malgré tout, il est au courant des principaux points des différents programmes, à l’instar de la proposition de <span style="font-family: 'Georgia',serif">Benoît Hamon de soumettre à référendum la reconnaissance du vote blanc, une mesure qu’il juge « <em>intéressante</em> ». Cependant, aucun candidat n’est parvenu à le convaincre, <span style="letter-spacing: .1pt">désillusionné, il confie : « <em>Aujourd’hui, je n’ai pas voté pour un candidat qui me plaisait</em> ».</span> <span style="letter-spacing: .1pt">Malgré cette défiance muée en dépit, il ne souhaitait pas s’abstenir, avec la conviction que « <em>c&rsquo;est un devoir</em> ». Le vote blanc aurait alors pu être une possibilité : « <em>J’aurais voté blanc, mais ça n’a pas de poids</em> » explique-t-il. « <em>On vote toujours pour le moins pire, pas pour le meilleur</em> » regrette Jérémy, mais c’est pour lui l’unique moyen de « <em>limiter la casse</em> », comme il le répète par deux fois.</span></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #000000"><em>Léane (Bordeaux) : « C’est un vote difficile parce que j’ai voté à contrecœur »</em></span></strong></p>
</blockquote>
<div id="attachment_1028" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/DSC_0152-e1492949773210.jpg"><img class="wp-image-1028 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/DSC_0152-1024x681.jpg" alt="DSC_0152" width="920" height="612" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Léane Delanchy (Bordeaux, Gironde)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Léane Delanchy a 18 ans, est étudiante à Bordeaux et participe à sa première élection. <em>« Je voulais voter Hamon »</em> nous confie-t-elle. <em>« A cause des sondages »</em>  elle a préféré voter pour Jean-Luc Mélenchon même si elle ne se retrouve pas dans toutes ses idées notamment sur la politique étrangère :<em> « C’est un vote difficile parce que j’ai voté à contrecœur ».</em> Elle a <em>« misé sur Mélenchon »</em> dans l’optique de se retrouver avec quelqu&rsquo;un de plus proche de ses idées au second tour et car <em>« c&rsquo;est celui qui propose le plus en matière de droit pour les femmes »</em>.</span></p>
<h4><strong><em><span style="color: #000000">« Ce sont mes premières élections donc je n&rsquo;ai pas forcément beaucoup de recul »</span></em></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">Malgré ce constat, elle juge cette campagne et ces élections <em>« assez basses »</em>, <em>« moyennes »</em> notamment <em>« à cause des affaires »</em>. L’élection présidentielle demeure pour elle une élection essentielle dans la vie politique française. Cependant, <em>« il ne faut pas compter sur une seule personne pour tout changer ! »</em>. Elle a particulièrement apprécié certaines idées mises en lumière ces derniers mois :<em> « Le revenu universel, je pense que tôt ou tard, de droite ou de gauche, on sera obligé d’y venir »</em>. A noter aussi, <em>« la transition écologique de Mélenchon car je crois que c’est vraiment important ».</em></span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong><em>« En France, tu ne peux pas jouer dans l’équipe de foot lorsque tu es mis en examen mais tu peux te présenter aux présidentielles ! »</em></strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Le constat sur l’état de la politique dans notre pays est assez désabusé. Elle n’arrive pas à comprendre le maintien de certains candidats malgré des soupçons, surtout comparé à d’autre pays, notamment au nord de l’Europe. Léane nous confie qu’elle considère que le débat est trop sur la forme, très <em>« marketing »</em>. <em>« Quand on voit que la présidentielle se joue même sur Snapchat, je trouve que quand même on touche le fond ! »</em>. Cependant, elle se décrit comme <em>« vachement intéressée par la politique ! »</em> et se considère comme engagée politiquement même si non militante : <em>« Il n’y a personne qui me tienne vraiment à cœur… ».</em></span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong><em>« Remettre des sujets essentiels au centre des choses »</em></strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Transition écologique, lutte contre la fraude fiscale, meilleure répartition des richesses <em>« pour offrir à tous un meilleur pouvoir d’achat et relancer l’économie »</em>, sont des points que Léane espère voir occuper le devant de la scène dans le futur et qui permettrait peut-être d’améliorer les choses. <em>« Il faudrait aussi interdire les sondages en période électorale »</em>. Effectivement peut-être que, comme elle, ils ont été nombreux dimanche à leur accorder une grande importance. Au point de changer l’issue du scrutin ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #000000"><em>Jean-Louis (Saint-Junien) : <em>« </em>Il n&rsquo;y a que Mélenchon qui peut vraiment changer les choses <em>»</em></em></span></strong></p>
</blockquote>
<div id="attachment_1034" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/100_0885.jpg"><img class="wp-image-1034 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/100_0885-1024x768.jpg" alt="Jean-Louis, à Saint-Junien (87)" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Jean-Louis (Saint-Junien)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Jean-Louis est retraité de l’éducation nationale, il retrouve le gymnase du lycée où il a enseigné pour aller voter. « <em>J’ai voté Mélenchon !</em> » répond-il avec enthousiasme à une question à peine posée. Sa femme gère le groupe de soutien local du candidat et le couple a milité pour le candidat de la France insoumise. Ce qu’il apprécie particulièrement chez Jean-Luc Mélenchon, c’est le projet d’Assemblée constituante. Il en est convaincu : la Vème République est désuète et il faut changer de Constitution. « <em>Le tirage au sort c’est une idée formidable</em> » avance-t-il à propos de la Constituante. « <em>Il faut replacer les citoyens et le peuple au cœur des décisions et de la vie politique</em> » propose-t-il pour revenir à une démocratie plus participative. Mais la fin de la Vème République est aussi évoquée par le candidat socialiste Benoît Hamon, avec qui il aurait fallu s’entendre selon l’ancien professeur de mathématiques. « <em>Hamon cristallise des voix qui feront défaut à Mélenchon</em> » affirme-t-il. Hamon aurait dû se retirer, d’autant plus que l’entente était possible : «<em> Sur les institutions, sur l’économie, et surtout sur l’écologie, il faut reconnaître que leurs programmes n’étaient pas très éloignés </em>».</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>« De Robert Hue à Alain Minc, c&rsquo;est une blague Macron ! »</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Avec Hamon, la victoire était assurée d’après Jean-Louis. Il pense que Mélenchon est le seul capable de battre Macron au second tour. « <em>Macron, c’est le candidat de l’oligarchie financière et des médias !</em> » résume-t-il après une série de critiques et de bons mots sur le candidat d’En Marche !, qui apparaît comme la cible principale des « insoumis ». « <em>Macron anti-système ? C’est au contraire le candidat du système !</em> ». Mais sur ce point, il précise tout de même que l’usage du terme « système » tout au long de la campagne s’est révélé un peu fatigant… Tout le monde est anti-système à sa manière, dans la mesure où chaque candidat veut changer les choses, ou du moins le fait croire. Sur la campagne en général justement, Jean-Louis trouve injustes les propos de nombreux éditorialistes qui trouvent cette campagne mauvaise, de bas niveau. Il considère que, malgré les affaires Fillon qui ont occulté un instant les questions de fond, le débat a existé et s’est même parfois montré intéressant. Sur la question européenne notamment, « <em>il y a eu un vrai débat de fond avec toutes les sensibilités européennes présentent</em> ». Ce sujet est d’ailleurs l’occasion pour lui de rappeler à ceux qui considèrent qu’il ne faut pas faire de référendum, que le débat en 2005 avait été étonnamment riche et sérieux, preuve que la vie politique et démocratique peut être animée et tirée vers le haut. Pour conclure, il regrette aussi les affirmations des journalistes qui considèrent que les citoyens ne s’intéressent plus à la politique, au contraire : « <em>Ils en ont marre certes, ils veulent que ça change, mais je crois qu&rsquo;ils sont toujours autant intéressés par le débat</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #000000">Hervé (Rochefort) : &laquo;&nbsp;Une campagne sans sondage&nbsp;&raquo;</span></strong></p>
</blockquote>
<p><span style="color: #000000"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/18120397_662081894001925_536839630_o.jpg"><img class=" size-large wp-image-1037 aligncenter" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/18120397_662081894001925_536839630_o-768x1024.jpg" alt="18120397_662081894001925_536839630_o" width="768" height="1024" /></a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000">Hervé Blanchet, maire Les Républicains de Rochefort (25 000 habitants) et conseiller régional d&rsquo;Aquitaine, s&rsquo;engage en politique en 2001 à l&rsquo;échelle locale. Lucide, il dresse un constat pessimiste quant à la condition futur des collectivités locales: &laquo;&nbsp;<em>La taxe d&rsquo;habitation est une ressource très importante pour ma ville, et même si Emmanuel Macron promet d&rsquo;apporter une compensation à cette perte de recette, on sait par expérience que souvent, ce type de promesse n&rsquo;est pas tenue </em>», et poursuit : &laquo;&nbsp;<em>nous avons conscience que quelque soit le candidat qui gagnerait l&rsquo;élection, il risque d&rsquo;y avoir une continuité dans la politique de baisse de la DGF (dotation globale de fonctionnement) issu de l&rsquo;état, déjà réduite de manière importante depuis 2014 </em>». Une perte d&rsquo;environ 4,5 millions d&rsquo;euros pour la ville de Rochefort depuis 2014, pour un budget de 60 millions d&rsquo;euros par an.</span></p>
<p><span style="color: #000000">Interrogé à propos du rôle des médias et des sondages dans l&rsquo;élection présidentielle, Hervé Blanchet répond sans hésiter : &laquo;&nbsp;<em>Moi je rêve d&rsquo;une campagne sans sondage </em>». En effet selon lui, &laquo;&nbsp;<em>les sondages sont inexacts et influencent le vote de certains électeurs </em>». Sur les journalistes en particulier, M. Blanchet raisonne lucidement : &laquo;&nbsp;<em>Des journaux sont très ciblés, et ont leur dominance politique : </em>Le Figaro<em>, </em>L&rsquo;Humanité<em>, </em>Le Monde<em>. On sait à quoi s&rsquo;attendre lorsque l&rsquo;on lit les articles de ces journaux </em>». Il poursuit au niveau local: &laquo;&nbsp;<em>Au niveau local, parfois, il y&rsquo;a des articles très réussis et neutres, et d&rsquo;autres qui ne le sont pas forcément&#8230; Chaque journaliste a sa déontologie, certains se comportant toujours très bien et d&rsquo;autres de manière</em> border line »<em>. </em></span></p>
<h4><strong><span style="color: #000000">&laquo;&nbsp;Je me suis bien gardé d&rsquo;allé distribuer des tracts sur le marché&nbsp;&raquo;</span></strong></h4>
<p><span style="color: #000000">Maire Républicain, Hervé Blanchet votera François Fillon, conformément à son parrainage et à sa famille politique. Cependant, il se dit &laquo;&nbsp;<em>désarçonné</em>&nbsp;&raquo; par le Penelope Gate, et n&rsquo;a &laquo;&nbsp;<em>pas apprécié les propos de M.Fillon par rapport à sa mise en examen. Cela a fait beaucoup de mal à la parole politique </em>». Il témoigne s&rsquo;être &laquo;&nbsp;<em>beaucoup moins impliqué que les autres élections </em>», et s&rsquo;être &laquo;&nbsp;<em>bien gardé d&rsquo;allé distribuer des tracts sur le marché </em>». Cependant, Hervé Blanchet réitère son soutien à François Fillon : &laquo;&nbsp;<em>Moi je vote François Fillon. Je fais passer le programme avant l&rsquo;homme. Je l&rsquo;avais rencontré avant les élections, bien avant les primaires. J&rsquo;étais pour Alain Juppé, mais lorsque la primaire a donné comme vainqueur François Fillon, j&rsquo;ai été le premier à dire tous derrière François Fillon </em>». Il défend ainsi le programme du candidat de la droite et du centre : &laquo;&nbsp;<em>Je pense que son programme est le plus adapté pour notre pays. De toute façon le président ne gouverne pas seul, il a un gouvernement, une majorité </em>», mais malgré tout : &laquo;&nbsp;<em>Je suis avocat, donc je respecte la présomption d&rsquo;innocence, en revanche dire au 20 heure que si il est mis en examen il arrêtera mais que finalement il n&rsquo;arrête pas, ça je n&rsquo;ai pas apprécié </em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000">Sur son rapport au citoyen, Hervé Blanchet déplore &laquo;&nbsp;<em>un amalgame entre les politiques locaux et les politiques d&rsquo;envergure national </em>». A propos des affaires et autre frasque politicienne, le maire déclare : &laquo;&nbsp;<em>Cela nous fait mal, mais je pense que les gens se rendent compte de l&rsquo;action des élus locaux. Les gens aiment leur maire, savent qui il est. C&rsquo;est très important pour moi d&rsquo;avoir une emprise très locale </em>». Il met également en évidence le rôle complexe des maires : &laquo;&nbsp;<em>Les gens ont tendance à oublier leur devoir et pensent n&rsquo;avoir que des droits. On ne peut pas dire oui à tout, certaine choses peuvent se faire, d&rsquo;autre non. Nous, on doit raisonner avec l&rsquo;intérêt général, alors que beaucoup voient leur intérêt privé plutôt que général. C&rsquo;est parfois difficile à faire admettre </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4></h4>
<blockquote><p><strong>Edwina (Goussainville) : « <em>Il faut davantage favoriser le mérite et le travail »</em></strong></p></blockquote>
<div id="attachment_1050" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Edwina-Manika.jpg"><img class="size-large wp-image-1050" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Edwina-Manika-1024x958.jpg" alt="Edwina Manika responsable des Jeunes LR du Val d'Oise" width="920" height="861" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Edwina Manika, Goussainville (Val d&rsquo;Oise)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Edwina Manika, 28 ans, est ingénieure biomédical dans un laboratoire spécialisé en cardiologie le jour, responsable des jeunes LR du Val d’Oise, la nuit. Cette sarkozyste convaincue est conseillère municipale dans l’opposition au sein de la commune de Goussainville (95).</span></p>
<p><span style="color: #000000">Malgré le tumulte de la campagne, elle tient à respecter la discipline de parti d’unité des Républicains : <em>« Nous avons chacun notre écurie, mais nous sommes une équipe. Je me suis dit qu’on se devait d’aller dans chaque meeting en région parisienne, pour soutenir le gagnant de la primaire. Nous sommes une armée, une force de guerre. » </em></span></p>
<h4><em><span style="color: #000000"><strong>&laquo;&nbsp;Nous n’étions pas bien accueillis sur les marchés&nbsp;&raquo;</strong></span></em></h4>
<p><span style="color: #000000">Car oui, l’élection présidentielle ressemblait davantage à une campagne militaire pour certains candidats. Englué dans une affaire de détournement de fonds public, le candidat LR François Fillon a donné du fil à retordre aux élues de terrain comme Edwina : <em>« Entre janvier et février, on n’était pas bien accueilli sur les marchés. J’ai ressenti de la déception et comme tout le monde, j’ai douté. C’était une période trouble. Les soutiens s’en allaient un par un. Les militants de ma commune n’avaient plus envie. Je trouvais que les médias s’acharnaient sur François Fillon. Un plan B ? Cela aurait été un manque de respect envers les citoyens, qui avaient déjà payé pour cette primaire. J’ai tenu bon. C’est dans ces moments qu’il faut être courageuse.»</em></span></p>
<h4><em><span style="color: #000000"><strong>&laquo;&nbsp;Je suis pour une immigration contrôlée. Moi qui suis d’origine indienne, je n’ai pas de gêne à le dire.&nbsp;&raquo;</strong></span></em></h4>
<p><span style="color: #000000">Si les affaires ont déstabilisé le camp LR, le programme de l’ancien Premier ministre reste un socle indéfectible auquel s’accroche l’élue : <em>« Pour moi le travail c’est la base de tout ! Je suis favorable à la suppression des 35h comme le propose François Fillon, cela créera de la compétitivité. Je suis pour une immigration contrôlée. Moi qui suis d’origine indienne, je n’ai pas de gêne à le dire. Beaucoup viennent en France pour le système généreux proposé chez nous. Il faut davantage favoriser le mérite et le travail. »</em></span></p>
<p><span style="color: #000000">« Travailler plus pour gagner plus » a longtemps été le credo d’Edwina. Elle est séduite à 15 ans par les propos tranchants de l’ambitieux ministre de l’Intérieur de l’époque : Nicolas Sarkozy : <em>« Je vivais près des cités en Seine St Denis à Épinay-sur-Seine. Pourtant, je ne me suis jamais senti visée quand Nicolas Sarkozy a voulu passer les banlieues au kärcher. Ce n’est pas le quartier qui définit ton parcours. Les jeunes de quartiers se mettent eux-même des barrières. Quand on veut, on a toujours les moyens de s’en sortir.»</em></span></p>
<h4><em><span style="color: #000000"><strong>&laquo;&nbsp;Je suis prête à appeler à voter contre le FN&nbsp;&raquo;</strong></span></em></h4>
<p><span style="color: #000000">Edwina ne croit plus aux sondages. 2016 l’a convaincu de continuer à y croire, quitte à être à contre-courant. Elle se dit toutefois lucide sur l’enjeu des évènements : <em>« Je suis prête à appeler à voter contre le FN. On ne va pas jouer le ni-ni pour le coup. Ce n’est pas une élection cantonale ».</em> Car si la conseillère municipale soutien son champion, elle garde à l’esprit l’élection législative prévue en juin prochain. Scrutin primordial qui donnera ou retirera une majorité parlementaire, nécessaire pour gouverner au futur chef de l’État : <strong><em>« </em></strong><em>Nous prévoyons cinq  semaines de campagne intensives avec des opérations coups de poing, en ciblant des lycées du Val d’Oise. Car même si Emmanuel Macron est élu président, nous les LR avons pour force d’être très bien implanté au sein de notre territoire, contrairement à lui. »</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000"><strong> </strong></span></p>
<blockquote><p><strong>Hicham (Les Mureaux) : &laquo;&nbsp;Aucun candidat n&rsquo;est là pour rattraper l&rsquo;autre&nbsp;&raquo;</strong></p></blockquote>
<div id="attachment_1052" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Photo-rl.jpg"><img class="size-large wp-image-1052" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/Photo-rl-1024x576.jpg" alt="Hicham et son fils" width="920" height="518" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #000000">Hicham et son fils, Les Mureaux (78)</span></p></div>
<p><span style="color: #000000">Lui, c’est Hicham. Un citoyen qui, comme une partie des français, est dégoûté de la politique. « <em>Aucun candidat n’est là pour rattraper l’autre</em> », confie-t-il sur un ton déçu. Pourtant, c’est dans la matinée qu’on le retrouve au bureau de vote pour réaliser ce qu’il appelle son devoir : « A<em>ujourd’hui je suis venu pour remplir mon devoir : il y a des gens qui sont morts pour avoir le droit de vote. La moindre des choses c’est de leur rendre hommage en votant </em>», explique-t-il avant de compléter « <em>mais après, je ne suis pas venu pour voter par conviction en espérant que les choses vont changer, car je sais que les choses ne changeront pas</em> ».</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>Un dégoût de la politique</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Ce dégoût trouve ses sources dans les actions non conformes aux promesses tenues par les élus. Les politiques engagées par les anciens présidents de la République, notamment celles controversés durant le mandat de François Hollande, n’ont pas aidé à rétablir le goût de la politique chez ces français. L’image donnée est claire : les candidats aux élections présidentielles n’ont rien à amener de nouveau. Ils seraient le fruit d’un système corrompu, donc ils travailleraient nécessairement pour ce système. Hicham explique que pour lui, les élus s’engagent dans la vie politique pour chercher des profits personnels. « <em>La politique n’a pas une place importante dans ma vie parce que, quoique l’on fasse, on ne fera que subir. Malgré le choix qu’on peut faire en choisissant un homme politique, il fera ce qu’il a envie de faire par la suite ; on voit toutes les promesses qui ont été faites et qui n’ont pas été tenues, ou des choses qui ont été faites et qui n’étaient pas du tout annoncées</em> » argumente-t-il. « <em>A partir de là on ne peut plus croire personne</em> », conclue-t-il.</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>Des élections essentielles</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Les élections présidentielles de 2017 ont pourtant été grandement suivi, et Hicham ne cache pas avoir, lui aussi, suivi le déroulement des campagnes, du moins à travers les débats télévisés. Il me précise que, malgré tout, les élections 2017 sont essentielles, et ce surtout sur le plan international : « <em>V</em><em>u ce qui est en train de se passer dans le monde, il va effectivement falloir quelqu’un qui puisse prendre de bonnes décisions parce que là, ça commence à craindre !</em> » me dit-il suivi d’un rire. Cette peur s’entend dans beaucoup de voix. Il n’est pas le seul à comprendre que les élections de 2017 en France ont un rôle important à jouer dans le déroulement des choses dans le monde. De la même manière que les élections présidentielles américaines ont été grandement suivies à travers le monde, les élections françaises ont, elles aussi, intéressés les citoyens des pays étrangers. De nombreuses personnalités du monde entier ont montré leur soutien ou se sont intéressées de près ou de loin à certains candidats à la présidence.</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>Pour qui voter lorsqu&rsquo;on est dégoûté de la politique ?</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Elire un(e) président(e) dans ce contexte est primordial. Donc, voter est plus que nécessaire, selon Hicham. Ce n’est pas totalement l’argument du vote utile qu’il met en avant, puisqu’il ne s’agissait pas selon lui de voter pour un candidat qui fait un bon score contre un autre. Il s’agit en réalité de voter pour le candidat qui propose les moins pires idées. D’ailleurs, son choix s’est quasiment fait par élimination. « <em>Dans l’isoloir, je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai fait « plouf-plouf » mais c’était presque ça. J’ai en tout cas éliminé de mes choix ceux que je ne voulais absolument pas voir au pouvoir, et j’ai voté par dépit. </em>» Voter pour le « moins pire ». Un vote amer qui aurait pu être contré par le vote blanc s’il avait été pris en compte. C’est en tout cas ce que pense Hicham quand je lui demande pourquoi ne pas voter blanc : « <em>Le vote blanc est inutile. Autant voter pour un petit candidat, ce qui revient presque au même, car ça va réduire le pourcentage de chance de ceux qu’on n’a pas forcément envie de voir au pouvoir.</em> » Une position qui aurait pu être totalement différente si le vote blanc était pris en compte dans notre mode d’élection : « <em>par contre si le vote blanc avait été pris en compte, je pense qu’il y aurait beaucoup de monde qui iraient voter et que ca aurait été une bonne alternative pour ceux qui ne veulent aucun des candidats proposés.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center"><span style="color: #000000"><em><strong>Georges (Brignais) : &laquo;&nbsp;Ils servent leurs propres intérêts&nbsp;&raquo;</strong></em></span></p>
</blockquote>
<div id="attachment_1044" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a style="color: #000000" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/DSCF3521-2.jpg"><img class="wp-image-1044 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2017/04/DSCF3521-2-1024x768.jpg" alt="DSCF3521 (2)" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Georges (Brignais)</p></div>
<p><span style="color: #000000">Georges, retraité, ancien artisan boucher vivant dans le Rhône, a glissé le nom de François Fillon dans l’urne, « <em>parce que je suis à droite depuis toujours</em> » affirme-t-il. Mais ce n’est pas sans méfiance, concède-t-il : « <em>Tous autant qu’ils sont, ils pensent qu’à eux. Faut pas rêver</em> ».</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>« Tous autant qu’ils sont, la droite, la gauche, tous, ils ne valent pas plus cher les uns que les autres, parce qu’ils sont au pouvoir, ils pensent d’abord à eux avant de penser à nous. »</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Voilà le constat désabusé que fait Georges en ce jour d’élections. « <em>J’estime que tout homme politique, un an après avoir quitté la vie politique, il devrait redevenir comme nous : hommes citoyens comme tout le monde</em> » déclare-t-il, espérant que cela réduirait les intérêts personnels des candidats. De plus, « <em>les Sénateurs, il faudrait en supprimer la moitié, mais il n’y en a pas un qui le dit, parce que c’est tous des copains</em> ». Il s’attaque également à Emmanuel Macron, estimant que « <em>tous ceux qui sont autour de lui, ils sont venus le soutenir pour avoir des places, après</em> ».</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>« Franchement la classe moyenne comme nous, au milieu, on est imposés de partout »</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Avec son vote, Georges espère d’abord exprimer le mécontentement de la classe moyenne : « <em>Moi j’ai travaillé toute ma vie, en faisant 70 heures par semaine, je ne suis pas fortuné, mais j’ai travaillé pour pouvoir vivre à la retraite </em>». Il existe pour lui une injustice profonde, car les vrais riches « <em>ont tous des combines pour ne pas payer d’impôts</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000">Il souligne également un fort décalage entre les dépenses de l’Etat et celles qu’il faisait difficilement pour faire vivre son commerce : « <em>Vous mettez votre maison en jeu, vous mettez tout ce que vous possédez en jeu pour pouvoir arriver à faire ce que vous voulez. Si vous n’y arrivez pas, on vous prend ce que vous avez fait. L’homme politique, lui, il vient, c’est pas son argent, il n’est pas traité comme nous. Quand c’est pas votre argent vous faites ce que vous voulez ! Quand vous le transpirez tous les matins en vous levant, vous ne le jetez pas par les fenêtres.</em> »</span></p>
<h4><span style="color: #000000"><strong>« <em>J’ai toujours voté. Là j’étais dans le midi, je me suis déplacé pour venir voter.</em> »</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000">Malgré tout, pour Georges, « <em>c’est important, il faut voter, parce que c’est nous qui jouons.</em> » Il fustige les abstentionnistes : « <em>Ceux qui ne votent pas, qu’ils se taisent après.</em> ». Il regrette la bassesse du débat politique, vide d’idées : « <em>Ils se critiquent, c’est tout ce qu’ils font, ils se critiquent mutuellement !</em> ». Il pense que « <em>l’actualité, elle fait plus de mal qu’autre chose</em> ». Les affaires Fillon, par exemple, sont la preuve d’une absence de fond : «<em> On veut démonter quelqu’un, on le démonte en faisant ressortir des trucs qui ont vingt ans ; c’est ça la politique </em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000">« <em>Ça sert à rien de se battre, l’essentiel c’est qu’ils se réunissent tous</em> » déclare finalement Georges. Et d’ajouter, sur un ton quelque peu rêveur : «<em> Ils devraient s’unir et gouverner ensemble</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right"><span style="color: #000000">Article rédigé par Matthieu Slisse, Estelle Ndjandjo, Louis Faurent, Mariette Munier, Mohammed Azzaoui, Martin Hortin, Vianney Savatier et Anaëlle Véricel.</span></p>
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		<title>Donald Trump président : tour du monde des réactions</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Dec 2016 05:29:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Camille Schmitt, Léo Bernard, Lucie Barras, Marion Lefèvre, Mélissa Pollet-Villard et Pamela Bazan]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
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		<category><![CDATA[Viêt Nam]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; 9 novembre 2016. Défiant tous les pronostics, sondagiers ou journalistiques, Donald Trump est élu 45e président des États-Unis. Nous avons cherché à savoir quelles réactions son élection suscitait à travers le monde. Témoignages d&#8217;anonymes en Argentine, au Viêt Nam, en Colombie, au Mexique, au Liban et au Canada. &#160; Argentine : « Élire une femme, c’en aurait [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong>9 novembre 2016. Défiant tous les pronostics, sondagiers ou journalistiques, Donald Trump est élu 45e président des États-Unis. Nous avons cherché à savoir quelles réactions son élection suscitait à travers le monde. Témoignages d&rsquo;anonymes en Argentine, au Viêt Nam, en Colombie, au Mexique, au Liban et au Canada.</strong></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Argentine : « <em>Élire une femme, c’en aurait été trop pour eux »</em></p></blockquote>
<p>L’élection de Donald Trump a été une surprise, voire un électrochoc dans le monde. J’ai suivi l’élection en direct d’Argentine et la douche froide a été instantanée. Quelques semaines plus tard, j’ai interrogé les Argentins pour connaître leur point de vue quant à cette élection au pays des <em>Yanquis</em> [Yankees], comme ils aiment à les appeler.</p>
<div id="attachment_710" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/MiguelAvila.jpg"><img class="size-large wp-image-710" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/MiguelAvila-1024x683.jpg" alt="Miguel Avila  (© Mélissa Pollet-Villard) " width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Miguel Avila (© Mélissa Pollet-Villard)</p></div>
<p>Miguel Avila est le directeur de la Librairie d’Avila, l’une des plus vieilles du monde. Cet intellectuel et homme de lettre nous accueille dans son bureau pour partager son point de vue sur la question. Pour lui, l’élection de Donald Trump n’est autre que la suite logique d’éléments s’étant enchaînés les uns après les autres et ayant conduit à se résultat. Il estime que Donald Trump, à lui seul, ne va rien changer et n’hésite pas à se remémorer l’histoire des <em>gringos</em>, en affirmant que <em>« tous les présidents des États-Unis ont plus ou moins reproduits les mêmes choses. Ils se sont toujours imposés au monde, que ce soit au Viêtnam ou au Moyen Orient. Le seul qui a voulu changer la donne, c’était Kennedy. Et il s’est fait assassiner. »</em> Selon Miguel, le président des États-Unis n’a que peu d’influence directe sur son pays et sur le reste du monde et que le choix des Américains en faveur de tel ou tel candidat <em>« n’aurait rien changé »</em>. <em>« Les vrais influents du monde sont les banques, les institutions et les grandes entreprises, ce sont elles qui décident des règles du jeu mondiales »</em>, complète-t-il. <em>« Ils contrôlent tout, comme les Espagnols l’ont fait lorsqu’ils sont arrivés en Amérique »</em>, conclue-t-il, non sans un brin de malice dans le regard.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_708" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Estudiantes.jpg"><img class="size-large wp-image-708" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Estudiantes-1024x683.jpg" alt="Ignacio, Olivia et Sergio (© Mélissa Pollet-Villard) " width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Ignacio, Olivia et Sergio (© Mélissa Pollet-Villard)</p></div>
<p>Ignacio, Olivia et Sergio sont tous trois étudiants en cinéma. Lorsque je les rencontre à la sortie des cours, je les questionne sur le même sujet. Ils sourient timidement, m’avouant avoir peur d’avoir une réponse trop évasive. <em>« Je ne pourrais pas dire en profondeur ce que l’élection de Donald Trump pourrait avoir comme impact, si ce n’est que je pense que c’est un homme dangereux, notamment en ce qui concerne son projet de mur entre les États-Unis et le Mexique »</em>, me confie Ignacio. Alors que je les encourage à me livrer plus de détails sur leur point de vue, Sergio prend la parole et ajoute que pour lui, le problème est une <em>« conséquence économique d’une situation globale »</em>, tout en confirmant que le choix des électeurs américains l’a surpris : <em>« c’est un homme raciste et misogyne »</em>. Olivia quant à elle écoute d’une oreille distraite mais conclue tout de même qu’elle <em>« ne pense pas que l’élection de Trump ait un impact direct sur l’Argentine »</em>. Ses deux compagnons restent sceptiques et ajoutent qu’il faudra attendre quelques mois afin de constater <em>« l’effet Trump »</em> sur leur pays et dans le monde.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_709" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/RobertoMoreno.jpg"><img class="size-large wp-image-709" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/RobertoMoreno-1024x683.jpg" alt="Roberto Moreno (© Mélissa Pollet-Villard) " width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Roberto Moreno (© Mélissa Pollet-Villard)</p></div>
<p>Roberto Victor Moreno est professeur universitaire et fonctionnaire au sein du ministère de la Santé. Il a également déjà travaillé au sein des ministères de l’Économie et de l’Intérieur. Il affirme s’intéresser depuis toujours à la politique et me livre, chez lui, autour d’un maté, sa réaction suite à l’élection de Donald Trump. <em>« Je doit bien avouer que je n’ai pas cru une seule seconde qu’Hillary Clinton serait élue. Les Américains sont misogynes. Élire une femme, c’en aurait été trop pour eux (après le mandat d’un président noir). Mais avant tout, je crois que son élection est due à une conséquence de nombreux faits qui se sont enchaînés dans le monde, à commencer par la crise économique »</em>. Roberto ajoute qu’il pense que cette élection est <em>« le fruit d’un phénomène global et que le peuple américain recherche, comme au sein de nombreux autres pays</em> [dont l’Argentine]<em>, un gouvernement nationaliste, populiste et protectionniste. Ils ont peur pour leur argent »</em>. Lui non plus ne pense pas que Trump – l’homme – ne soit capable de grandes transformations au sein des États-Unis, ni du monde. Et quand je lui demande ce qu’il pense des rumeurs laissant supposer que Donald Trump et Mauricio Macri (l’actuel président argentin) aient déjà convenu d’un accord de construction d’une tour d’affaires en plein centre de Buenos Aires, Roberto n’a pour réaction qu’un éclat de rire (jaune), laissant présupposer sa réponse…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;">Mélissa POLLET-VILLARD, à Buenos Aires</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Viêt Nam : « On verra, du moment qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;impact négatif sur notre économie »</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>La réaction pragmatique, voire banale, des vietnamiens vis-à-vis de la victoire de Donald Trump contraste fortement avec la réaction de la plupart des pays occidentaux.</p>
<p>Les Vietnamiens ont toujours été un peuple pragmatique, ne jouant pas forcement sur le registre des émotions mais plus sur celui de la réalité et des faits. C’est donc avec une certaine logique que les Vietnamiens interrogés sur le résultat de l’élection présidentielle ne se disent pas choqués : en réalité, l’évènement Trump en lui-même est pour eux un non-évènement. Le processus, la personnification de l’élection et les polémiques ne sont pas leurs principales préoccupations. Beaucoup de personnes interrogées déclarent ne pas s’intéresser à la politique, ce qui ne les empêche toutefois pas d’avoir une bonne analyse de la situation.</p>
<p><strong>L’attente</strong></p>
<p>Le sentiment qui domine ici est plus l’attente. Trung, conducteur de taxi de 44 ans, résume bien la situation de la sorte : <em>« Avec Clinton, cela aurait été la même chose qu&rsquo;avec Obama, mais avec Trump, ce sera une suprise. »</em> La réaction est partagée par de nombreuses autres personnes. Une victoire de Clinton se serait inscrit dans la continuité et donc aurait permis le maintien du <em>statu quo</em>. En revanche, la victoire de Trump va bouleverser la politique économique et internationale des États-Unis et c’est cela le sujet qui préoccupe le plus les Vietnamiens.</p>
<p><strong>Un impact sur l’économie ?</strong></p>
<p>L’un des exemples est la présence d’universités américaines sur le territoire et la victoire d’Hillary, encore une fois aurait permis la conservation du même élan : <em>« J&rsquo;aime beaucoup la relation économique que nous avons avec les États-Unis, particulièrement les universités que nous avons ici »</em>, nous dit Tao, étudiante de 22 ans. De plus en plus de Vietnamiens poursuivent en effet leurs études dans des universités internationales, souvent dans leur pays mais parfois à l’étranger.</p>
<p>D’un point de vue purement économique, les États-Unis jouent un rôle de plus en plus crucial dans le développement du Vietnam. Après la reprise des liens diplomatiques, de nombreux partenariats sont mis en place pour favoriser l’installation d’entreprises américaines sur place. C’est pourquoi certains Vietnamiens comme Duc, ingénieur de 26 ans sont inquiets de l’impact économique qui pourrait se produire : <em>« Trump pourrait menacer le TPP (Trans-Pacific Partnership Agreement) et sans doute notre politique d&rsquo;exportation. »</em></p>
<div id="attachment_711" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/tien-graphic-design.jpg"><img class="size-large wp-image-711" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/tien-graphic-design-768x1024.jpg" alt="Tien, graphic designer (© Léo Bernard)" width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Tien, graphic designer (© Léo Bernard)</p></div>
<p>Toutefois, beaucoup sont optimistes comme Tien, graphic designer de 27 ans : <em>« L&rsquo;élection peut nous toucher de deux façons : d&rsquo;une part, cela rendra sans doute l&rsquo;immigration vers les États-Unis plus difficile, mais d&rsquo;un autre côté, parce que Trump est un businessman, cela pourrait être une bonne nouvelle d&rsquo;un point de vue économique. »</em> ; ou bien comme Kong, développeur informatique de 24 ans : <em>« Je pense que c&rsquo;est bien parce qu&rsquo;il est dans les affaires et que nous avons besoin de cela. Pour moi, son élection signifie avant tout plus de choix concernant les entreprises avec lesquelles on travaille et, je l&rsquo;espère, de meilleurs salaires. »</em></p>
<p><strong>Le président Trump</strong></p>
<p>Concernant la personnalité de Trump, ses remarques racistes et sexistes, elles sont uniquement évoquées ar les femmes interrogées. C’est à la fois une déception comme pour Tien, qui affirme qu&rsquo;elle était<em> « triste quand il a gagné »</em>, mais aussi un rejet de son statut de président et de celui de sa femme. Tien ajoute : <em>« Je ne peux pas l&rsquo;imaginer président. La façon dont il traite les femmes et les minorités est dégoûtante. Je ne peux pas non plus imaginer sa femme, c&rsquo;est une mannequin et elle n&rsquo;a pas de diplôme. Michelle Obama faisait partie du peuple, mais ce n&rsquo;est visiblement pas le cas de Mme Trump. »</em></p>
<p>Pour autant, la crainte et le rejet ne sont pas dans l’ensemble aussi importants que dans les pays occidentaux. La réaction anti-Trump est plutôt vécue ici comme une déception, mais ce rejet est lui-même seulement abordé par des femmes, reflétant sans doute l’un des enjeux qui a fait pencher la balance au cours de cette élection américaine : le vote des femmes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;">Léo BERNARD, à Hô-Chi-Minh-Ville</p>
<blockquote><p>Mexique : « L<em>e Mexique doit repenser ses affaires étrangères</em> »</p></blockquote>
<p>Souvent teintés de résignation et de désillusion, les Mexicains semblent les premiers concernés par l&rsquo;élection de Donald Trump. Ramenant souvent l&rsquo;évènement à la politique de leur pays, trois d&rsquo;entre eux nous livrent leur ressenti.</p>
<div id="attachment_716" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Luis-e1481321860756.jpg"><img class="size-large wp-image-716" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Luis-e1481321860756-1024x1024.jpg" alt="Luis (© Pamela Bazan)" width="920" height="920" /></a><p class="wp-caption-text">Luis, avocat (© Pamela Bazan)</p></div>
<p>Luis est avocat. Il se dit très intéressé par la politique internationale car <em>« on vit dans un monde globalisé et au Mexique, on ne peut pas ignorer ce qui se passe ailleurs dans la planète »</em>. Ceci est particulièrement important lorsqu’on parle des États-Unis, précise-t-il : <em>« On a des relations très importantes avec ce pays, elles sont cruciales pour notre économie »</em>. Luis n’a pas suivi de très près la campagne présidentielle de Donald Trump et Hillary Clinton, mais il considère que cette élection lui a permis d’analyser les campagnes politiques de son pays : <em>« Je crois que les campagnes des deux candidats ont été très pauvres, ils n’ont pas proposé beaucoup de choses et on a fait attention seulement aux attaques que l’un lançait contre l’autre. C’est la forme dont les campagnes électorales se déroulent ici au Mexique. »</em></p>
<p>Que dire du discours de Donald Trump, selon lequel les migrants mexicains sont des « violeurs et des criminels » ? <em>« Il parle sans connaître assez autour de ce sujet. Je crois qu’il ignore que la migration joue un rôle très important dans nos relations bilatérales. »</em> Quant aux propos obscènes envers les femmes, Luis dit que <em>« ces déclarations mettent en évidence sa vraie personnalité, c’est un homme qui ne connaît pas le respect. Il est quelqu’un de superficiel, de peu sérieux et d&rsquo;arrogant. »</em></p>
<p>Il évoque ensuite son ressenti le soir de l’élection : <em>« Quand j’ai vu que Trump était en tête, j’ai été déçu et désillusionné. Je crois que Clinton était une très bonne candidate, surtout parce qu’elle connaît très bien les liens de son pays avec le nôtre. »</em> Pour l’avocat, ce sont les électeurs indécis qui ont permis au républicain d’être élu.<em> « Je crois que finalement, les gens qui n’étaient pas certains de leur vote ont choisi Trump parce qu’ils ne sont plus satisfaits de la politique de Barack Obama. »</em> Luis considère que les propositions les plus polémiques de sa campagne, comme la construction d’un mur frontalier payé par le Mexique, ne sont qu’une stratégie de discours. <em>« Il se trouvera dans une situation complètement différente quand il assumera la présidence. »</em></p>
<p>Selon lui, le président mexicain a également pris une mauvaise décision en invitant Donald Trump à Mexico car <em>« à ce moment-là, il y avait une forte haine des Mexicains envers lui. Aussi, Enrique Peña Nieto aurait mieux fait de prendre une position plus ferme face à Trump et à propos de ses déclarations contre les Mexicains. »</em></p>
<p>Après la victoire de Donald Trump, <em>« le Mexique doit repenser ses affaires étrangères, surtout en ce qui concerne l’économie et la migration, même si ce dernier n’est pas un sujet nouveau pour aucun des deux pays »</em>, déclare-t-il. Trump devra-t-il faire marche arrière avec ses engagements de campagne maintenant qu’il sera président des États-Unis ? <em>« Bien sûr. Il oublie que toute mesure drastique peut aussi affecter les États-Unis, et non seulement le Mexique. »</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_717" style="width: 550px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Fernando.jpg"><img class="size-full wp-image-717" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Fernando.jpg" alt="Fernando (© Pamela Bazan)" width="540" height="723" /></a><p class="wp-caption-text">Fernando, étudiant en économie (© Pamela Bazan)</p></div>
<p>Fernando est étudiant en licence d’économie. Il est originaire de l’État du Chiapas, situé au sud du Mexique. Cet État est frontalier avec le Guatemala et constitue un des points de passage principaux de migrants en provenance d’Amérique centrale vers les États-Unis. Pour cette raison, il se dit particulièrement sensibilisé à ce sujet, les migrants ayant été une cible récurrente des déclarations de Trump pendant sa campagne. <em>« Je crois qu’il a fait une généralisation dangereuse en les qualifiant de criminels. La majorité d’entre eux ne veulent que trouver un emploi pour augmenter la qualité de leur vie et celle de leurs familles. Ils doivent faire face à beaucoup de difficultés pour y arriver. »</em></p>
<p>Concernant le président élu, <em>« il manque de personnalité »</em>, affirme Fernando. <em>« En utilisant un discours raciste et misogyne, c’est évident qu’il est incapable de diriger un pays comme les États-Unis. »</em> Il dit avoir suivi de très près la nuit électorale et il n’est pas resté indifférent à l’écart croissant entre les deux candidats. <em>« C’était intéressant et effrayant à la fois. Je voyais le peso se dévaluer à chaque État où Trump l&rsquo;emportait. Il y a eu un moment où j’ai cru que Clinton pouvait se relever, mais j’ai été surpris quand cela n’a pas été le cas. »</em></p>
<p>Pour cet étudiant, c’est le système électoral qui est derrière la victoire de Trump, car <em>« si on prend en compte le vote populaire, c’est la démocrate qui l’a emporté »</em>. Mais celui-ci n’est pas le seul facteur ayant nui à la candidate démocrate, selon Fernando : <em>« Il faut aussi que le scrutin se déroule le weekend, pour que plus de gens y participent. »</em> Il considère que les engagements de campagne du républicain, surtout la renégociation du traité de libre échange ou la sortie des États-Unis de cet accord ne répondent pas à une analyse prudente. <em>« Son orgueil le rend aveugle. Il ne se rend pas compte des possibles conséquences de ses décisions et il me semble qu’il ignore l’importance commerciale du Mexique pour les États-Unis. Toute modification à l’accord doit être soigneusement étudiée. »</em></p>
<p>Fernando trouve que l’invitation faite à Trump par le président Peña Nieto a été une décision prise à la légère, mais il ne nie pas son importance diplomatique. <em>« Je crois que le président devait avant tout s’assurer que les deux candidats acceptaient l’invitation, mais c’est vrai que Peña Nieto a pensé à cette visite comme une opportunité de dialogue autour du futur des relations bilatérales. C&rsquo;est vraiment très important pour tous les Mexicains. »</em></p>
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<div id="attachment_715" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Yesmin-e1481321796754.jpg"><img class="size-large wp-image-715" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Yesmin-e1481321796754-1024x1024.jpg" alt="Yesmín (© Pamela Bazan)" width="920" height="920" /></a><p class="wp-caption-text">Yesmín, auto-entrepreneuse (© Pamela Bazan)</p></div>
<p>Yesmín est entrepreneuse. Elle dit sentir une forte antipathie envers Donald Trump. <em>« C’est quelqu’un d’immoral. Il a un complexe de supériorité. »</em> Cette femme, qui connaît très bien le monde des affaires, attribue la victoire du républicain à une stratégie de marché réussie. <em>« Trump est un homme d’affaires et c’est de cette façon dont il a agi en politique. Il a étudié chaque groupe de la population et en a repéré les besoins. » </em>Et d’ajouter : <em>« Il a cherché à créer des liens effectifs avec les électeurs, surtout avec des gens racistes, dans un pays où ce phénomène est déjà implanté dans la vie quotidienne. »</em></p>
<p>Mais pour Yesmín, ce ne sont pas ces capacités qui lui permettront de gouverner avec succès : <em>« Gérer une entreprise n’est pas la même chose que diriger un pays. »</em> Elle se sert d’un exemple pour le préciser. <em>« Au Mexique, nous avons eu Vicente Fox – ancien président de Coca-Cola au Mexique – comme président de la République, mais c’était son épouse, Marta Sahagún, qui tenait vraiment les rennes du pays. »</em></p>
<p>Comme la majorité des Mexicains, elle se dit surprise face au triomphe de Donald Trump. <em>« Je ne l’attendais pas, j&rsquo;étais vraiment très inquiète pour les Mexicains qui se trouvent aux États-Unis, je ne ressentais qu’une très grande incertitude. Tout le monde le sait, quoi qu’il arrive là-bas, les effets se font aussi sentir au Mexique. »</em> Elle désapprouve également avec fermeté la visite de Trump après l’invitation du président mexicain, de même que les interventions de Peña Nieto devant la presse, où il a affirmé que les déclarations du républicain à propos des Mexicains avaient subi de <em>« mauvaises interprétations »</em>.</p>
<p>Alors, quelle position le gouvernement mexicain doit-il assumer ? <em>« Le Mexique doit avoir un dirigeant qui ne permette pas aucune insulte envers ses citoyens. »</em></p>
<p style="text-align: right;">Pamela BAZAN, à Mexico</p>
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<blockquote><p>En Colombie, la diaspora sera la plus affectée</p></blockquote>
<div id="attachment_718" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15271693_10210532614010179_1991548361_o-2.jpg"><img class="size-large wp-image-718" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15271693_10210532614010179_1991548361_o-2-1024x883.jpg" alt="Carthagène, ville portuaire du nord de la Colombie (© Lucie Barras)" width="920" height="793" /></a><p class="wp-caption-text">Carthagène, ville portuaire du nord de la Colombie (© Lucie Barras)</p></div>
<p>Le président colombien libéral Juan Manuel Santos, malgré un clair soutien à Hillary Clinton, a affirmé que les relations entre la Colombie et les États-Unis se feraient de plus en plus profondes, même après la victoire de Trump. Les deux pays entretiennent en effet des bonnes relations diplomatiques, basées en partie sur l&rsquo;ingérence de l&rsquo;Oncle Sam en Colombie en matière de lutte contre le narcotrafic et les guérillas marxistes, telles que les FARC.</p>
<p>Pour la population colombienne, qui attend une issue effective à une guerre civile qui semble ne plus en finir, l&rsquo;élection de Trump est secondaire, comme le fait remarquer Walter, dessinateur industriel de 30 ans vivant à quarante kilomètres de Bogota. <em>« Les Colombiens ont d&rsquo;autres choses en tête en ce moment. Et même pour les problèmes qui les concernent directement, ils ont montré par l&rsquo;abstention qu&rsquo;ils ne se sentent pas vraiment concernés »</em>, évoquant le plébiscite du 2 octobre dernier.</p>
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<div id="attachment_720" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15292804_10210532613890176_1371346875_o-1.jpg"><img class="size-large wp-image-720" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15292804_10210532613890176_1371346875_o-1-768x1024.jpg" alt="Walter, dessinateur (© Lucie Barras)" width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Walter, dessinateur (© Lucie Barras)</p></div>
<p>En réalité, les Colombiens les plus affectés par cette élection seront les 1,5 à 2 millions de Colombiens résidant aux États-Unis, notamment en Floride, en Illinois et à New-York, ainsi que leurs proches : <em>« il était déjà compliqué de visiter les États-Unis, ça va devenir tout bonnement impossible »</em>, lance Walter, ironique. Mais sinon, le jeune homme n&rsquo;envisage pas un changement radical de la situation. Et s&rsquo;il préférait Hillary Clinton <em>« notamment parce que c&rsquo;était une femme »</em>, le résultat est le même. <em>« Le président est une marionnette. Ce sera la même situation, en pire. Les États-Unis vont continuer à profiter de l&rsquo;extraction de nos ressources naturelles, à contrôler l&rsquo;aspect militaire à travers les bases qu&rsquo;ils ont ici, et l&rsquo;économie à travers la forte implantation de leurs entreprises. »</em></p>
<p>Pour Oscar, croisé à Carthagène, Trump n&rsquo;est définitivement pas <em>« la personne la plus adéquate pour diriger un pays aussi puissant que les États-Unis »</em>. Ce commercial de 33 ans se dit <em>« en colère »</em> par le résultat du scrutin, en particulier en raison de la « latinophobie » du nouveau président élu. <em>« Il n&rsquo;aime pas les Colombiens, et encore moins les Mexicains. Il a un problème avec les latinos parce que beaucoup d&rsquo;entre eux vont chercher du travail aux États-Unis. Je pense que cette élection va voir un impact négatif pour les communautés colombiennes établies aux États-Unis, et pour l&rsquo;Amérique Latine en général. Sa concurrente, au moins, était </em>clean<em>. »</em></p>
<div id="attachment_719" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15293479_10210532614330187_1473543075_o-1.jpg"><img class="size-large wp-image-719" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15293479_10210532614330187_1473543075_o-1-768x1024.jpg" alt="German, commerçant (© Lucie Barras)" width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">German, commerçant (© Lucie Barras)</p></div>
<p>German, commerçant et originaire de Carthagène également, explique qu&rsquo;il est sorti de ses gonds en apprenant « la nouvelle ». <em>« Ma réaction ? Fucking shit, I don&rsquo;t like it »</em>. Pour German, cette nouvelle aura des répercussion pour les Colombiens. <em>« Pas pour moi directement, mais pour les Colombiens en général, et surtout ceux qui se trouvent là-bas. S&rsquo;ils ne sont pas renvoyés en Colombie, les Colombiens ne pourront plus se rendre là-bas. En Colombie, ce sont les modifications des traités bilatéraux qui vont avoir un impact. »</em><br />
Pour lui, Clinton était la meilleure candidate <em>« car elle était une femme. Les femmes sont plus</em> correctes.<em> Mais il faudrait que les femmes elles-mêmes ne votent pas contre leurs intérêts. »</em> Idem pour tous les<em> « Cubains, Mexicains et latinos des États-Unis, qui ont voté pour Trump ! »</em>, s&rsquo;exclame -t-il.</p>
<p>Modification des relations bilatérales ou retour des Colombiens expatriés ne sont que des hypothèses pour le moment, dans un pays qui exporte la majorité de ses produits vers les États-Unis, comme le souligne German : <em>« Qu&rsquo;il respecte tous ses engagements, qu&rsquo;il fasse construire le mur et déporte 11 millions d&rsquo;immigrés comme il l&rsquo;a annoncé, on verra par la suite&#8230; »</em></p>
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<p style="text-align: right;">Lucie BARRAS, à Carthagène</p>
<blockquote><p>Trump, l’homme de la rupture au Moyen-Orient ?</p></blockquote>
<p>L’élection de Donald Trump à la Maison Blanche a amené son lot d’incertitudes. Malgré des indices laissés ici et là au fil de tweets et de propos défiant toute orthodoxie diplomatique, un gros point d’interrogation demeure sur sa politique étrangère, notamment celle qu’il entend mener au Moyen-Orient.</p>
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<div id="attachment_721" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Maya-Anaïs-Yataghène.jpg"><img class="size-large wp-image-721" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/Maya-Anaïs-Yataghène-1024x672.jpg" alt="Beyrouth (© Maya-Anaïs Yataghène)" width="920" height="604" /></a><p class="wp-caption-text">Beyrouth (© Maya-Anaïs Yataghène)</p></div>
<p><em>« Je n’étais certainement pas pour Trump, mais en y réfléchissant je n’étais pas pour Clinton non plus »,</em> affirme Leah, étudiante libanaise. Une indécision partagée par Marwan, ingénieur : <em>« Malgré tout ce que Trump a pu dire, il n’y aura pas de changements radicaux dans la politique américaine vis-à-vis du Moyen-Orient. Mais au moins, avec Trump, on a un nouvel interlocuteur. »</em> Selon lui, rien ne peut prouver que l’élection d’Hillary Clinton, sur le plan extérieur, aurait été préférable à celle de M. Trump. L’arrivée du magnat de l’immobilier à la Maison Blanche pourrait même renouveler l’élite au pouvoir, une élite moins expérimentée politiquement : l’occasion pour les pays du Golfe de renégocier les partenariats diplomatiques à leur avantage, de replacer leurs pions sur l’échiquier. Cette renégociation aurait été impossible avec une Clinton présidente, car son passé en tant que secrétaire d’État (de 2009 à 2013) la tient pieds et poings liés, l’obligeant à une certaine cohérence vis-à-vis de ses positions passées.</p>
<p><em>« Jusqu’ici la politique étrangère des États-Unis a toujours été tournées vers les intérêts israéliens »</em>, explique Leah, mais Donald Trump ayant montré pendant la campagne une certaine neutralité vis-à-vis de la région, elle espère <em>« qu’il pourra changer cette tendance »</em>. Même si les grandes lignes de la politique étrangère des États-Unis ne vont sûrement pas changer, <em>« plusieurs élites arabes (…) voient d&rsquo;un bon œil cette rupture avec les politiques d&rsquo;Obama, jugées catastrophiques, n&rsquo;ayant ni mis fin au conflit syrien ni avancé au niveau de la lutte contre le terrorisme »</em>, précise Sami Nader, analyste politique, selon des propos recueillis par L’Orient-Le Jour.</p>
<p>Car c’est notamment sur le dossier syrien que le nouveau président élu est attendu au tournant. <em>« À en juger par les déclarations (…) du président Vladimir Poutine, les russes semblent optimistes de trouver un terrain d&rsquo;entente avec le nouveau président (Trump). Ce qui peut augurer d&rsquo;une certaine avancée dans le dossier syrien »</em>, déclare à L’Orient-Le Jour Élias Abou Assi, secrétaire général du Parti national libéral. Donald Trump s’est d’ailleurs contenté de remarquer que le président syrien Bachar al-Assad n’était pas une personnalité recommandable, mais qu’aux côtés de la Russie, il combattait le terrorisme. Une rhétorique bien différente de celle adoptée jusqu’ici par Washington. <em>« Trump place en priorité absolue la lutte contre le terrorisme, en Syrie et ailleurs »</em>, explique Leah. Et les propos isolationnistes du nouveau président américain ne trompent personne. <em>« Les États-Unis ne peuvent de toute manière pas exister en étant repliés sur eux-mêmes »</em>, dit Marwan.</p>
<p>En parallèle, au Liban, l&rsquo;élection présidentielle suscite également des espoirs sur l’avancée de la question syrienne. Ce 31 octobre dernier, Michel Aoun, ex-général chrétien allié du Hezbollah chiite, est élu président de la République libanaise. S’alliant au parti sunnite afin d’obtenir le nombre de voix nécessaires au Parlement, il s’est ainsi engagé à nommer Saad Hariri, chef de file des sunnites, Premier ministre du nouveau gouvernement libanais. Une alliance entre chrétiens, sunnites et chiites au Liban qui laisserait entrevoir la possibilité d’un accord sur la position à adopter face au conflit syrien, dans ce pays considéré comme première ligne de front dans la lutte contre le djihadisme.</p>
<p>Ainsi, avec d’un côté le rapprochement russo-américain, et de l’autre un compromis gouvernemental au Liban, <em>« c’est peut-être l’occasion d’une issue au conflit syrien »</em>, espère Leah. <em>« De toute manière, des deux côtés, on ne peut plus supporter les coûts qu’impliquent ce conflit »</em>, ajoute Marwan. Selon lui, les pays ne peuvent plus suivre le rythme des sommes investies dans le conflit et les différents partis vont jouer la carte du réalisme.<em> « Je m&rsquo;attends à ce que ce président (Trump) soit pragmatique, étant avant tout un homme d&rsquo;affaires »</em>, confirme Sami Nader.</p>
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<p style="text-align: right;">Camille SCHMITT, à Beyrouth</p>
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<p style="text-align: center;">Un mois après l’élection, le Canada se raconte</p>
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<p>À l’image d’un grand nombre de pays, le Canada était sous le choc le soir de l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis. Les mots les plus utilisés par les Canadiens sur les réseaux sociaux étaient « déçu », « choqué », « dégoûté ». Des adjectifs qui dépeignent une image uniformément anti-Trump. Pourtant, 13% des Canadiens auraient voté pour Donald Trump à l&rsquo;élection américain s’ils y avaient été éligibles… Radio Londres a rencontré deux Canadiens, deux Québécois, dont les vues s’opposent au sujet du futur président. Loin de représenter la variété d’un pays si étendu qu’il baigne dans deux océans différents, ces deux portraits invitent pourtant à repenser le stéréotype selon lequel le Canada est le pays où le libéralisme économique et social règne en maître.</p>
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<div id="attachment_724" style="width: 910px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15401322_1219847298075410_2106030835_n.jpg"><img class="wp-image-724 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15401322_1219847298075410_2106030835_n.jpg" alt="15401322_1219847298075410_2106030835_n" width="900" height="676" /></a><p class="wp-caption-text">Louis-François Perry, étudiant en sociologie à l’Université du Québec à Montréal (© Marion Lefèvre)</p></div>
<p>Louis-François a, comme la majorité des Canadiens, suivi l&rsquo;élection américaine. Passionné de sociologie et engagé à « La Riposte socialiste », un groupe socialiste universitaire, il éprouve un intérêt tout particulier pour la politique américaine. Pour autant, le résultat l’a surpris. <em>« On le voyait venir pendant la soirée même, mais bon… Malgré tous les espoirs qu’on plaçait en Obama en ce qui concerne notamment le racisme et la question sociale en générale, ce rêve est mort. »</em> Pour lui, c’est la classe ouvrière qui s’est retrouvée <em>« tannée »</em> du <em>statu quo</em> et des politiques néo-libérales du gouvernement américain.</p>
<p>Il hésite un peu, choisi ses mots avec précision. <em>« J’ai passé la soirée avec ma gang et une bière. Certains avaient une analyse assez… simpliste, et ne l’avaient vraiment pas vu venir. »</em> Il rit, un peu gêné. <em>« Le premier truc que les gens disaient, c’était que les Américains ne sont “quand même pas assez stupides pour élire ce gars-là”… »</em>. La victoire de Trump, il l’attribue à un « élément de classe ». <em>« J’imagine que [les mesures protectionnistes du programme de Trump], ça parlait à des gens qui ont perdu leur emploi à cause de coupures visant à exploiter d’autres gens ailleurs… »</em></p>
<p>Louis-François ne cache pas sa position socialiste, et le rôle de la classe sociale est pour lui primordial dans cette élection. <em>« Depuis l’anti-communisme du 20e siècle qui a perverti la société américaine et surtout la classe ouvrière, ce sentiment s’est transmis de génération en génération. »</em> Il ajoute que la société lui paraît un peu plus ouverte aujourd’hui. <em>« Les jeunes sont plus féconds aux idées socialistes ; d’ailleurs, « socialisme » était l’un des mots les plus cherchés par les Américains pendant la campagne »</em>, semble-t-il se réjouir. <em>« Il faut commencer avec eux et déconstruire les mythes attachés à la gauche, essayer d’apprendre des leçons d’exemples comme mai 68 ou la grève générale de 1972 au Québec. »</em></p>
<p>Selon <em>Montreal Gazette</em>, un quotidien montréalais, le Canada n’est pas épargné par la vague populiste qui a précédé l’élection en Europe et qui a conduit Trump à la Maison Blanche. Au Québec, 20 à 25 groupes comprenant chacun entre 15 et 100 membres ont été identifiés comme des groupes d’extrême-droite visant les communautés aborigènes, juives, immigrantes, musulmanes et LGBTQ.</p>
<p><em>« Une montée de la droite dure peut tout à fait arriver au Canada, bien sûr »</em>, s’exclame Louis-François. Il estime que le Québec pourrait être « touché » d’ici cinq ou dix ans, peut-être moins. <em>« Si on continue avec des mesures d’austérité, qu’on met moins d’argent dans l’éducation et la santé, on va contribuer à la radicalisation »</em>, conclut-il. Ce qu’il ressent envers Trump et son programme ? <em>« Du dégoût »</em>, essentiellement. <em>« Ça fait peur, je n&rsquo;aimerais pas être musulman – ou pire, une femme musulmane – en ce moment aux États-Unis »</em>. Il reconnaît qu’il ne peut pas se glisser dans leur peau, mais que <em>« n’importe quelle minorité ne doit pas être à l’aise »</em>. <em>« Rôdent autour de Trump beaucoup de personnalités qui sont homophobes et réactionnaires »</em>, grimace-t-il.</p>
<p>On en arrive à la plaisanterie récurrente depuis l’élection : le bug technique du site d’Immigration Canada pendant la soirée électorale, dû à un trop grand nombre de connexions simultanées. Louis-François sourit et nous assure qu’ils conseilleraient aux Américains qui voudraient immigrer de <em>« rester chez eux, de travailler à améliorer leurs conditions de vie et de préparer une offensive sociale contre le programme de Trump »</em>. Il faut pour lui ne pas hésiter à <em>« descendre dans la rue, manifester, préparer un programme de riposte socialiste »</em>. L’esprit de solidarité avec le peuple américain – et plus particulièrement avec la classe moyenne – est clef, souligne-t-il.</p>
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<div id="attachment_725" style="width: 910px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15357072_1219847291408744_614556621_n.jpg"><img class="size-full wp-image-725" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/12/15357072_1219847291408744_614556621_n.jpg" alt="Katerina Gang, étudiante en journalisme à l’Université Concordia à Montréal (© Marion Lefèvre)" width="900" height="676" /></a><p class="wp-caption-text">Katerina Gang, étudiante en journalisme à l’Université Concordia à Montréal (© Marion Lefèvre)</p></div>
<p><em>« Donald Trump est un homme très intelligent. »</em> Voilà les premiers mots de Katerina à propos du nouveau président américain. Pour elle, il se préoccupe réellement du peuple américain et l’a montré à travers ses actes. <em>« Un jour, il a construit gratuitement une patinoire à Central Park pour les enfants new-yorkais »</em>, raconte-t-elle.</p>
<p>La nuit de l’élection a été unique pour Katerina. <em>« J’ai commencé à Reggie’s </em>[le bar de Concordia]<em>, et j’étais la seule supportrice de Trump »</em>, rit-elle. <em>« Quand j’applaudissais, les autres étaient tristes, et vice versa… Ensuite, je suis allée chez ma famille et mon copain est venu, on a regardé, on a bu. C’était incroyable. »</em> Si elle était résignée à ce qu’Hillary Clinton l’emporte, Katerina avait «<em> l’impression qu’une majorité silencieuse ne s’exprimait pas. On le voit beaucoup aux États-Unis, où les médias diabolisent l’idéologie conservatrice et où ces gens se sentent presque lépreux quand ils expriment ces opinions. […] Quand les États-pivots sont passés au rouge, c’était extraordinaire »</em>.</p>
<p>Son rejet de la bureaucratie, son expérience et son « succès » en tant que businessman, son côté outsider au sein de la politique bien rodée de Washington sont autant de qualités que Katerina trouve au nouveau résident du Bureau ovale. La polémique sur le sexisme de Trump l’amuse. <em>« L’idée d’« attraper cette femme par la chatte », c’était une blague ! Il a été très respectueux envers la femme en question après »</em>.</p>
<p><em>« Je pense que je me sens proche de Trump parce que je hais ce que Trudeau représente »</em>, analyse-t-elle. <em>« Je trouve que son parti et Justin Trudeau lui-même sont comiques, sur la scène internationale. Il n’a pas de cran »</em>.</p>
<p><em>« Je ne pense pas que Trudeau fasse passer le Canada avant tout »</em>, avance-t-elle. Sa diction est précise, elle hésite très peu et semble très au fait des évolutions politiques des deux pays voisins. <em>« Trudeau a dit qu’il allait diminuer les restrictions sur les visas accordés aux Mexicains »</em>, soupire-t-elle. Selon elle, ce serait un problème dans quelques années, alors que de nombreux Canadiens se préoccupent de la situation actuelle.</p>
<p>Économiquement, la présidence de Trump pourrait <em>« aider le Canada »</em> en ce qui concerne l’énergie. Par contre, les prix à la consommation pourraient selon elle augmenter, ce qui conduiraient des Canadiens à déménager vers le Sud – un mouvement qui défie la majorité des points de vue exprimés par les médias canadiens aujourd’hui.</p>
<p><em>« Au Canada, la culture est très ouverte – trop, peut-être »</em>, commente Katerina. <em>« Je ne suis pas surprise qu’être anti-Trump soit très Canadien, il n’incarne pas vraiment les valeurs canadiennes mais plutôt américaines. Il parle fort, il est riche et réussit dans la vie, il incarne le rêve américain »</em>, s’amuse-t-elle.</p>
<p>Katerina avoue ne pas comprendre le fait que les gens n’aiment pas l’élu. Pour elle, c’est <em>« hyperbolique »</em> de le comparer à Hitler comme cela a été fait. <em>« Hitler déportait des Juifs qui étaient citoyens allemands ; Trump veut déporter des immigrants illégaux »</em>, ajoute-t-elle lorsqu’on l’interroge sur le parallèle troublant de l’emploi du mot « déportation ». La question du racisme est pour elle exagérée, trop soulignée et manipulée par les politiques occidentaux. <em>« On peut avoir des politiques qui s’opposent à certains groupes sans être fondés sur le critère de la race mais sur la sécurité, la protection des citoyens. »</em> Rien à craindre si l’on à rien à cacher.</p>
<p>Interrogée sur la question du « small government », c’est-à-dire le refoulement de l’État-providence en dehors de la sphère privée, elle hoche vigoureusement la tête. <em>« Je suis légalement aveugle »</em>, dit-elle en pointant du doigt son œil. <em>« Mais je ne voudrais pas que s’occuper de moi soit le rôle de l’Etat. J’ai une vision d’une communauté forte ; je me préoccupe de mon copain, de mes amis, de ma famille et de leurs familles. »</em> Pour elle, le conservatisme représente l’individualisme, la compétition et l’effort. Ceux qui ne travaillent pas ne devraient pas forcément recevoir <em>« une éducation secondaire ou des bénéfices sociaux »</em>.</p>
<p>Pour elle, l&rsquo;Occident s’engage dans cette direction. <em>« Les gens commencent à voir les désavantages du libéralisme et à vouloir s’en débarrasser. »</em> Elle comprend les désirs nationalistes des groupes d’extrême-droite québécois, même si la séparation ne lui apparaît pas comme la solution.</p>
<p>Et de conclure, un peu ironique : <em>« Les médias sont très libéraux. Les éditeurs-en-chef du journal de Concordia pour lequel je travaille sont surpris que j’exprime autant mes vues politiques… »</em> Une fois son diplôme obtenu, elle pense à travailler sur YouTube ou pour un média conservateur nord-américain.<em> « Si on m’offrait un poste à Fox News, je déménagerais aux États-Unis, bien sûr »</em>, exprime-t-elle, rêveuse.</p>
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<p style="text-align: right;">Marion LEFÈVRE, à Montréal</p>
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		<title>Le Mexique, plongé dans un marasme politique</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Oct 2016 23:50:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pamela Bazan]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[marasme]]></category>
		<category><![CDATA[Mexique]]></category>
		<category><![CDATA[Peña Nieto]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>&#160; Comme chaque année, le pays aztèque a fêté l&#8217;anniversaire de son indépendance la nuit du 15 septembre. Alors que le Zócalo se remplissait de personnes désireuses de crier « Vive le Mexique ! », plusieurs milliers de citoyens ont essayé de conquérir – en vain – la place centrale au cri de « Basta! » : pendant la mobilisation, les manifestants [&#8230;]</p>
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<p><strong>Comme chaque année, le pays aztèque a fêté l&rsquo;anniversaire de son indépendance la nuit du 15 septembre. Alors que le Zócalo se remplissait de personnes désireuses de crier « Vive le Mexique ! », plusieurs milliers de citoyens ont essayé de conquérir – en vain – la place centrale au cri de « Basta! » : pendant la mobilisation, <a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/16/97001-20160916FILWWW00046-mexique-la-demission-du-president-reclamee.php">les manifestants ont exigé la démission du président Peña Nieto</a>, dont la popularité ne cesse de baisser (selon un sondage du journal <em>Reforma</em> publié en août, elle serait tombée à 23%). Le compte à rebours vers l’élection présidentielle de 2018 a commencé et cette crise politique ne restera pas sans conséquences. Comment en est-on arrivé là ?</strong></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p>En remportant l’élection présidentielle en 2012, Enrique Peña Nieto – alors candidat du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel) – incarnait le retour d’un parti hégémonique au pouvoir. Depuis sa fondation en 1929, le PRI a instauré un régime autoritaire qui a duré sept décennies, avant l’arrivée du PAN (Parti action national, droite sociale-chrétienne) au gouvernement en 2000. Conscient de ce passé quelque peu totalitaire, il se vantait de représenter le « nouveau PRI » ; une aspiration unificatrice et un esprit réformateur semblaient cimenter le cœur de sa campagne. Après sa prise de fonction, son parti signerait un <a href="http://www.economist.com/news/americas/21567941-new-president-believes-he-has-broad-political-agreement-change-his-country">« pacte national »</a> avec l’opposition. Ensuite, il annoncerait des réformes structurelles pour « faire bouger le Mexique. » <em><a href="http://www.economist.com/news/21566314-enrique-pe%C3%B1a-nieto-mexicos-newly-elected-president-sets-out-his-priorities-mexicos-moment">Mexico’s moment</a></em> était en marche. Mais cette promesse ne ferait pas long feu. Le bilan du président mexicain, au pouvoir depuis quatre ans, contient des dossiers très épineux.</p>
<blockquote><p>Le cas Iguala ou la crise des droits humains</p></blockquote>
<div id="attachment_648" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/etudiantsmx.jpg"><img class="size-full wp-image-648" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/etudiantsmx.jpg" alt="© fundar.org.mx" width="800" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">© fundar.org.mx</p></div>
<p>Cela fait déjà deux ans que <a href="http://radio-londres.fr/2015/10/etudiants-disparus-mexique-loin-de-verite/">les étudiants de l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa ont disparu</a>. Bien qu’une centaine de personnes aient été interpellées, de nombreuses questions restent sans réponse. La « vérité historique » présentée par le gouvernement de Peña Nieto s’est effondrée face à un rapport publié par des chercheurs indépendants. Ce document a mis en évidence les négligences commises par l’État pendant l’enquête officielle et a nié la thèse principale de celui-ci, selon laquelle les corps des 43 étudiants auraient été incinérés.</p>
<p><a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/04/mexico-new-ayotzinapa-report-reveals-official-determination-to-sweep-tragedy-under-the-carpet/">Erika Guevara, directrice du programme Amériques d’Amnesty International</a>, a déclaré :</p>
<p><em>« La réaction des autorités à la disparition des 43 étudiants d&rsquo;Ayotzinapa et à l&rsquo;exécution extrajudiciaire de trois personnes est une illustration tragique de la méthode privilégiée par Enrique Peña Nieto en matière de droits humains : cacher ou ignorer les faits, et espérer que les accusations finissent par tomber dans l&rsquo;oubli. »</em></p>
<p><a href="http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Stop-Torture/Actualites/Torture-au-Mexique-le-rapport-critique-de-ONU-14462">L’Organisation des Nations Unies a également dénoncé cette crise</a> et a assuré que la torture restait une pratique généralisée au Mexique :</p>
<p><em>« Des policiers et des militaires recourent régulièrement à la torture afin de punir des détenus dans le cadre de la prétendue guerre contre la drogue, de leur arracher des “aveux” ou des informations. Souvent, les victimes sont forcées de signer des déclarations sous la torture et sont reconnues coupables dans de nombreux cas sur la base de ces seuls documents. »</em></p>
<p>Le gouvernement mexicain, à travers le ministère des Relations extérieures, a refusé les recommandations des organismes internationaux sous prétexte que, selon eux, <em>« leurs conclusions ne correspondent pas à la réalité »</em>.</p>
<blockquote><p>« La maison blanche d’Enrique Peña Nieto »</p></blockquote>
<div id="attachment_646" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/casablanca.jpg"><img class="wp-image-646 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/casablanca.jpg" alt="© divergente.mx" width="1000" height="532" /></a><p class="wp-caption-text">© divergente.mx</p></div>
<p>C’est le titre d’un reportage publié par l’équipe de <a href="http://www.courrierinternational.com/article/mexique-carmen-aristegui-un-defi-permanent-la-censure">la journaliste Carmen Aristegui</a> en novembre 2014, quelques semaines après la disparition des étudiants. <a href="http://aristeguinoticias.com/0911/mexico/la-casa-blanca-de-enrique-pena-nieto/">Ce travail</a> a révélé que le président et la première dame, Angélica Rivera, avaient acquis une résidence à Mexico d&rsquo;une valeur estimée autour de sept millions de dollars. Le ministre des Finances, Luis Videgaray, s’est retrouvé dans une situation similaire. Le problème ? Les maisons appartenaient à une entreprise qui a remporté un appel d’offre pour une construction ferroviaire, un projet qui promettait d’être un des plus grands succès du gouvernement fédéral, mais qui serait annulé ensuite. Cette firme a également bénéficié de contrats alors que Peña Nieto était gouverneur de l’État de Mexico.</p>
<p>Après ce scandale, le président mexicain a désigné Virgilio Andrade comme le responsable d’une enquête autour des luxueuses demeures. Ce fonctionnaire a nié d’emblée l’existence d’un conflit d’intérêts, en alléguant que les maisons avaient été acquises avant leur prise de fonction. L’opinion publique est restée sceptique face à ce verdict, considéré comme une exonération anticipée et motivée par les liens d’amitié entre Andrade et Videgaray.</p>
<p>En juillet 2016, Peña Nieto a annoncé la création d’un Système National contre la Corruption. Dans le cadre de cette réforme, il a évoqué la polémique entourant la « maison blanche » et s’est adressé aux Mexicains : <em>« Même si j’ai agi en toute légalité, cette erreur a affecté ma famille et a dégradé la confiance dans le gouvernement. Je vous demande pardon pour l’indignation provoquée par cette affaire. »</em></p>
<blockquote><p>L’évasion de « El Chapo »</p></blockquote>
<div id="attachment_645" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/elchapo.jpg"><img class="size-large wp-image-645" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/elchapo-1024x640.jpg" alt="© posta.com.mx" width="920" height="575" /></a><p class="wp-caption-text">© posta.com.mx</p></div>
<p>Joaquín Guzmán Loera, « le plus puissant narcotrafiquant au monde », a été capturé pour la première fois en 1993 au Guatemala. Pendant le gouvernement de Vicente Fox en 2001, il s’échappe d’une prison de sécurité maximale.</p>
<p>Ce n’est qu’après treize ans de chasse que Guzmán Loera est revenu derrière les barreaux. Le 22 février 2014, « El Chapo » a été capturé par les autorités mexicaines. Le mandat d’Enrique Peña Nieto avait le vent en poupe. Après l’annonce de ses projets pour l’éducation et l’énergie, le « président réformateur » se voulait le garant de la lutte contre le crime organisé. Il a alors déclaré qu’une « nouvelle évasion serait impardonnable ». Mais l’inconcevable est arrivé.</p>
<p>Le 11 juillet 2015, Guzmán Loera s’est à nouveau évadé de prison. Pour ce faire, il s’est introduit dans un tunnel – long de 1,5 km – par un trou creusé dans sa cellule. Puis il l’a parcouru à l’aide d’une moto fixée à des rails qui menaient à un immeuble en cours de construction. Une stratégie qui ne laisse aucune place à l’improvisation. Pour les Mexicains, il semblait évident que le narcotrafiquant avait bénéficié de complicités à l’intérieur de la prison. La réalisation d&rsquo;un tel « chef d’œuvre d’ingénierie » en toute discrétion aurait été impossible. Une nouvelle recherche a été lancée.</p>
<p>Le 8 janvier 2016, Enrique Peña Nieto annonçait sur son compte Twitter : <em>« Mission accomplie. Je veux informer les Mexicains que Joaquín Guzmán Loera a été arrêté. »</em> Inutile de tirer orgueil de cette prouesse. Les autorités mexicaines avaient été incapables d’éviter l’évasion et l&rsquo;opinion publique de penser que « personne ne peut écarter la possibilité d’une nouvelle fuite ».</p>
<blockquote><p>Un scandale de plagiat</p></blockquote>
<div id="attachment_644" style="width: 770px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/tesisplagiada.jpg"><img class="size-full wp-image-644" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/tesisplagiada.jpg" alt="© debate.com.mx" width="760" height="416" /></a><p class="wp-caption-text">© debate.com.mx</p></div>
<p>Le 21 août, Carmen Aristegui a de nouveau fait irruption sur la scène politique mexicaine. Dans un reportage intitulé <em><a href="http://aristeguinoticias.com/2108/mexico/pena-nieto-de-plagiador-a-presidente/">« Peña Nieto, de plagiador a presidente »</a></em> (Peña Nieto, de plagiaire à président), elle publie une enquête affirmant que la thèse du président mexicain – qui lui a permis d’obtenir sa licence de droit – contient 28% de textes plagiés.</p>
<p>Cette affaire a bouleversé l’opinion publique mexicaine et les comparaisons ne se sont pas faites attendre. En 2011, Karl Theodor zu Guttenberg (ministre de la Défense allemand), en 2012, Pál Schmitt (président de la Hongrie) et en 2013, Anette Schavan (ministre de l’Éducation allemande) ; tous ont démissionné après des accusations de plagiat. En revanche, Peña Nieto a déclaré qu’il s’agissait ici d’une « erreur méthodologique ». Ces déclarations ont fait la une des médias mexicains, mais ce dossier a également trouvé sa place <a href="http://www.nytimes.com/2016/08/23/world/americas/report-accuses-mexicos-president-of-plagiarism-in-law-school-thesis.html?_r=0">dans la presse internationale</a>, ce qui n’a fait qu’attiser la polémique.</p>
<blockquote><p>Trump au Mexique</p></blockquote>
<div id="attachment_643" style="width: 970px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/nietotrump.jpg"><img class="size-full wp-image-643" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/nietotrump.jpg" alt="© Libération" width="960" height="622" /></a><p class="wp-caption-text">© Libération</p></div>
<p>Le gouvernement mexicain a annoncé, le soir du 30 août 2016, une réunion entre le président et le candidat républicain à la présidence des États-Unis, Donald Trump. <em>« Il y a quelques jours, le président Peña Nieto a invité les deux candidats à la présidentielle américaine pour dialoguer sur la relation bilatérale entre le Mexique et les États-Unis. »</em> Mais seul l’homme qui <em><a href="http://www.nytimes.com/2016/08/31/us/politics/donald-trump-mexico-enrique-pena-nieto.html?ref=nyt-es&amp;_r=0">« a passé un an à se moquer du Mexique »</a></em> a répondu.</p>
<p><em>« Quand le Mexique nous envoie des gens, il ne nous envoie pas les meilleurs. Il envoie des gens avec des tas de problèmes. Ils viennent avec de la drogue, ils amènent de la criminalité, ce sont des violeurs. »</em> Ces mots sont ceux de Donald Trump, prononcés lors de l’annonce de sa candidature, le 16 juin 2015. Des paroles toujours ancrées dans l’esprit des Mexicains.</p>
<p>En mars dernier, Enrique Peña Nieto a considéré ce discours comme une « rhétorique stridente » et a déclaré que « c’est la façon dont Mussolini et Hitler sont arrivés au pouvoir ». Les Mexicains ne comprenaient donc pas le pourquoi de l’invitation. Le 31 août, le candidat républicain s’est rendu à Mexico. Après une réunion privée, le président mexicain et Donald Trump ont parlé devant les médias. Lors des interventions que la presse mexicaine a considéré comme « tièdes » et « molles », Peña Nieto a affirmé que les commentaires de l’homme d’affaires avaient subi de <em>« mauvaises interprétations »</em>. <em>« Des malentendus »</em> a-t-il précisé. La prestation du président n’a pas plu aux Mexicains. Sur les réseaux sociaux, des millions d’entre eux ont manifesté leur indignation et ont dit se sentir « humiliés ». Pour eux, la visite de Donald Trump n’avait fait que légitimer son discours haineux. Selon Luis Videgaray (ministre des Finances), en revanche, l’invitation au candidat républicain a été <em>« courageuse et intelligente »</em>.</p>
<div id="attachment_642" style="width: 544px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/trumparizona.jpg"><img class="size-full wp-image-642" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/trumparizona.jpg" alt="© The Republic" width="534" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">© The Republic</p></div>
<p>Cet évènement a eu des conséquences politiques majeures aux deux côtés de la frontière. Une fois rentré aux États-Unis, Trump a insisté de nouveau sur sa volonté de construire un mur entre les deux pays. Le président mexicain en avait parlé peu après la réunion : <em>« Au début de la conversation, j’ai clairement indiqué que le Mexique ne paierait pas le mur. »</em> Mais lors d’un meeting dans l’Arizona, l’homme d’affaires a déclaré, d’un ton moqueur : <em>« Le Mexique paiera le mur, croyez-moi, à 100%. Ils ne le savent pas encore, mais ils paieront le mur. »</em> (sic)</p>
<p>Trump avait le contrôle du discours, les mots de Peña Nieto avaient été dépassés. En une semaine, <a href="http://www.reuters.com/article/us-usa-election-poll-idUSKCN1182PT">il était remonté dans les sondages</a>. Pour Hillary Clinton, le voyage du candidat républicain à Mexico a été un <em>« incident international honteux »</em>.</p>
<p>Au Mexique, les partis de l’opposition ont traité Peña Nieto d’<em>« idiot »</em> et d&rsquo;<em>« incompétent »</em>. Le journal <em>Reforma</em> a identifié le ministre des Finances, Luis Videgaray, comme le promoteur de cette visite. Il a également révélé que Claudia Ruiz Massieu, la ministre des Relations extérieures, s’y opposait. Mais la décision était déjà prise, et « l’homme fort » du gouvernement de Peña Nieto devait maintenant affronter les conséquences. Mercredi 7 septembre, il a présenté sa démission. <em><a href="http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/09/09/la-visite-de-donald-trump-provoque-une-crise-politique-au-mexique_4995041_3222.html">« Un fiasco qui plonge le président Peña Nieto dans la plus grave crise de son mandat »</a></em>, selon Le Monde.</p>
<div id="attachment_641" style="width: 1014px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/calderon.jpg"><img class="size-full wp-image-641" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/10/calderon.jpg" alt="L'ex-première dame Margarita Zavala avec son époux, Felipe Calderón Hinojosa. (© clase.in)" width="1004" height="479" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;ex-première dame Margarita Zavala avec son époux, Felipe Calderón Hinojosa. (© clase.in)</p></div>
<p>En effet, la démission de Luis Videgaray porte un coup dur au parti du président en vue de la course électorale de 2018. Les chances de trouver un candidat qui permette au PRI de rester au pouvoir diminuent – la constitution ne permettant pas la réélection du président sortant. La réforme de l’éducation, un de ses projets les plus « prometteurs » du mandat de Nieto, a du mal à s’implanter. Aurelio Nuño, ministre de l’Éducation, et Miguel A. Osorio Chong, ministre de l’Intérieur, ont des difficultés à trouver un accord avec les enseignants opposés au nouveau modèle. Les interventions policières pendant les mobilisations ont déclenché un conflit devenant chaque fois plus violent.</p>
<p>Les partis de l’opposition semblent alors y voir plus clair. Chez le PAN, plusieurs dirigeants se sentent prêts à lancer une campagne pour récupérer la présidence. Les sondages placent l’ex-première dame Margarita Zavala en tête pour la candidature du parti conservateur. À gauche, le PRD (Parti de la révolution démocratique), bien que devant faire face à de nombreuses divisions internes, a manifesté son soutien à Miguel Ángel Mancera, l&rsquo;actuel maire de Mexico, mais n’écarte pas la possibilité de construire une alliance avec le PAN.</p>
<p>Cette course présidentielle sera assurément différente des précédentes. En 2018, la scène politique accueillera de nouveaux venus. D’un côté, le parti qui se dit le représentant de « la vraie gauche » : Morena (Mouvement de régénération nationale) fondé en 2014 par Andrés Manuel López Obrador, ancien candidat du PRD à la présidence mexicaine en 2006 et 2012. Il est convaincu que <em>« la troisième fois sera la bonne »</em>. De l’autre, les candidats indépendants, qui affirment que <em>« les Mexicains en ont assez des partis politiques »</em>. Parmi eux se trouve notamment Jorge Castañeda, ancien ministre des Relations extérieures pendant le mandat de Vicente Fox. De son côté, Margarita Zavala n&rsquo;a pas nié la possibilité d’une candidature indépendante. Une dérive qui peut permettre aux concurrents de se détacher du passé, et qui menace surtout le système politique traditionnel mexicain.</p>
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		<title>Népal : le courage d&#8217;une jeunesse dans un pays dévasté</title>
		<link>http://grandsformats.radio-londres.fr/2016/09/20/nepal-jeunesse/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Sep 2016 13:21:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Fageot et Lucas Scaltritti]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[Népal]]></category>
		<category><![CDATA[portrait]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; Connaissez-vous vraiment le Népal ? Il n&#8217;y a que des bouddhistes perchés sur l&#8217;Himalaya ? Eh non. Concrètement, c&#8217;est une histoire complexe et une république qui peine à s&#8217;affirmer. En France, la vie semble dure, mais comment vit-on à 25 ans dans un pays aussi instable que le Népal ? Chirag, 24 ans, a la réponse. Portrait. [&#8230;]</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Connaissez-vous vraiment le Népal ? Il n&rsquo;y a que des bouddhistes perchés sur l&rsquo;Himalaya ? Eh non. Concrètement, c&rsquo;est une histoire complexe et une république qui peine à s&rsquo;affirmer. En France, la vie semble dure, mais comment vit-on à 25 ans dans un pays aussi instable que le Népal ? Chirag, 24 ans, a la réponse. Portrait.</p>
<p>Mais juste avant, afin de pallier le silence médiatique et historique sur le Népal, reposons les bases.</p>
<p><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/histoire-nepal.jpg"><img class="aligncenter wp-image-611 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/histoire-nepal-674x1024.jpg" alt="histoire-nepal" width="674" height="1024" /></a></p>
<blockquote><p>PNC aux portes, armement des toboggans, vérification de la porte opposée</p></blockquote>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/D-kEqKmfuLA?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Chirag, s&rsquo;il n&rsquo;a pas été choisi par hasard, est un homme à l&rsquo;histoire tourmentée. Son père décède donc alors qu&rsquo;il n&rsquo;a que deux ans. Sa mère le descend de son petit village natal jusqu&rsquo;à Katmandou, pour le confier à une association française. Fondée en 1993 par Hélène Boyer-Julien, Médic Népal soutient et accompagne des enfants jusqu&rsquo;à leur insertion professionnelle. Ce qu&rsquo;elle fit pour le tout jeune Chirag.</p>
<p>Impossible de le savoir sur le coup, mais sa vie, bien mal commencée en dépit de son appartenance à une caste élevée, va prendre un tout autre tournant. À ce moment là, sa mère ne lui offre pas la survie, elle lui offre une vie que peu de jeunes Népalais ont la chance d&rsquo;avoir.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, nous avons en face de nous un jeune homme qui est instituteur. Il officie à la Asmita English School, établissement où il y a quelques années, il était à la place de ses élèves. Entre temps, celui dont le prénom rappelle fortement le cinquième Président de la Ve République française, a décroché un bachelor de comptabilité en Inde. Il était alors <em>« assez grand pour être autonome et commencer à travailler »</em>, confie-t-il.</p>
<div id="attachment_612" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Chirag.jpg"><img class="wp-image-612 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Chirag-1024x768.jpg" alt="Chirag tout sourire entre deux cours. © Mathieu Fageot" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Chirag, tout sourire entre deux cours. © Mathieu Fageot</p></div>
<p>Malgré le sourire qu&rsquo;il arbore sans cesse, Chirag vit encore des moments difficiles. Suite au décès de sa mère et en signe de deuil, le jeune homme a les cheveux courts. Trente jours qu&rsquo;elle n&rsquo;est plus. Il conserve néanmoins dans un coin de sa tête son ambition initiale : devenir expert comptable. Pourtant aujourd&rsquo;hui, nous avons affaire à un guide touristique. Nous le suivons dans le dédale des rues de Patan, totalement émerveillés par le cœur historique de cette ville au sud de la capitale. Chirag, d&rsquo;une immense gentillesse, prend le temps pour nous montrer tous les incontournables de la cité, mais pas que. Grâce à lui, nous quittons les sentiers touristiques pour découvrir des perles. Il nous fait pénétrer dans des habitations qui nous dévoilent dans leurs cours intérieures des temples « privés ». Insoupçonnable de l&rsquo;extérieur. Les rues minuscules, sales et malodorantes recèlent bien des trésors. D&rsquo;un coup, sans prévenir, la gifle. La boue, les mendiants et le bruit des odeurs.</p>
<p>Cette atmosphère fait tristement écho à la misère architecturale que connaît le Durbar square, le centre historique de Patan. Les monuments datant du XVIIe siècle n&rsquo;ont pas fait dans l&rsquo;originalité en mai dernier et furent, eux aussi, submergés par le séisme. Temples détruits. Colonnes et statues devenues de simples tas de gravats. D&rsquo;ailleurs, presque une dizaine de victimes ont été à déplorer sur ce site. Chirag, lui, fut épargné. <em>« Je me rendais sur mon lieu de travail en scooter, je me suis arrêté. »</em> Il se souvient également, ému : <em>« Mon scooter est tombé, et là, j&rsquo;ai vu tout le monde autour de moi qui fuyait, ils étaient tous apeurés. »</em> Mais le plus dur était à venir. Et pour cause, il lui était impossible de dormir sous son propre toit, sa maison risquant de s&rsquo;effondrer. Pendant plus d&rsquo;une semaine, en période où les moustiques pullulent, il dut se résoudre à quitter son domicile pour des bus, des camps militaires, mais aussi la rue.</p>
<div id="attachment_613" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Patant-Durbar-Square.jpg"><img class="wp-image-613 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Patant-Durbar-Square-1024x768.jpg" alt="Les monuments historiques du Durbar Square de Patan sont classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO. © Lucas Scaltritti" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Les monuments historiques du Durbar Square de Patan sont classés au Patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO. © Lucas Scaltritti</p></div>
<p>Les coups durs successifs, cette mer déchaînée qu&rsquo;est le quotidien et l&rsquo;urgence humanitaire qu&rsquo;a connu le Népal pourraient éveiller en la jeunesse certaines velléités politiques ; et pourtant. C&rsquo;est la résignation qui semble dominer. Celle-ci est commune à quasiment toutes les générations. La guerre civile, qui a fait tomber la monarchie, nous semblait pourtant bénéfique, or Chirag est très clair : <em>« Le passage à la République doit être vu comme une bonne chose, certes, mais le changement n&rsquo;est pas du tout celui qu&rsquo;il aurait dû être. C&rsquo;est encore insuffisant. »</em> Constat similaire pour un chauffeur de taxi. Entre une dizaine de coups de klaxon et une bonne quinzaine d&rsquo;accidents évités, il nous assure que, au Népal, tout est basé sur la corruption. En passant devant le quartier général de l&rsquo;armée, il va même jusqu&rsquo;à nous murmurer que c&rsquo;est le <em>« quartier général de la corruption. »</em> Au moins, c&rsquo;est clair.</p>
<blockquote><p>« Ici, nous vivons pour nous, grâce à nous et on se fout de la politique. »</p></blockquote>
<p>Sur le plan politique, bien que présente, la France se fait relativement discrète. Yves Carmona, l&rsquo;ambassadeur de France au Népal, nous explique que c&rsquo;est un choix délibéré. Paris, qui possède tout de même le troisième réseau diplomatique mondial, a sciemment laissé agir les Nations Unies dans l&rsquo;évolution politique népalaise et dans le processus de paix, encore inachevé aujourd&rsquo;hui. Pragmatique, Monsieur Carmona insiste : <em>« Il est très difficile d&rsquo;interférer avec la politique intérieure ici et nous nous en gardons. »</em></p>
<p>Chirag, à l&rsquo;instar de la diplomatie hexagonale, se garde bien de participer à la politique intérieure. <em>« Ici, nous vivons pour nous, grâce à nous et on se fout de la politique. »</em> Le jeune instituteur affirme que s&rsquo;intéresser à la politique n&rsquo;est qu&rsquo;une perte de temps. Il nous rappelle au passage qu&rsquo;il y a bien une constitution, mais qu&rsquo;elle est trop frêle. <em>« 70% de la population népalaise est en faveur de la constitution, seule la région du Terai – au sud du pays, à la frontière avec l&rsquo;Inde – la conteste »</em>, analyse-t-il. Le problème, c&rsquo;est que l&rsquo;Inde souhaite qu&rsquo;elle soit revisitée&#8230; Elle le sera donc sûrement. Chirag déplore que <em>« les grands pays brutalisent les petits ».</em></p>
<p>À la question, <em>« est-ce réellement éprouvant de vivre dans un pays instable politiquement ? »</em>, le <em>« oui »</em> est catégorique. Pour lui, le plus désolant, c&rsquo;est que les lois sont éphémères. <em>« Celles d&rsquo;aujourd&rsquo;hui changeront demain, et celles de demain tomberont après demain. C&rsquo;est usant. »</em> Naufrage incessant des législations.</p>
<p>La fatigue est malheureusement un mot qui revient assez fréquemment. C&rsquo;est par ce terme que Chirag caractérise le blocus. Pendant cinq mois, les prix ont subi un raz-de-marée. Chirag payait dix fois plus cher qu&rsquo;à son habitude, par exemple 700 roupies le litre d&rsquo;essence (presque six euros). C&rsquo;est, selon lui, une raison de plus de ne pas croire en la politique. Confrontés à une telle réalité, une réalité si crue, on ne peut pas s&rsquo;étonner de ce raisonnement.</p>
<blockquote><p>« J&rsquo;aimerais être un businessman. »</p></blockquote>
<p>Pour notre guide d&rsquo;un jour, la résignation politique n&rsquo;est pas synonyme d&rsquo;un avenir morose, bien au contraire. <em>« J&rsquo;aimerais être un businessman »</em>, nous lâche-t-il, le regard chargé de détermination. Il a pour projet d&rsquo;exporter des produits népalais à l&rsquo;étranger.</p>
<p>L&rsquo;étranger revient d&rsquo;ailleurs assez fréquemment dans la conversation. Rêve de voyager en Europe et ambition de travailler en Occident. Pourquoi ? <em>« Car le Népal, c&rsquo;est un endroit où l&rsquo;on vit sereinement et en sécurité, mais en comparaison avec ce que l&rsquo;on gagne et les niveaux de vie des gens, ce n&rsquo;est pas le pays idéal. »</em> Sur ce constat, la visite de Patan se termine.</p>
<div id="attachment_614" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Stupa.jpg"><img class="wp-image-614 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/09/Stupa-1024x768.jpg" alt="Effectivement, au Népal, on vit plutôt sereinement. © Lucas Scaltritti" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Effectivement, au Népal, on vit plutôt sereinement. © Lucas Scaltritti</p></div>
<p>Avant de se quitter, le jeune enseignant nous confie également qu&rsquo;il a l&rsquo;intention de louer son appartement pour quelques dollars à des étrangers qui ne souhaiteraient pas rester dans des hôtels. Se demandant si cela est réalisable, nous lui apprenons le concept de Airbnb. Il sent déjà les dollars arriver. Plein d&rsquo;idées et d&rsquo;envies, ce futur homme d&rsquo;affaires.</p>
<p>Et même si pour Chirag, il est trop tard pour réaliser sa scolarité en France, certains Népalais pourront peut-être en avoir la chance. L&rsquo;ambassade de France finance de temps en temps des bourses. D&rsquo;ailleurs, certains bénéficiaires se trouvent peut-être en ce moment même dans la cour de la Asmita English School. Allez savoir.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><iframe width="920" height="518" src="https://www.youtube.com/embed/Wg90cQvRxho?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: right;">Mathieu Fageot et Lucas Scaltritti</p>
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		<title>Légalisation de la marijuana : que se passe-t-il Outre-Atlantique ?</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Mar 2016 10:45:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Saviana, Pamela Bazan et Pierre Michel]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>&#160; Faut-il ou non légaliser la marijuana ? Alors qu&#8217;un nouveau règlement de comptes lié au trafic de marijuana a eu lieu à Marseille samedi 2 avril dernier, en France le débat est relancé. Une polémique complexe qui lie problèmes de commerce (illégal), de santé publique et de société. Mais qui est loin de ne sévir [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Faut-il ou non légaliser la marijuana ? Alors qu&rsquo;un nouveau règlement de comptes lié au trafic de marijuana a eu lieu à Marseille samedi 2 avril dernier, en France le débat est relancé. Une polémique complexe qui lie problèmes de commerce (illégal), de santé publique et de société. Mais qui est loin de ne sévir qu&rsquo;en France ou même en Europe. Les correspondants de Radio Londres se sont interrogés à leur tour sur l&rsquo;état du débat au Mexique, aux États-Unis et au Canada.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><strong>Mexique : un débat officiellement lancé</strong></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>En janvier dernier, le gouvernement mexicain a ouvert un <strong>débat national</strong> autour de la légalisation de la marijuana. Ce débat comporte la tenue de cinq forums régionaux qui réunissent des experts nationaux et internationaux ainsi que de simples citoyens mexicains. À l’ordre du jour : la santé publique, les droits humains, les implications économiques et la sécurité.</p>
<p>Après la dernière session, qui aura lieu mercredi 6 avril à Mexico, le pays devrait être prêt à prendre une <strong>position claire sur le sujet</strong> en vue de sa participation au Sommet des Nations Unies sur les problèmes liés aux drogues, prévu aussi pour avril.</p>
<p>Bien que la question sur la légalisation de la marijuana fasse partie de la réalité mexicaine depuis longtemps, certains évènements portent à croire que le pays est arrivé à un tournant de son histoire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_573" style="width: 4333px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo1.jpg"><img class="wp-image-573 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo1.jpg" alt="photo1" width="4323" height="2495" /></a><p class="wp-caption-text">En janvier dernier, le gouvernement mexicain a lancé un débat autour de la légalisation de la marijuana. Photo : Eluniversal.com.mx</p></div>
<p>&nbsp;</p>
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<p>L’année dernière, Grace Elizalde, une fille de huit ans souffrant des crises d’épilepsie, est devenue la <a href="http://www.liberation.fr/planete/2015/09/04/mexique-a-8-ans-graciela-veut-devenir-la-1e-consommatrice-legale-de-cannabis-dans-le-pays_1375459">première personne autorisée à suivre un traitement à base de cannabis</a>. C’est ainsi que <strong>le Mexique a ouvert la voie pour sa légalisation à des fins médicales</strong>.</p>
<p>Quelques semaines après cet évènement, une <a href="http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/11/05/le-premier-cannabis-club-du-mexique-relance-le-debat-sur-la-legalisation/">deuxième décision historique</a> vient intensifier le débat : quatre des cinq juges de la Cour suprême votent en faveur d’un recours déposé par les membres de la Société mexicaine d’autoconsommation responsable et tolérante (SMART). Cet arrêt autorise les quatre plaignants à <strong>planter, récolter, transporter et fumer de la marijuana</strong> à des fins récréatives. Les réactions ne se sont pas faites attendre : le président Peña Nieto s’est déclaré contre sa légalisation car «<em> la consommation de cette substance nuit au développement des jeunes. »</em></p>
<p>Il n’est clairement pas le seul à défendre cette position. Contrairement au cannabis médical, auquel une grande partie des mexicains se montre plutôt favorable, son usage à des fins « ludiques » n’est pas vu d’un bon œil par tout le monde.</p>
<p>Mais la question n’est pas du tout simple.</p>
<p>Le Mexique, un des principaux producteurs de marijuana au monde, est aussi un des pays les plus frappés par la <strong>violence</strong> en Amérique Latine. Depuis la déclaration de guerre aux cartels de la drogue par le président Felipe Calderón en 2006, le nombre de victimes lié au trafic de stupéfiants ne cesse d’augmenter (selon certaines sources, le bilan s’élève à 100 000 morts et plus de 20 000 disparus). Et pour certains, la légalisation de la marijuana pourrait porter un coup dur au crime organisé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Juan Francisco Torres Landa</strong>, avocat mexicain et actuel Secrétaire général de l’organisation « México Unido contra la Delincuencia » (Le Mexique Uni contre la Délinquance), en est convaincu. Membre de la SMART, il est l&rsquo;une des quatre personnes autorisées à utiliser le cannabis à des fins récréatives, mais sa démarche ne répond pas du tout à un intérêt personnel : il n’est pas un consommateur de marijuana. <em>« Notre objectif est de promouvoir le débat autour de cette question face à l’échec de la guerre contre le trafic de drogues. »</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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<div id="attachment_574" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo2.jpg"><img class="wp-image-574 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo2-1024x720.jpg" alt="photo2" width="920" height="647" /></a><p class="wp-caption-text">Pour certains, la légalisation de la marijuana pourrait porter un coup dur au crime organisé. Photo : proceso.com.mx</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour Juan Francisco, l’autorisation accordée par la Cour suprême n’est que le premier pas. <em>« Ça fait partie d’un changement de mentalité. »</em> Il affirme que le progrès en matière de légalisation passe d’abord par l’approbation du cannabis thérapeutique. <em>« Le cas de Grace est une porte d’entrée vers un plus grand débat, mais cela ne suffit pas. »</em></p>
<p>Il explique que <strong>la politique prohibitionniste est très loin d’avoir fonctionné</strong> car elle a entraîné des conséquences qui menacent la stabilité des institutions mexicaines. <em>« La richesse des narco-trafiquants provient de la prohibition décrétée par l’État. Ce dernier présume qu’il est possible d’éradiquer complètement les drogues ou la délinquance, mais en réalité, aucune de ces prémisses n’est vraie. »</em> Pour lui, cette stratégie est un échec. Il observe que, malgré l’augmentation du budget consacré à la sécurité publique, les résultats ne sont pas du tout favorables.</p>
<p>Alors, que faire ? Selon l’avocat, il faut trouver une alternative où l’État prenne un rôle régulateur pour <em>« récupérer du terrain »</em>, tout en frappant le flux économique des groupes criminels. Il avoue que ces organisations ne vont pas disparaître, mais reste confiant quant à l’efficacité de cette mesure, face à l’escalade de violence provoqué par l’usage de la force armée.</p>
<p>Quant aux conséquences de la légalisation de la marijuana en termes de santé publique, Juan Francisco a aussi son mot à dire. <em>« Toutes les drogues sont nocives, l’objectif n’est pas d’encourager leur consommation. »</em> Pour que le changement soit possible, souligne-t-il, de la responsabilité et du soutien médical sont indispensables. <em>« On doit fournir des outils efficaces aux personnes qui ont des problèmes d’addiction. »</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_575" style="width: 661px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo3.jpg"><img class="wp-image-575 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/photo3.jpg" alt="photo3" width="651" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Juan Francisco Torres Landa est une des quatre personnes autorisées à utiliser le cannabis à des fins récréatives. Photo : El universal.com.mx</p></div>
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<p>Que peut apprendre le Mexique de l’expérience internationale en matière de drogues ? Depuis que l’Uruguay a légalisé la production et la vente de marijuana en 2013, de nombreuses voix se sont levées pour appeler à faire de même dans plusieurs pays latino-américains. Juan Francisco se montre prudent : <em>« Ce n’est pas si simple ; tous les modèles sont très différents entre eux. »</em></p>
<p>Il soutient que <em>« le Mexique a besoin d’un cadre régulateur avec lequel les intérêts commerciaux ne se voient pas favorisés. Un modèle comme celui du Colorado, par exemple, n’est pas du tout convenable pour ce pays ».</em></p>
<p>D’après lui, il faudrait adopter <strong>le concept de « Club Social Cannabique »</strong>, une forme d’association à but non lucratif et où la production et consommation de marijuana répondent strictement aux besoins personnels des membres du groupe. <em>« C’est le modèle présent en Espagne et au Portugal. »</em> La SMART en est aussi un exemple. Avec l’autorisation obtenue l’année dernière, elle est devenue le premier club de ce type dans le pays.</p>
<p>Le devoir de Juan Francisco et ses collègues ne s’arrête pas là. <em>« Il faut renforcer la décision de la Cour suprême. »</em> Leur objectif est d’obtenir au moins quatre décisions similaires et ainsi former une jurisprudence.</p>
<p><em>« On doit aussi générer un coût politique pour ceux qui diffusent de fausses informations autour de ce sujet. »</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><strong>Aux États-Unis, des &laquo;&nbsp;lois étranges&nbsp;&raquo; à Washington</strong></p></blockquote>
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<p>Les Etats-Unis sont dans une position délicate concernant la marijuana : les consommateurs subissent une <strong>double-juridiction</strong>. Si cette drogue est prohibée au niveau national, toujours jugée illégale par la Cour Suprême, il n’en va pas de même pour les lois fédérales.</p>
<p>Dans une interview donnée à <a href="https://www.youtube.com/watch?v=2a01Rg2g2Z8">Vice News</a> en mars dernier, le Président Obama a déclaré que si suffisamment d’Etats légalisaient la marijuana, le Congrès serait certainement obligé de revoir sa position nationale. Une décision qui pourrait grandement simplifier les inextricables statuts des fumeurs sur le territoire américain.</p>
<p>La légalisation est en effet une véritable mine d’or : au Colorado, le montant des taxes prélevées s’élève à plus de<a href="http://www.thecannabist.co/2016/02/09/colorado-marijuana-sales-2015-reach-996-million/47886/"> 135 millions de dollars </a>en 2015. Le total des ventes flirte avec les 997 millions de dollars en un an et rapportait près de 17,2 milliards de dollars à l&rsquo;économie américaine.</p>
<p>Selon une récente étude publiée révélée vendredi 18 mars par<a href="http://www.cbsnews.com/news/legal-marijuana-a-44-billion-business-by-2020/" target="_blank"> CBS News</a>, <strong>la légalisation galopante du cannabis doublerait presque les revenus issus des taxes d&rsquo;ici quelques années</strong>. A l&rsquo;heure actuelle, au niveau national, le montant total des taxes sur la marijuana s&rsquo;élève à 24 milliards de dollars. En 2020, il atteindrait les 44 milliards, s&rsquo;apparentant au chiffre d&rsquo;affaire d&rsquo;entreprises comme Fed-Ex, spécialisée dans le transport international de fret, ou encore Lockheed Martin, société américaine de défense et de sécurité. Ces chiffres colossaux séduisent de plus en plus d&rsquo;Etats.</p>
<p>À l’heure actuelle, si vous fumez au Colorado, en Arkansas, dans l’état de Washington ou dans l’Oregon, vous ne risquez pas d’être inquiété pas les autorités. L’Arkansas, la Georgie ou encore l’Alabama devraient bientôt les rejoindre. La vente de marijuana dite « de récréation » est légale et tombe directement dans les caisses des Etats. Dans une vingtaine d’autres, la possession est autorisée, mais seulement dans le cadre d’un besoin médical. Au contraire, en Alabama ou encore au Connecticut, la possession et la vente sont considérées comme <em>felony</em>, ce qui signifie un crime grave pouvant entraîner peines de prison et lourdes amendes puant s&rsquo;élever jusqu&rsquo;à 20 000 dollars. Au Wyoming, la marijuana est toujours illégale, mais s&rsquo;apparente à un délit qui peut entrainer 1 an de prison et jusqu&rsquo;à 1000 dollars d&rsquo;amende cas si le consommateur a moins de 85 grammes en sa possession.</p>
<p>Mais la situation est encore plus complexe si l’on regarde certaines régions bien précises des Etats-Unis : la capitale, <strong>Washington D.C.</strong> est située au Nord-Est de la Virginie. Pourtant, sa juridiction ne suit pas les lois de l’Etat, mais celles du Disctrict de Columbia.</p>
<p>Dans cette configuration, les fumeurs de marijuana de la George Mason University, un college situé à 30 minutes de DC s&rsquo;accommodent de <strong>deux consignes </strong>: celle de Virginie, très à cheval sur l’illégalité de la substance, et celle de Washington, où la <a href="http://mpdc.dc.gov/marijuana">possession</a> pour les plus de 21 ans (mais non pas la consommation) est autorisée. Sur le campus, les étudiants américains ont refusé de témoigner sur leur consommation de marijuana. Nous sommes donc allés à la rencontre des étudiants en échange.</p>
<p><strong>Olivier est Néerlandais </strong>; dans son pays, la marijuana est légale, vendue dans des magasins spécialisés. Arriver aux Etats-Unis, fut une expérience surprenante.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/12721951_935726529881233_569580660_n.jpg"><img class=" size-full wp-image-580 aligncenter" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/12721951_935726529881233_569580660_n.jpg" alt="12721951_935726529881233_569580660_n" width="540" height="474" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: 400;">“J’ai commencé à fumer quand j’avais 15 ans pendant trois mois, occasionnellement. J’ai recommencé quand j’avais 18 ans parce que <strong>dans mon pays c’est légal</strong>. Je suis pour la légalisation de la marijuana car je pense que les effets de l’alcool sont beaucoup plus nocifs : quelqu’un qui a trop bu sera toujours plus violent que quelqu’un qui a fumé. Je crois vraiment que la marijuana n’est pas aussi mauvaise pour l’organisme que l’alcool. Pour moi, le seul problème, c’est que <strong>ce n’est pas accepté socialement</strong>, même aux Pays-Bas. Là-bas, c’est peut-être légal, mais seuls les jeunes consomment. Les plus âgés ignorent tout de la marijuana et ont beaucoup de préjugés. </span><strong>Ici, j’ai fumé, mais je ne le fais plus</strong> : les risques et les conséquences sont trop grands. Les lois sont étranges : la Virginie est vraiment dure contre les fumeurs, et DC l’a légalisé. Je pense qu’il ne reste que peu de temps avant que l’Etat ne fasse pareil ; c’est un pas dans la bonne direction. De toute façon, ici, c’est très facile de se procurer de la weed : il suffit de demander aux bonnes personnes dans les <em>frat-parties</em>”.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Myriam, 20 ans, Française</strong>, est arrivée aux Etats-Unis en août 2015. Après avoir trouvé un dealer par l’intermédiaire de contacts dans une <em>frat party</em> -ces fêtes organisées par les fraternités de George Mason-, elle a consommé de la marijuana jusqu’en novembre. <strong>Dénoncée par un des habitants de son immeuble</strong>, Myriam était en procès jusqu’en en février dernier :</p>
<p><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">“ Je ne peux plus consommer du tout. <strong>J’ai passé des journées entières à la cour.</strong> Tu as ceux qui n’en ont rien à faire et qui plaident coupable. A ce moment là, ils doivent payer 500$ d’amende et on leur retire le permis pendant six mois. Tu perds ton permis, mais si tu es jeune et que tu fais du community service, tu peux tout de même utiliser ta voiture pour aller en cours et chez le médecin. </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span><span style="font-weight: 400;">En tant qu’étudiante en échange pour moi, c’est différent. Je ne suis pas encore en procès, je suis dans l’étape de la “court”. Tous les gens qui ont le même problème sont là. Si tu as un avocat, il parle au procureur pour construire son argumentation. Après ça le juge t’appelle pour te poser des questions. Évidemment,<strong> il vaut mieux se taire, et laisser parler ton avocat</strong>. Surtout qu’un avocat coûte très cher : j’ai payé 1800$ au départ auxquels j’ai dû rajouter 300$ à chaque fois que j’allais au tribunal. </span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span>J’ai mon test d’urine demain matin, j’ai fait un cours contre le cannabis, du <em>community service</em>… C’est une idée très américaine : <strong>quand tu te fais prendre tu dois rendre à la communauté</strong>. Tu dois faire par exemple 30 heures de community service. Si tu rends à la communauté et que tu paies dans les 500 dollars, tu peux éviter une plus grosse peine… C’est toi qui choisis ce que tu vas faire. ”</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><strong>Wallid “Weed”, 20 ans, est Pakistanais.</strong> Consommateur dans son pays, il a continué à fumer dans les fêtes américaines, sans toutefois avoir recours à un dealer. Il est partagé sur le débat de la légalisation de la marijuana.</p>
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<div id="attachment_589" style="width: 304px" class="wp-caption alignright"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/12910546_946796962107523_642899423_n.jpg"><img class="wp-image-589 size-medium" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/12910546_946796962107523_642899423_n-294x300.jpg" alt="12910546_946796962107523_642899423_n" width="294" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Wallid: &laquo;&nbsp;Je voudrais que l’état légalise la marijuana, mais que les gens ne fument pas en public&nbsp;&raquo;. Photo: facebook</p></div>
<p>“La légalisation de la marijuana est vraiment un grand débat. Les gens qui veulent fumer fumeront de toute façon, légal ou non. <strong>Si vous légalisez, le pays va devenir feignant et ne pas se battre pour ses droits. </strong>Les gens descendront sur la mauvaise pente&#8230; J’ai fumé, et à d’autres moments non ; je vois la différence. Quand vous fumez, vous n’avez plus de volonté. Vous devenez feignant, vous ne faites plus rien&#8230; Je sais que peu de fumeurs partagent mon point de vue parce qu’ils sont accros. Forcément, ils ne veulent pas laisser tomber. Je l’ai vu : mon meilleur ami, au Pakistan, s’est mis à fumer après le décès de son père. Maintenant, il dépense la plupart de son argent là-dedans. Je ne suis pas non plus totalement pour la marijuana médicinale car il me semble que les abus seraient nombreux&#8230; <strong>Je ne suis pas pour la légalisation, mais pas contre non plus. </strong>Je voudrais que l’état légalise la marijuana, mais que les gens ne fument pas en public, en fait. Que tout soit très contrôlé.”</p>
<p>Contre toute assomption, le silence des étudiants américains tient davantage à <strong>la peur de la législation actuelle </strong>qu&rsquo;à un tabou dans le pays : selon <a href="http://www.vox.com/2016/3/15/11224500/marijuana-legalization-war-on-drugs-poll" target="_blank">un sondage réalisé</a> en mars 2016 par Vox et Morning Consult, 59% des Américains souhaiteraient la voir légalisée.</p>
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<p style="text-align: center;"><strong><u>Au Canada, un enjeu constitutionnel</u></strong></p>
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<p>Le Canada est entré d’aplomb dans le débat sociétal autour de la légalisation marijuana lors de la dernière campagne électorale fédérale d’octobre 2015. Le nouveau Premier Ministre élu à l’issue de cette longue campagne, <strong>Justin Trudeau, a fait campagne en faveur de la légalisation de la marijuana</strong> et entame désormais le processus politique pour faire ce peu. Au-delà du traditionnel débat qui oppose conservatisme et progressisme, cet enjeu majeur soulève d’autres questions qui sont davantage constitutionnelles.</p>
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<div id="attachment_584" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Le-premier-ministre-canadien-Justin-Trudeau-lors-conference-presse-Ottawa-8-fevrier-2016_0_1400_840.jpg"><img class="wp-image-584 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Le-premier-ministre-canadien-Justin-Trudeau-lors-conference-presse-Ottawa-8-fevrier-2016_0_1400_840-1024x615.jpg" alt="Justin Trudeau, Premier Ministre canadien" width="920" height="553" /></a><p class="wp-caption-text">Justin Trudeau, Premier Ministre canadien. Photo: lacroix.com</p></div>
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<p>Le Canada est un état fédéral, ce qui implique un gouvernement central (Ottawa) et des gouvernements fédérés (Provinces). Leurs juridictions respectives sont énoncées dans la constitution et chaque gouvernement a l’exclusivité de l’action dans ce qui lui est attribué, ce qu’on appelle communément les champs de compétences.</p>
<p>Pour comprendre la politique canadienne, il y a une expression clé : partage des pouvoirs. Une certaine partie du débat politique au Canada et particulièrement au Québec, est consacré au respect du partage des pouvoirs et parfois même à sa renégociation. Le Canada est en effet un vaste pays qui est sociologiquement très diversifié et où les mentalités varient d’une province à l’autre et même dans une province, d’une région à l’autre. Cette réalité forme un paysage politique à la grandeur du pays très particulier, qui complexifie beaucoup d’enjeux notamment constitutionnels. Chaque gouvernement tend alors à s’assurer de ne pas empiéter sur les compétences de l’autre. L’aspect constitutionnel peut donc devenir rapidement un polarisateur du débat lorsqu’un litige survient entre le gouvernement fédéral et les provinces, où les opposants vont souvent trouver une façon d’en appeler au partage des pouvoir.</p>
<p>La possession et le trafic de marijuana sont tous deux inscrits au code criminel du Canada. Mais <strong>le droit criminel est une compétence fédérale, tandis que le droit pénal est une compétence provinciale</strong>. Patrick Taillon, professeur de droit à l&rsquo;université Laval de Québec et spécialiste des questions constitutionnelles explique ainsi que <em>&laquo;&nbsp;la criminalisation de certaines drogues relève de la compétence exclusive d’Ottawa et que seul Ottawa peut décider de décriminaliser ou de criminaliser quelque chose&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>La légalisation de la marijuana relèverait donc, en théorie, exclusivement de juridiction fédérale. Seulement voilà, entre la théorie et les faits, il y a souvent deux mondes… Dans les faits, la décriminalisation de la marijuana ne peut pas se faire sans la consultation des provinces car, le jour où elle n’est plus inscrite au code criminel, en tant que drogue, à l’instar du tabac ou de l’alcool elle va relever de la santé et… <strong>la santé relève des provinces</strong>.</p>
<p>Pour illustrer cette difficulté, Patrick Taillon cite un exemple bien précis concernant l’avortement : celui-ci se pratique par des médecins, dans des hôpitaux, et relève de la compétence des provinces puisque c’est le domaine de la santé.</p>
<p><em>«Quand on a décriminalisé l’avortement il y avait des provinces plus conservatrices que d’autres, pas très favorables à la libéralisation de l’avortement et où on a limité très fortement, sans interdire, la pratique de l’avortement. Alors une province décidait que ça devait avoir lieu dans hôpitaux autorisés, ce qui empêchait l’ouverture d’une clinique Morgentaler </em>[clinique spécialisées, ndlr]<em>. Monsieur Morgentaler décide alors de contester cette réglementation en disant que c’est une législation déguisée qui n’a rien à voir avec la santé. Eh bien c’est ce qui peut arriver avec la marijuana. Et si le juge conclue que le législateur provincial tente, de manière affichée ou non de s’arroger une compétence fédérale, le juge va lui dire qu’il est en dehors de son champ de compétence ».</em></p>
<p>Selon lui, avec légalisation de la marijuana nous assistons à la même situation : <em>«<strong>Justin Trudeau a promis quelque chose qu’il ne peut pas livrer seul</strong> car il a promis non seulement de décriminaliser certaines drogues, ce qu’il peut faire avec une loi du parlement fédéral mais il a également promis sa légalisation or, ce n’est parce qu’on décriminalise quelque chose que ça devient automatiquement légal».</em></p>
<p>Pour revenir à l’exemple de l’avortement, les provinces se retrouvent à fixer des règles sur la pratique (comment, où, par qui, à qui) et dont les réponses sont des conditions qui relèvent des provinces. Si Justin Trudeau veut tenir sa promesse de légaliser la marijuana et donc, d’en permettre le commerce, il n’a pas le choix de s’entendre avec chaque province, ce qui fait onze gouvernements impliqués. Cependant, cela ne veut pas dire que les modalités de vente doivent être les mêmes d’une province à l’autre, chaque province pourrait légiférer sur l’âge, les droits de ventes, etc.</p>
<p>Question alors légitime : est-ce que les gouvernements provinciaux pourraient faire fi de la décriminalisation et inscrire au code pénal la consommation et le commerce de marijuana pour conserver la situation actuelle ? Oui et non selon Patrick Taillon, car il faut selon lui <strong><em>&laquo;&nbsp;faire la distinction entre pénaliser et criminaliser&nbsp;&raquo;</em></strong>. Les gouvernements provinciaux peuvent créer des infractions en vertu d&rsquo;une loi provinciale mais, celles-ci peuvent être contestées devant les tribunaux. S&rsquo;il est démontré que les infractions qu&rsquo;on tente de mettre en place ne sont qu’un prétexte détourné pour recréer une forme de criminalisation et que le juge est lui aussi de cet avis, les tribunaux diront à la province qu’elle n’a pas ce pouvoir. <em>« Si les provinces veulent créer des infractions, il faut que ce soit relié à l’application d’une loi provinciale, comme une interdiction dans le cadre de la protection de la jeunesse, la protection de la santé, la sécurité routière, qui sont de juridiction provinciale »</em> explique ainsi Patrick Taillon.</p>
<p>Connaissant la dimension de l’enjeu, on aurait l’impression que c’est une façon pour Ottawa de s’éloigner d’un enjeu sensible en le balançant dans le domaine des provinces et en disant nonchalamment <em>« ce n’est plus de mon ressort »</em>. Les provinces ne peuvent pourtant pas empêcher Ottawa de décriminaliser quelque chose. D’après monsieur Taillon, pour livrer sa promesse <strong>Justin Trudeau a tout intérêt de rencontrer les provinces pour voir ce qu’ils peuvent faire ensemble</strong>, comment il peut les aider, s’il faut des mesures transitoires, etc.</p>
<p><em>«Il va sans doute chercher à collaborer avec les provinces mais s’il n’y a pas d’accord, le Canada se retrouvera dans une situation ou Ottawa va décriminaliser et les provinces vont devoir gérer toutes seules le problème, comme ça a été le cas en matière d’avortement ».</em> Il est un éternel débat au Canada sur le partage des compétences qui sera toujours au premier plan, peu importe l&rsquo;importance de l&rsquo;enjeu dont on discute : la souveraineté des provinces dans leurs juridictions sera toujours le point numéro 1 d&rsquo;un débat politique.</p>
<p>Ce débat technique dont on vient de parler pourrait-il alors supplanter le débat traditionnel conservatisme moral versus progressisme moral ? Patrick Taillon ne se risque pas à faire une telle prédiction mais il assure que <em>&laquo;&nbsp;la dimension constitutionnelle du partage des pouvoirs peut devenir un excellent prétexte pour combattre cette promesse&nbsp;&raquo;</em>. Il se questionne toutefois si le candidat Justin Trudeau de l’époque avait conscience des difficultés et des obstacles juridiques que cela impliquerait. Justin Trudeau aurait d’ailleurs très bien pu proposer la décriminalisation simple. Mais il a promis quelque chose qui allait bien au-delà de ce qu’Ottawa peut faire. Il a peut-être un peu mésestimé l’ampleur du dossier.</p>
<p>Cependant une chose est sûre : les opposants à la légalisation de la marijuana auront leurs arguments sur l’axe gauche-droite mais ils auront aussi des arguments sur le partage des compétences. Il y a encore bien des débats au pays avant que la légalisation de la marijuana soit conclue au Canada.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><em>Par Alexandra Saviana aux États-Unis, Pamela Bazan au Mexique et Pierre Michel au Canada</em></p>
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		<title>Loi travail : à Reims et Lille, mobilisations militantes</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Mar 2016 20:20:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marion Lefevre et Martin Pinguet]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Reims, portraits de militants Il crachine à Reims, place Royale, quand une foule de lycéens et d’étudiants rendus hirsutes par la pluie commencent à s’y regrouper. « Un pas en avant, trois pas en arrière, c’est la politique du gouvernements. Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, c’est la politique du gouvernement » scande-t-on [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong><span style="color: #000000;">Reims, portraits de militants</span></strong></p></blockquote>
<p><span style="color: #000000;">Il crachine à Reims, place Royale, quand une foule de lycéens et d’étudiants rendus hirsutes par la pluie commencent à s’y regrouper. « <i>Un pas en avant, trois pas en arrière, c’est la politique du gouvernements. Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, c’est la politique du gouvernement </i>» scande-t-on en cadence, avec mouvements et drapeaux appropriés. Peu à peu, des jeunes – et moins jeunes – militants se joignent à eux, formant une foule hétéroclite qui ne manque cependant pas de ferveur. Syndicats étudiants, organisations politiques et badauds sans étiquette invectivent en cœur le gouvernement une heure et demie durant en arpentant les grandes avenues rémoises.</span></p>
<blockquote><p><span style="color: #000000;">Cécile Bedel, 23 ans – UNEF</span></p></blockquote>
<p><span style="color: #000000;">Etudiante en lettres modernes, ayant repris ses études depuis peu, Cécile s’annonce peu optimiste quant à l’avenir du projet de loi Travail. «<i> C’est déjà difficile de trouver un travail… Le gouvernement fait preuve de beaucoup de complaisance</i>, » commente-t-elle, l’air désabusé. Elle qui est descendue dans la rue pour « <i>protester contre ce qu’on va [lui] imposer dans l’avenir</i> » n’a pas de grandes espérances quant à son avenir (elle l’espère) de bibliothécaires, chez qui l’on « supprime beaucoup de postes », croit-elle savoir. L’union, dans cette lutte pour la sauvegarde de l’emploi, ne ferait-elle pas la force ? La manifestation des syndicats le matin même à 10h, séparée donc de celle des étudiants, suggère que ces derniers et l’UNEF n’ont pas optimisé leur capacité de mobilisation. Mais « <i>c’est difficile de se rassembler à chaque fois</i>, » plaide Cécile.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Plus qu’un mécontentement, ce sont les politiques du gouvernement dans leur ensemble qu’elle rejette. Plusieurs des lois précédemment passées par les gouvernements successifs de François Hollande ne sont « <i>pas correctes</i> » ; le projet de loi Travail n’est qu’une incarnation de plus dans la longue série de lois peu satisfaisantes qu’elle évoque. Pourtant, aucun exemple ne lui vient en tête quand on lui demande d’énumérer les projets qui lui ont déplu.</span></p>
<div id="attachment_526" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Cécile-Bedel.jpg"><img class="wp-image-526 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Cécile-Bedel-1024x768.jpg" alt="Cécile Bedel. Crédits : Marion Lefèvre." width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Cécile Bedel. Crédits : Marion Lefèvre.</p></div>
<blockquote><p><span style="color: #000000;">Yamin Ifourah,  18 ans – MJS</span></p></blockquote>
<p><span style="color: #000000;">Cela fait presque trois ans que Yamin a rejoint le Mouvement des Jeunesses Socialistes. On lui demande, tout naturellement, si ce n’est pas quelque peu contradictoire de battre le pavé pour protester contre un gouvernement qui, théoriquement, est du même bord que l’organisation pour laquelle on milite. Réponse préparée – ou bien improvisée. «  <i>Les MJS sont un mouvement autonome et indépendant</i> » débite-t-il d’une voix posée. Sentant que le vernis officiel ne suffira pas à se sortir de cette impasse, il ajoute qu’à choisir, il accorde « <i>plus de fidélité à ses convictions qu’à l’organisation à laquelle il appartient </i>». </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Historiquement, pour lui, le Parti Socialiste est « <i>le parti des travailleurs </i>». Ce nouveau projet de loi, s’il est adopté, constituerait une « <i>trahison pour tous ceux qui se sont battus</i> ».  « <i>Ce qui me débecte, c’est la politique autoritaire menée par Manuel Valls depuis qu’il a été nommé, et même lorsqu’il était ministre de l’Intérieur </i>». Il a déjà manifesté contre l’état d’urgence, a marché pour s’opposer au projet de loi promouvant la déchéance de nationalité, que le Sénat vient juste de restreindre aux Français binationaux, défaisant ainsi le travail d’amendement des députés. </span></p>
<div id="attachment_527" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Yamin-Ifourah.jpg"><img class="wp-image-527 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Yamin-Ifourah-1024x768.jpg" alt="Yamin Ifourah. Crédits : Marion Lefèvre." width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Yamin Ifourah. Crédits : Marion Lefèvre.</p></div>
<blockquote><p><span style="color: #000000;">Charline Briot, 22 ans – JC et PCF</span></p></blockquote>
<p><span style="color: #000000;">La première chose que l’on remarque chez Charline, c’est le drapeau rouge vif qu’elle serre entre ses mains gantées. Issue d’une famille communiste, elle a elle-même rejoint les Jeunesses Communistes (JC) et le Parti Communiste (PCF) il y a deux ans. Elle est aujourd’hui secrétaire à l’organisation au sein des JC locales. <i>« Le gouvernement a choisi d’être du côté du patronat</i> » tranche-t-elle. « <i>Pourquoi est-ce que ce serait aux jeunes et aux travailleurs de trinquer ? (…) Ici, le rôle des étudiants est de faire peur au gouvernement, car on est l’avenir, les futurs travailleurs</i> ». Et de dénoncer une réforme qui fait d’une large frange de la population active une <i>« main d’œuvre facilement jetable</i> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourquoi, se demande-t-on une fois de plus, ne pas avoir fait corps avec les syndicats ? La spontanéité du rassemblement rémois semble avoir joué en défaveur d’un potentiel front commun. « <i>Mardi dernier, on [les organisations étudiantes] s’est réuni. Puis la CGT a décidé de soutenir la Maison des Syndicats sans demander notre avis. Il était trop tard, les tracts étaient déjà en train d’être distribués</i> ». Un faux pas qui sera sûrement rectifié à l’occasion des prochaines mobilisations, les 17 et 31 mars prochains.</span></p>
<div id="attachment_528" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Charline-Briot.jpg"><img class="wp-image-528 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Charline-Briot-1024x768.jpg" alt="Yamin Ifourah. Crédits : Marion Lefèvre." width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Yamin Ifourah. Crédits : Marion Lefèvre.</p></div>
<blockquote><p><span style="color: #000000;">Basile, 17 ans – Lycéen en terminale ES</span></p></blockquote>
<p><span style="color: #000000;">Plus timide, Basile est venu accompagné de quelques amis, également au lycée. Il explique ne « pas avoir trop d’infos » qui lui permettrait de parler extensivement de la Loi Travail, mais s’oppose tout de même à son passage. « <i>C’est une perte des acquis sociaux dans leur ensemble. Dans quelques années, c’est nous qui rentrerons sur le marché du travail. On est concernés directement</i> ».</span></p>
<div id="attachment_529" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Basile.jpg"><img class="wp-image-529 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Basile-1024x768.jpg" alt="Basile. Crédits : Marion Lefèvre." width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Basile. Crédits : Marion Lefèvre.</p></div>
<blockquote><p><span style="color: #000000;">Alexandre Thomas, 20 ans &#8211;  MJC </span></p></blockquote>
<p><span style="color: #000000;"><i>« Ce qui nous révolte, c’est que cette loi est un retour sur nos acquis</i> » explique Alexandre tout en brandissant le drapeau des Jeunesses Communistes. Il ne s’arrête pas pour parler – le flot de la manifestation se déplace vers le centre de la ville – et enchaîne : les acquis qu’il évoque, c’est la semaine de 35 heures, les droits « <i>essentiels</i> » des salariés, la possibilité de faire travailler un salarié 12 heures par jour par simple accord patronal, la destruction des 11 heures de repos jusqu’ici requises entre les jours travaillés. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Puis il se fait plus analytique : « <i>Cette loi va créer du chômage. Un employé travaillera davantage et accomplira donc plus, ce qui fera qu’un certains nombres de salariés deviendront superflus pour l’entreprise qui les emploie</i> ». Le rôle des étudiants dans cette levée de boucliers nationale ?  « La solidarité avec les salariés, et garantir qu’on puisse trouver un travail à la fin de nos études. On se mobilise pour que la loi corresponde à la population générale, pas seulement aux jeunes ».</span></p>
<div id="attachment_530" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Alexandre-Thomas-droite.jpg"><img class="wp-image-530 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Alexandre-Thomas-droite-1024x768.jpg" alt="Alexandre Thomas (à droite). Crédits : Marion Lefèvre." width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Alexandre Thomas (à droite). Crédits : Marion Lefèvre.</p></div>
<blockquote><p><span style="color: #000000;">Patrice Perret, 65 ans – Solidaires </span></p></blockquote>
<p><span style="color: #000000;">« <i>Tout le code du travail est remis en cause</i> » s’exclame le militant Solidaires lorsqu’on lui demande ce que la loi Travail lui inspire. « <i>C’est un retour au 19</i><i><sup>ème</sup></i><i> siècle, à l’époque où il y avait des gens qui mouraient de leurs conditions de travail. Petit à petit, on a acquis des droits, mais il n’y a jamais eu d’égalité entre patrons et salariés</i> ». </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Malgré un optimiste bon enfant, Patrice n’en est plus à son coup d’essai. Syndiqué depuis plus d’une dizaine d’années, il a milité au sein de Sud Rail en 1995. Puis il rejoint la CFDT, et subit une nouvelle déception lors du mouvement contre la réforme des retraites. <i>« La CFDT soutenait le projet. Alors, je suis parti ». </i>C’est encore une mauvaise organisation qui fait qu’il se trouve ici – Solidaires n’a pas ou peu de représentants marnais, il s’est donc rendu aux deux manifestations de la journée par souci d’exhaustivité. Avec toujours le même objectif :  « Redresser la barre ». </span></p>
<div id="attachment_532" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Patrice-Perret.jpg"><img class="wp-image-532 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/Patrice-Perret-1024x768.jpg" alt="Patrice Perret. Crédits : Marion Lefèvre." width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Patrice Perret. Crédits : Marion Lefèvre.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Lycéens, jeunes salariés, vétérans syndiqués : les centaines de manifestants rémois (plus de 1600 selon la CGT, 750 selon les forces de l’ordre) sont loin de former un groupe homogène. Un front uni se dégage pourtant contre la loi Travail, malgré la mosaïque créée par les syndicats étudiants, les quelques professionnels qui marchent pour la deuxième fois de la journée, les lycéens non encartés et les jeunes actifs sympathisants. Si l’évènement Facebook local se revendiquait non partisan, répondant à un « appel citoyen et militant », les drapeaux rouges et roses, les étiquettes « La France insoumise » se positionnant en faveur de la candidature de Jean-Luc Mélenchon aux élections présidentielles de 2017 démentent cette version. « On fait quoi maintenant ? » s’interroge un participant sur Facebook. « Il faut préparer la suite », lui répond-on. Et ne pas laisser la flamme s’éteindre.</span></p>
<blockquote><p><strong>Lille, récit d&rsquo;une journée de mobilisation</strong></p></blockquote>
<p><span style="color: #000000;">Cela faisait maintenant plusieurs semaines que les syndicats étudiants et professionnels avaient appelé à manifester le mercredi 9 mars. Leur objectif ? Faire entendre leur mécontentement vis-à-vis du projet de réforme du code du travail du gouvernement. Dans toute la France, entre 224 000 (selon le ministère de l’intérieur) et 400 000 personnes (selon le syndicat Unef et Force ouvrière) ont manifesté. A Lille, ils étaient 6 000 à s&rsquo;être rassemblés sur la place de la République, vers 13 heures, avant d&rsquo;entamer une marche de près de deux heures dans la ville. Retour sur la journée de mobilisation qui, pour certains, a commencé dès 11h30.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Car une Assemblée Générale organisée par les syndicats étudiants SUD et Unef a eu lieu à Lille 2 et Lille 3. A la faculté de droit (Lille 2), ils étaient une cinquantaine à s&rsquo;être déplacés afin de clarifier leur revendications et préparer la suite du mouvement. Pendant une heure, chacun a pris la parole, expliquant pourquoi il manifestait, ou proposant de nouveaux moyens d&rsquo;actions afin de sensibiliser ses camarades et ainsi prolonger le mouvement, en mobilisant toujours plus de personnes. </span></p>
<div id="attachment_534" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/P1040583.jpg"><img class="wp-image-534 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/P1040583-1024x768.jpg" alt="P1040583" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Autodafé d’un faux code du travail devant l&rsquo;université Lille 2. Crédits : Martin Pinguet.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ils ont ensuite été rejoints devant le campus Moulins par les sections syndicales de l&rsquo;IEP de Lille. Ensemble, ils ont brûlé un faux code du travail, en déclament une prière ironique au capitalisme sous l&rsquo;égide du &laquo;&nbsp;pape 40&Prime; &#8211; en fait un des membres de la troupe des Doigts d&rsquo;or. C&rsquo;est donc une petite centaine de militants qui a ensuite rallié, à pied, la place de la République en scandant &laquo;&nbsp;Cours Gattaz on te laisse dix mètres d&rsquo;avance&nbsp;&raquo;. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une place de la République noire de monde, où l&rsquo;on pouvait apercevoir les drapeaux de nombreuses organisations syndicales mais aussi de partis. On a vu la CGT Nord et la CGT Pas de Calais qui avaient fait le déplacement mais aussi FSU, les Jeunes Communistes, Solidaires, quelques drapeaux Lutte Ouvrière et Front de gauche.</span></p>
<div id="attachment_537" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/P1040598.jpg"><img class="wp-image-537 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/P1040598-1024x768.jpg" alt="P1040598" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">La place de la République vers 13 heures, avant le début de la marche. Crédits : Martin Pinguet.</p></div>
<p><span style="color: #000000;">Une large partie des personnes présentes, étudiantes ou non, était syndiquée ou militante. Vers 13h50, la marche a démarré. Aucun incident n&rsquo;a eu lieu pendant les deux heures de défilé. Celui-ci est passé devant les lieux emblématiques de la capitale des Flandres, la place de la République, la gare Lille Flandres, puis la Grand Place avant de rallier la rue Solférino, bastion de la vie nocturne lilloise, et de retourner à son point de départ en passant devant le Théâtre Sébastopol. De nombreuses pancartes et bannières ont été réalisées par les manifestants, qui ne manquaient pas d&rsquo;imagination pour exprimer leur mécontentement. Du côté des slogans, les étudiants est lycéens ont eu aussi l&rsquo;imagination débordante, entre &laquo;&nbsp;C&rsquo;est quoi un CDI &#8211; Demande à tes parents&nbsp;&raquo; ou encore &laquo;&nbsp;Un pas en avant, trois siècles en arrière, c&rsquo;est la politique du gouvernement&nbsp;&raquo;. </span></p>
<div id="attachment_541" style="width: 930px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/P1040604.jpg"><img class="wp-image-541 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/03/P1040604-1024x768.jpg" alt="P1040604" width="920" height="690" /></a><p class="wp-caption-text">Les étudiants à la tête des manifestants. Crédits : Martin Pinguet.</p></div>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi, à 16h tout le cortège qui s&rsquo;étirait sur presque un kilomètre s&rsquo;est rassemblé à son point de départ avant de se désagréger peu à peu. Mais dans les bouches de chacun, règne une même directive, continuer le mouvement, afin qu&rsquo;il s&rsquo;inscrive dans la durée et que ce jour de mobilisation syndicale ne soit pas isolé. Les syndicats étudiants ont donc appelé à une nouvelle mobilisation le jeudi 17 mars.</span></p>
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		<title>Retour sur le lancement du Mouvement Commun</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Jan 2016 16:38:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Corentin Durand]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[cécile duflot]]></category>
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		<category><![CDATA[grand format]]></category>
		<category><![CDATA[mouvement commun]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ancien militant, devenu citoyen las et journaliste (un peu gonzo) à mes heures perdues, j’ai voulu, curieux, rencontrer l’indéfinissable “Mouvement Commun”, à qui certains reprochent déjà d’être beaucoup de choses avant même qu’il ne soit. Le 8 novembre dernier, ce sont des centaines d’individus, remplis de leur expérience, qui sont venus comme moi, voir naître un embryon encore brouillon. Ni Epinay, ni ATTAC, ni parti, ni think tank, mais un espace à définir. Je crois que personnellement je retiendrai pour le moment quelques images, mi poésie, mi politique, sans tabou, le mouvement encore indicible, se définit d’abord par la multitude ; en somme le kaléidoscope des espoirs qu’il concentre. On pourrait presque résumer ça en un mot : multitude, terme cher à Foucault, qui prenait sens à La Parole Errante. Je voudrais désormais à travers quelques portraits faire revivre l’amplitude de ces individus qui le temps d’une journée ont fait un “nous”.</p>
<p><strong>Qui sont-ils et pourquoi eux ?</strong></p>
<p>S’il y a bien une chose que je voulais retenir de ce rassemblement, c’est la dépersonnalisation politique de l’initiative ;  il ne s’agissait pas de mettre les fondateurs venant du monde politique en première ligne, mais bien d’ouvrir un espace de dialogue propre à chacun des participants. Alors, au fil du hasard, en traînant dans cet ancien studio de George Méliès, aux airs de friche soixante-huitarde, j’ai rencontré une série d’individus que vous connaissez peut-être déjà, ou peut-être pas. J’ai tenté de garder les cinq mêmes questions pour chacun, tout en permettant aux choses qu’ils avaient envie de dire d’être dites et cela avec leurs propres mots. Commençons.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>Sylvie</strong></p>
</blockquote>
<div id="attachment_506" style="width: 876px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0413-1.jpg"><img class="size-full wp-image-506" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0413-1.jpg" alt="Crédit photo : Timothé Lepage" width="866" height="576" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p><em>Bonjour, qui êtes vous ?</em></p>
<p>Je m’appelle Sylvie, j’ai travaillé 35 ans dans une grande entreprise mais j’ai fait partie en 2014 d’un “plan de sauvegarde de l’emploi” comme on les appelle, donc depuis je suis une autre inscrite au pôle emploi. Et je suis par ailleurs syndicaliste. Je m’investis au Parti Socialiste et dans la CFTC.</p>
<p><em>Pourquoi être ici ?</em></p>
<p>Par mon histoire familiale et personnelle, je n’arrive plus à accepter que 30% des jeunes autour de 25 ans choisissent le Front National quand ils votent, et donc accepter que le FN soit aussi haut dans la représentation démocratique. Et je n’arrive pas non plus à accepter que les gens qui ont été élus par le peuple de gauche soient en train de trahir leurs engagements, même si le mot est fort. Ma présence ici est finalement le résultat de plein d’erreurs commises par la gauche et la politique depuis des années et évidemment de la volonté d’un vrai changement de société. J’observe aujourd’hui un besoin de changement dans la politique, notamment de la part des jeunes. Ma génération est née avec un stylo dans la main, et eux avec une souris, ça change forcément les rapports sociaux et le rapport au politique. Et je crois que ça appelle à des mises en action plus concrètes de la politique. Pour la gauche ça doit être plus de solidarité et de développement économique durable, et bien sûr plus d’écologie mais bon, ça on n’a plus vraiment le choix. Je crois qu’on en est à la survie de l’espèce humaine sur cette question ! Et aucun parti politique de gauche n’arrive vraiment à être à la hauteur sur l’ensemble des ces questions donc pourquoi pas un mouvement commun ?</p>
<p><em>Sur le mouvement commun, comment voyez-vous la forme du rendez-vous ?</em></p>
<p>Je suis venue les oreilles ouvertes, car je n’ai pas d’a prioris, ni même de certitudes. Est-ce qu’il faut que ça devienne un mouvement politique au sens classique du terme ou est-ce que c’est une association qui font des micro-actions très concrètes ou même un mouvement philosophique ? En tout cas je suis là et je vais écouter.</p>
<p><i>Et enfin sur le fond, êtes-vous là car Pouria Amirshahi (co-fondateur) est un député dit “frondeur” ou est-ce que finalement vous êtes aussi là pour ouvrir votre réflexion au-delà de ce face à face avec le gouvernement ?</i></p>
<p>Disons que je suis là pour les deux raisons, effectivement je suis plutôt dans l’esprit frondeur dans le Parti Socialiste, je me pose même  la question de mon engagement dans celui-ci, mais je suis aussi en attente d’idées et d’actions de la part de tout le monde. Je veux en savoir plus sur les actions qui changent la vie des gens au quotidien et sans a priori avoir des discussions aussi très politiques. Je resterai les oreilles grandes ouvertes !</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><strong>Christian</strong></p></blockquote>
<div id="attachment_508" style="width: 809px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0883.jpg"><img class="size-full wp-image-508" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0883.jpg" alt="Crédit photo : Timothé Lepage" width="799" height="532" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p><em>Bonjour, qui êtes-vous ?</em></p>
<p>Je suis Christian Paul, citoyen français et député de la Nièvre.</p>
<p><em>Que faites-vous dans la vie ?</em></p>
<p>Dans la vie, on peut dire que j’ai deux vies ! J’ai mon travail de représentant du peuple à Paris dans l’Assemblée Nationale, et j’ai une deuxième vie avec mon travail dans le territoire à la fois industriel et rural qui est le mien, où je suis en ma fonction de député mais aussi de “d’animateur” du développement local. C’est ainsi que je le vois.</p>
<p><em>Et pourquoi être ici aujourd’hui ?</em></p>
<p>Parce que je crois, depuis de nombreux mois, que les partis politiques traditionnels de la gauche ne parviendront pas tout seul à redonner un souffle, un projet politique pour ce pays. Ils sont aujourd’hui englués et tétanisés dans l’exercice du pouvoir. Et que beaucoup des engagements qui ont été pris par ceux-ci ne sont pas tenus et qu’il faut trouver des espaces nouveaux dans lesquels on se donne de la force collective, dans lesquels on invente des formes nouvelles de politique. Je fais souvent mienne cette phrase de Tchekov : “il faut des formes nouvelles, sinon rien.” Il l’appliquait au théâtre, je pense que ça peut aussi s’appliquer à l’espace public.</p>
<p><em>On avance sur ma prochaine question, que pouvez-vous nous dire de la forme prise par la journée d’aujourd’hui ?</em></p>
<p>Je pense que ça doit être une invention collective. Pour le moment il y a d’abord un rassemblement de personnes qui veulent participer à un lancement, une fondation d’un mouvement. Aujourd’hui ça va d’abord être un temps de débat, de confrontations, où les esprits, j’espère, vont s’ouvrir. Après il faudra tenter des formes de vie commune, un mouvement ce n’est pas une succession de rendez-vous, et là-dessus je n’ai pas de religion. Je pense qu’il faut à la fois être inspiré par des formes qui s’inventent ailleurs en Europe ;  on peut citer bien sûr Podemos &#8211; on échange avec Pouria Amirshahi depuis longtemps sur ce sujet. Mais il faut aussi avoir en tête un certain nombre de renouveaux démocratiques qui ont été tentés et parfois comprendre pourquoi ils ont échoué. Par exemple les mouvements que la France a vu naître avec l’altermondialisme dans les années 90. Ce que je crois, c’est que nous ne sommes pas devant une page blanche, il ne faut pas oublier les combats passés et même faire mieux que ceux-ci. Car si la gauche est dans l’état que nous connaissons aujourd’hui c’est bien aussi parce que les tentatives de la réinventer n’ont pas fonctionné. C’est donc un sacré défi, mais ça ne doit pas être un fardeau, chaque époque a su inventer des formes nouvelles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_520" style="width: 888px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0752.jpg"><img class="size-full wp-image-520" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0752.jpg" alt="Crédit photo : Timothé Lepage" width="878" height="576" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p><em>Mes questions étant très simples, on peut enchaîner rapidement sur le fond, mouvement commun c’est quoi ? C’est un “truc de frondeurs” ou faut-il le voir comme un dépassement ?</em></p>
<p>Ce que les médias ont appelé le Fronde c’est une bataille parlementaire qui est née après les défaites électorales de la majorité socialiste et qui s’est beaucoup portée sur les questions économiques, sociales, fiscales et budgétaires. Mais je pense que ceux des socialistes qui ont mené ces combats ont bien un courant d’idées dans le Parti Socialiste mais il me semble aussi, qu’il faille trouver des espaces où la forme partisane ne soit pas prédominante. Il faut qu’on aille dans la société, avec les citoyens, pour trouver les formes embryonnaires des nouveaux modèles économiques, culturels, du vivre-ensemble,  que ce soit dans les quartiers ou dans les territoires ruraux. Le pays aujourd’hui est un vaste laboratoire qu’il faut défricher et en même temps trouver une formule politique à tout ça, sinon chacun expérimente dans son coin et ça ne fait pas un projet politique commun. Enfin le temps passe, le compteur tourne, il faut savoir se saisir des causes communes que la période impose, notamment la question de l’accueil des réfugiés, les questions climatiques, mais aussi fiscales. Voilà ce que j’aimerais trouver dans les débats d’aujourd’hui.</p>
<p><em>Alors mouvement commun, ni frondeur, ni réformiste ?</em></p>
<p>Inspire profondément. Oui tout cela à la fois. Donc quelque chose d’autre. C’est une alchimie, une hybridation, de différentes histoires. La France c’est le refus du conformisme et du libéralisme, le réformisme s’il est réellement de gauche n’est pas un problème, mais ce qu’on voit dans l’expérience de la gauche au pouvoir c’est un réformisme libéral, et là nous avons des désaccords.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><b>Manuel</b></p></blockquote>
<div id="attachment_509" style="width: 878px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0691.jpg"><img class="size-full wp-image-509" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0691.jpg" alt="Crédit photo : Timothé Lepage" width="868" height="576" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p><em>C’est parti ! Qui êtes-vous ?</em></p>
<p>Manuel Menal, je suis militant communiste et fonctionnaire territorial.</p>
<p><em>Avez-vous d’autres engagements que ceux de votre travail ?</em></p>
<p>J’ai des engagements dans le domaine du logiciel libre et de la connaissance libre.</p>
<p><em>Pourquoi être ici aujourd’hui ?</em></p>
<p>Parce que ça fait maintenant deux ans qu’on se dit qu’il y a quelque chose qui doit bouger dans la recomposition de la gauche et ça fait deux ans qu’on espère que ça bouge un peu partout. Et c’est intéressant d’être ici pour observer les changements de ce côté du spectre politique, donc la gauche du PS parce que c’est beaucoup ça aujourd’hui, mais on espère que ça peut entraîner des mouvements au-delà.</p>
<p><em>Qu’est-ce que vous pourriez dire sur la forme mise en avant aujourd’hui ?</em></p>
<p>Ce que je trouve intéressant dans toutes ces initiatives, celle d’aujourd’hui ou celles organisées par différents mouvements, on a tous essayé des formes qui changent un peu, des tribunes libres, plus de participation. On voit bien une recherche, certainement pas finie, de faire de la politique autrement. Ici par exemple, il n’y a pas de tribune, les gens sont face à face, on voit bien qu’il y a une dépersonnalisation de l’initiative. Ça me plaît de voir qu’on essaie tous un peu ça, puisque ça doit vouloir dire qu’on cherche tous un peu la même chose, en se demandant : c’est quoi faire de la politique autrement ?</p>
<p><em>Et en tant qu’identifié communiste, tu es venu ici pour entendre quoi ? La gauche du PS, des citoyens ?</em></p>
<p>Je suis venu voir qui vient déjà, ça m’intéresse, évidemment il y a beaucoup de gens de la gauche du PS mais je vois ici des personnes d’Ensemble, des camarades communistes, et que finalement il y a aussi pas mal de jeunes. Ensuite je suis surtout venu voir ce qui émerge en terme de volonté commune, est ce qu’on parle de 2017, de structures, de programmes ? Je veux savoir quels sont les préoccupations qui existent ici : une candidature commune à la présidentielle ? La création d’un parti ? C’est bien sûr pas ça le mouvement commun, mais il doit bien y avoir ça derrière.</p>
<p><em>Il y a une certaine méfiance finalement dans ta présence ici ?</em></p>
<p>Non pas une méfiance, au contraire, il faut prendre tout ce qui existe et comprendre les questions qui traversent chacune des sensibilités de la gauche pour réfléchir aux gestes de rassemblement de demain qui pour moi sont nécessaires.</p>
<figure class="tmblr-full" data-orig-width="540" data-orig-height="359" data-orig-src="http://40.media.tumblr.com/c2f5605e13b6d3349c2f0b04fde72360/tumblr_inline_o06tn0IcWq1r73ucm_540.jpg"></figure>
<blockquote><p><b>Marie</b></p></blockquote>
<div id="attachment_510" style="width: 809px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_1215.jpg"><img class="size-full wp-image-510" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_1215.jpg" alt="Crédit photo : Timothé Lepage" width="799" height="532" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p><em>Bonjour, qui êtes-vous ?</em></p>
<p>Bonjour, je suis Marie, je viens de Limoges. J’ai 66 ans, je suis en retraite du CNRS, éditrice et responsable associative dans le domaine culturel.</p>
<p><em>Pourquoi être ici ?</em></p>
<p>Je suis venue à Montreuil pour la naissance du Mouvement Commun parce que toute la plateforme qui avait été diffusée sur le net, je dis bien toute car chaque mot me parlait, me paraissait juste, donc j’ai considéré que j’avais ma place dans l’évènement fondateur. Moi ce que j’aimerais mettre en exergue c’est l’importance de la culture pour tous les gens qui à l’heure actuelle sont à l’écart de cette culture, et je remarque que ces “non-publiques” comme le philosophe Francis Jeanson les nommait déjà en 1968, ces nouveaux non-publiques ce sont les mêmes qui ne participent pas beaucoup à la vie citoyenne, ceux qui ne vont pas voter par exemple. Donc je fais un lien entre un déficit culturel, un déficit de démocratie culturelle et le déficit de démocratie tout court, qui me semble calqué l’un sur l’autre. Moi, j’essaie de faire en sorte dans mes actions culturelles d’aller vers, et avec des non-publiques culturelles, c’est-à-dire des gens qui ne vont jamais vers les arts majeurs, ou très peu, et des gens pour qui il faut abolir les barrières de la centralité et de la périphérie. Je viens par exemple, à Limoges, de finir toute une semaine culturelle qui s’intitulait “Citoyennes de la diversité, créatrices de beautés” qui s’adressait principalement aux femmes mais pas seulement et qui a permis à des femmes de quartiers populaires de faire un stage de chant lyrique avec une cantatrice mezzo soprano qui est elle-même issue des quartiers, Malika Bellaribi &#8211; Le Moal. À la fin de cet apprentissage, elle a donné un récital et ces femmes_là ont chanté à ses côtés, donc pour la première fois de leur vie ce non-public s’approchait de la centralité culturelle. Elles sont venues vers le centre de la ville, vers l’opéra, elles étaient une vingtaine sur scène et pour moi voilà des actions exemplaires pour faire en sorte que des citoyennes et des citoyens qui étaient des non-publics donc deviennent des publics culturels et soient eux-mêmes associés à la création. En découvrant ainsi le plaisir de partager de la culture, ils deviendront sûrement des citoyens plus impliqués, bien plus mis en avant en trouvant une véritable dignité culturelle. Bien souvent, les gens vivant dans les quartiers populaires sont d’origines étrangères, ils sont issus de la migration, et leurs cultures d’origine sont trop méprisées par la population alors même que ces cultures sont très riches, elles peuvent nous régénérer, y compris nous dans le corps social. Tout à l’heure nous avons entendu ici-même comment nous pouvions nous inspirer de principes comoriens pour faire vivre une assemblée démocratique. Et je crois qu’en allant voir les cultures qui sont dans le petit village du monde, on apprendrait beaucoup, et les populations jeunes et moins jeunes qui transmettent ces cultures, pourraient se sentir revalorisées en tant que citoyen actif dans le corps social. Et notamment les jeunes qui y retrouveraient une vraie dignité culturelle et ainsi abandonneraient la violence qui vient de la marginalité dans laquelle ils sont entrées. Voilà, ce que je voulais dire aujourd’hui, il faut se préoccuper, et de manière urgente, de remettre au centre de notre réflexion la démocratie culturelle. En relisant Jeanson et son manifeste de Villeurbanne sur les non-publics et le déficit culturel de la France, et je crois qu’aujourd’hui le problème se pose à nouveau avec des nouveaux non-publics. Et se rapprocher d’eux passera par la clef de la culture. Pour qu’enfin on partage la fraternité, la liberté et l’égalité dans ce pays avec le bonheur d’être ensemble devant la beauté.</p>
<p><em>Je crois que je vous ai posé deux questions et ensuite j’ai laissé tomber les quatre autres puisque vous aviez tellement à dire, j’aurais été bien mal à l’aise de vous arrêter.</em></p>
<p>Rire. Oui, j’avais un message à donner, je crois ! Et je retournerai à Limoges le coeur gonflé d’élan après avoir vu une si belle journée permettre à chacune et chacun de s’exprimer.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><b>Laurent</b></p></blockquote>
<div id="attachment_511" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0527.jpg"><img class="size-full wp-image-511" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0527.jpg" alt="Crédit photo : Timothé Lepage" width="800" height="532" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p><em>Bonjour, qui êtes-vous ?</em></p>
<p>Je m’appelle Laurent Granguillaume, député de la Côte d’Or.</p>
<p><em>Que faites-vous ici ?</em></p>
<p>Bah écoutez, moi ça fait plusieurs mois déjà que Pouria m’en avait parlé, je trouvais ça intéressant dans le sens où je suivais déjà l’initiative Bleu Blanc Zèbre où j’avais été sollicité par Alexandre Jardin pour par exemple soutenir des micro-entreprises et donc je continue de penser qu’il y a des espaces à créer pour les citoyens qui ont une forme de défiance vis-à-vis de la politique, afin de leur faire rencontrer de nouvelles idées et cela avec les valeurs que nous portons à gauche. Donc je suis venu ici. Et d’un point de vue politique je pense sincèrement que les expériences sociales, économiques et environnementales qui sont vécues et échangées par les citoyens ici peuvent nous permettre de préparer des projets politiques en partant des innovations de chacun. Et cela me fait penser à quelque chose que je porte, notamment avec le soutien de Pouria, sur une expérimentation de lutte contre le chômage de longue durée sur un territoire. Donc je suis aussi venu témoigner moi-même de cela. Ensuite, il faut sortir des oppositions macro-économiques et il faut surtout se préoccuper de l’humain et je pense qu’en partant de l’humain on peut construire des rassemblements nouveaux.</p>
<p><em>Vous répondez à mes questions habituelles sauf peut être une déjà, que j’ai l’habitude de demander aux politiques s’ils ont des engagements associatifs, intellectuels, culturels et autres. Et vous ?</em></p>
<p>Je suis de profession conseiller en formation, mais après je suis forcément impliqué dans mon territoire dans le domaine culturel en soutenant et participant à des projets. Mais aussi dans la solidarité internationale en portant un regard sur tout ce qu’il se fait dans les pays émergents. Donc après nos vies d’élus font que ça devient assez large mais il reste l’envie sur la culture, les droits de l’homme et la solidarité internationale en effet. Si je me suis engagé en politique à 18 ans, et notamment à gauche, c’était bien parce que j’étais révolté par les injustices, en ce sens-là je me suis toujours défini comme internationaliste, pour la solidarité. Et à mon sens en ce moment à gauche, on a un peu perdu ça.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_521" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0748.jpg"><img class="size-full wp-image-521" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0748.jpg" alt="Crédit photo : Timothé Lepage" width="800" height="532" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p><em>Et dernière question, sur le fond, que vouliez-vous entendre à Mouvement Commun et même qu’est-ce que vous aviez peur d’entendre ?</em></p>
<p>Ce que je voulais entendre c’est effectivement des exemples concrets, des expérimentations, tout simplement la voix de ceux qui agissent comme je peux l’entendre en Bourgogne. Et après ce que j’avais peur d’entendre c’était qu’on puisse rester dans un débat pour ou contre le gouvernement, je pense que le débat doit dépasser ça. Notamment sur le libéralisme, à son fondement la gauche vient aussi du libéralisme, les premières utopies socialistes sont libérales mais il s’agit de le définir avant de s’opposer. Mais bien sûr qu’il y a un clivage avec certains libéraux qui définissent l’individu comme un homo-economicus et non un porteur de solidarité. Mais quand on en est à débattre sur les mots c’est qu’on est sur le bon chemin. Par ailleurs le problème à gauche c’est souvent qu’on ne prend même plus le temps de débattre sur les mots et savoir ce qu’on entend derrière les concepts. Dans ce cadre-là, moi je reste optimiste car je pense aux nouveaux clivages qui vont se poser à nous sur la question des libertés individuelles et qui nous opposent aux nouveaux réactionnaires qui sont seulement dans l’identitaire. Si défendre les libertés individuelles c’est être libéral, et bien je suis effectivement d’une gauche libérale. Après le problème de ne pas arriver à se dire libéral finalement, c’est laisser à d’autres, qui sont des usurpateurs d’identités, le monopole mensonger de la liberté et de la laïcité et vous voyez très bien de qui je parle…</p>
<figure class="tmblr-full" data-orig-width="540" data-orig-height="359" data-orig-src="http://41.media.tumblr.com/3b4349ac98615d42747007f8e4a1ec4e/tumblr_inline_o06tn1etmb1r73ucm_540.jpg"></figure>
<blockquote><p><b>Edwy</b></p></blockquote>
<div id="attachment_512" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_1374.jpg"><img class="wp-image-512 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_1374.jpg" alt="Edwy Plenel. Crédit photo : Timothé Lepage" width="800" height="532" /></a><p class="wp-caption-text">Edwy Plenel. Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p><em>Bonjour, qui êtes-vous ?</em></p>
<p>Edwy Plenel, journaliste.</p>
<p><em>Que faites vous dans la vie en dehors de votre métier ? Quels sont vos engagements ?</em></p>
<p>En tant que journaliste, j’ai été syndicaliste mais maintenant que je suis patron de presse je ne peux prétendre jouer sur les deux tableaux, ensuite j’ai toujours vécu mon métier comme un engagement que j’ai traduit par des articles, des livres, ma plume et ma parole.</p>
<p><em>Pourquoi être ici aujourd’hui ?</em></p>
<p>Parce que cette initiative rejoint des idées que je défends de mon côté, dans mon livre “Dire non” par exemple ou des conférences sur les causes communes. Je pense que nous sommes dans un moment historique, où nous traversons quelque chose de bien plus important qu’une crise économique ou sociale, mais une crise morale, écologique, politique. Pour tout dire c’est une crise de civilisation et dans ces moments-là, il faut se remettre en cause, faire chemin ensemble avec ce qui nous rassemble face au monstre qui essaye de surgir de cette crise. Ces monstres sont ceux de l’inégalité, de l’autorité et de l’identité, ils voudraient nous mettre en guerre les uns avec les autres au nom de l’origine, de l’apparence, de la religion. Face à cela il faut dresser un mouvement, un imaginaire et un horizon qui permettent de sortir de la peur et de la résignation, en disant “non” pour inventer un “oui”. Et ça, ça veut dire se retrouver sur ce que nous avons en commun, là où nous vivons, là où nous travaillons et faisons chemin ensemble. Les causes communes c’est créer une relation à partir de notre vie concrète en n’attendant ni un leader, ni un programme mais avec l’idée que chaque individu est expert de sa propre vie et qu’il n’y a de salut au fond que dans cette relation dans laquelle le “je” s’épanouit dans le “nous”. Il faut donc bien inventer un “oui” en construisant un “non”.</p>
<p><em>Et alors, que dire sur la forme de l&rsquo;évènement d’aujourd’hui ?</em></p>
<p>Pour ce que j’en ai vu, j’ai assisté aux témoignages montrant une réalité positive. J’ai trouvé formidables toutes ces expériences qui montrent que des réponses existent déjà et qui ne sont actuellement pas dans les grands médias et qu’il faut populariser. Et puis, ce qu’a dit Pouria Amirshahi est cohérent avec la façon dont il a lancé cette initiative, en s’effaçant, en disant qu’elle n’a pas de famille politique propriétaire, ni de frontières partisanes, qu’elle est au fond un carrefour pour essayer de trouver ensemble la force d’un sursaut. Ce qui me plaît dans ce qui a été dit aujourd’hui c’est ce refus de la plainte, de la lamentation, de la victimisation, cette idée qu’il faut laisser ça aux autres, qui eux sont sur le registre de la décadence, du déclin, de la chute, de la plainte permanente, c’est leur affaire. Nous, au contraire, notre optimisme de la volonté face aux périls qui menacent, et qui sont réels, nous sommes du côté de cette force qui au fond est celle de la vie et de cette idée qu’on a qu’une vie et qu’elle nous requiert toujours. Nous sommes responsables de notre liberté, nous ne pouvons pas continuer d’avoir l’air de subir, et ce chemin d’élévation fait avec humour aujourd’hui, j’ai trouvé ça de bonne augure.</p>
<p><em>Même si vous y avez largement répondu, sur le fond qu’est ce que vous étiez venu entendre ?</em></p>
<p>Je n’avais aucune attente particulière, je viens avec curiosité découvrir et je suis journaliste et un journaliste il doit être disposé à l’imprévu. Donc ce qui m’intéresse c’est l’imprévu, l’imprévisible, et c’est ce que nous souhaitons tous, sortir d’une histoire écrite par les vainqueurs, ou écrite par ceux qui nous mènent à des catastrophes et au contraire laisser cette histoire ouverte. Faire en sorte par notre façon de faire du lien et avoir des causes communes que des imprévus de bonheur, de bonté et de beauté surgissent et permettent de faire humanité ensemble.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><b>Mathilde</b></p></blockquote>
<div id="attachment_513" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0760.jpg"><img class="size-full wp-image-513" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0760.jpg" alt="Crédit photo : Timothé Lepage" width="800" height="532" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p><em>Bonjour, qui êtes-vous ?</em></p>
<p>Je suis Mathilde Monzieu, ingénieure en agro-développement international.</p>
<p><em>Que faites vous dans la vie en dehors de votre métier ?</em></p>
<p>J’ai beaucoup travaillé à l’étranger dans des projets de développement, notamment en Afghanistan, je travaillais deux ans pour une ONG française sur des activités de développement rural auprès des paysans, éleveurs et sur la réhabilitation de canaux d’irrigation pour améliorer l’agriculture. Et par la suite, j’ai continué mon engagement sur un autre territoire, en Guyane, au sein de Maisons Familiales et Rurales, centres issus de l’éducation populaire, et je travaillais à la construction d’une filière agricole et à la valorisation des produits locaux par la transformation.</p>
<p><em>Pourquoi êtes-vous ici aujourd’hui ?</em></p>
<p>J’ai décidé de venir ici un peu par hasard, un ami venait ici, j’étais disponible et je me suis dit : ça m’intéresse, pourquoi pas ?</p>
<p><em>Que pouvez-vous nous dire sur la forme qu’a pris l&rsquo;évènement aujourd’hui ?</em></p>
<p>L&rsquo;évènement est intéressant parce qu’il est ouvert à tous, il incite à ce qu’on s’implique dans la discussion. Les ateliers étaient vraiment ouverts aux échanges, et ont facilité l’émergence d’idées et de propositions pour la construction d’un nouvel espace de démocratie. De manière à ce que les citoyens que nous sommes puissent s’exprimer et participer à l’action politique.</p>
<p><em>Vous n’avez jamais été encartée ?</em></p>
<p>Jamais.</p>
<p><em>Et sur le fond, qu’est ce que vous voulez dire et entendre ?</em></p>
<p>Alors sur le fond, je ne m’attendais à rien, mais je n’ai pas été déçue, ce qui m’a beaucoup plu c’était de prendre la parole au sein de mon groupe sans avoir à parler devant tout le monde de mon expérience. J’ai pu approfondir certaines choses et voir les gens innover dans leur façon de présenter les idées et de comprendre la mécanique politique.</p>
<figure class="tmblr-full" data-orig-width="540" data-orig-height="359" data-orig-src="http://41.media.tumblr.com/780d8c62b91b88f3ab42d97b6943cda5/tumblr_inline_o06tn1qTKk1r73ucm_540.jpg"></figure>
<blockquote><p><b>Cécile</b></p></blockquote>
<div id="attachment_514" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0865.jpg"><img class="wp-image-514 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0865.jpg" alt="Cécile Duflot. Crédit photo : Timothé Lepage" width="800" height="532" /></a><p class="wp-caption-text">Cécile Duflot. Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p><em>Bonjour, qui êtes-vous ?</em></p>
<p>Bonjour, je m’appelle Cécile Duflot et je suis députée écologiste de Paris, j’ai quatre enfants et j’ai quarante ans !</p>
<p><em>Que faites-vous dans la vie en dehors de votre mandat, quels sont vos engagements ?</em></p>
<p>D’abord j’ai un engagement écologiste qui va avec mon mandat mais qui préexiste, j’ai été élevée dans un milieu écolo, je suis très attentive à la défense de la biodiversité, celle des oiseaux notamment et aujourd’hui je continue de m’engager assez directement dans des actions de solidarité dont je n’ai pas forcément envie de parler étant donné que j’ai un mandat politique, je n’aime pas la mise en scène des engagements privés.</p>
<p><em>Que faites-vous ici ?</em></p>
<p>Le mouvement commun a quelque chose d’intelligent et d’intéressant et c’est mettre en débat du politique dans un cadre qui n’est pas celui du politique. C’est à dire : on est ni dans un parti, ni dans une campagne électorale. Il y a ici des gens qui sont sur des listes différentes aux régionales par exemple et qui ne portent pas forcément le même projet mais qui ressentent le besoin dans un moment politique très particulier, où la gauche est assez discréditée et où l’extrême droite progresse, de ne pas renoncer, ne pas baisser les bras.</p>
<p><em>Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur la forme et la façon d’échanger ? Est-ce qu’il n’y a pas aussi derrière tout ça quelque chose d’intéressant ?</em></p>
<p>Alors oui c’est intéressant de pouvoir mélanger la culture et l’engagement, c’est-à- dire de se poser des questions et de recevoir la parole différemment. Je le dis en souriant un peu, parce que pour le coup, chez les écologistes, la parole alternative, le temps limité, où les chefs n’ont pas plus la parole que les autres, ce sont des pratiques que nous avons de longue date donc je suis en pays de connaissance mais c’est agréable.</p>
<p><em>Ici, ça semble être une plus grande découverte !</em></p>
<p><i>(J’ai fait rire Cécile Duflot)</i></p>
<p><em>Et enfin sur le fond, peut-être des tabous, une envie d’entendre quelque chose plus qu’une autre ?</em></p>
<p>Pas de tabous, juste l’envie d’entendre les uns et les autres et surtout l’envie de comprendre comment on peut se projeter dans l’avenir. Car le point commun de tous les militants de gauche, quelque soit leurs engagements, c’est un peu le risque de baisser les bras, c’est ici une antidote à l’idée de baisser les bras et c’est très bien.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><b>Sébastien</b></p></blockquote>
<div id="attachment_515" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-515" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0776.jpg" alt="Crédit photo : Timothé Lepage" width="800" height="532" /><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Bonjour</em></p>
<p>Yo</p>
<p><em>Qui êtes-vous ?</em></p>
<p>Alors je m’appelle Sébastien Chaillou et je suis président d’une coopérative d&rsquo;intérêt collectif qui s’appelle Solidarité Étudiante.</p>
<p><em>Quels sont vos engagements ?</em></p>
<p>Je suis adhérent dans un parti politique de gauche qui a le malheur d’être au gouvernement en ce moment et à côté de ça je m’investis dans des réseaux autour de la coopération et de l’économie sociale et solidaire qui promeut dans cette forme économique une manière d’être citoyen dans l’entreprise.</p>
<p><em>Pourquoi être ici aujourd’hui ?</em></p>
<p>Exactement pour toutes ces raisons là, ce qui me plaît dans les coopératives, à la différence de ce qui se passe dans le monde ou les partis politiques c’est cette capacité de mettre les mains dans le cambouis, d’agir soi-même, de s’auto-organiser et chercher soi-même les conditions de son émancipation. Et je pense que le mouvement commun participe à l’idée d’importer ce mode d’action dans la vie politique.</p>
<p><em>Qu’est ce que vous voudriez dire sur la forme qu’a pris cette journée ?</em></p>
<p>Alors c’est une forme que je connais bien parce que quand on est dans le cadre de lancement de collectifs dans le milieu de l’ESS, on prend en général cette forme là avec cette question : se demander pourquoi on est ici ? Qui est-on ? Et que veut-on ? Et ensuite on essaie de trouver des personnes, des situations inspirantes. Donc on est dans des cadres qui ne sont pas faits pour déboussoler, mais bien pour impliquer chacun en fonction de ses  expériences. Et enfin voir les capacités d’action dont on veut se doter. Maintenant il faut voir ce que cette pratique en politique va apporter.</p>
<p><em>Enfin, qu’est-ce que vous étiez venu chercher cet après-midi ?</em></p>
<p>Alors ce que je suis venu chercher, c’était essentiellement voir après la tribune de Pouria Amirshia sur la gauche vivante qui étaient les gens qui constituaient cette gauche qui “pratique”, dans l’entreprise, dans la culture, les associations et les syndicats, mais qui ne trouve plus de réponse politique à leur gauche concrète. Donc je suis venu voir si mouvement commun constituait par le discours et la forme cette réponse là, et pouvait connecter cette gauche vivante à un mouvement et non un appareil politique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_522" style="width: 810px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0870.jpg"><img class="size-full wp-image-522" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2016/01/DSC_0870.jpg" alt="Crédit photo : Timothé Lepage" width="800" height="532" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Timothé Lepage</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p>Il est difficile d’achever une réflexion devant autant de diversité, alors prenez le comme une invitation à penser à ce que la multitude peut apporter au champs politique. Au delà des points de vue de chacun, nécessairement divergents, et de leurs propres mots, on peut retenir qu’apprendre de l’autre pour construire n’est pas une expérience facile même quand on y donne la forme. L’avenir seulement pourra nous dire sur quel projet cette aventure aboutira.</p>
<p>Alors quelles conclusions faire sur Mouvement Commun ? Peut être qu’aucune si ce n’est cette leçon. Et tout ce qu’on doit espérer pour le développement de ce mouvement c’est que son horizon large et que sa non-définition se perpétue tant qu’elle pourra ouvrir le champs des possibles et ne pas déjà devenir un appareil comme un autre. Je resterai curieux, et j’aimerais que ses rendez-vous continuent de rassembler encore plus de différences ; que les dogmes laissent place enfin à l’intelligence collective.</p>
<p>J’aimerais finir sur cette citation de Saint-Exupéry, littérature hautement politique, certainement sous-estimée à ce titre.</p>
<blockquote><p><i>“Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis.”</i></p></blockquote>
<p>Accompagné pour la photographie par Timothé Lepage.</p>
<p><i></i><i><a href="http://www.lemouvementcommun.fr/">http://www.lemouvementcommun.fr/</a></i></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quand sept jeunes découvrent la Fête de l&#8217;Huma&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Oct 2015 13:14:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Leïla Frat]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[fête de l'huma]]></category>
		<category><![CDATA[grand format]]></category>
		<category><![CDATA[l'humanité]]></category>
		<category><![CDATA[pcf]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; Sur la page Facebook de la Fête de l’Humanité, on peut lire ce statut : « La situation économique et politique compliquée dans laquelle se trouve la Grèce était au coeur de toutes les conversations à la Fête »… Vraiment toutes ? C’est la question à laquelle nous voulons répondre. La Fête de l’Humanité, organisée tous [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><strong><span class="s1" style="color: #000000;">Sur la page Facebook de la Fête de l’Humanité, on peut lire ce statut : <i>« La situation économique et politique compliquée dans laquelle se trouve la Grèce était au coeur de toutes les conversations à la Fête »</i>… </span></strong></p>
<p class="p4"><strong><span class="s1" style="color: #000000;">Vraiment toutes ? C’est la question à laquelle nous voulons répondre.</span></strong></p>
<p class="p4"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/1.png"><img class="aligncenter wp-image-421 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/1.png" alt="1" width="494" height="204" /></a></p>
<p class="p4"><span class="s1" style="color: #000000;">La <a style="color: #000000;" href="http://fete.humanite.fr"><span class="s2">Fête de l’Humanité</span></a>, organisée tous les ans depuis maintenant 85 ans par le <span class="s2" style="color: #000000;"><a style="color: #000000;" href="http://www.humanite.fr">journal de Jean Jaurès</a> </span>est LA fête militante. Les différentes fédérations du Parti Communiste Français y sont toutes représentées, ainsi que des sections communistes étrangères, des syndicats, des associations et les organisations membres du Front de Gauche. Outre les débats politiques, la Fête est un moment de culture et de divertissement : sa programmation musicale diverse et de qualité a depuis longtemps fait sa réputation. </span></p>
<p class="p4"><span class="s1" style="color: #000000;">Avec plus de 20 000 visiteurs par jour, la Fête fait le plein et attire surtout de nombreux jeunes, qui ne sont pas toujours politisés. Parmi ceux-là, nous en avons suivi sept, dont c’était seulement la première ou la deuxième Fête de l’Huma.</span></p>
<blockquote>
<p class="p5" style="text-align: center;"><strong><span class="s1" style="color: #000000;">Eve et Lucie : « le partage des richesses avec un mojito à 2€ »</span></strong></p>
</blockquote>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Eve et Lucie ont 19 ans et viennent du sud de la France. Eve est en licence d’info-comm, Lucie étudie les Lettres Modernes. </span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Elles dorment au camping et ont pris un train très tôt depuis Montpellier pour arriver dès le vendredi. Elles n’ont pas acheté leurs places lors d’une prévente militante mais sur le site internet de la FNAC : elles ne savaient pas qu’il existait un tarif moins cher quand on passait par des militants.  </span><span class="s1" style="color: #000000;">C’est leur deuxième Fête de l’Huma. </span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Lucie a connu la Fête par Eve, qui elle, la connaît <i>« depuis gamine »</i>, grâce à sa mère qui est abonnée au journal <i>L’Humanité</i> et le lit tous les jours.</span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Lucie ne vient que pour les concerts et pour l’ambiance, alors qu’Eve est également attirée par l’aspect militant. Elle est<i> « passée vite fait » </i>par le NPA mais n’est aujourd’hui plus engagée dans aucune organisation militante. Ce qui ne l’empêche pas de se dire de gauche, <i>« voire d’extrême gauche »</i>. Pourtant, elle admet : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« J’ai du mal avec le PCF. Il ont fait des choses, c’est indéniable, mais ils ont un ego surdimensionné. Je trouve qu’ils ont tendance à penser qu’il n’y a qu’eux. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Lucie quant à elle, essaye de se <i>« construire une opinion »</i>. Elle se sent proche du <a style="color: #000000;" href="http://www.scienceshumaines.com/indignes-les-nouvelles-formes-de-protestation_fr_28437.html"><span class="s2">mouvement des indignés</span></a>.</span></p>
<div id="attachment_422" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/2.jpg"><img class="wp-image-422 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/2-1024x683.jpg" alt="Lucie et Eve devant attendant leur mojito devant un stand PCF - Crédit photo : Leila Frat " width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Lucie et Eve devant attendant leur mojito devant un stand PCF &#8211; Crédit photo : Leila Frat</p></div>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">La ligne politique tenue par les communistes leur semble à toutes les deux parfois <i>«irréalisable »</i> mais elles trouvent que <i>« l’idée d’origine est très belle.»</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Lucie n’a pas voté lors des élections européennes puis départementales. Eve a soutenu le Front de Gauche aux européennes parce que ces élections lui semblaient importantes, mais elle n’a pas voté aux départementales : <i>« je n’y comprenais rien.»</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Le premier arrêt dans leur parcours est sur un stand militant… pour y acheter un mojito. Elles s’exclament de joie en découvrant qu’il ne coûte que 2€. Une fois servie, Eve lève son verre et dit en riant : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« C’est le partage des richesses avec un mojito à 2€ ! »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Un peu plus tard, en passant dans le Village du Monde, elles font une pause devant un stand animé. La musique orientale est forte, des hommes tapent des mains, certains chantonnent pendant que d’autres s’occupent de la nourriture, qui répand une odeur alléchante. Quand on leur demande pourquoi ce stand plutôt qu’un autre a retenu leur attention, la réponse est immédiate : <i>« l’ambiance et la bouffe ! »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Elles font d’ailleurs remarquer qu’en dehors de la Grande Scène, elles passent la plupart de leur temps dans le Village du Monde : <i>« y’a de quoi bien manger partout, et pas cher. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Elle trouve que la Fête a un avantage par rapport à d’autres festivals plus traditionnels : son prix abordable. </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Et puis c’est plus facile, on peut parler à tout le monde. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">L’explication ? </span></p>
<p class="p10"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Le cadre, le fait que ce soit l’Huma qui l’organise. Il y a une bonne ambiance, une ambiance de camaraderie en fait, j’aime bien. C’est un de mes festivals préférés. » </i></span><span class="s1" style="color: #000000;">Lucie acquiesce. </span><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Ici, on n’a jamais de problème, il faut une certaine ouverture d’esprit pour venir donc c’est normal » </i></span><span class="s1" style="color: #000000;">Pour elle, c’est un des seuls festivals où il est possible pour deux filles de venir seules.</span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Lorsqu’un militant leur propose d’acheter le programme de la Fête, Eve tente de négocier le prix. Elles repartent sans avoir réussi. Elles tutoient automatiquement les jeunes mais pas les plus vieux, elles ne sont <i>« pas là en tant que camarades. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">En tournant les pages du programme à la recherche de ce qui les intéresse, elles tombent sur le programme de la Fête heure par heure, mais passent à une autre page en commentant : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Là y’a absolument tous les évènements, donc ça ne nous va pas. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Elles ne se concentrent que sur la programmation musicale. Elles sont emballées par le concert en solidarité avec l’Afrique. </span><span class="s1" style="color: #000000;">Eve prévoit quand même d’assister à quelques débats, mais elle ne regarde pas lesquels sont prévus. </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Je me pointe à l’Agora, et si ça me gonfle, je me taille. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Plus tard, en passant devant le forum social, elle rigole à l’écoute d’un intervenant. Elle le trouve un peu caricatural : ses cheveux sont grisonnants, sa voix est chevrotante et faible : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Sans écouter, on sait qu’il parle de politique, il fait vieil intello chiant ! »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">La plupart du temps, Eve et Lucie ne prennent pas les tracts que des militants leur tendent, et ne signent que rarement des pétitions.</span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Elles s’arrêtent pourtant lorsqu’un militant du Secours Populaire les interpelle pour soutenir les grecs. Elles n’acceptent pas de faire un don, mais repartent convaincues que <i>« c’est vachement bien ce qu’ils font. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Lucie explique avoir suivi Eve : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Ç</i></span><span class="s1" style="color: #000000;"><i>a m’intéresse mais comme je n’y connais rien, je n’ai pas envie de discuter. Je suis une éternelle insatisfaite politiquement, il y a toujours des points qui ne me vont pas et je ne veux pas faire de concessions. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">En revanche, elles s’arrêtent plus facilement quand un militant les aborde pour leur vanter le kebab au canard. Elles promettent de venir goûter plus tard.</span></p>
<blockquote>
<p class="p5"><strong><span class="s1" style="color: #000000;">« L’ambiance est tellement cool, ça donne envie d’être communiste ! »</span></strong></p>
</blockquote>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Eve est tout sourire : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Les militants sont toujours super sympas, il suffit de ne pas être de droite !»</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Elle a d’ailleurs monté une stratégie pour pouvoir recharger son portable sur les stands du PCF :</span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Je vais sur un stand et je joue la communiste à mort. C’est facile, je fais des petites blagues, par exemple je crie « vive les rouges ! », en rigolant et ça passe. »</i></span></p>
<div id="attachment_423" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/3.jpg"><img class="wp-image-423 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/3-1024x683.jpg" alt="Banderole sur un stand du PCF - Crédit photo : Leïla Frat." width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Banderole sur un stand du PCF &#8211; Crédit photo : Leïla Frat.</p></div>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Des faucilles et des marteaux partout ? Pour Lucie et Eve :</span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« C’est normal, là ils peuvent s’afficher, ils se lâchent »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Pourtant, en passant devant un stand arborant des affiches <i>« boycott israel apartheid »</i>, Eve trouve que <i>« c’est un peu trop ». </i>Pour elle :</span></p>
<p class="p10"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Le conflit est trop complexe pour avoir un avis aussi tranché. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Elles remarquent qu’au camping, </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Il n’y a vraiment pas beaucoup de gens qui viennent ici pour la politique. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Quand on leur demande si d’après elles un jeune peut être convaincu de soutenir le PCF en venant à la Fête de l’Huma, Lucie semble sceptique, alors qu’Eve affirme que oui :</span></p>
<p class="p13"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Pendant la Fête, le dialogue est plus facile, le discours passe mieux. On est dans un cadre détendu donc c’est facile d’aller dans le même sens, de trouver des points d’accord. Et puis l’ambiance est tellement cool, ça donne envie d’être communiste ! » </i></span></p>
<div id="attachment_424" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/4.jpg"><img class="wp-image-424 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/4-1024x683.jpg" alt="Stand de la section PCF du 5ème arrondissement de Paris - Crédit photo : Leïla Frat." width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Stand de la section PCF du 5ème arrondissement de Paris &#8211; Crédit photo : Leïla Frat.</p></div>
<blockquote>
<p class="p5"><strong><span class="s1" style="color: #000000;">Romain et Yassine :  « l’impression d’être dans un autre monde»</span></strong></p>
</blockquote>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Romain a 21 ans, il étudie à Paris dans une école d’ingénieur. Yassine lui a 20 ans, il fait une licence de mathématiques dans une université parisienne.</span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">C’est leur première Fête de l’Huma. Ils en avaient déjà entendu parlé mais c’est en voyant la programmation sur une affiche dans Paris qu’ils ont vraiment eu envie de venir : ils sont tous les deux fans de Youssoupha et Yassine aime beaucoup Manu Chao.</span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Ils connaissent le journal et <i>« son orientation politique, très à gauche »</i>, donc ils avaient conscience de l’aspect militant de la fête avant de venir. </span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Pourtant, ils disent avoir été surpris en traversant la fête pour aller s’installer au camping. Romain explique: </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Je ne m’attendais pas à voir autant de logos du PCF avec la faucille et le marteau, je pensais que c’était plus divers, plus ouvert ».</i> </span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Quand on leur demande si les banderoles et slogans les choquent, ils réfléchissent longtemps. Yassine répond : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Je suis d’accord avec la plupart des slogans, même si ça me surprend de les voir au premier abord. Bon, y’a des choses, comme des banderoles qui disent qu’il faut sortir de l’euro, là pour moi, c’est non. » </i></span></p>
<div id="attachment_425" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/5.jpg"><img class="wp-image-425 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/5-1024x683.jpg" alt="Banderole sur le stand du Pôle de Renaissance Communiste en France - Crédit photo : Leila Frat." width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Banderole sur le stand du Pôle de Renaissance Communiste en France &#8211; Crédit photo : Leila Frat.</p></div>
<p class="p9"><span class="s1" style="color: #000000;">Yassine se situe plutôt à gauche, alors que Romain ne s’intéresse pas du tout à la politique : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Ici, j’ai un peu l’impression d’être dans un autre monde, tout le monde parle de politique, on me propose de signer des pétitions tout le temps. » </i></span></p>
<div id="attachment_426" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/6.jpg"><img class="wp-image-426 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/6-1024x683.jpg" alt="6" width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Vente de t-shirts sur un stand communiste &#8211; Crédits photo : Leïla</p></div>
<p class="p9"><i></i><span class="s1" style="color: #000000;">Devant un stand qui vend plein de t-shirt du Che, Romain commente : </span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« En fin d’année, on a beaucoup parlé de lui, c’était l’anniversaire de sa mort ou un truc comme ça. J’ai lu un </i><a style="color: #000000;" href="http://www.slate.fr/story/101591/che-guevara-hollande"><span class="s2"><i>article</i></span></a><i> qui disait que c’était un dictateur et qu’il n’avait pas fait que des choses bien à Cuba, ça ne me donne pas vraiment envie d’acheter quelque chose avec sa tête dessus ».</i></span></p>
<p class="p18"><span class="s1" style="color: #000000;">Quand il croise un militant avec son visage tatoué sur le bras, il est <i>« carrément choqué »</i>. </span></p>
<div id="attachment_427" style="width: 692px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/7.jpg"><img class="wp-image-427 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/7-682x1024.jpg" alt="7" width="682" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Militant communiste &#8211; Crédits photo : Leïla Frat.</p></div>
<blockquote><p><span style="color: #000000;"><strong>« On ne va pas devenir communiste en une journée »</strong></span></p></blockquote>
<p class="p20"><i></i><span class="s1" style="color: #000000;">Pourtant, il s’arrête spontanément discuter avec un militant qui lui propose d’interpeler François Hollande à propos de la politique économique et sociale menée par le gouvernement. Il hésite à signer la carte postale siglée PCF censée être envoyée au président et finalement décide de reporter à plus tard. Yassine écoute attentivement la conversation et hoche de temps en temps la tête.</span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Lui signera sans hésitation la pétition de la Fondation Abbé Pierre contre la potentielle suppression des APL par le gouvernement : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Ils ont déjà essayé de le faire, l’année dernière je crois. J’avais déjà signé une pétition en ligne et j’avais suivi le truc sur une page Facebook créée par, euh, l’UNEF, c’est ça ? J’habite à Paris, je paye une fortune pour un studio minuscule et les APL ne sont vraiment pas élevées. Pourtant c’est quand même normal de ne plus habiter chez ses parents quand on devient étudiant ! J’ai plein de potes qui ne peuvent pas faire autrement, c’est abusé ! »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Romain signe lui aussi et dit apprécier la présence d’associations sur la Fête :</span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« C’est cool qu’il n’y ait pas seulement le PCF, parce que y’a pas que les partis qui font de la politique et qui défendent des choses. Les associations, je trouve ça super important. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Au cours de notre conversation, Yassine fait remarquer à Romain qu’ils parlent de politique depuis un bon moment, il appelle ça <i>« l’effet Fête de l’Huma ! ».</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Romain nuance : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Ouais, mais on ne va pas non plus devenir communistes en une journée… »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Se pose alors la question de savoir si la Fête de l’Huma pourrait réveiller chez lui une conscience de gauche. Il réfléchit longtemps puis répond : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« En partie oui, parce que je suis curieux, donc je vais m’arrêter discuter avec des militants. Si les arguments sont bons, je peux me laisser convaincre. Après, je vais surtout passer mon temps devant la Grande Scène pour les concerts, ce n’est pas vraiment là que je vais me mettre à parler politique. »</i></span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Pourtant, lorsque lui et Yassine regardent le programme, ils constatent que le choix des artistes n’est pas fait au hasard. </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Manu Chao, c’est vraiment de gauche ! »</i>, affirme Yassine. </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>«Y’a aussi un concert en solidarité avec l’Afrique »</i>, renchérit Romain. </span></p>
<p class="p7"><span class="s1" style="color: #000000;">Il ajoute : </span></p>
<p class="p8"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Même si j’ai peu de débat avec les militants, la musique est militante aussi, alors peut-être qu’à la fin du week-end, je serai un peu plus de gauche qu’avant. Enfin, peut-être, parce que je ne viens pas du tout d’un milieu de gauche. Et puis souvent je n’y comprend rien, d’ailleurs je ne vote jamais, et c’est pas la Fête de l’Huma qui va changer ça. « </i></span></p>
<blockquote>
<p class="p5"><strong><span class="s1" style="color: #000000;">Héléna, Victor et Mehdi : « Le communisme est d’actualité, pas son folklore »</span></strong></p>
</blockquote>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Héléna a 23 ans, elle vient de finir ses études de communication. Victor et Mehdi ont 22 ans, ils sont tous les deux étudiants en éco-gestion, à Lille.</span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">C’est la première Fête de l’Huma pour Héléna et Victor, Mehdi est déjà venu l’année dernière, il a même gardé son bracelet, en plus de ceux de tous les festivals qu’il a fait cet été. Il est revenu cette année pour la programmation musicale, et parce qu’il aime l’ambiance. C’est lui qui a poussé ses amis à l’accompagner cette fois-ci. </span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">En arrivant sur la Fête, ils traversent le hall Nina Simone. Héléna est emballée par l’hommage à l’artiste, qu’elle adore. Victor, lui, propose de faire le tour des associations présentes dans le hall. </span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Après le passage sur le stand d’Osez Le Féminisme, un débat animé se lance sur la prostitution. Héléna défend l’abolition, Mehdi l’encadrement, Victor hésite. </span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">A l’extérieur, le soleil est éblouissant, les allées sont encore assez vides. Les militants sont déjà là et s’activent sur leurs stands pour que tout soit prêt lorsque la foule commencera à arriver. </span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Mehdi les a prévenu : </span></p>
<p class="p24"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Je sais qu’Hélène est carrément de gauche, mais ce n’est pas le cas de Victor alors je lui ai tout de suite annoncé la couleur »</i></span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Malgré tout, Victor a l’air étonné :</span></p>
<p class="p25"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Je ne savais pas qu’il y avait autant de gens nostalgiques de la faucille et du marteau. »</i></span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Héléna ironise :</span></p>
<p class="p25"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Heureusement que tu aimes le rouge, hein Victor ? »</i></span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;"> Ils déposent rapidement leurs affaires au camping et retournent sur la Fête pour se trouver à manger. Mehdi conseille le Village du Monde avec enthousiasme.</span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">En s’approchant du stand du Parti communiste turc pour acheter un kebab, Héléna s’arrête : </span></p>
<p class="p25"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Quand même, j’ai l’impression qu’on ne vit pas sur la même planète ! Je suis de gauche, je n’aurais pas de mal à me dire communiste, mais bon, je ne rêve pas de revenir au temps de l’URSS ! »</i></span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Mehdi, lui, trouve ça plutôt amusant : </span></p>
<p class="p25"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Faut pas le prendre autant au sérieux, c’est normal, ils sont entre eux donc ils affichent leurs couleurs. Moi ça me fait marrer, c’est aussi ça qui fait le charme de la Fête de l’Huma ! »</i></span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Victor explique que même s’il était <i>« carrément de droite »</i>, il viendrait quand même, pour les concerts.</span></p>
<div id="attachment_428" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/8.jpg"><img class="wp-image-428 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/8-1024x683.jpg" alt="Stand des communistes turcs - Crédits photo : Leïla Frat." width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Stand des communistes turcs &#8211; Crédits photo : Leïla Frat.</p></div>
<p class="p28"><i></i><span class="s1" style="color: #000000;">Une fois rassasiés, les concerts n’ayant pas encore commencés, ils décident de faire le tour de la Fête. </span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Héléna semble plus à l’aise avec les livres vendus sur l’un des stands qu’avec les banderoles des communistes turcs. Elle en feuillette plusieurs, et en discute avec un militant. </span></p>
<p class="p25"><span style="color: #000000;"><span class="s1"><i>« C’est agréable de voir des bouquins qui critiquent le système économique actuel, cherchent à faire réagir les gens en posant les bonnes questions et en approfondissant pour y répondre. J’ai lu des trucs sur Marx et je trouve que ce qu’il dit s’applique très bien à ce que l’on vit aujourd’hui. »</i></span><i> </i></span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Mehdi écoute, puis la qualifie de gauchiste en riant.</span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">C’est Victor qui la défend : </span></p>
<p class="p25"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Je ne suis pas communiste, mais ça me paraît logique que y’a des choses qui ne vont pas, et qu’il faut les changer. Elle a raison de dire ça ! »</i></span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Leur passage devant une indication humoristique pour des shooters au litchi détend l’atmosphère. C’est Héléna qui explique à Mehdi et Victor le jeu de mot :</span></p>
<p class="p25"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Lénine, c’était un pseudo. Son vrai nom c’était Vladimir Ilitch. Vous comprenez du coup ? »</i></span></p>
<div id="attachment_436" style="width: 2058px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/Fête-de-lHuma-6.jpg"><img class="wp-image-436 size-full" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/Fête-de-lHuma-6.jpg" alt="Un jeu de mot sur le nom de Lénine indique une vente de shooters - Crédit photo : Leïla Frat." width="2048" height="1365" /></a><p class="wp-caption-text">Un jeu de mot sur le nom de Lénine indique une vente de shooters &#8211; Crédit photo : Leïla Frat.</p></div>
<p class="p25"><span style="color: #000000;">La blague les fait rire. Mais leur rire est vite accompagné d’étonnement, lorsqu’ils passent devant le stand du Pas-de-Calais.</span></p>
<div id="attachment_430" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/10.jpg"><img class="wp-image-430 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/10/10-1024x683.jpg" alt="Un jeu de mot sur le nom de Lénine indique une vente de shooters - Crédit photo : Leïla Frat." width="920" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Banderolle sur le stand PCF du Pas-de-Calais &#8211; Crédit photo : Leïla Frat.</p></div>
<p class="p28"><span class="s1" style="color: #000000;">Mehdi s’exclame en riant : </span></p>
<p class="p25"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Y’a encore des gens qui utilisent le mot « prolétaires » ! Sérieusement ? »</i></span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Héléna lui répond : </span></p>
<p class="p25"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Apparemment. C’est peut-être justifié, parce qu’il y a encore des gens qui sont pauvres, qui sont exploités, dominés, mais franchement, je pense que ce mot ne parle plus à personne. »</i></span></p>
<p class="p23"><span style="color: #000000;"><span class="s1">Victor, lui, est pris d’un fou rire, renforcé lorsqu’il voit passé un cortège de jeunes </span> <span class="s1">communistes avec des faucilles et des marteaux sur leur t-shirt, portant des drapeaux rouges et des chapkas floquées d’une étoile rouge. </span></span></p>
<p class="p23"><span class="s1" style="color: #000000;">Héléna se désole : </span></p>
<p class="p25"><span class="s1" style="color: #000000;"><i>« Je trouve qu’il y a une super ambiance ici, mais ça, je trouve ça plus ridicule qu’autre chose. C’est drôle c’est sûr, mais on ne va convaincre personne avec ça, surtout pas des jeunes. Tous ces slogans et ces symboles font partie du passé. Pourtant, je pense que le communisme est d’actualité. Pas son folklore. »</i></span></p>
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		<title>Université d&#8217;été du PS : rentrée mouvementée mais déterminée</title>
		<link>http://grandsformats.radio-londres.fr/2015/09/14/rentree-agitee-mais-determinee-pour-le-ps-a-son-universite-dete/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Sep 2015 10:37:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Magat]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[parti]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>C&#8217;est LE rendez-vous des socialistes : l&#8217;université d&#8217;été à La Rochelle. Sur trois jours, des conférences et ateliers sont organisés autour de différents thèmes. Cette année, ce sont surtout les élections régionales et la COP 21 qui ont attiré l&#8217;attention. Ambiance et portraits de militants à l&#8217;occasion de cette rentrée politique. C&#8217;est dans un contexte difficile [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est LE rendez-vous des socialistes : l&rsquo;université d&rsquo;été à La Rochelle. Sur trois jours, des conférences et ateliers sont organisés autour de différents thèmes. Cette année, ce sont surtout les élections régionales et la COP 21 qui ont attiré l&rsquo;attention. Ambiance et portraits de militants à l&rsquo;occasion de cette rentrée politique.</p>
<p><span id="more-315"></span></p>
<hr />
<p align="justify">C&rsquo;est dans un contexte difficile que l&rsquo;université d&rsquo;été du Parti Socialiste s&rsquo;est ouverte vendredi 28 août : la veille, les frondeurs se réunissaient à Marennes, Emmanuel Macron tenait des propos largement commentés sur le droit du travail (et notamment les 35 heures), EELV se déchire… Bref, le climat n&rsquo;est pas des plus sereins pour entamer cette université. D&rsquo;ailleurs, on aurait presque eu l&rsquo;impression de se croire à l&rsquo;université des écologistes tant ils ont occupé le devant de la scène. Il faut dire que deux démissions coup sur coup des présidents du groupe écologiste à l&rsquo;Assemblée nationale et au Sénat ce n&rsquo;est pas rien. « C&rsquo;est un évènement majeur », a commenté Jean-Christophe Cambadélis à l&rsquo;occasion de la conférence de presse d&rsquo;ouverture. Il aura d&rsquo;ailleurs été question d&rsquo;avantage des Verts et d&rsquo;Emmanuel Macron que de l&rsquo;université lors de cette conférence de presse. C&rsquo;est cette fragmentation que regrette le premier secrétaire général du PS : « Cette fragmentation de la gauche prend des dimensions paroxysmiques chez les écologistes. »</p>
<p align="justify">Et à voir les journalistes massés à attendre Emmanuel Cosse, on comprend mieux la déclaration de Jean-Christophe Cambadélis. La secrétaire nationale d&rsquo;Europe Écologie Les Verts était sans nul doute la plus attendue. Venue pour parler de la COP 21, impossible quasiment de ne pas commenter les décisions de François de Rugy et Jean-Vincent Placé de démissionner et quitter le navire vert. « Ils ont choisi des aventures personnelles au moment où l&rsquo;intérêt collectif aurait dû primer. » La gauche semble ainsi divisée depuis l&rsquo;extérieur. Ce n&rsquo;est pourtant pas le point de vue des militants que nous avons rencontré.</p>
<div id="attachment_320" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0038.jpg"><img class="wp-image-320 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0038-1024x576.jpg" alt="EELV a profité de la médiatisation de l'Université d'été du PS pour se mettre en avant." width="920" height="518" /></a><p class="wp-caption-text">EELV a profité de la médiatisation de l&rsquo;Université d&rsquo;été du PS pour se mettre en avant.</p></div>
<p align="justify"><strong>La gauche se doit d&rsquo;être forte</strong></p>
<p align="justify">À en croire Hedi Majri, militant depuis 1981, « le PS a encore la capacité de se rassembler. Ce ne sont pas des divisions qui règnent au sein du parti mais plutôt des courants. Ce que nous attendons surtout, c&rsquo;est une impulsion créative, pour les régionales et pour la suite également. » Ce professeur de philosophie souhaite également que le parti se mette en avant et montre aux citoyens qu&rsquo;il est en mesure de les rassembler. « Pour cela, nous pouvons compter sur nos partenaires, les autres partis, aussi bien EELV que les Radicaux de gauche ou le MRC (Mouvement Républicain et Citoyen) et j&rsquo;en passe. Ils devraient tous être alliés avec le parti socialiste et le gouvernement, ils ont passé un contrat avec eux en 2012 pour qu&rsquo;ils nous soutiennent. Nous, on a accepté de travailler avec eux dès le début. Maintenant, ce sont eux qui sont en train de partir et de se diviser chez eux. Emmanuelle Cosse reste une alliée et pour moi qui suis Cannois (de Cannes), c&rsquo;est important d&rsquo;être associé avec eux. Nous le sommes d&rsquo;ailleurs dans les Alpes-Maritimes pour les élections régionales afin de lutter contre la montée du Front National. »</p>
<div id="attachment_324" style="width: 586px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0090.jpg"><img class="wp-image-324 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0090-576x1024.jpg" alt="Hedi Majri estime que la gauche se doit d'être forte, afin de lutter contre le FN." width="576" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Hedi Majri estime que la gauche se doit d&rsquo;être forte, afin de lutter contre le FN.</p></div>
<p align="justify">Cet avis, Sylviane et Gilles Raby le partagent. Militants depuis une dizaine d&rsquo;année pour la première et depuis près de trente ans pour le second, lorsqu&rsquo;on leur demande s&rsquo;ils trouvent que le parti est divisé ils répondent : « Non, moi je trouve pas tant que ça. Je trouve que c&rsquo;est surtout les médias qui racontent ça. Oui, c&rsquo;est divisé mais très peu. On a vécu la période des courants et c&rsquo;était pire. Là il y a des discussions au sein de la gauche en général et du PS en particulier mais c&rsquo;est très sain. Ça nous paraît normal qu&rsquo;il y ait des courants aussi. Ici les choses ont été clarifiées en ce qui concerne les propos d&rsquo;Emmanuel Macron sur les 35 heures. Si c&rsquo;était une remise en cause des 35 heures, la réponse est non. Je ne pense pas que ce soit le discours qu&rsquo;il ait tenu. C&rsquo;était une vision différente de la valeur travail et là, effectivement, on a un débat à avoir. Il faut essayer aussi son système, les autres n&rsquo;ayant pas fonctionné. Après, entre nous deux, nous n&rsquo;avons pas de divergences mais dans notre famille, ça nous arrive d&rsquo;avoir des points de vue différents, une vision différente de la gauche oui. » Quant au sujet d&rsquo;EELV, à peine le temps de demander si EELV à sa place avec le PS que la réponse est déjà tranchée : « Oui ! Clairement oui, il faut qu&rsquo;ils clarifient juste un peu leur position. Chez eux aussi il y a des tendances, mais ils vont clarifier leur position notamment pour les régionales. On a assisté à un atelier pour les régionales où les Verts disaient qu&rsquo;ils travaillaient pour ça. Pour le second tour ils prévoient une alliance mais pas au premier tour, ils jouent leurs cartes. C&rsquo;est bien quand il n&rsquo;y a pas de risque, admettons. Mais quand il y a ce risque de voir passer la droite voire l&rsquo;extrême droite… »</p>
<div id="attachment_325" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0092.jpg"><img class="wp-image-325 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0092-1024x576.jpg" alt="" width="920" height="518" /></a><p class="wp-caption-text">Sylviane et Gilles ne sont pas aussi inquiets que certains militants sur la question de la montée du FN.</p></div>
<p align="justify">Jean-Philippe Herbert, lui aussi militant, estime que le parti n&rsquo;est pas divisé. « Il y a toujours eu des débats. Ça fait partie de l&rsquo;histoire du parti mais aussi de sa richesse. Il y a plein d&rsquo;idées qui s&rsquo;expriment. Forcément c&rsquo;est une difficulté car c&rsquo;est perçu comme une zizanie entre personnes, un manque de cohérence. Mais pour moi, c&rsquo;est quelque chose qui enrichit le débat. Il y a toujours une aile gauche et une aile plus libérale. Je pense que le curseur évolue, il change suivant les périodes, dans un sens ou dans l&rsquo;autre. Malgré cela, le débat est toujours ouvert. Je viens depuis plusieurs années à La Rochelle et il y a une réelle richesse à l&rsquo;intérieur des ateliers et le respect mutuel est mis en avant. On voit bien que les gens débattent sur des idées mais au fond, le coeur des valeurs reste commun. Ce qui me frappe c&rsquo;est l&rsquo;impression que j&rsquo;ai en entendant la couverture médiatique de l&rsquo;université. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que je n&rsquo;étais pas au même endroit. Certainement que ce doit être lié à l&rsquo;immédiateté médiatique, on s&rsquo;attache plus à la petite phrase. Je me souviens, quand je suis venu, ça m&rsquo;avait vraiment frappé. C&rsquo;était il y a plus de dix ans. Et chaque année j&rsquo;ai le même sentiment. Maintenant j&rsquo;y suis habitué, j&rsquo;analyse. Les débats sont complexes, on s&rsquo;aperçoit que les choses ne sont pas si simples et c&rsquo;est ça aussi la richesse de l&rsquo;université. On s&rsquo;aperçoit que les choses ne sont pas si simples et aussi caricaturales que ce que l&rsquo;on voudrait en rendre compte en quelques phrases. Et quelques phrases c&rsquo;est la contrainte qu&rsquo;à la presse. C&rsquo;est un constat auquel je n&rsquo;ai pas vraiment de solutions. » Jean-Philippe apprécie revenir chaque année à La Rochelle. Plusieurs aspects font qu&rsquo;il revient ici. Tout d&rsquo;abord son intérêt pour la politique en général et puis « c&rsquo;est une façon de sentir un peu les choses, de revoir les gens. D&rsquo;une année sur l&rsquo;autre, on perçoit des évolutions aussi bien idéologiquement que moralement. » Et ce n&rsquo;est pas dans les médias que Jean-Philippe retrouve cette ambiance. Ces trois jours viennent « enrichir mon analyse » et c&rsquo;est un aspect de la vie publique. Ce militant soulève tout de même une difficulté : le choix qu&rsquo;il faut faire entre les ateliers, les plénières. Le choix est « terrible », et il y a presque un côté « frustrant » dans cela. Jean-Philippe souligne également le travail réalisé en amont. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il estime que le parti peut se rassembler. « Mais en même temps, on a pas le choix. » De revenir ici, c&rsquo;est également l&rsquo;occasion de remettre les points sur les i explique-t-il. Il est vrai que certaines choses sont quand même faites. Jean-Marc Ayrault l&rsquo;a ainsi évoqué lors de son intervention sur l&rsquo;aspect économique de la campagne de François Hollande. Il a listé les différents engagements que le Président de la République et son gouvernement ont remplis après trois ans d&rsquo;exercice du pouvoir. « Et ça, on ne le ressent pas forcément. Moi-même je ne pensais pas qu&rsquo;il y aurait tant de choses réalisées puisqu&rsquo;on ne voit que par les indicateurs économiques que sont le PIB, le chômage, la croissance… Le chômage est toujours là, c&rsquo;est une réalité, mais dans le fond, je pense qu&rsquo;il y a un socle, un travail de fond qui prépare l&rsquo;avenir et ça fait partie des choses qui nous remontent, même si l&rsquo;on aimerait que ça aille plus vite et que ce soit plus facile. Il y a tellement de choses qui ont été faites ensembles et de valeurs communes que c&rsquo;est important de s&rsquo;unir. Le contexte de gauche plurielle comme on a pu le connaître a changé mais les idées, les valeurs sont toujours là. À l&rsquo;époque, il y avait même plus de divisions sur les questions environnementales qui sont aujourd&rsquo;hui bien atténuées. Il n&rsquo;y a donc pas de raison, à mon sens, que les Verts ne fassent pas partie du gouvernement. Après, certainement que le contexte de stratégie et de jeu des alliances vient polluer cela. Mais je reste persuadé que si l&rsquo;on veut mettre en œuvre nos idées, il faut s&rsquo;en donner les moyens et l&rsquo;écologie fait partie de ces moyens. Dans tous les exécutifs locaux, les Verts et le PS ont fait des progrès ensemble. Il n&rsquo;y a donc pas de raison pour que le projet actuel ne se fasse pas en commun.</p>
<p align="justify">Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire général du PS, s&rsquo;est exprimé lors de la conférence de presse d&rsquo;ouverture de l&rsquo;université et en a profité pour rappeler que « la gauche s&rsquo;est toujours constituée dans l&rsquo;adversité et n&rsquo;a jamais été un espace politique de tout repos. Il y a toujours eu ces polémiques mais la gauche avait la capacité de tenir. Moi, je ne veux voir que le rassemblement. Si certaines formulations sont approximatives ou que j&rsquo;ai souhaité réagir, c&rsquo;est que je ne veux pas participer de la fragmentation. »</p>
<div id="attachment_317" style="width: 586px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0018.jpg"><img class="wp-image-317 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0018-576x1024.jpg" alt="Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti Socialiste, a souhaité &quot;fermer le débat avec Emmanuel Macron&quot;." width="576" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti Socialiste, a souhaité &laquo;&nbsp;fermer le débat avec Emmanuel Macron&nbsp;&raquo;.</p></div>
<p align="justify">Enfin, le Mouvement des Jeunes Socialistes, le MJS, surnommé également le « poile à gratter du parti », était représenté à La Rochelle. De nombreux jeunes socialistes s&rsquo;étaient réunis pour leur université d&rsquo;été. Parmi eux, Marie Lemenand-Durel, animatrice fédérale pour la fédération socialiste de la Manche. « Nous sommes là pour rappeler notre position. Nous sommes un mouvement autonome, d&rsquo;où cette position qui nous est propre. Je pense que c&rsquo;est un point important, plutôt que d&rsquo;être une organisation qui suit les plus vieux. La Rochelle, c&rsquo;est surtout un grand temps de formation entre les plénières et les ateliers. C&rsquo;est surtout ça la famille socialiste et c&rsquo;est pour cela que je reviens ici depuis trois ans. » Alors qu&rsquo;elle n&rsquo;a que 21 ans, cela fait déjà quatre ans que Marie milite. Une action et un engagement qui peuvent surprendre à un si jeune âge, mais que Marie prend plutôt comme une force. « J&rsquo;ai commencé à militer en 2011, après la campagne de François Hollande. Au début, être militant à 17 ans ça surprend. En général, les personnes qui ne font pas de politique trouvent ça très bien d&rsquo;avoir des jeunes. Après, ça devient parfois un peu plus dur au sein du parti, quand il s&rsquo;agit de s&rsquo;affirmer en tant que jeune en face de quelqu&rsquo;un qui a 30 ou 40 ans de parti derrière lui. Après, je pense que c&rsquo;est une force d&rsquo;être jeune, on apporte du renouveau, des idées nouvelles, une nouvelle façon de faire de la politique. Aujourd&rsquo;hui on passe beaucoup par les réseaux sociaux. » Quand on lui pose la question de savoir si, selon elle, le parti est divisé, Marie répond : « Bien sûr ! Quand j&rsquo;ai commencé à militer, on était en pleine campagne présidentielle, on était tous derrière François Hollande. Il fallait gagner. Mais on se rend compte qu&rsquo;il y a toujours eu des rivalités, des sensibilités différentes au PS. Ce n&rsquo;est pas une nouveauté. Aujourd&rsquo;hui ça se voit peut être plus parce qu&rsquo;on est au pouvoir, c&rsquo;est tout. Et puis il n&rsquo;y a pas que deux clans. La preuve, il y a avait quatre motions. Après, le MJS est autonome, on a nos propres statuts. Et je pense que pour rassembler, il faut avant tout respecter ses engagements. Aujourd&rsquo;hui on voit que ce n&rsquo;est pas le cas, c&rsquo;est pour cela que l&rsquo;université des jeunes socialistes s&rsquo;appelle l&rsquo;heure des choix. Il reste un peu moins de deux ans, ce sont deux ans pendant lesquels il faudra agir. » Quant au sujet « à la mode » durant cette université, les Verts : « Forcément que la gauche réussit le mieux quand elle est unie. Mais encore une fois, il faut respecter ces engagements, chose que le PS n&rsquo;a pas fait sur la lutte contre les discriminations par exemple, ou alors quand le parti n&rsquo;a pas été au bout de la loi sur la PMA. Pourtant, c&rsquo;est quelque chose que l&rsquo;on partageait avec nos partenaires de gauche. Alors forcément, quand on ne les respecte pas, on ne peut pas leur demander ensuite de s&rsquo;allier avec nous. »</p>
<div id="attachment_327" style="width: 586px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0091.jpg"><img class="wp-image-327 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0091-576x1024.jpg" alt="&quot;Le MJS est considéré comme le poil à gratter du PS&quot; (Marie, 21 ans)" width="576" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le MJS est considéré comme le poil à gratter du PS&nbsp;&raquo; (Marie, 21 ans)</p></div>
<p align="justify">Les militants socialistes restent néanmoins d&rsquo;accord sur un point : le PS, malgré ses divisions ou plutôt son affaiblissement, tient à faire face au Front National lors des régionales de décembre 2015 (et également des présidentielles de 2017).</p>
<p align="justify"><strong>La peur du FN, cet ennemi à combattre</strong></p>
<p align="justify">Si les Verts étaient parfois omniprésents dans les discussions, ici ou là des militants discutaient de la hausse du Front National. Un atelier sur les régionales a d&rsquo;ailleurs permis de soulever la question. Et les militants ne sont pas tous autant inquiets mais le parti de Marine Le Pen est en hausse dans les sondages et dans les intentions de vote, ce qui ne laisse pas indifférent.</p>
<p align="justify">Pour Hedi Majri, « la véritable problématique c&rsquo;est le FN. Et j&rsquo;en ai peur. Il détruit tout ce que la République a construit. L&rsquo;installation et la banalisation du FN dans notre pays a de quoi faire peur. C&rsquo;est une banalisation qui sape la République, enlève les fondements, les bases de notre démocratie. Là où je suis, le FN est à 38 %, c&rsquo;est très difficile de lutter. Les jeunes n&rsquo;ayant pas de perspectives se tournent vers ce parti qui propose des solutions amalgamées. Tous les élèves qui ne savent rien de la politique ou bien qui refusent tout simplement la politique se tournent vers le parti de Marine Le Pen. Et pourtant, la politique c&rsquo;est l&rsquo;affaire de tous. Politique ça vient de POLIS, qui veut dire la ville. C’est-à-dire que l&rsquo;on participe tous de la construction de la ville. C&rsquo;est le sens noble et beaucoup de jeunes l&rsquo;oublie. Ce sont malheureusement tous ces élèves qui n&rsquo;ont aucune notion de la politique qui votent à l&rsquo;extrême droite. »</p>
<p align="justify">Marie estime elle aussi qu&rsquo;il y a une lutte à mener contre le FN, mais pas uniquement pour les régionales. « C&rsquo;est tout le temps qu&rsquo;il faut combattre le FN, parce qu&rsquo;il prend de l&rsquo;ampleur. Et c&rsquo;est l&rsquo;un des combats majeur des jeunes socialistes. »</p>
<p align="justify">Gilles et Sylviane sont, quant à eux, un peu moins inquiets. « Oui, l&rsquo;extrême droite est une crainte pour nous, mais ce sont surtout deux régions qui sont en danger, le PACA et le Nord-Pas-de-Calais. Il faut être vigilant mais ce n&rsquo;est pas non plus une crainte énorme. S&rsquo;il y a un émiettement et que se retrouvent en tête ceux qu&rsquo;on appelle Les Républicains (rires) et le FN, ça peut poser problème. D&rsquo;autant plus que, si en ajoutant les voies de gauche on se dit “mince, si on avait fait alliance on en serait pas là”, là il y aurait des regrets à avoir. Après, chacun prend ses responsabilités. Nous, on vient à l&rsquo;université d&rsquo;été surtout pour avoir des échanges, assister aux débats et aussi voir comment se profilent les alliances pour les régionales. Au final, c&rsquo;est pour apprendre des choses. On en a appris sur la COP 21, l&rsquo;impôt à la source. C&rsquo;est très enrichissant. »</p>
<p align="justify">À 36 ans, Pascal, militant de la fédération de Lyon, est adhérent depuis quatre ans. Pour lui, il reste deux ans, deux années pendant lesquelles il estime qu&rsquo;il est encore temps de mettre les choses au clair. « Il faut faire en sorte d&rsquo;oublier les mauvais moments passés et se tourner vers les régionales puis vers 2017. Parce que le FN est un vrai sujet pour ces élections. Le parti y est présent, à chaque fois mobilisé. Mais je pense qu&rsquo;on ne lutte qu&rsquo;en arrière-plan contre les idées du FN. Ce n&rsquo;est pas sur cela que l&rsquo;on va se consacrer. »</p>
<div id="attachment_328" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0107.jpg"><img class="wp-image-328 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/09/DSC_0107-1024x576.jpg" alt="Le calme régnait sur l'esplanade, tandis que l'agitation montait à l'intérieur, à l'occasion du repas de clôture." width="920" height="518" /></a><p class="wp-caption-text">Le calme régnait sur l&rsquo;esplanade, tandis que l&rsquo;agitation montait à l&rsquo;intérieur, à l&rsquo;occasion du repas de clôture.</p></div>
<p align="justify">L&rsquo;université du Parti Socialiste à La Rochelle était donc un moment fort de cette rentrée politique. Un moment qui a permis aux militants de mieux cerner la politique que le gouvernement souhaite mener avant 2017. Pour la plupart d&rsquo;entre eux, c&rsquo;était un moment intéressant, de réflexion et de débat qui permettent de faire avancer les choses, de souder le parti, de mieux comprendre ses positions et de faire bloc pour les prochaines échéances électorales.</p>
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		<title>Journées d&#8217;été EELV 2015 : focus sur le militantisme vert</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Aug 2015 16:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Roméo Van Mastrigt]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[ecologistes]]></category>
		<category><![CDATA[eelv]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[je]]></category>
		<category><![CDATA[journées d'été]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[rentrée]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Fortes de 2000 participants, les Journées d’été d’EELV se sont ouvertes ce 20 août à Villeneuve d’Ascq, dans la banlieue Lilloise, avec dans le viseur les régionales et la COP 21. Pourtant, loin des frasques médiatiques de ses leaders nationaux, EELV est avant tout une histoire de militants. Le temps de ces quelques journées, nous [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Fortes de 2000 participants, les Journées d’été d’EELV se sont ouvertes ce 20 août à Villeneuve d’Ascq, dans la banlieue Lilloise, avec dans le viseur les régionales et la COP 21. Pourtant, loin des frasques médiatiques de ses leaders nationaux, EELV est avant tout une histoire de militants. Le temps de ces quelques journées, nous leur avons donné la parole.</strong></p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p>Des soupirs et des yeux vers le ciel à la lecture de la Une de ce Libération du 20 Août : « À quoi servent les écolos ? ». C’est dans un contexte délicat que s’ouvrent les Journées d’Eté 2015 d’Europe Ecologie-Les Verts à Villeneuve d’Ascq, dans le Nord-Pas-de-Calais. Peut-on croire ce que dit la presse, que le parti se sclérose, qu&rsquo;il est « au bord de l’implosion » comme on peut le lire chez Libé ? C’est pourtant un tout autre visage que nous ont montré les militants EELV. Si ceux-ci sont conscients d’un certain manque de crédibilité et d’un jeu d’alliances incertain, c’est d’optimisme et d’espoir dont on nous a parlé. Loin des projecteurs, paroles de militants.</p>
<div id="attachment_282" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde1.jpg"><img class="wp-image-282 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde1-1024x680.jpg" alt="jde1" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Des militants mobilisés pour la COP 21 qui aura lieu en Décembre à Paris | Photo : Roméo Van Mastrigt</p></div>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>C’est quoi un projet écologiste ?</strong></p>
</blockquote>
<p>Le discours écolo, c’est surtout un discours incompris. Trop technique ou au contraire, trop évasif ? On a demandé à Enzo Poultreniez, militant EELV depuis 6 ans, sa vision des choses. Enfant de la génération « <em>11 septembre, 21 avril</em> », passé par le PS, il atterrit chez EELV en 2009, non pas que son engagement ait été particulièrement écolo, mais parce qu’il y a trouvé un discours alternatif, différent de celui « <em>déconnecté et hors-sol</em> » du Parti Socialiste. « <em>L’écologie, c’est pas que les petits oiseaux ou la réintroduction de la loutre dans le Nord-Pas de Calais, c’est véritablement plus que ça</em> », nous dit-il. « <em>Historiquement, les écolos sont précurseurs sur les questions de société</em> ». Pour l’anecdote, il nous rappelle le mariage de Bègles en 2004, lorsque Noel Mamère avait marié 2 homosexuels, ce qui avait créé une polémique d’ordre national. « <em>Les Verts étaient le seul parti à se positionner sur le droit aux personnes de même sexe à se marier</em> ». Mais quelle est la corrélation entre l’égalité des droits et le discours écolo ? « <em>Tout simplement, parce que l’on a compris que pour faire une société apaisée où chacun a sa place, il est primordial de ne laisser personne sur le bas côté</em> ». L&rsquo;un des messages sous-entendus de l’écologie politique est donc une logique inclusive où le collectif et l’addition des individualités est plus forte que leur simple somme : « <em>Comment demander aux gens de faire des efforts pour le climat si on ne les reconnaît pas dans leurs droits individuels ?</em> ». Parité, féminisme, égalité des droits, rapports Nord-Sud, non-productivisme, EELV reste un parti altermondialiste : « <em>On a un projet global, de la loutre aux gays en passant par l’ouvrier, on a une cohérence dans notre discours</em> ».</p>
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<div id="attachment_285" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde2.jpg"><img class="wp-image-285 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde2-1024x680.jpg" alt="jde2" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Enzo Poultreniez, directeur de campagne EELV pour les régionales en NPDC-P | Photo : Roméo Van Mastrigt</p></div></blockquote>
<p>En oublierait-on l’écologie pour autant ? « <em>L’écologie, ça n’est pas que de l’environnementalisme </em>». On a demandé à Lucie, 24 ans, engagée depuis 3 ans chez les Jeunes Ecologistes. « <em>L’environnementalisme, c’est se soucier de la nature, de la biodiversité, des énergies, de la protection de la faune et la flore. Alors que l’écologie politique est un projet global qui comprend une vision environnementaliste très ample mais qui inclut également le social, l’économie, c’est beaucoup tourné vers l’humain ». </em>Depuis, quelques années, EELV n’a plus le monopole de l’écologie. Le FN a créé Nouvelle Ecologie, un collectif qui tente de verdir sa flamme. De même, les Républicains comptent parmi eux Maud Fontenoy qui prône une écologie libérale. Le discours écolo serait-il devenu un argument clientéliste ? Pas pour Lucie :<em> « On ne peut pas être écologiste sans être de gauche. L’écologie de droite, c’est de l’environnementalisme.</em> <em>Mais c’est très bien que les autres partis s’en soucient</em> ».</p>
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<div id="attachment_286" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde3.jpg"><img class="wp-image-286 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde3-1024x680.jpg" alt="jde3" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Lucie, 24 ans, militante chez les Jeunes Ecologistes (JE) | Photo : Roméo Van Mastrigt</p></div>
<p style="text-align: center;"><em><strong>Un engagement humain ?</strong></em></p>
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<p>Si EELV fait la une de l’actualité, c’est plus pour les frasques et les tambouilles politiques de ses quelques leaders qui se comptent sur les doigts d’une main (aucun nom ne sera dévoilé&#8230;). Pour Enzo, EELV, c’est une histoire de militants : « <em>Le Parti, il est ici, sur le terrain au quotidien et pas seulement dans les institutions. Ce sont les 2000 personnes qui s’inscrivent, qui vont bosser dans des ateliers et dans des plénières géniales qui montrent qu’on est attractifs ».</em> On s’est alors demandés ce qui faisait l’originalité du militantisme vert. Pourquoi et comment s’exprime l’engagement dans le parti écologiste de France ? Quels sont ses caractéristiques, son impact et son esprit ?</p>
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<div id="attachment_287" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde4.jpg"><img class="wp-image-287 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde4-1024x680.jpg" alt="jde4" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Du happening décalé à la formation populaire, les JE veulent participer au débat public | Photo : Roméo Van Mastrigt</p></div></blockquote>
<p>En se dirigeant vers le stand des Jeunes Ecologistes, on croit entendre le générique de la série <em>Game Of Thrones</em>. Connus pour leurs happenings décalés et loufoques, les voici tous en cercle, tenant dans leurs mains une affiche. « OGM, nucléaire, obsolescence programmée », chacun incarne un des travers du capitalisme. « <em>Derrière le mur, se cachent des ennemis qui menacent le climat ».</em> Alors que la musique retentit, tous s’avancent et font tomber une construction de bois, censée représenter le climat. C’est alors que d’autres JE surgissent, brandissant banderoles et pancartes, scandant slogans et chansons. Si on les a connus plus inspirés, l’initiative a le mérite de dessiner quelques sourires chez les militants. La référence à la série de HBO est également sur leurs t-shirts, où l’on devine la devise des Stark : « <em>Climate Change is Coming</em> ». Quels meilleurs ambassadeurs que les Jeunes Ecologistes pour nous parler d’engagement ?</p>
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<div id="attachment_288" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde5.jpg"><img class="wp-image-288" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde5.jpg" alt="jde5" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Johan, militant chez les Jeunes Ecologistes et encarté chez EELV depuis 2 ans | Photo : Roméo Van Mastrigt</p></div></blockquote>
<p>On a posé quelques questions à Johan, militant chez les JE depuis 2 ans. Il a 26 ans et est encarté chez EELV. « <em>Les Jeunes Ecolos, c’est le mouvement de jeunesse de l’écologie politique. On essaye de promouvoir l’écologie chez les jeunes et les citoyens. Tous les jours, on essaye de s’ouvrir un peu plus. On fait beaucoup d’actions de rue, sur le terrain et pas qu’en temps de campagne. Ce qui fait notre différence, c’est que l’on ne s’occupe pas de leurs tambouilles internes, des motions. On a une charte d’autonomie solidaire entre le parti et notre mouvement</em>. ». Il déplore cependant le désintérêt porté à l’écologie politique en France : <em>« à la différence d’un meeting de Sarkozy, un meeting d’Emmanuelle Cosse, personne ne le regarde. On est à l’image de ce que pèse l’écologie politique en France, on n’est pas au top niveau</em> ». Comment s’explique alors son engagement ? « <em>On fait des happenings, de la formation populaire, on a plein de façons différentes de participer au débat public</em> ! ». Pour Lucie, les JE sont « <em>créatifs, cools et dynamiques. On est surtout beaucoup plus marrants ! Notre base militante est très active par rapport à nos adhérents. Mais notre force principale, c’est notre créativité, on lâche la bride à notre imagination</em> ». Souvent peu habillés, presque timbrés, les JE optent pour un ton désinvolte, teinté d’humour et d’autodérision : « <em>on peut se moquer de nous certes, mais on se sent beaucoup plus libres et on se fait remarquer, c’est le principal</em> ». Le militantisme vert, c’est un combat pour le climat, mais c’est également une aventure humaine : « <em>je me suis fait beaucoup d’amis chez les JE. En arrivant chez eux, j’ai rencontré des gens avec les mêmes valeurs que moi </em>».</p>
<blockquote><p><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde6.jpg"><img class="aligncenter wp-image-289" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde6.jpg" alt="jde6" width="920" height="612" /></a></p></blockquote>
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<div id="attachment_290" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde7.jpg"><img class="wp-image-290 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde7-1024x680.jpg" alt="jde7" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Climate change is coming&nbsp;&raquo;, la campagne des Jeunes écolos sur le thême de Game Of Thrones | Photo : Roméo Van Mastrigt</p></div></blockquote>
<p>Le militantisme chez EELV est surtout associatif, mais dans ce parti, « <em>on peut monter très vite, tomber de la même manière et disparaître du paysage médiatique</em> », nous dit François. Adhérent depuis 9 ans, François a 53 ans. Ayant fait la rencontre de Vincent Gazeilles, le seul élu EELV des Hauts-de-Seine en 2006, François trouve chez les Verts « <em>des gens éthiques, écolos au quotidien, avec une cohérence d’idée sans former une secte</em> ». Il grimpe les échelons et devient conseiller municipal à Clamart (Hauts-de-Seine) : « <em>j’en garde un excellent souvenir et une très bonne expérience. J’ai réussi à intégrer plus de 50% de bio dans la restauration scolaire, sans coûts supplémentaires pour les familles</em> ». Il intègre également le cabinet de Dominique Voynet lors de son mandat de maire à Montreuil. Cependant, au-delà de ses convictions, son engagement politique lui a coûté un divorce : « <em>Quand on s’engage à fond, ça a un coût, on ne pense plus qu’à ça !</em> ». Quant à son entourage, « <em>c’est devenu plus compliqué pour moi que pour eux. Plus je m’engageais en politique, plus je finissais par ne plus penser qu’à ça. Une sorte de monomanie qui m’a éloigné d’eux</em> ».</p>
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<p>Le militantisme vert est-il une alternative au militantisme classique ? Il brouille les frontières entre vie privée et publique car cet engagement est total et influe sur la vie quotidienne, comme avec l’exemple de François. Ce militantisme peut s’avérer décourageant ; eu égard aux faibles scores électoraux et avancées sur la question climatique. Les militants écologistes auraient-ils baissé les bras ?</p>
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<p style="text-align: center;"><em><strong>Des militants désabusés ?</strong></em></p>
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<p>L’image du parti se détériore, en partie à cause des médias, qui n’hésitent pas à se lâcher sur EELV. Cet acharnement a tendance à plomber le moral de ces militants. Au détour de nos conversations, on a demandé quelles étaient leurs désillusions : « <em>désillusions ? C’est un grand mot. La politique, c’est du fond, un projet, une idéologie. Et vient ensuite la réalité des enjeux de pouvoir, quand les intérêts personnels prennent le dessus sur le reste. J’appelle ça le réalisme politique </em>», nous dit Enzo. « <em>Ici, aux journées d’été, on a des moments très sympathiques, en totale déconnexion des guerres stériles de quelques leaders nationaux </em>». Ces tensions internes au parti se sont-elles ressenties lors de ces journées d’été ? « <em>Je vais pas faire ma langue de bois. Je fais partie de ceux qui perdent patience par rapport à quelques comportements, j’en ai absolument ras-le-bol de certaines déclarations ! C’est un microcosme qui est le fruit de personnes déconnectées du terrain et de l’écologie. Il faut avoir un peu d’humilité par rapport au projet écologiste et aux militants. On ne peut pas être dans une position de sachant et de mépris parce qu’on a un mandat électif !</em> ».</p>
<div id="attachment_292" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde9.jpg"><img class="wp-image-292 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde9-1024x680.jpg" alt="jde9" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">François, 53 ans, a été élu local EELV dans les Hauts de Seine et a travaillé avec Dominique Voynet | Photo : Roméo Van Mastrigt</p></div>
<p>François, lui, est plus en colère que déçu : « <em>je trouve ça hallucinant que Libération se permette de sortir 4 pages sur les JDE sans citer un seul écolo ! Un article en Une sur une Université d’été, ça se fabrique longtemps à l’avance ! Ici, pas d’Emma Cosse, pas de Duflot, ni de Denis Baupin. Au-delà de l’éthique journalistique, si on titre « risque de scission » sans interviewer un seul écolo, ce canard n’a plus vocation à exister, c’est même de la propagande socialiste </em>». Conscient qu’EELV est en perte de vitesse, il préconise une expulsion des « nuisibles » du parti : « <em>Je pense à titre personnel qu’il faudrait expulser ces personnes nuisibles, tout le monde rigole en les voyant à la télévision. Je ne conteste pas leurs convictions écologiques, mais il serait temps qu’ils se ressaisissent, je ne crois pas que leur place est au gouvernement. Il y a un fossé entre nos militants et nos leaders nationaux, même si je relativise, on peut facilement discuter avec sa secrétaire nationale ». </em>Adhérent de longue date, remarque-t-il une lassitude chez les militants ? « <em>Aujourd’hui, nos militants sont un peu désabusés de ce qu’ils voient dans la presse. Ils s’engagent un peu moins qu’avant … </em>».</p>
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<div id="attachment_293" style="width: 930px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde10.jpg"><img class="wp-image-293 size-large" src="http://grandsformats.radio-londres.fr/wp-content/uploads/2015/08/jde10-1024x680.jpg" alt="jde10" width="920" height="611" /></a><p class="wp-caption-text">Alpha, un migrant de Calais, à la tribune des Journées d&rsquo;Eté | Photo : Roméo Van Mastrigt</p></div></blockquote>
<p>Désenchantés peut être, mais pas désespérés, loin de là. Les militants que nous avons rencontrés sont des gens passionnés, habités par un idéal politique et convaincus de ce dernier, loin des clichés de l’écolo féru de panda et de quinoa. Bien que l’horizon ne soit pas rose pour EELV et que le parti soit dans une phase cruciale de son existence, traversée par de multiples enjeux, ses militants gardent espoir, car leurs convictions vont plus loin que la simple formation politique. C’est aux sages paroles de Johan que revient le mot de la fin : « <em>C’est possible que le parti soit en perte de vitesse, on perd des adhérents, les scores sont ce qu’ils sont mais tout dépend du côté où l’on se place. Des batailles, on en gagne beaucoup, je pense au TAFTA, aux lois sur la transition écologique, je pense qu’on avance. En tout cas, on ne perd pas espoir … Ça, non, pas question</em> ».</p>
<p><em>Reportage signé <span style="color: #008000;"><a style="color: #008000;" href="https://twitter.com/rovmgt?s=07">Roméo Van Mastrigt</a></span> pour Radio Londres.</em></p>
<p>Cet article <a rel="nofollow" href="http://grandsformats.radio-londres.fr/2015/08/25/journees-dete-eelv-2015-focus-militantisme-vert/">Journées d&rsquo;été EELV 2015 : focus sur le militantisme vert</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="http://grandsformats.radio-londres.fr">Radio Londres</a>.</p>
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